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RPs Zara
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Date d'inscription : 02/06/2010
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MessageSujet: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:33




Quoi qu'on dise, un mariage raté est quand même plus joyeux qu'un enterrement réussi.

Le mariage, ma petite, c'est la robe. Après, évidemment, on a le mari !



Il faisait froid. Il faisait même atrocement froid. Minuit était passé depuis un long moment déjà, et la neige brillait sous la lune. Oui, il faisait froid. Zara Olivia Blue avait froid, là, devant cette maison. Le Manoir Brown. Sa maison. Elle n’osait pas entrer. Elle savait qu’elle trouverait son fiancé soit à la bibliothèque, soit dans la chambre, sur le lit, le livre qu’elle lui avait offert pour noël entre les mains, et vêtu du pantalon de pyjama en velours noir qu’elle lui avait offert ; seulement du pantalon, pas le haut, elle se souvenait l’avoir caché pour qu’il cesse de le porter. Elle visualisait parfaitement la scène qui se déroulait, à quelques mètres d’elle, derrière cette porte. Elle était la petite vendeuse d’allumette, et arrivait à voir par magie ce qui se passait derrière les murs. Andrew était captivé par son livre, il tournait les pages et dévorait chaque mot sans s’inquiéter du monde qui l’entourait. De temps à autre pourtant, peut-être levait-il les yeux vers l’heure, regardait à son côté pour vérifier qu’elle n’était pas rentrée, soupirait, sans doute déçu de son retard, déçu de son absence, cette nuit, leur dernière nuit de simples amants, leur dernière nuit avant d’être mari et femme, déçu de ses absences tout court, car durant la très coute période de leurs fiançailles, la belle attrapeuse avait trouvé toutes les raisons du monde pour disparaitre, pour s’absenter, et se replongeait dans son roman, résigné. Andrew Brown était bien trop gentleman pour se plaindre, et bien trop heureux qu’elle ait accepté de l’épouser pour le lui en parler, mais il n’en restait pas moins déçu, au fond de lui. Ou en tout cas, la brune en était persuadée.

C’était cette certitude qui la clouait sur place. Cette certitude qui la laissait dans le froid, qui l’empêchait d’entrer. Si il était déçu, et qui ne le serait pas à sa place ? C’est qu’elle n’avait pas réussi à le rendre heureux. Qu’elle en était incapable même. Qu’elle n’y arriverait jamais. Elle se mit à trembler. Non, il ne fallait pas y penser. Pas la veille de… ça. Elle ferma les yeux, et chercha à se souvenir de la lueur des prunelles azurs du médicomage quand elle avait répondu oui à sa demande en mariage. Bien sûr qu’elle pouvait le rendre heureux ! Bien sûr… Une vague de chaleur envahit le corps gelé de la jeune femme. Elle avait envie de le voir, d’être avec lui ; elle avait envie de revoir ses yeux briller encore, de se glisser dans ses bras, et de sentir son cœur palpiter dans sa poitrine, tout contre elle. Elle poussa la porte d’entrée et entra d’un pas décidé dans le Manoir. Brownie était là pour la débarrasser de son manteau, et la jeune femme compris à son regard désapprobateur qu’elle avait vraiment trop tardé.

Comme elle l’avait prévu, il était dans la chambre. Son pas assuré s’était fait plus hésitant au fur et à mesure qu’elle approchait de la porte. Elle tremblait à présent qu’elle était dans l’encadrement. Elle avait peur de sa réaction. Andrew releva les yeux vers elle, et elle sentit sa main se crisper sur la porte. Mais c’était un sourire doux et tendre qui l’accueillit. « Bonsoir… » Sa voix tremblait malgré elle. Elle s’approcha de la penderie, incapable de le regarder plus longtemps. Comment pouvait-il lui pardonner, quand elle n’y arrivait pas elle-même ? Elle ne pouvait pas se faire des idées… Il devait bien lui en vouloir. Il devait bien mentir au fond. Elle inspira, et retira ses vêtements en lui tournant obstinément le dos. Elle détailla la grande pièce verte dans laquelle elle avait passé tant de temps, dans laquelle elle s’était dispersée, mais où elle s’était toujours sentie étrangement étrangère. Alors pourquoi était-elle là ? « Zara… Viens-ici. » Pour quoi ? Pour qui plus exactement. Andrew Brown. Elle était là à cause de lui. Parce qu’il le voulait. Et que la volonté du jeune homme surpassait la sienne. La brune ne se le fit pas répéter, et vint gentiment s’asseoir sur le bord du lit. Il avait posé son livre, il la détaillait en souriant. Il lui ouvrit les bras, et l’attira contre lui.

Le jour pointait déjà, mais ils ne se lâchaient pas, ils ne se quittaient pas. Ils ne cédaient pas au sommeil. La journée qui naissait allait tout changer, elle allait les transformer. Et tous deux le savaient. Elle couvrait son visage de baisers, tentant de le soustraire aux bras de Morphée pour le garder dans les siens. Elle ne voulait pas que cette nuit se termine. Pas avec la résolution qu’elle avait prise. Elle ne voulait pas que ça arrive. Mais elle-même n’y tenait plus. Elle se glisser contre lui, elle écouta son cœur battre contre le sien, au même rythme. « Je suis désolée… » Sa voix était un murmure. Elle ne savait plus de quoi elle s’excusait. De ce qu’elle n’avait pas fait et ne faisait pas, ou de ce qu’elle ferait. Elle sentit ses bras puissant l’enlacer, et glissa dans le monde des rêves, un monde sans lendemain.

« Oui. Je le veux… » Il parlait dans son sommeil. Cela faisait plus d’une semaine qu’il était comme ça. Son bonheur devait être bien vif pour qu’il le poursuive jusque dans la nuit. Elle ne retint pas ses larmes, ses larmes de culpabilité, et chercha tant bien que mal à se rendormir. Elle ne savait pas ce qui l’avait réveillée, mais elle le maudissait. Des perles salées coulaient sur son visage pâle et épuisé. Elle n’en pouvait plus.

Le soleil jouait avec les rideaux, ses rayons dansaient sur la figure de Zara Blue, avec les doigts de son fiancé. « Il faut se lever Mon Amour. » Elle cligna ses yeux. Bien sûr, lui, il était déjà debout. C’était lui qui s’occupait de tout. Lui qui réglait tous les détails, qui s’occupait de tous les préparatifs. La seule chose dont il ne s’était pas chargé était la seule qui manquait : la robe. Elle se mit à trembler à cette idée, et resta pétrifier en prenant conscience de ce que ce jour serait. Non ! Elle ne voulait pas ! Elle voulait remonter le temps ! Elle n’était pas prête à ça. Elle n’était pas prête. « Quelque chose ne va pas ? » Il se voulait rassurant, il souriait. Comme elle restait figée et silencieuse, il la prit dans ses bras. Elle ne pouvait pas rester ainsi. Elle n’avait pas le droit de lui faire ça. Elle s’en rendait bien compte. « C'est... Le... Le Grand jour. » Sa voix était enraillée. Le Grand Jour. Le jour qui devait être le plus beau de sa vie. Ô Jour Maudit ! Elle chérissait cet homme, elle le chérissait trop pour aimer un jour. Elle le détailla. Il ne portait pas encore ses vêtements de marié, il n’était même pas encore rasé, mais son bonheur était une étincelle qui éclairait son âme, qui brillait à l’intérieur de lui, et le rendait plus merveilleux qu’à l’habitude. Il se pencha vers elle pour l’embrasser. « Oui. » Le Grand Jour. Elle aurait aimé réussir à lui dire combien elle aimait, mais comme toujours ses mots restaient coincés dans sa gorge. Elle aurait aussi aimé lui parlait de ses inquiétudes, du fait qu’elle n’avait pas vingt ans, qu’elle l’aimait comme une folle, mais qu’elle craignait de ne pas savoir le rendre heureux, elle aurait aimé lui dire qu’elle ne voulait pas lui mentir, qu’elle ne voulait que son bien, qu’il méritait le meilleur, mais qu’elle n’avait pas le choix, elle aurait aimé lui parler de la robe qu’elle n’avait toujours pas trouvé… Mais elle n’y arrivait pas. Elle ne voulait pas l’embêter. Elle ne voulait pas voir son visage s’assombrir encore. Elle voulait garder le souvenir de lui comme il était à cet instant. Non ! Non, c'était trop dur ! Elle avait besoin de quelque chose d'autre. Elle n'y arriverait pas sinon. Ce visage merveilleux ne suffirait pas à calmer ses larmes. Elle avait besoin de plus, besoin de... « Je suis désolée Andrew... Je... De pas être à la hauteur... D'être trop jeune. D'avoir peur. De pas savoir comment faire... De devoir... De devoir... » Elle n'arrivait plus à continuer, sa voix s'était éteinte à l'intérieur de sa gorge, ses mots ne passaient plus la barrière de ses lèvres. Il la serra un peu plus contre lui, cherchant à l'apaiser. « Non... Tu ne dois rien... Je t'aime, et c'est tout ce qui compte. » Tout ce qui compte... Elle sentit son corps frémir. Il lui donnait tellement ! Et elle qui demandait plus encore... « Tu me pardonneras ? Dis, tu me pardonneras ? » Pourquoi demandait-elle ça ? Pourquoi se conduisait-elle aussi bêtement ? Que voulait-elle ? « Bien sûr. Toujours. » Ces mots étaient donnés dans l'ignorance, c'était une requête innocente au milieu d'un océan de bonheur. Ils ne coûtaient rien. Pire, ils seraient une véritable malédiction pour lui quand il comprendrait ! Mais elle en avait besoin. Ces mots seraient sa sauvegarde en enfer. « Promet-le. Promet-le s'il te plait. » Il ne comprenait. Cela se voyait. Mais elle serrait ses mains, ses yeux brillaient de larmes. C'était une question plus sérieuse encore que celle qui devaient les unir quelques heures plus tard. Peut-être ressentait-il que s'il disait oui à présent, ce oui là aurait le dessus sur celui à la question éternelle. Que dire oui à présent, c'était être son mari dans son cœur, quelques heures avant d'avoir cette chance, c'était lier leurs destins et leurs âmes dans l'intimité la plus complète, avec comme seul témoin leur Amour, mais que ce serment était le plus inviolable de tous. « Je te le promets, Mon Amour... » Elle prit ses deux mains et les porta à sa poitrine, pour qu'il sente son cour qui se fracassait contre ses côtes, pour qu'il sente qu'il venait de la sauver. Pour qu'il sache peut-être qu'il venait de se condamner aussi. Cette idée était terrorisante. Elle secoua la tête, la chassant rapidement, et le détailla silencieusement. Il était temps. Elle ne pouvait le retenir à présent... « Je... Je dois aller me préparer. On se retrouve devant l'autel ? Je serais la fille en blanc. » Il rit, un rire simple et joyeux, et elle lui répondit par un petit sourire. « A plus tard. »

L’attrapeuse s’était levée rapidement, elle avait enfilé un jean et un tee-shirt, et elle avait transplané. Ce n’était pas dans ce Manoir qu’ils se mariaient. Ils se mariaient au Manoir Blue, dans le grand jardin. Andrew avait rendu le lieu méconnaissable, elle le savait. Il avait fait pousser des rosiers un peu partout, il avait rendu plus attirante la devanture sombre du manoir familial. Mais ce n’était pas là qu’elle se préparerait. Ce n’était pas chez elle. Elle ferma les yeux, en arrivant. La neige recouvrait la campagne anglaise, et le soleil se reflétait sur la poudre blanche, pour aller frapper sur les murs multicolores du Pavillon Rainbow.

Zara était assise dans le fauteuil de sa mère, celui-là même où elle avait attendu son père pendant sept ans, avant de comprendre qu’il ne reviendrait jamais. Elle avait à la main le même verre de scotch qu’Olivia douze ans plus tôt. Comment était-elle arrivée ainsi ? Naturellement. Elle s’était laissé porter par ses souvenirs, par les larmes qui avaient coulées sur ses joues. C’était comme dans ses souvenirs. Elle attendait comme elle un miracle. Sa mère avait attendu ici pour se marier. Zara en avait peur. Elle était jeune, très jeune, trop jeune. Andrew avait sept ans de plus qu’elle. Il était en âge de se marier, de fonder une famille. Mais elle, elle ne savait même pas ce que c’était, une famille. Qu’attendait-il d’elle ? Il se démenait, comme un fou, à quelques kilomètres d’elle, pour que tout soit parfait, mais elle n’avait même pas été capable de trouver une robe ! Même Olivia avait eu la robe parfaite pour le mariage qui n’avait jamais eu lieu ! Elle s’en souvenait, elle l’avait vue, enfant, et elle l’avait retrouvée, en rangeant la villa, quelques mois auparavant. Elle s’était juré de se marier avec une robe au moins aussi belle. Elle s’en souvenait… Le verre en cristal, plein du liquide ambrée qu’elle n’avait même pas porté à ses lèvres, mais qu’elle s’était servi très certainement parce qu’il lui rappelait le désespoir, tomba au sol et se brisa dans un grand bruit. Mais oui, cette robe ! Cette robe magnifique ! Qui n’avait jamais servi… C’était celle-ci qu’il lui fallait ! Elle savait où elle était ! Elle courut à la chambre double, qui donnait vers le jardin, et sans prendre le temps d’admirer la vue fantastique qui s’offrait à elle, elle s’élança vers la penderie qu’elle ouvrit à la volée.

La fiancée fixait son reflet dans la glace avec des yeux grands de stupéfaction. Sa résolution était pour un temps oubliée. La réponse à tous ses doutes était là, juste devant elle. C’était si simple. Comme si elle était née pour vivre ce jour, née pour porter cette robe. Elle n’avait qu’une hâte, que le regard de son amant se pose sur elle. Elle voulait qu’il ressente la magie de ce vêtement. Olivia avait dû passer des heures à le choisir, et sa fille était en adoration devant cet héritage. Elle passa une main dans ses cheveux qu’elle avait toujours lâche, hésitant à les attacher. Ses pensées furent troublées par le sentiment d’une présence. Elle se retourna vivement. « Matt ! » Elle l’avait presque oublié. Et pourtant, il était là. Elle se fichait pas mal de savoir comment il était arrivé si loin dans le Pavillon, il avait certainement frappé, mais elle ne l’avait pas entendu. Ou pas d’ailleurs. Elle s’approcha de lui, prête à venir l’enlacer au moindre mouvement encourageant de son ami. Pour le remercier d’avoir accepté, de ne pas la laisser seule, d’être là. Elle était heureuse de le voir. Heureuse tout court. Elle ne mesurait plus rien. Elle s’était perdue elle-même dans ses pensées. Elle était plongée dans le rêve que vivait Andrew depuis qu’elle avait accepté de devenir sa femme, et elle ne voulait pas se réveiller.

Plus jamais. Pitié.




La robe.

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Aujourd’hui, c’était un grand jour. J’allais assister à mon premier mariage. Ce n’était pas le mien – heureusement d’ailleurs – mais à celui d’une amie. Zara O. Blue. Personnellement, j’avais toujours été contre le mariage, peut-être du au fait que j’aimais les hommes mais je trouvais cela tellement prématuré. Elle avait le même âge que moi, elle était une Poursuiveuse de Quidditch hors pair. Et elle allait tout gâcher en se mariant. A un Mangemort, qui plus est. Elle m’avait annoncé que je prendrais la place de son cousin australien, Marc Carter, qu’elle adorait. J’enlevais mon tee-shirt complètement pour passer une chemise bleue ciel et une veste de costard blanche. J’aurais pu mettre ma robe de sorcier de soirée mais l’idée de mettre des vêtements de moldus me plaisait assez. Après tout, je venais d’Australie, les sorciers n’avaient sans doute pas les mêmes coutumes qu’ici ? Mon pantalon blanc passé, je fis le nœud de ma cravate avant de m’énerver dessus – n’étant pas doué pour le faire. Ma sœur arriva pile poil à ce moment-là, me prit la cravate des mains et fit le nœud à ma place. « Tu es très beau mon Matt » dit-elle, tout sourire. « Kat… et si malgré ça ils me repéraient ? » m’inquiétais-je légèrement. Même si je venais en tant que cousin de Zara, cela me faisait flipper grave de me retrouver au beau milieu de tout un tas de Mangemorts. Kat m’embrassa sur la joue avant de me passer la cravate autour du cou. « T’en fais pas Mattou… tu évites de t’étaler sur ta vie et si il y a grabuge, tu prends Zara avec toi et tu transplanes… » « Quand tu le dis, ça à l’air si facile » répliquais-je, dépité. « « Et surtout, évite de penser à Dorian ou à ce Théo » reprit-elle en m'ébouriffant les cheveux. « Ne me parle pas de Théo, s’il te plait » répondis-je un peu froidement. Le sujet Théo était pour l’instant à proscrire, surtout lorsque je l’avais vu au Match de Quidditch avec une autre alors qu’il avait refusé d’y aller avec moi. J’aurais préféré qu’il me dise la vérité, en annonçant qu’il y allait déjà avec quelqu’un d’autre plutôt que de me mentir. Elle secoua la tête et me ferma ma veste. « Allez mon petit frère préféré, ton amie t’attend et on ne fait pas attendre une future mariée ». Elle m’embrassa sur la joue, j’attrapais ma baguette, je fis un baiser sur la joue de ma grande sœur et je transplannais pour rejoindre le Pavillon Rainbow. Arrivé là-bas, ce fut un elfe qui vint m’ouvrir. « Marc Carter, cousin et témoin de la mariée » me présentais-je. Le petit elfe s’écarta pour me laisser passer. Il m’indiqua l’étage. Je montais les marches, essayant de repérer toutes les sorties possibles, tout ce qui pourrait être dangereux pour moi avant d’arriver au premier étage. Une porte était à demi fermée, je jetais un œil, Zara y était. Et Merlin qu’elle était belle. Si je n’avais pas autant aimé les hommes, j’en serais tombé amoureux. J’entrais doucement, sans rien dire. Je l’observais en silence puis elle finit par se rendre compte que j’étais là. Je fis un sourire lorsqu’elle dit mon prénom.

« Tu… tu es… magnifique Zara » bafouillais-je maladroitement en entrant entièrement dans la pièce. Sa robe était blanche-crème avec des touches de bleus. Elle était absolument magnifique. J’en avais perdu mes mots. Je finis par m’approcher d’elle pour l’embrasser sur la joue, avec un naturel qu’on en oublierait presque que cela faisait des mois que l’on ne s’était pas vu. « Comment tu te sens ? » lui demandais-je finalement

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Andrew Brown soupira, et l’on sentit dans ce soupir un étrange mélange d’appréhension, et – serait-ce possible ? – de lassitude. Ah, il ne savait pas, il ne savait plus ! Il voulait épouser Zara, et il ne voulait pas. Il rêvait d’épouser Zara, depuis la toute première fois où il l’avait rencontrée, dans l’Allée des Embrumes, et il craignait ce mariage. Il l’aimait à la folie, sans savoir si cet amour était partagé. Et il voulait la rendre heureux, oui ! il voulait la rendre heureux, mais doutait atrocement d’en être capable. Il doutait. Oui, il doutait, oui, il était perplexe, anxieux, indécis, et sot, incorrigiblement sot ! Depuis une semaine – le temps que durait l’absence de Zara – il parvenait à laisser des doutes s’immiscer dans son esprit. Des questions planaient au-dessus de sa tête, menaçantes, terribles. Il se battait pour qu’elles ne l’atteignent pas. Continuellement. Sans relâche.

Dans sa chambre, silencieux, il s’efforçait de continuer à lire sereinement le livre que Zara lui avait offert pour Noël. Vêtu uniquement du bas de pyjama qui lui avait également servi de cadeau, il s’était glissé sous les couvertures en tentant de ne pas s’inquiéter. Seulement considérer calmement la situation. Sa fiancée avait disparu depuis une semaine. Ils devaient se marier le lendemain. Il l’adorait, d’un amour passionné qui frôlait la véhémence ; elle n’avait jamais répondu à un seul de ses « je t’aime ». Il fuyait tout ce qui se rapportait de loin ou de près aux Mangemorts ; elle en faisait partie. Ah ! Non ! Ne pas s’inquiéter, Andrew ! Considérer calmement la situation ! L’image de Zara, douce et apaisante, vint s’imposer à son esprit. Elle était belle, Zara. Vraiment. Il allait l’épouser. L’aimer. Qu’est-ce qu’il pouvait l’aimer… ! Et puis, il ne s’inquiétait pas. Il lui faisait confiance. C’était cela, n’est-ce pas, la base de l’amour ? La confiance ? Si, bien sûr. Il ne s’inquiétait pas. Plus. Zara savait ce qu’elle faisait. Bien sûr, il lui arrivait de se comporter comme une enfant, mais on ne pouvait pas lui en vouloir. Andrew adorait chaque facette de sa personnalité. Tout. Et il savait aussi – pour l’avoir vu, au cours de leur première leçon d’occlumencie – qu’elle avait eu un passé difficile, un passé terrible. Lui, il l’aimait, et ne voulait que son bonheur. Alors, même si elle était une Mangemorte, il savait qu’elle était différente de ces tortionnaires, de ces fous, de ces bourreaux avides de sang et de douleur. C’était une jeune fille merveilleuse, qui n’avait rien à voir avec eux. Lui, il l’aimait, et il allait l’aider, il allait la sauver. Il allait lui montrer comment être heureux – car ils pourraient être heureux, ensembles. Elle avait accepté ce mariage. Ils avaient passé de moments merveilleux, ils avaient vécu ensembles. Oui, ils seraient heureux. Andrew refusait de croire à d’autres sentiments tant qu’elle ne lui en avait pas fait part, il refusait d’avoir des soupçons. Elle devait nourrir ne serait-ce qu’un peu d’affection, d’amitié à son égard… Peut-être, au fil du temps, finira-t-elle par s’habituer à lui et éprouver cette chose merveilleuse qu’il éprouvait à son égard. Une petite partie, au moins.

Les pensées d’Andrew s’embrouillaient. Tout le temps. Depuis une semaine, depuis qu’elle n’était plus là. Il était perdu. Perdu dans ses questions, dans ses projets, dans ses rêves. Sans elle, il manquait quelque chose. Le Médicomage n’était pas tout à fait complet, plus tout à fait lui-même. Lorsqu’elle n’était plus là, son quotidien reprenait une couleur terne, grise, affreuse.

Le mariage. Voilà quelques temps qu’il y songeait. Il allait se marier. Lier sa vie à celle de Zara. Bien sûr qu’il le voulait, ce mariage. Zara était la femme de sa vie. Il l’aimait, et jamais il ne pourrait aimer, ni épouser quelqu’un d’autre. Il avait renoncé à Harmony pour cela. Il avait trahi la promesse faite à son père sur son lit de mort. Répudié cette petite vie tranquille qui lui était destinée aux côtés de l’héritière des Gauthier. Alors oui, bien sûr qu’il le voulait. Lier sa vie à celle de Zara, pour toujours. Prendre soin d’elle, et entendre son rire, toujours à ses côtés. Ne plus jamais la laisser le quitter, la rendre heureuse, et entendre son rire. La voir sourire. Débordante de bonheur. Parce qu’elle le méritait. Parce qu’Andrew se damnerait pour chacun de ses sourires. Oh, oui, il le voulait. Et ils seraient heureux, ensembles. Ils auraient des enfants, ensembles. Des jumeaux, très beaux. Un garçon, et une fille. Qui courraient ensemble dans le jardin du Manoir Brown. Enfin. Il allait se marier. C’était beau, un mariage. Demain, ce serait son tour. Andrew avait tout préparé, tout arrangé. Agréablement surpris par l’accord de Zara, quand il l’avait demandée en mariage, il avait décidé de tout prendre en main.

Dans un premier temps, il avait décidé que tout serait parfait, que tout serait éblouissant, qu’il serait capable d’émerveiller Zara ! L’émerveiller… Voir cette lueur enfantine briller dans ses yeux dorés… Il avait décidé qu’il se chargerait de tout. Chaque détail. La décoration, les invités, le voyage de noces. Zara n’aurait à se soucier de rien. Déjà qu’il n’en croyait pas sa chance, de pouvoir l’épouser… Il n’allait pas l’accabler de décisions à prendre, pour l’organisation… Mais très vite, Andrew s’était rendu compte que quelque chose sonnait faux dans ce mariage. Il n’avait invité que de respectables et éminentes familles de Mangemorts. Il avait choisi la destination de leur voyage de noces sur un coup de tête, sans même prendre l’avis de Zara, à la suite du conseil de l’une de ses connaissances. La cérémonie se déroulerait au Manoir Blue, parce que « le jardin était plus grand » – le Manoir Blue, théâtre de l’enfance cauchemardesque de Zara. Andrew sentait d’avancer les effluves de la fausseté et du mensonge l’oppresser. Non, Zara ne méritait pas un tel mariage. Zara, sa Zara, si franche et si sincère, si joyeuse et si pleine de vie, ne devrait pas unir sa vie à celle d’Andrew dans de pareilles circonstances… Pas au milieu de tous ces Mangemorts, ces gens faux et fourbes. Pas noyés dans leur hypocrisie, leur duplicité et leur fourberie, dans lesquelles Andrew et Zara avaient grandi toute leur vie.

Il leva les yeux vers l’horloge et sentit son cœur se serrer. Espérant un miracle, il tourna une énième fois la tête de côté, pour vérifier qu’elle n’était pas rentrée, qu’elle n’était pas revenue, là, près de lui. Mais non.
Il soupira. De nouveau. Profondément.
Bien sûr que non, il n’était pas déçu ! Il ne le serait jamais ! Zara avait accepté de vivre avec lui, de lier sa vie à la sienne, et cela, c’était bien au-delà de ses espérances ! Seulement, il sentait une barrière qui les séparait, malgré tout, envers et contre tout. Quelque chose de fou, de mensonger, de terrible qu’il ne parvenait pas à identifier. Quelque chose de secret dans leur relation, qui les séparait malgré eux.

Minuit était passé depuis longtemps, et elle n’était pas là. Toujours pas là.
De nouveau, Andrew laissa échapper un soupir.

Soudain, son oreille se dressa. Il perçut le son d’un pas familier dans le couloir, et son cœur s’apaisa. Enfin.
Frissonnante, hésitante, peut-être honteuse et probablement glacée.
Andrew l’accueillit par un sourire tendre, chaleureux et soulagé. Merveilleuse Zara. Il savait qu’il avait eu raison de lui faire confiance. Il la suivrait – toujours. Sa simple présence suffit à dissiper ses soupçons, ses appréhensions et ses doutes. Maintenant, il savait – il savait – que tout irait bien. Ils allaient se marier ! Se marier ! Oh, c’était fou, c’était merveilleux, c’était incroyable ! Lui ! Andrew Brown ! Qu’avait-il fait pour mériter une chose si absolument divine ? Laquelle de ses bonnes actions avait ainsi attiré les faveurs du destin ? Il allait se marier. A Zara Olivia Blue. Elle, cette jeune fille fabuleuse, cette petite personne merveilleuse, cette petite fille, cette déesse ! Il allait l’épouser !
Andrew lui adressa un sourire, encore, lui ouvrit les bras et l’attira contre lui. Alors, ils ne se lâchèrent plus, jusqu’aux lueurs du matin.

« Oui, je le veux. » Un rêve doré. Le Manoir Brown. Des petits enfants qui couraient sur la pelouse. Un garçon brun aux yeux bleus. Et une autre petite fille, qui aurait les prunelles dorées de sa mère. Zara. Sa femme. Zara, qui souriait. Zara, qui riait aux éclats, pour toujours. Zara, qui lui disait qu’elle l’aimait. Le Manoir Brown, encore et encore. « Oui, je le veux. » Oui, il le voulait, il le voulait, Merlin qu’il le voulait ! Il ne désirait rien de plus, il le désirait de toute la force de son âme, comme jamais il n’avait souhaité ni espéré quelque chose. Dans quelques heures, dans quelques heures, seulement, tout cela prendra vie, tout cela prendra forme. Son rêve se concrétisera, ce rêve doré. « Oui, je le veux »

Sans y croire vraiment, il se réveilla. Il se réveillait. C’était aujourd’hui. C’était le Grand Jour. Bientôt, dans quelques heures – dans une éternité – Zara et Andrew seraient l’un à l’autre. Pour toujours. « Il faut se lever Mon Amour. » Il était déjà prêt depuis un certain temps. Aujourd’hui, il allait s’occuper de tout, comme il l’avait décidé. Il laissait seulement à Zara le soin de s’occuper de la robe. Sa robe de mariée. Oh, comme elle serait éblouissante, dans une robe blanche, comme elle sera belle, à s’avancer vers lui, pour lier son destin au sien ! Seulement, il la senti vite tendue, distante, et ailleurs, séparée de lui comme par un voile. Lorsqu’il lui demanda, en se voulant rassurant et chaleureux, ce qui n’allait pas, elle lui répondit que c’était le Grand Jour, et sa voix était enraillée. A ce moment, alors, Andrew comprit. Il comprit qu’elle n’était pas prête, sa Zara ; un pressentiment mordant l’envahi, un pressentiment terrible – il devait se passer quelque chose. Il y aurait un imprévu. Elle pleura, elle sanglota qu’elle était désolée, désolée de ne pas être à la hauteur, d’être trop jeune, de ne pas savoir comment faire. Non, elle n’était pas prête. Et bien sûr, il lui pardonnait. D’ailleurs, il n’avait pas à lui en vouloir, elle n’avait pas à s’excuser. C’était normal. Elle n’était pas fautive, elle n’avait pas à être désolée, bien sûr… Mais ce n’était pas grave. Ils allaient se marier, maintenant, tout était finit. Il allait tout prendre en charge, et tout allait bien se passer. Ils seraient heureux, ensemble. Il l’aimerait, sa femme. Il l’aimait, à la folie, sa petite Zara. « Non... Tu ne dois rien... Je t'aime, et c'est tout ce qui compte. » Elle s’emporta. Elle voulait qu’il lui pardonne. Pardonner. S’il lui pardonnera ? Il lui passerait n’importe quoi. Il acceptait l’ignorance, son manque de confiance, ses secrets. Tout ! Il n’avait pas à lui pardonner. C’était elle, elle qui devrait lui pardonner d’organiser ce mariage ainsi. Mais elle insistait, elle insistait, comme si c’était la chose à laquelle elle tenait le plus au monde. « Bien sûr. Toujours. » Et encore, elle suppliait, elle voulait un serment. « Je te le promets, mon Amour… »
Tous les pressentiments et les soupçons qu’un aurait fiancé aurait pu éprouver à ce moment là – qu’Andrew aurait dû éprouver – furent balayés, engloutis par l’ignorance, la naïveté et l’amour du jeune Médicomage.

Il rit de ses paroles, de nouveau, franc et joyeux. Et c’était elle qui sera sa femme ! Bientôt, aujourd’hui, dans quelques heures ! Ce soir, quand ils reviendraient se coucher, au même lit où ils s’étaient réveillés ce matin, ils seraient maris et femme ! Zara sera son épouse ! Et il rirait de tous ces soupçons grotesque qui l’avaient tiraillé, ils riraient, ensembles, éternellement, dans un havre de bonheur, de paix et de sérénité qu’ils arrangeraient à leur goût.

Bientôt, il descendit. Des Mangemorts allaient arriver, dans la matinée. Tous ces gens qui le révulsaient, qu’il ne pouvait pas voir… Ces gens-là, il les invitait à son mariage. Beaucoup, beaucoup de monde. Pourquoi ? On leur avait conseillé une grande fête. On leur avait conseillé le voyage à Séville. Et tout s’était passé tellement vite… Il avait tout décidé, tout organisé sur un coup de tête. Aucun détail n’avait été pensé avec soin, comme il l’aurait voulu, comme il se l’était toujours promis pour le jour de son mariage. Cela ne lui ressemblait pas. Comme s’il avait préféré en finir, avec cette organisation. Le plus vite possible. Comme s’il avait voulu se débarrasser le plus vite possible de cette cérémonie, cette fichue cérémonie. Cela était compréhensible, après tout. Il avait hâte d’être marié. Mais tout de même… Son mariage était bien différent de ce qu’il avait pu se figurer au cours de son existence. Il espérait seulement que Zara ne sera pas déçue. Que tout sera à sa hauteur.

Très bien. Maintenant, direction le Manoir Blue. Il chassa les sombres pensées qui flottaient au-dessus de son esprit, et se prépara à offrir à sa fiancée une cérémonie qu’il espérait fabuleuse. Oui. Tout se passerait comme prévu. Il ne devait pas s’inquiéter.

Andrew faisait confiance à Zara. Jusqu’au bout.

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Et je voulais te dire que j'aurais été très fière d'être ta femme, ta vraie femme, sur qui tu aurais posé ta main, le soir, en t'asseyant, sans penser, comme sur une chose bien à toi.



Matthew Scott. Ancien Serpentard. Zara le regardait et l’adorait. Elle l’adorait pour toutes les années qu’ils avaient passé ensemble, pour l’ami qu’il avait été à Poudlard, pour le service qu’il lui avait rendu en lui permettant d’entrer chez les Tornades, parce qu’il était là, qu’il était là devant elle, et que malgré les mois, malgré le temps, il ne l’avait pas abandonnée. Elle lui sourit, vraiment sensible au compliment. Magnifique. C’était des mots comme ceux qui sortaient de la bouche d’Andrew ceux-là. Magnifique. Merveilleuse aussi, Andrew l’aimait bien celui-là. Et elle aimait les entendre. Elle venait se coller contre lui, et elle ronronnait presque de plaisir en l’écoutant. Merveilleuse. Qu’un être comme celui qu’elle s’apprêtait à épouser puisse la qualifier ainsi la dépasser. Qu’avait-elle fait pour le mériter ? Elle était bien fade pourtant. Trop blanche, trop maigre, trop banale. Et pourtant là, dans cette robe, à si peu de temps de dire oui que cela lui paraissait presque bête.

Les lèvres de Matt se posèrent sur sa joue et elle sourit presque tristement. Certaines choses ne devaient jamais changer. Cette façon qu’ils avaient de se saluer alors qu’ils ne s’étaient pas vus depuis des mois, cette peur du bonheur qui la terrassait, l’aura rassurante de son ami, ses doutes… Cela ne changeait donc pas. Si ça allait ? Elle allait épouser l’homme qu’elle aimait à la folie ! Unir sa destinée à la sienne ! Vivre avec lui, pour le meilleur et pour le pire. L’aimer toujours, et être aimée aussi ? Alors, la question semblait idiote ! Si ça allait ?!

Non, bien sûr que non, ça n’allait pas. La brune leva les yeux vers son ami, rencontra ses yeux clairs, et sans parvenir à se contrôler, éclata en sanglots. Ce devait-être le plus beau jour de sa vie, le meilleur, mais elle pleurait toutes les larmes de son corps, la tête appuyée sur le torse de son compagnon. Elle l’avait choisi parce qu’elle avait confiance en lui. Parce qu’elle pouvait parler avec lui, même si généralement elle n’en éprouvait pas le besoin. Mais cette fois-ci, les mots lui échappèrent, tous ces mots qui lui pesaient tant… « Non. Non, j’ai tellement peur. C’est tellement fou, tellement insensé ! Je n’ai pas encore vingt ans ! Je suis perdue, je ne sais pas quoi faire… C’est l’un d’entre eux Matt, c’est un mangemort… Et moi… Je l’aime mais je… Je ne sais pas si je vais y arriver ! Je veux qu’il soit heureux. Je veux qu’il soit vrai. Pas de mensonge. Mais il ne voudra plus de moi si il apprend… Oh Andrew ! Je suis la pire fiancée du monde. J’ai cru que ça allait le rendre heureux tu sais, quand j’ai vu son regard, quand j’ai accepté. Mais je n’y arriverais pas ! Matt, j’ai peur de ne pas y être suffisamment préparée. Et puis… je ne veux pas aller à Séville ! Je ne veux pas y aller… » Ces paroles n’avaient plus de sens, mais tout sortait d’un coup, tandis qu’elle était secouée de soubresauts, de larmes. Elle n’avait même pas l’air de voir combien elle était sotte, combien elle était ridicule. Elle n’en pouvait plus. Tout ce qu’elle avait gardé en elle lui échappait puisqu’elle avait donné à son cœur la sensation d’être avec quelqu’un de confiance. Mais elle savait qu’elle avait tord. Matt était contre le mariage, contre son mariage même. Elle mesurait sa folie. Elle n’aurait pas dû dire ça, pas dû lui dire. Brusquement, elle s’éloigna, et le regarda d’un air sérieux, malgré sa voix d’enfant prise en faute. « Je… je suis désolée. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. C’est le stress sans doute. Ça devrait être le plus beau jour de ma vie et je pleure comme une idiote. Navrée. Il faut que je me maquille et que je me coiffe. Désolée… » Son regard ne quittait pas le sien. Elle voulait lui faire comprendre que rien, ni personne, ne la ferait revenir sur sa décision d’aller à ce foutu mariage, que de toute façon, c’était trop tard. Elle aurait aimé qu’il sache aussi, qu’il devine ce qu’elle allait faire : il était le seul à pouvoir la comprendre.

Zara était prête, fin prête. Elle regardait Matthew en silence, à nouveau plongée dans les rêves qui l’avaient assaillie quand elle avait enfilé la robe. Elle avait fini de se préparer ; avait fait un chignon qu’elle avait agrémenté de quelques perles et d’une plume. Tout d’abord, elle s’était agitée en silence, comme pour noyer ses pensées, et celles qui devaient certainement fuser dans le crâne de son ami sous l’action, et puis finalement, elle avait lancé la conversation, sans trop savoir quoi dire. « Qu’est-ce que tu penses du retour de Dumbledore, j’ai été le voir hier… » Cette étrange sensation de gêne revint en visualisant la scène dans sa tête, et elle reprit assez vite. « Je t’ai prévu du polynectar, à cause des mangemorts. Je ne suis pas certaine que tous nos invités te serreraient dans leurs bras en te voyant, s’ils te reconnaissent. » Elle avait eu un disant cela un sourire à la fois amusé et ironique, et elle s’était redressée, prête. Elle lui tendit la fiole, songeant sans le vouloir au visage que ferait Andrew, en la voyant arriver au bras d’Antares, pour se mettre à côté de Matt très sagement... C’était grisant. Le tout était de ne pas penser à la tête qu’il ferait, après. Quand elle… Non, elle ne devait pas trop réfléchir. Elle n’y arriverait pas sinon. Se concentrer sur le présent… « Le type à qui tu vas ressembler… C’est un vrai australien. Look blond de surfeur et abdos. Bref, de quoi faire croire avec tout le monde que je vais finir avec mon témoin… » Il y avait dans sa voix quelque chose de triste et grave, et le sourire qu’elle avait eu quelques instants avant, en lui parlant de la fiole, était revenu se peindre sur ses lèvres. Oui, c’était certainement ce que l’on allait croire.

« Je suis une hôte déplorable. On est en avance. Tu veux boire quelque chose avant d’y aller ? »
Après tout, la dernière fois qu’ils s’étaient vus, il lui avait offert un verre, il fallait bien qu’elle lui rende la pareille. Ils avaient parlés aussi, un peu, mais cette fois-ci elle craignait la discussion qu’ils pourraient avoir…

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Cela me faisait tellement étrange de la voir là. Belle, magnifique mais prête à épouser un homme à même pas vingt ans. Et dire que moi, j’étais contre le mariage. Enfin contre mon mariage que mes parents voulaient absolument faire. Ils avaient vite compris que cela ne serait pas possible lorsque je leur avais expliqué que je préférais les hommes. Ma mère avait failli tomber de sa chaise. Je souriais à Zara. Je la trouvais si jolie dans sa robe. « Non. Non, j’ai tellement peur. C’est tellement fou, tellement insensé ! Je n’ai pas encore vingt ans ! » Ça je veux bien le croire. J’hochais la tête en silence. « Je suis perdue, je ne sais pas quoi faire… » Personnellement, j’aurais bien une petite idée mais je ne suis pas sûr qu’elle t’aide réellement. Mais demander quoi faire à quelqu’un qui est contre le mariage c’est un peu paradoxal. « C’est l’un d’entre eux Matt, c’est un mangemort… » Oh… je restais silencieux même si mon regard se décompasa face à l’annonce. Un Mangemort… Zara épouse un Mangemort ? « Et moi… Je l’aime mais je… Je ne sais pas si je vais y arriver ! » Un Mangemort… je n’en revenais pas. Zara était amoureuse d’un mangemort. « Je veux qu’il soit heureux. Je veux qu’il soit vrai. Pas de mensonge. » Pas de mensonge avec un mangemort, ça risque d’être compliqué. Un mangemort ne peu pas dire la vérité. C’est impossible. « Mais il ne voudra plus de moi si il apprend… » Ça c’est sûr. En même temps, quand on fait parti de l’Ordre du Phénix, épouser un Mangemort c’est risqué. « Oh Andrew ! Je suis la pire fiancée du monde. J’ai cru que ça allait le rendre heureux tu sais, quand j’ai vu son regard, quand j’ai accepté. Mais je n’y arriverais pas ! Matt, j’ai peur de ne pas y être suffisamment préparée. » J’avoue… à dix-neuf ans on ne peut pas être préparé. « Et puis… je ne veux pas aller à Séville ! Je ne veux pas y aller… » Ebahi. Je suis ébahi. Je dois avoir la mâchoire tombante. Séville ? Ils partent à Séville ? Mais ils vont faire quoi à Séville ? Je ne sais même pas où c’est Séville, à part que c’est en Espagne. Enfin… je crois. Zara se mit à verser des larmes. Non. Ne pleure pas, je t’en pris. Je ne sais pas consoler les amis, moi. Help-me. Au secours. SoS. A l’aide. Je me suis rapproché d’elle pour essayer… en fait, j’ignore pourquoi. Je ne sais pas quoi faire. Je suis tellement désolé pour elle que je ne trouve pas de solution pour lui faire comprendre que quoi qu’elle fasse, son choix sera le sien et surtout le meilleur. « Je… je suis désolée. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. C’est le stress sans doute. Ça devrait être le plus beau jour de ma vie et je pleure comme une idiote. Navrée. Il faut que je me maquille et que je me coiffe. Désolée… » Cela me désolait tellement. Pourquoi s’excusait-elle ? Elle avait bien le droit de pleurer. Je soutenais son regard. Je sentais que quelque chose clochait mais je n’arrivais pas à comprendre quoi. « Tu sais… je t’admire d’avoir cette réaction. A ta place, j’aurais fuit en courant. Toi, tu as peur et pourtant tu vas y aller, comme si de rien ét… » je stoppais net dans ma phrase, cherchant quelque chose dans es yeux qui pourrait m’aiguiller. « Tu ne vas pas partir au dernier moment, hein ? » m’inquiétais-je. Enfin, personnellement ça ne me choquerait pas mais je n’osais pas imaginer la tête du futur marié si sa promise ne venait pas… en même temps, c’était un Mangemort, qu’est-ce que ça pouvait bien faire qu’il soit planté à l’autel, ce jour-là ? « Qu’est-ce que tu penses du retour de Dumbledore, j’ai été le voir hier… » Changement de sujet radical. J’en aurais presque sursauté si je n’avais pas été aussi attentif à mon ami qui se préparait. Le sujet dont tout le monde parlait. C’était tellement étrange qu’il revienne comme ça, sans rien dire. « C’est étrange… je me demande bien où il était passé… il t’en a parlé hier ? » Je devrais aller le voir aussi. Mais Zara changea une nouvelle fois de sujet, me perdant le fil de mes pensées sur Dumbledore. « Je t’ai prévu du polynectar, à cause des mangemorts. Je ne suis pas certaine que tous nos invités te serreraient dans leurs bras en te voyant, s’ils te reconnaissent. » C’est gentil de penser à moi. Si un Mangemort je peux me battre contre lui, contre tous les invités, je risque de mal finir. Je pris la fiole dans ma main pour observer le contenu. Cela ne donnait tellement pas envie. « T’es sûre que ça se boit ce truc ? » Cela ressemblait plus à de la bouse de scroutt qu’à une potion comestible. « Le type à qui tu vas ressembler… C’est un vrai australien. Look blond de surfeur et abdos. Bref, de quoi faire croire avec tout le monde que je vais finir avec mon témoin… » J’acquiesçais silencieusement. Tant que l’on ne me reconnaissait pas. Comment ça finir avec le témoin ? Oh… « En gros, je vais finir avec tous les mangemorts aux fesses si tu t’enfuies avec moi ». Je me mettais à rire légèrement avant de m’arrêter en voyant son visage qui semblait tellement peu radieux mais son sourire revint aussi vite qu’il avait disparu. Je dois admettre qu’aujourd’hui, j’ai du mal à la comprendre. En même temps, elle va bientôt se marier, c’est sans doute logique qu’elle se comporte un peu étrangement. « Je suis une hôte déplorable. On est en avance. Tu veux boire quelque chose avant d’y aller ? » Je souris. « Merci je veux bien un jus de citrouille, ça me passera le gout de ce que je boirais après… » répondis-je. « Cela me fait tellement étrange de te voir ici. Je suis content pour toi, tu sais. Et être ton témoin, c’est juste… un honneur vraiment. » C’était ça. Un honneur. J’étais honoré qu’elle m’ait choisi pour faire son témoin. Vraiment.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:38
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Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ?





      « ANDREW !! »
      Je me redresse rapidement. Non, ce n’était qu’un cauchemar. Cela semblait si réel… Mais c’est déjà embrouillé dans ma tête. J’ai chaud. Il m’a semblé entendre des bruits de pas venant de l’escalier menant à ma chambre, mais à présent, tout est silencieux. J’ai du rêver. J’ai certainement rêvé même. Il n’y a que Mary et moi au Manoir, et ce n’est pas le genre de Mary d’attendre devant ma porte. Enfin… Quel rêve ! Les mangemorts, Poudlard en feu, le Seigneur des Ténèbres, cette affreuse gamine qui me suit partout, et Andrew. Mort. J’en ai la chaire de poule et des sueurs froides. Je me laisse retomber sur le lit, je regarde par la fenêtre. Il est tôt. On frappe. Il y avait donc vraiment quelqu’un. Pourquoi attendre autant ?

      *****


      Il était en effet tôt. Zara Olivia Blue était montée après le repas de midi dans a chambre. Elle avait fui la compagnie de sa marraine. Il pleuvait, il faisait même orage. Elle était donc allée là où elle savait qu’elle trouverait refuge. Sa chambre. C’était, à ses yeux, la plus belle salle du Manoir. En hauteur, elle possédait plus de fenêtre que tout le reste de la maison ; elle était grande, les murs était peints en vert et argent, il y avait un grand lit à baldaquin, qui quand elle n’était qu’une petite fille rêvant de devenir princesse, avait fait sa plus grande joie. Tous les meubles étaient dans un très beau bois blanc, le lit, le bureau, l’armoire, l’étagère et la bibliothèque. Dans celle-ci, on trouvait un tas de roman d’amour ou d’aventures, ainsi que quelques livres sur la magie emprunté à la bibliothèque familiale. Sur le bureau, un balai neuf, l’uniforme des Tornades. L’étagère abordait elle son lot de petites choses parfaitement inutiles que Mary menaçait de jeter les rares fois où elle entrait dans la salle. Zara n’avait prêté à rien de tout cela, bien que malgré onze ans passé dans cette chambre, avec ces meubles, elle continue de s’émerveiller de l’ouvrage accompli. Non, elle s’était simplement laissé tomber sur le lit, et elle s’était assoupie. C’était des bruits de pas qui l’avaient tirée de son cauchemar. On frappa. « Entrez. ». On frappa encore. Elle se leva et alla ouvrir.

      *****


      Andrew Dave Brown. Il est là, devant moi, devant la porte de ma chambre. Je sens mon cœur faire un bond, mais quelque chose se tord dans mon ventre. Il m’a entendue crier son nom dans mon rêve. « Qu’est-ce... euh... Qu’est-ce que vous... vous faîtes là ? » Je bégaye. C’est affreux. J’ouvre la porte plus grande et l’invite à entrer. Quelle question, Mary lui aura dit que je suis là. Évidemment. Je crois que Mary l’aime bien. Voire même beaucoup. Elle connaissait bien ses parents, et elle n’aurait rien contre le fait que je devienne une Brown. Je me mords la lèvre, mais me reprend. Je fixe l’individu face à moi. Un homme froid, arrogant et fier. Je le hais. Si seulement je pouvais simplement le haïr. Et Mary qui trouve tout les prétextes possibles et inimaginables pour l’inviter à la maison tous les quatre matins. Je le détaille. Il est toujours devant la porte. Il me regarde aussi. Il est beau, avec ses grands yeux bleus qui éclairent son visage, il est beau malgré ses vêtements qui semblent crier au monde entier qu’il est un sang pur, quelqu’un de supérieur. Il est beau oui. Je cligne des yeux. Reprend-toi Zara ! C’est Andrew Brown ! S’il est là, c’est parce que Mary veut que tu fréquentes des gens dont tu n’es même pas digne d’embrasser les chaussures. Je ris nerveusement. Il doit me prendre pour une folle. « Entrez. » Ma voix est plus douce que je ne le voudrais. J’essaie de me rattraper. « Que voulez-vous ? » Non, là, c’est trop. Tant pis. Je lui désigne la chaise devant mon bureau. Pourquoi est-ce que je n’ai pas rangé cet uniforme ? Ses yeux s’arrêtent dessus. Je tente de sourire.

      *****


      En voyant son hôte, l’ancienne Serpentarde était devenue rouge écarlate. Et malgré tous ses efforts, elle ne semblait pas calme. Son sourire n’était guère convainquant. Le jeune homme, Andrew Brown, s’assit sur la chaise qu’elle lui avait indiquée. Andrew Dave Brown. Ancien Serpentard, sang-pur. Aussi étrange que cela puisse paraître, Zara le haïssait au moins autant qu’elle l’aimait. Et elle l’aimait beaucoup. Trop même. Leur rencontre était due au hasard. Au destin peut-être. Leurs retrouvailles moins. Mary avait trainé de force sa nièce dans l’allées des Embrumes. Et elles y avaient rencontré le jeune homme. Zara était tombée amoureuse sur le champ. Elle l’avait détesté tout aussi vite, par l’arrogance de ses paroles, cette froideur dans sa voix, cette façon qu’il avait de regarder le monde, de la regarder elle. Leurs retrouvailles avaient étaient dues au désir de Mary à voir sa nièce mariée à quelqu’un « de bien ». Mais cela n’avait fait qu’augmenter sa haine pour lui. Et son amour aussi…

      *****


      En y repensant, je me mets presque à sourire. Mary l’avait invité sous un prétexte idiot, et elle l’avait refait deux fois par la suite. Je me souviens de l’avoir vu entrer dans la bibliothèque, droit, calme. Je me souviens aussi du bond qu’a fait mon cœur dans ma poitrine, et surtout, je me qu’après avoir parlé avec lui un moment, je l’ai prié de sortir, pas très amicalement. Cela a rendu Mary folle de rage. Et c’est ainsi que ce sont passées les deux fois qui ont suivi… Nous nous sommes aussi rencontrés par hasard. Un hasard bienheureux peut-être. J’ai beaucoup apprécié ces rencontres, bien que les paroles que nous échangeons soient souvent froides et pleines de sarcasmes. Nous échangions des paroles au moins… Ce qui pour moi était une nouveauté. Une délicieuse nouveauté. Mais pour échanger des paroles, il faudrait déjà qu’il réponde.

      *****************************************************

      Mary Blue l'avait convié aimablement à passer chez elle en fin de semaine, tôt dans l'après-midi, peut-être… Andrew ne l'appréciait pas le moins du monde et n'avait aucune envie de passer chez elle tous les quatre matins à chaque fois qu'elle l'invitait… Mais puis, elle avait connu ses parents, très bien, même, et refuser quelque chose à une Mangemorte de haut rang serait très mal vu pour sa réputation. Pour réussir à faire tenir ce masque. Pour pouvoir jouer cette horrifiante comédie qui l'avait emprisonné il y a tellement longtemps déjà, avant même qu'il ne s'en rende compte. Il y avait aussi sa nièce, à Mary. Zara Olivia Blue. Une petite peste. Névrosée. Véritable teigne. Qui se prend pour une martyre, qui se voit tellement supérieure. Vu la manière dont elle s'était permise de lui parler ! Andrew ne le tolérerait absolument pas. Lui ! Si seulement il ne pouvait que la haïr. Ce serait tellement plus simple. Rien ne bouleverserait son monde rangé, planifié dans tous ses détails. C'était donc ça, l'Amour ? Trouble inattendu, chamboulement total. C'était donc ça, aimer ? Oui, parce qu'aussi loin qu'il veuille le nier, il l'aimait, Zara, depuis leur rencontre, il en était persuadé, due au destin.

      La Mangemorte l'accueillit aussi aimablement que le lui permettait son caractère vicieux et perfide. Elle lui indiqua avec un sourire mauvais que sa nièce était montée se retirer dans sa chambre. Sale harpie. Que pouvait-il faire d'autre que de monter la rejoindre ?

      Le Manoir Blue était extrêmement vaste. Andrew gravit quatre à quatre les marches de l'escalier de marbre sombre et tranchant, mais, arrivé à l'étage, il ralentit le pas. Une sensation familière renaissait en lui. Un serrement au ventre, une soudaine chaleur. Il était mal à l'aise. Sa timidité n'améliorait jamais les choses, il fallait bien qu'elle débarque aux mauvais moments pour lui jouer des tours. Enfin… Même si c'était l'un de ses plus évidents défauts, il était bien trop fier pour l'admettre.

      Il se retrouva, hésitant devant sa porte. Cette fois elle ne pourra pas le remettre à la porte. Il y veillerait. Comment s'était-elle permise… ? Mais tiens. Elle venait de crier son nom, ou il se faisait des idées ? C'était pour le moins étrange. Sans essayer de tergiverser davantage, il se décida enfin ; il frappa.

      « Entrez. »

      Sa voix. Cette voix sarcastique et pitoyable, en même temps. Qu'il affectionnait mais qui l'agaçait à la fois. Il n'entra pas. Elle alla ouvrir. Sa réaction fut immédiate. Tout de suite, elle devint cramoisie, son teint pâle passa à l'écarlate.

      « Qu’est-ce... euh... Qu’est-ce que tu... tu fais là ? »

      Bégaiement stupide, interlocutrice méprisable. Elle l'agaçait. Et dire qu'elle se prenait pour quelqu’un.

      « A votre avis ? »

      La réponse était plus qu’évidente. Elle ouvrit plus grand sa porte et l’invita à entrer. Il s’assit sur la chaise qu’elle lui indiquait. Visiblement, elle était nerveuse. Négligente. Andrew était agacé.

      « Que voulez-vous ? »

      Il haussa les sourcils. Il ne s’attendait pas à cette question. Au lieu de répondre, il continua de détailler l’endroit où il se trouvait. Une grande chambre. La plus belle pièce du Manoir, à son humble avis. Oui, la plus chaleureuse, la plus vivante. Les murs verts et argent, aux couleurs de Serpentard, traduisaient certainement une nostalgie de Poudlard. La grande bibliothèque, désordonnée, avait l’air attirant. Son regard fut attiré par un uniforme de l’équipe de Quidditch des Tornades. Il se tourna vers elle, intrigué.

      « Qu’est ce qu'un uniforme de Quidditch fait chez vous ? »

      Elle tente de sourire. Peu convaincant. Mais qu’est-ce qu’elle était belle !

      ******************************************************

      A mon avis ? Mon cœur se serre dans ma poitrine. Pourquoi faut-il qu’il me parle aussi froidement ? Il met encore plus mal à l’aise, et je lui réponds la même façon. Je suis froide, fière. Je me comporte comme Mary s’attende à ce que je le fasse, en vraie dame du monde. Je le regarde de haut, je me pince les lèvres, et j’ignore son affront. Cela ne me ressemble pas. C’est une comédie que je n’aime pas jouer. Il détaille ma chambre. Ses yeux s’arrêtent sur ma bibliothèque, en désordre, bien sûr, sur la tapisserie aux couleurs de Serpentard, y a-t’il été ? Evidemment, quelqu’un comme lui ne peut-être qu’un Serpentard. Je devrai la refaire, maintenant que j’ai quitté Poudlard… Mais j’aime l’argent… Après, pourquoi ne pas remplacer le vert par le bleu ? C’est beau le bleu, serein. Dans une chambre, ça fait bien. Et puis, il a les yeux bleus. Non non non Zara, ce n’est pas une bonne raison. J’aime le bleu et l’argent, c’est tout… Il regarde mon uniforme. Que fait-il ici ? Je deviens encore plus cramoisie. Un mangemort de son rang et de son sang doit trouver puérile quelque chose comme le Quidditch… Mais…

      ***


      La jeune fille brune se mordit la lèvre à la question de son hôte, apparemment gênée. « A votre avis ? » Elle lui renvoya sa question d’une voix moqueuse, comme pour cacher sa gène apparente. « Un balai neuf, et un uniforme, à quoi cela peut-il bien servir d’après vous ? » Elle parla aussi froidement que lui, mais rougit de son affront, et reprit d’une voix moins bien assurée. « Je suis la nouvelle attrapeuse des Tornades de Tutshill. » Elle le dévisagea en se mordant la lèvre inférieure, s’attendant apparemment à des moqueries qui ne vinrent pas. Mais malgré cela, on sentait dans sa voix un certain plaisir à prononcer ces mots, et son visage s’illumina. Elle aimait le Quidditch plus que tout le reste, même son hôte ne pouvait plus en douter. Un silence lourd s’imposa entre eux. Elle le dévorait des yeux aussi discrètement que possible. On frappa à la porte, et entra sans attendre de réponse.

      ***


      Mais qu’est-ce qui m’a prise de lui parler comme ça ? Il doit me détester… Tant mieux, je ne veux rien avoir à faire avec un fils de mangemort arrogant obsédé par la pureté de son sang. Rien ! Rien…. Rien ? J’essaie de me rattraper. Je suis assez heureuse qu’il ne me rit pas au nez. Mais pour le coup, je ne sais plus quoi dire. Et Mary entre. Mary, cette chère Mary. Elle a un plateau avec du thé et des biscuits. « Excusez ma nièce ! Son manque de convenance est affreux, elle ne vous a rien proposé à boire ou manger. J’ai préparé la même chose que la dernière fois. » Elle pousse négligemment l’uniforme et le balai qui tombent sur le sol. Je sais qu’elle va me tuer de les avoir laissés en évidence. Elle est déjà contre, si en plus je me fais mal voir par l’unique héritier des Brown à cause de cela. Elle se retourne vers nous. Lui sourit aimablement, mais ce sourire a sur elle un rendu spécial. « Cela vient surement du côté de la famille de son père. Je n’ai pas eu la joie de le connaitre, mais il devait être comme cela. Un grand homme, sang pur de longue lignée, comme vous… » Elle sourit toujours plus. Vieille harpie menteuse et perfide ! Mon père était un moldu, elle me l'a assez répété, et certainement un homme bien mieux élevé qu’elle ! Elle m’adresse un regard éloquent. J’ai intérêt d’être gentille avec notre hôte… Oui, je sais. « Bien, je vais vous laisser ! Si vous me chercher, je suis dans la bibliothèque. » Nous acquiesçons ensemble, mais je vois Andrew grimacer en la voyant partir. Il l’aime autant que moi… Je ne peux m’empêcher de rire. Il me dévisage. Je crois néanmoins surprendre un sourire sur ses lèvres, qu’il dissimule presque aussitôt. « C’est à moi d’être désolée. Elle est un peu envahissante parfois… Et puisqu’elle est qui elle est, elle fait tout ce qu’elle veut… » Par qui elle est, j’entends évidemment un abominable mangemorte sans cœur, puissante et riche. Mais je ne le dis pas. Il est le fils de gens comme elle, et il est lui-même certainement comme elle… Je regarde son bras là où la marque devrait se trouver, et je mets instinctivement la main sur la mienne. Il me voit faire, je frémis.

      ***


      Les regards d’Andrew et de Zara se croisèrent un instant, chacun espérant de l’autre ce qu’il était lui-même, espérant ce double jeu sans trop y croire. Puis ils se détournèrent l’un de l’autre. La jeune fille fit apparaitre une chaise près de lui, pendant qu’il servait le thé dans les tasses de porcelaines. Bel ouvrage d’ailleurs. Mais pour une fois, la jeune fille n’y prêta pas attention. Elle regardait son uniforme par terre, sans oser le récupérer. Après un instant, elle se baissa et récupéra le tout. En relevant la tête, elle se trouva nez à nez avec lui. Il s’était peut-être approché pour l’aider. Mais cette soudaine proximité la cloua sur place. Elle n’osait ni bouger, ni parler, ni même respirer.

      **********************************************************

      « A votre avis ? »

      Elle lui avait renvoyé sa question, avec la même nuance de froideur dans la voix, ce qui la rendait extrêmement irritante. Il n’aimait pas ce ton de supériorité avec lequel elle s’adressait lui. Elle n’était aucunement supérieure.

      « Un balai neuf, et un uniforme, à quoi cela peut-il bien servir d’après vous ? »

      D’après lui ? Andrew haussa les sourcils. Il ressentait un léger mépris à l’égard de ce genre de sport, ne s’y ayant jamais intéressé.

      « Je suis la nouvelle attrapeuse des Tornades de Tutshill. »

      Elle devait en être fière. Son visage venait de s’illuminer, on sentait dans sa voix le plaisir et la satisfaction. Ce qui ne devait sûrement pas être le cas de sa tante, releva-t-il, amusé. Mary Blue était une de ces personnes étriquées et on ne pouvait qu’éprouver une franche antipathie à son égard. Le genre de personne qui n’aurait rien contre le fait de voir sa nièce devenir une Brown. Il ne put s’empêcher, de nouveau, de trouver ses traits admirables lorsqu’ils s’éclairaient de cette manière. C’est vrai qu’elle était belle.

      « Toutes mes félicitations. »

      Il l’avait murmuré poliment, le regard vaguement ailleurs. Que pouvait-il dire d’autre ? Un lourd silence commença à s’interposer entre eux.

      C’est alors qu’on frappa à la porte, et sans attendre de réponse, Mrs Blue entra chargée d’un plateau de thé et de biscuit. Andrew ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine gêne en sa compagnie.

      « Excusez ma nièce ! Son manque de convenance est affreux, elle ne vous a rien proposé à boire ou manger. J’ai préparé la même chose que la dernière fois. »

      Elle pousse négligemment l’uniforme neuf des Tornades, lançant un regard assassin à sa nièce. Le jeune homme ne put s’empêcher de plaindre Zara. Elle devait l’aimer autant que lui. Lui souriant aimablement, elle ajouta :

      « Cela vient surement du côté de la famille de son père. Je n’ai pas eu la joie de le connaitre, mais il devait être comme cela. Un grand homme, sang pur de longue lignée, comme vous… »

      Sang pur de longue lignée… Andrew se fichait pas mal de la valeur du sang… Néanmoins il se sentit obligé de lui adresser un petit sourire qu’il essaya de rendre affable, en entendant ses derniers mots, question de politesse. C’est alors qu’il surprit l’expression de dépit, de rage mal camouflée dans le regard de Zara. Que venait-elle d’entendre qui la mettait furieuse à ce point ?

      « Bien, je vais vous laisser ! Si vous me chercher, je suis dans la bibliothèque. »

      Ils hochèrent la tête en même temps, tandis qu’elle quittait enfin la pièce. Il réprima un soupir de soulagement.

      « C’est à moi d’être désolée. Elle est un peu envahissante parfois… Et puisqu’elle est qui elle est, elle fait tout ce qu’elle veut… »

      Un bref sourire se dessina le temps de quelque secondes à l’un des coins de sa bouche. Il ne s’était pas trompé. Elle devait l’aimer autant que lui. Et elle avait raison, vu comme elle était détestable. Mais pourtant, n’était-elle pas comme sa tante, elle aussi, une Mangemorte obsédée par son sang pur ?

      Il ne le savait pas. A vrai dire, il ne savait que très peu de choses à son sujet. Ils n’échangeaient que très peu de paroles, ils cherchaient comme à s’éviter mutuellement. Et il avait vraiment fallu qu’il tombe amoureux de quelqu’un comme elle…

      Zara jeta un bref coup d’œil à son bras gauche, là où devait se trouver la Marque des Ténèbres, puis, instinctivement, mit une main sur son propre bras. Andrew l’observait, elle en frémit.
      Serait-il possible, qu’elle aussi, comme lui, joue ce double-jeu, adopte cette double-identité ? Serait-elle possible, que, comme lui, elle feigne appartenir à ce monde d’atrocité et de barbarie alors qu’elle développe une autre vie ? Non, évidemment. Andrew n’osait pas y croire, et il se hâta de chasser ces pensées. Ca ne lui ressemblait pas d’aller aussi loin lorsqu’il était porté par son imagination.

      Elle se baissa pour ramasser son uniforme de Quidditch. Il fit de même, pour l’y aider. C’est alors qu’ils se retrouvèrent nez-à-nez.

      Cette soudaine proximité le mit mal à l’aise. Il ne savait que faire, il se sentait confus, et il voyait son embarras réciproque, il le lisait sur son visage. Son visage… Désormais, il pouvait distinguer clairement chacun de ses traits, chaque détail, chaque cil…

      Sans réfléchir, sans se soucier des conséquences, sans même en avoir vraiment conscience, il se laissa guider par ses sentiments et posa ses lèvres sur les siennes.

      ***********************************************************

      La peur d’être raillé, toujours au cœur me serre…


        Je le fixe, il est là devant moi. Il ne m’a jamais paru aussi vivant, aussi réel, aussi beau. Je n’ose ni bouger, ni parler, ni respirer, comme si au moindre de mes gestes, il allait disparaitre. Je m’égare dans ses yeux bleus, ses yeux clairs comme le ciel ou agités comme l’océan selon son humeur, je me perds sur son visage, je divague sur sa bouche, sur ses lèvres. Imperceptiblement, il se penche vers moi, et sans m’en rendre compte, je ferme les yeux. Nos lèvres se rencontrent, et je sens mon cœur s’envoler dans ma poitrine. Je m’approche de lui, mes bras viennent s’enrouler autour de son cou ; il ne me repousse pas. Alors, j’oublie.

        Tout. Je ne suis plus Zara Olivia Blue, je ne suis plus orpheline, je ne suis plus impure, je ne vois plus en cauchemar le cadavre de ma mère pendue, je n’entends plus les réprimandes de Mary, je ne suis plus mangemorte, je ne suis plus espionne, il n’y a plus de danger, plus de guerre, plus d’injustice, Lisa est en sureté, et moi, je suis avec lui ; je n’ai plus à me préoccuper de rien. Il n’y a plus que lui, plus que moi, plus que nous. Il n’y a plus que ce baiser, plus que sa délicieuse odeur dont je m’enivre, plus que ses bras puissants qui m’enlacent, me serrent contre lui, il n’y a plus que mon cœur qui bat à tout rompre dans ma poitrine, mon cœur d’enfant qui s’envole enfin…

        ●●●


        Combien de temps restèrent-ils agrippés l’un à l’autre ? Zara Olivia Blue n’aurait pas pu le dire. Tout comme elle était incapable de parler. Elle avait posé sa tête contre son torse, elle avait gardé les yeux fermés, et elle avait simplement profité de ce sentiment d’euphorie qui la gagnait. Elle l’aimait… Il l’aimait aussi… Ses yeux ne pouvaient pas mentir, ses bras qui l’entouraient et lui donnaient une force qu’elle ne connaissait pas non plus. Elle était trop bien pour accepter de se réveiller, elle dormait, elle rêvait…

        Ils étaient dans une maison, près de la mer. Un homme brun et une femme blonde les attendaient dans le salon. Oui, John et Olivia, souriants, devisaient gaiment dans le salon, ses parents. Et qui était Mary d’ailleurs ? Ah oui, sa tante qu’elle ne voyait jamais car elle ne supportait pas son père, ce moldu. N’était-elle pas à Azkaban ? Zara ne savait pas, elle ne l’avait jamais vu. Et elle ne s’en portait pas plus mal. Elle venait d’être prise dans l’équipe des Tornades de Tushill, l’Ordre du Phoenix n’avait plus aucune raison d’exister puisque Voldemort et les mangemorts étaient vaincus depuis longtemps. Ses parents avaient été très heureux d’apprendre son entrée dans une équipe nationale. Ils l’avaient félicité. Andrew était venu pour cela lui aussi. Ce soir, elle sortirait avec lui et quelques-uns de ses anciens camarades de Gryffondor, pour fêter cela, elle parlerait de tout et de rien avec Lisa, et rirait et s’amuserait.

        La jeune femme poussa un soupir d’aise et rouvrit les yeux. Elle rouvrit les yeux, et le vert argenté de sa chambre lui rappela sa réalité. Lui rappela l’horreur dans laquelle elle vivait. Lui rappela qu’elle était orpheline, qu’elle n’avait pas d’amis, qu’elle vivait chez sa tante, qu’elle avait la Marque des Ténèbres imprimait dans la chaire de son avant-bras, et que l’homme qui la tenait dans ses bras était un mangemort aux idéaux de sang pur qui ne pourrait jamais l’aimer puisqu’elle était demi-sang. Elle poussa un cri d’effroi et s’arracha à l’étreinte du brun. Pourquoi ? Pourquoi la réalité devait-elle être si affreuse ?! Elle ne chercha pas à ravaler les larmes qui coulèrent le long de ses joues, elle ne chercha pas à avoir meilleure mine. Elle était physiquement malade. Sa peau était encore plus blême qu’à l’ordinaire, ses cheveux en bataille, ses yeux étaient rouges. Elle aurait aimé au moins pouvoir se raccrocher à l’amour de l’homme qui était en face d’elle, mais elle ne le pouvait pas. Parce qu’il était un mangemort, parce qu’il était comme Mary, parce qu’il était sang pur, ils ne seraient jamais ensemble. Si seulement il eut été comme elle ! Elle aurait vendu son âme pour apprendre qu’un jour lui aussi s’était rebellé. Elle se sentit prise de vertige. Zara ne pouvait plus nier qu’elle aimait Andrew, profondément, et malgré tout. Pour la première fois, elle haït son père, parce qu’elle avait fait d’elle une demie, et qu’elle ne pourrait jamais faire partie de son monde. Elle dégringola. Elle resta assise par terre, ferma les yeux, et serra ses genoux contre elle, comme pour se protéger. Comme elle l’avait tant fait alors qu’elle était venue vivre ici. Et comme à ce moment-là, son désespoir était tel qu’elle eut l’impression de rester une éternité à sangloter idiotement, sous le regard bleu de son ami. Etait-il confus ? Surpris ? Furieux ? Vexé ? Heureux ? Désespéré comme elle ? Elle ne savait pas, elle ne voulait pas avoir, elle ne voulait plus le regarder, elle ne voulait plus affronter son regard…

        Et pourtant, après un moment très long, un trop lourd silence, elle se redressa. Elle était épuisée. Elle semblait avoir lutté contre elle-même de tout son être, de toute son âme, elle avait lutté contre l’amour qu’elle lui portait. Mais elle était vaincue. Elle ne cachait plus son amour, mais celui-ci se mêlait avec le dégout et le mépris qu’elle ressentait pour les gens comme Mary, et Andrew Dave Brown devait être comme Mary. Cela lui donnait un air curieux, elle était furieuse et désespérée, passionnée et calme, amoureuse et méprisante. Ses sentiments illuminaient ses yeux bruns, où ombres et lumières se succédaient. « Excusez-moi, Monsieur Brown. » Sa voix était froide, mais ce brisa alors qu’elle prononça son nom, trahissant son émoi. Elle prit une grande bouffée d’air frais, et se permis de le tutoyer intentionnellement pour la première fois. « Je suis différente de toi, Andrew. Trop différente. » Tous sentiments négatifs avaient disparus de son visages, ne restait plus que le clair, que l’espoir. Pour le moment. Cela reviendrait. Elle l’entendrait faire un commentaire sur la valeur du sang de quelqu’un, et le verrait acquiescer l’un des propos de Mary, et cela reviendrait comme c’était venu. Elle s’avança vers lui, recherchant cette effrayante proximité qui mettait la bouleversait entièrement. « Différente… » Sa voix n’était plus qu’un murmure rêveur, à peine audible. Mais elle savait qu’il l’avait comprise…

        **********************************************************

        Combien de temps étaient-ils restés là, blottis dans les bras l’un de l’autres ? Combien de temps avait-il passé à s’enivrer de son parfum délicieux ? Combien de temps avait-il réussi à oublier… ? Oublier qui il était, où il était… Oublier le rôle de serviteur des Ténèbres qu’il avait été contraint de jouer, oublier ce double-jeu qui l’obligeait à vivre dans le mensonge... Il sentait qu’il n’était plus, qu’il n’avait plus d’existence propre. Tout ce qui comptait, c’était elle. Zara.

        Comme deux papillons de nuits qui se heurtaient maladroitement, leurs lèvres étaient entrées en contact. Elle s’était blottie contre lui, il l’avait étroitement enlacée. Entourée de ses bras, elle avait posé sa tête contre son torse. Il n’y avait plus rien. Il n’y avait plus qu’elle.

        Maintenant, maintenant qu’il avait véritablement découvert à quel point il l’aimait, et combien elle l’aimait aussi, tous les chemins semblaient s’ouvrir à lui. Maintenant qu’il s’enivrait de son délicieux parfum, qu’il la sentait contre lui, un horizon infini de possibilité se dessinait. Toutes les incompatibilités qu’il avait trouvées à leur relation, en essayant d’y réfléchir, venaient de s’envoler ensemble, aussitôt, comme un vol d’oiseau apeuré. Maintenant qu’il était le plus heureux des hommes, plus rien ne lui semblait impossible.

        Il n’y avait plus de mauvais côtés en Zara Blue. Il n’y avait que son amour, sa force. Oui, elle était Mangemorte, et, comme lui, elle avait la Marque gravée dans la chair. Qu’importait tout cela ? Plus rien n’était irréalisable ! Il la ferait changer de côté, changer de monde. Il lui ferait découvrir le bon qu’il y avait à sauver une âme innocente.

        C’est alors que, au moment où l’espoir naissait dans son cœur comme jamais il ne l’avait ressenti, tout s’effondra. Elle l’avait repoussé. Soudainement. Violemment. Incompréhensible. Tout s’écroula. La vie qu’il avait senti bouillonner en son être, quelques secondes plus tôt, disparu trop brusquement. Il ne voulait pas que ça s’arrête.

        Elle s’éloigna de lui, replia ses jambes contre elle, comme pour se protéger. Il ne comprenait pas. Il n’arrivait pas à comprendre. Incertitude et incompréhension se mêlaient à la fois dans son regard d’une infinie douceur. Andrew se sentait étrange. Il voulait disparaître. Peut-être n’aurait-il pas dû… Il savait qu’il n’aurait pas dû… Pourtant, en même temps, il sentait qu’il avait eu raison, qu’il avait bravé une épreuve, passé une étape. Il avait surmonté l’insurmontable, il avait découvert, qu’elle aussi, elle l’aimait.

        Mais pourquoi ? Pourquoi ce repoussement, pourquoi cette attitude intrigante ? Il la savait mystérieuse, il la savait froide et distante, mais tout cela le dépassait désormais…

        « Excusez-moi, Monsieur Brown. »

        L’excuser ? Il plongea son regard dans le sien, contemplant ses prunelles dorées dans lesquelles se reflétaient ses sentiments. Zara frissonnait, elle semblait incertaine. Peut-être regrettait-elle ce qui s’était passé ? Lui, il demeurait de marbre, tout en la détaillant discrètement, dans l’espoir de comprendre cette soudaine attitude.

        « Je suis différente de toi, Andrew. Trop différente. »
        « Non… »

        Sa voix n’avait été qu’un murmure, un souffle au fond de sa gorge. Il refusait de voir la vérité en face de lui, un aveu vide de sens… Elle était différente ?

        « Non, Zara, c’est moi qui suis différent de toi. »

        Plus rien n’avait d’importance. Il sentait que la conséquence de ses actes lui importait peu, désormais. Andrew ne comprenait pas… Puisque Zara le croyait comme elle… Elle n’était pas censée savoir… De quoi parlait-elle ?

        « C’est à moi de chercher à m’excuser, Miss Blue. »

        Elle s’approchait de lui, il fit un pas en arrière. C’était lui, maintenant, qui la repoussait. Il se sentait mal à l’aise face à cette inévitable proximité... Il se sentait évoluer dans un monde brumeux, encore sous le choc de ce qu’il venait de faire, de découvrir. Incertain, il savait qu’il n’avait plus un seul désir : être seul, réfléchir, comprendre. La revoir ? Pas dans l’immédiat.

        « Vous transmettrez mes remerciements à votre tante pour son invitation. A… une prochaine fois… »

        Il avait été brusque, tout se bousculait en lui. Sa tête ployait sous le poid des question, mais demeurait vide de réponses. Il ne savait pas… Ne savait plus…

        *********************************************************

        'amour meurtrier. L'amour infâme. L'amour funeste. Amour. Amour. Unique vie en ce monde.



          Zara Olivia Blue se mit bêtement à sangloter sur son lit. Quelle idiote ! Quelle imbécile ! Quelle ! AAAAH ! Elle ne trouvait pas les mots. Le parfum d’Andrew flottait toujours dans la pièce, son image était encore incrustée dans sa rétine, sa voix résonnait toujours dans ses tympans. Mais il n’était plus là. Il était parti. Elle l’avait regardé partir. Elle avait bien essayé de s’avancer vers lui, mais il avait reculé. Il était redevenu froid, fier. Toute tendresse avait quitté ses yeux, toute chaleur avait fui sa voix. Redevenu cet homme qu’elle haïssait. Elle le détestait, oui, mais elle l’aimait aussi ! Oh combien elle l’aimait ! De tout son cœur, de toute son âme ! Plus que la raison ne devrait le permettre. Il était parti. Fâché lui semblait-il… Elle l’avait écouté descendre les escaliers, et traverser le Manoir Blue. Elle l’avait imaginé déambuler dans les pièces et couloirs, croisé Mary, ne pas lui répondre, et disparaître sur le perron en transplanant. Elle imaginait parfaitement aussi Mary qui contenait avec dificulté sa rage et s’apprêtait à venir lui passer un savon. Et bien tant pis ! Que pouvait-elle faire de pire que ce que cet homme lui avait fait en partant ? La jeune femme était brisée.

          ●●●


          Ma tante grimpe les marches qui mènent à ma chambre. C’est surprenant qu’il y en ait autant. Quand Andrew les a descendues, il n’y en avait pas assez. Il a mis trop peu de temps à descendre, trop peu de temps à disparaitre… Andrew. Andrew. Elle monte à cause de lui. Mary me veut marier à Monsieur Brown, c’est l’unique moyen de sauver mon honneur à ses yeux… Si elle savait. Pour une fois que nous souhaitons la même chose… « Alors jeune fille, je veux des explications. Tu n'as pas compris qui est cet homme ?! » Elle ne crie pas. Mais elle est en colère. Très en colère. Je lui tourne le dos, je ne la voie pas, mais je le sais, je le sens. Et c’est comme quand Lisa et moi nous nous cachions. Je sens sa rage, sa colère. Mais je n’ai plus Lisa à mes côtés à protéger. Alors, j’ai peur, et je n’ai plus à faire semblant d’être forte. Je peux être moi-même. Et d’ailleurs, j’en ai marre marre marre de faire semblant ! Marre de ne plus être moi ! Que cela cesse ! Que cela s’arrête ! Qu’elle voit ce qu’elle m’a fait ! Qu’elle voit ce qu’est devenue la petite orpheline ! Je suis trop fatiguée pour me battre avec elle, et trop pour me battre avec moi.

          ●●●


          Mary Blue aurait certainement crié après sa nièce, elle se serait certainement emportée en temps normal. Andrew Dave Brown était l’avenir de celle-ci, elle devait l’apprendre. Mais en voyant le visage ravagé de chagrin de sa nièce, elle ne put pas. Sa voix se brisa dans sa gorge. Quelle lamentable petite créature ! Qu’est-ce que cet homme lui avait fait ? Dit ? Elle se le demandait. Mais s’il la mettait dans cet état, c’est qu’elle avait en partie réussi son entreprise. Elle eut un sourire ravi, le plus dur était fait. Et elle quitta la pièce sans un mot. Zara ne pourrait pas rester là à pleurer éternellement, non ? En attendant, il lui fallait de nouvelles occasions de croiser Monsieur Brown. Et de l'inviter à venir voir sa chère nièce.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:50
Et je me demande où se cache
la vraie vie…


Depuis combien de temps était-elle là ? Des jours ? Des semaines ? Des mois ? Elle ne savait plus. Zara Olivia Blue était anéantie. Qu’avait-elle fait ? Comment avait-elle pu ? Et comment pourrait-elle rentrer chez… Elle, après cela ? Comment ? Elle ne savait pas… Elle ne savait plus. Elle s’effrayait elle-même. Elle avait peur. Elle était exténuée, mais elle ne pouvait fermer l’œil, elle la voyait dansé devant ses yeux, encore et toujours. Alors elle n’osait plus bouger… Cela faisait deux jours qu’elle était recroquevillée dans l’herbe, et qu’elle pleurait, serrant sa robe noire déchirée contre elle. Mary… Elle avait tué Mary… Elle avait tué sa marraine lors de l’attaque de Poudlard. Elle avait tué Mary… Cette idée la rendait malade. Comment pourrait-elle se regarder en face après cela ? Elle avait tué la femme qui l’avait élevée, elle avait tué la femme qui lui avait tout donné ! Et ce n’était même pas un accident… Elle n’en pouvait plus… Elle voulait mourir. Disparaître. Et ne plus jamais refaire surface. Deux jours… Deux jours qu’elle priait pour que l’on mette fin à son supplice. Mais non, rien… Juste le vent, le froid, la fatigue, la faim, la peur, et le dégout envers elle-même. Et deux jours avec juste cela, c’était aussi long qu’une éternité. Mais elle en était là… Et elle n’en pouvait plus. Son courage l’abandonnait peu à peu… Elle ne savait plus quoi faire… Elle attendait un signe. Et elle en eut un. La pluie, il plut à torrent. C’est ce qui la força à se lever. Elle avait transplaner près de chez elle, mais elle se dirigea dans la direction opposée. Elle ôta ses chaussures, et courra pieds nus dans l’herbe mouillée et la boue, riant presque. Elle ne s’arrêta que quand elle n’en pu plus, et se laissa tomber sur le sol mouillé, et malgré la pluie, malgré le froid, malgré la faim, elle s’endormi.

C’est un chien qui la réveilla. Un gros chien noir. C’était le matin. Il ne pleuvait plus. Zara se redressa, et fixa l’animal en souriant. « Salut toi. » La jeune femme s’étira, et retira la boue de ses mains et de son visage à l’aide de sa baguette magique. Pour la première fois depuis trois jours, elle était calme, elle était reposée, elle était bien. Elle jeta un coup d’œil à sa robe déchirée au niveau du ventre, et dont une partie des jambes, au-dessous des genoux, avait été arrachée pendant sa course folle. Son visage se colora. C’était bête, elle avait gâché une belle robe noire. Mais ça n’avait pas d’importance. Ça n’en avait plus. Ou du moins tant que personne ne la voyait dans cet état. Sauf le chien. Elle s’approcha de lui et lui caressa la tête, en insistant derrière les oreilles. « Comment tu t’appelles toi ? Tu es perdu ? Où ils sont tes maîtres ? » Elle souriait au chien, et s’assit à côté de lui. « J’ai fait une bêtise. J’ai tué quelqu’un. Quelqu’un de profondément méchant, qui était sur le point de faire beaucoup de mal, mais quelqu’un qui vivait. J’ai ôté la vie… C’est monstrueux… Et le pire, je n’éprouve aucun remord pour cela… J’ai juste peur de ce qui va m’arriver ensuite… Et je sais que je suis monstrueuse… » Zara marqua une pause. « Je ne sais pas pourquoi je te dis ça… Peut-être parce que tu ne comprends pas un traitre mot de ce que je te raconte, mais enfin… » Elle rit, et caressa de nouveau le chien. Puis elle se redressa. « Dis, tu sais pas de quel côté c’est Godric Hollow ? Tu m’y conduiras ? » Il abboya, et elle décida de marcher à ses côtés. C’était suprenant… La Serpentarde était à la fois persuadé qu’il ne comprenait pas ce qu’elle disait, et qu’il la conduisait du bon côté malgré tout. Mais elle ne voulait pas trop y réfléchir. Il fallait qu’elle rentre chez elle. Elle était pied nus, sa robes était mouillée, crassée, et trouée, elle avait froid, très froid, et très faim aussi. Cela embuait son esprit, elle se frappa un pied contre un rocher, et elle glissa. Et ce fut une main qui la rattrapa et la remit sur pied… Une main quand un instant plus tôt, elle était avec un chien…

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Est ce une vie de parcourir encore et encore le monde, de traverser les frontières, se cacher et de fuir sans arrêt ? Non certainement pas...
Black se matérialisa non loin de là où il avait provisoirement élut domicile, en pleine campagne anglaise. Ses habits était de nouveau déchirés et ses muscles étaient douloureux. Encore un accrochage avec, cette fois, des policier moldu et avait du se battre à la main, sans magie. Mais c'était un sourire satisfait qu'il abordait. Black aimait se battre avec ses poings, la douleur de ceux qui recevait lui rappelait qu'il était en vie. Et rien n'était plus beau que la vie. Il contempla la lune brillant dans ce ciel sombre. Puis Black regarda à ses pieds. Oh. Jolie. Il y découvrit la belle en bois dormant endormi. Enfin sans le prince charmant et le château, se dit il en se rappelant de l'histoire qu'il avait regardé un peu après Azkanban quand il avait mené une vie de chien dans une famille moldu. Ses cheveux collaient à son visage aux trait fin mais tiré par la fatigue. Même à la lueur de l'astre céleste, sa peau semblait blafarde. La jeune femme endormie portait une robe noire déchirée qui laissait apparaître un ventre plat et des jambes délicatement tachetées de boue. Sirius retint son souffle. Il avait l'impression de la connaître. L'homme s'accroupit et du bout des doigts décolla les mèches du visage de la sorcière. Il l'examina encore une fois de plus près. Des sillons creusées par des larmes marquaient ses joues. le fugitif voulu les effacé mais il passa son pouce sans sucés. Cependant, en voyant son visage de plus prés il se souvint. Zara Olivia Blue. Il avait lu chaque rapport fait sur les membre de l'Ordre du Phénix. Et elle en faisait partie. En temps qu'espionne. Black fronça un peu les sourcils et soupira. Sa vie n'avait pas l'aire d'âtre facile. Se relevant, l'homme hésita : allait il la laisser seule ici ? Officiellement elle faisait partie du camp adverse et pouvait attiré ses petits camarade. Black commença à l'enjamber. Mais il arrêta son geste. Officieusement, elle était dans son camps. Se maudissant il s'assit à ses côtés. Il resterait au moins jusqu'à qu'elle se réveille.

Elle ouvrit les yeux quand le soleil était déjà haut dans le ciel. C'est un chien noir qu'elle trouva à ces côtés. « Salut toi. » Et voilà qu'il était de nouveau traité comme un chien... Mais en même temps c'était l'apparence qu'il avait --' Mais rien n'était plus désagréable que de ne pas être traité comme un homme.« Comment tu t’appelles toi ? Tu es perdu ? Où ils sont tes maîtres ? » Vraiment déplaisant. « J’ai fait une bêtise. J’ai tué quelqu’un. Quelqu’un de profondément méchant, qui était sur le point de faire beaucoup de mal, mais quelqu’un qui vivait. J’ai ôté la vie… C’est monstrueux… Et le pire, je n’éprouve aucun remord pour cela… J’ai juste peur de ce qui va m’arriver ensuite… Et je sais que je suis monstrueuse… » Mais ce qui est bien quand on est un chien c'est que les gens ignorent qu'on les comprend. Il écouta ces paroles avec attention. Il trouva qu'elle avait raison. Raison de n'avoir aucun remord et de ne pas se laisser ronger par la culpabilité. Ça détruisait une vie. Black en savait quelque chose. « Je ne sais pas pourquoi je te dis ça… Peut-être parce que tu ne comprends pas un traître mot de ce que je te raconte, mais enfin… » Elle lui donnait des caresses de chien. Black se força à voir les chose du bon côté : au moins, elle le caressait.« Dis, tu sais pas de quel côté c’est Godric Hollow ? Tu m’y conduiras ? » Et en plus elle était perdue ! Black se leva et aboya : Imbécile ! Tu es tellement fatiguée, sans vie... Tu n'arriveras pas à ta destination. Cependant il se mis à marcher vers le village. D'un pas chancelant elle le suivit. Tellement chancelant qu'elle trébucha. Avant d'avoir put réfléchir, Black repris sa forme humaine et la rattrapa par le poignée, l'empêchant de heurter violemment le sol. Il tira un coup sec sur son bras la ramenant dos à lui, la ceinturant d'un bras, et mettant son autre main sur sa bouche pour l'empêcher de crier. Il passa sa main dans les plis de sa robe en lambeaux saisissant sa baguette pour éviter les mauvaise surprise. Au travers le tissus, il sentis le corps de Zara qu'il effleurai se raidir. La bouche contre son oreille il murmura, son souffle la chatouilant.«chuu... On se calme mademoiselle l'attrapeuse... » Oui, Black était au courant des dernière nouvelles, c'était du quidditch tout de même... il continua. «Si vous avez un peu de jugeote, vous savez maintenant qui je suis... Et je vais vous présenter les deux options qui s'offre à vous. » Il lui désigna la direction vers laquelle ils se dirigeaient « Par là, Godric Hollow, vous récupérez votre baguette et vous y allez toute seule maintenant... mais je doute que vous y parveniez dans votre état. » Il lui fit faire volt face et lui annonça toujours en la tenant prisonnière dans ces bras : «Par là, de la nourriture et de quoi vous reposer. Je vous accompagne, en gardant votre baguette et ensuite vous pourrez regagner votre village en un seul morceau.» Il enleva le bâillon improvisé qu'était sa main pour la laisser choisir.

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Zara était mal en point. Cela se voyait, cela se savait. Il n’y avait plus qu’elle-même pour le nier, et personne pour le lui faire remarquer. A part ce chien. Mais que pouvait-il bien faire ? Rien. Ou du moins, c’était ce qu’elle avait cru, ce qu’elle avait espéré, jusqu’à ce que son état la rattrape, et qu’elle glisse. La jeune femme avait vu le sol se rapprocher d’elle rapidement, mais une main l’avait rattrapée, et tirée en arrière. Une main… Un homme. Zara aurait certainement crié si l’homme en question ne l’avait pas bâillonné d’une main. Elle se surprit à trembler. Elle avait peur, elle était surprise, elle était humiliée, un peu. Il prit sa baguette, et son corps se raidit malgré elle. Il parla, à son oreille. Ou plutôt, il chuchota. Elle trembla de plus belle. Sa voix était grave, son souffle chaud lui chatouillait la nuque, et il l’avait appelée l’attrapeuse… Il savait qui elle était. Et elle… Elle savait qui il était aussi. Elle ne le savait que trop bien. Sirius Black. C’était déroutant de le rencontrer enfin, et encore plus dans cette situation. Pour la jeune femme, c’était un peu comme rencontrer le héros d’un roman qu’elle avait lu mille fois et toujours aimé. Car elle avait toujours apprécié Black et son histoire, même sans le connaître, et cela pour une raison très simple : Mary ne le supportait pas. C’était elle qui lui en avait parlé, et toujours en mal. Mais chaque mauvais mot sortis de la bouche de sa marraine, de sa tante, n’avait fait qu’accroitre son admiration pour ce parfait inconnu. Admiration qui n’aurait jamais été sans le venin de cette femme. Un esprit de contradiction ? Nooon… Pas du tout. Et elle le rencontrait. Là, maintenant. Le destin lui jouait un mauvais tour. Elle prit soudain conscience qu’elle n’était pas seule spectatrice de son visage sale, de sa robe déchirée, de ses jambes tachées de boue, et elle eut honte, comme il ne devrait être permis d’avoir honte. Son minois clair vira au rouge écrevisse, pendant qu’il lui parlait. Quand il la força à se tourner vers lui, son teint fonça encore. Il ôta sa main de devant la bouche de l’ancienne Serpentarde, et celle-ci ne put s’empêcher de lui demander, les yeux grands ouverts, comme si elle refusait de les fermer : « Vous êtes Sirius Black ? Vous… Vous êtes réel ? »
Oui. Il l’était. Zara sentait la chaleur de son corps contre le sien, elle sentait son cœur battre, sa poitrine se gonfler à chaque inspiration. Il était bien vivant, bien réel, là, juste là. Oh oui, le destin lui faisait une mauvaise blague. Elle finit par cligner des yeux, et par lancer, d’une voix parfaitement neutre : « Vous me demandez de choisir, mais vous me jugez vous-même inapte à exercer l’une de vos solutions. C’est assez étrange, je trouve, comme mode de pensée. Néanmoins, vous me privez de baguette, vous ne me faîtes pas confiance, je ne peux vous faire confiance, alors je suis dans l’impossibilité de choisir cette deuxième option. » Tout en parlant, Zara s’était dégagé de son étreinte, et avait voulu récupérer sa baguette. Mais elle n’avait pas fait un pas sur le côté, qu’elle était déjà prise de vertige, et que ses jambes se transformaient en coton. Ce fut elle qui s’agrippa à son bras pour ne pas tomber.

Zara Olivia Blue avait des qualités, mais aussi des défauts. Dont l’orgueil. Un orgueil incomparable. Et cet orgueil était gravement atteint dans l’état dans lequel elle était. Outre le fait que sa tenue n’était pas tout à fait convenable, qu’elle était sale et décoiffée, elle ne pouvait même pas choisir. Elle était trop faible, et à la merci de quelqu’un. Ce qu’elle détestait par-dessus tout. Elle perdait le contrôle. Son regard était à peine plus vide quand elle releva la tête vers Sirius, pour lancer d’une voix aussi calme que d’habitude « Vous pouvez garder ma baguette… Je crois être incapable de choisir la solution qui me plaisait le plus. Je vous suis. » Accompagnant ses paroles, elle avait un petit sourire triste. Mais soudain, elle s’agita, comme si elle venait de se souvenir de quelque chose. « Et… Je suis désolée de vous avoir traité comme un chien tout à l’heure. Je ne pouvais pas deviner qui vous étiez mais… Désolée. Et désolée de vous avoir embêté avec mes histoires. Et surtout, désolée pour… Ça… » Elle avait parlé plus vite qu’à son ordinaire, et avait encore accéléré en passant sur la partie de ses histoires. Elle avait fini sa réplique en se désignant elle-même, et sa tenue, et parlant d’une petite voix qui semblait être ailleurs. Elle guettait la moindre réaction de Black. La jeune femme frissonna en baissant les yeux vers ses pieds, comme elle avait cru deviner un sourire se dessinant sur les traits réguliers de l’homme qui lui faisait face.

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« Vous êtes Sirius Black ? Vous… Vous êtes réel ? »

Cette surprise le fit sourire amèrement. Oui il était bien réel. Son corps était là pour le trouver. Mais Black ne savait par moment plus comment prendre cette réalité : malédiction ou bénédiction ? Et il se posait maintenant la même question avec cette jeune femme à son bras. Elle n'aurait du jamais être sur sa route. Jamais. Le fugitif n'aurait jamais du attendre qu'elle se réveille ni la rattraper. Mais c'était chose faite.

« Vous me demandez de choisir, mais vous me jugez vous-même inapte à exercer l’une de vos solutions. C’est assez étrange, je trouve, comme mode de pensée. Néanmoins, vous me privez de baguette, vous ne me faîtes pas confiance, je ne peux vous faire confiance, alors je suis dans l’impossibilité de choisir cette deuxième option. »

Sa voix neutre lui rappela cette bourgeoisie au sang pur qu'était ces parents. Cela avait quelque chose de dégouttant mais d'attirant aussi. Une pensée étrange ? La juger inapte à choisir la première solution ne voulait pas dire qu'elle ne pouvait et qu'elle n'allait pas la choisir. Black connaissait des fou qui lui prouvaient continuellement qu'il avait tord. Tenez, lui-même par exemple. Et pour la baguette, on était jamais trop prudent, alors non elle ne l'aurait pas.

Zara s'était dégagé de Sirius qui commença à compter à rebours. 3... la jeune femme fit un pas sur le coté. 2... Ses jambes se mirent à trembler... 1... Elle perdit l'équilibre... 0, la demoiselle agrippa le bras de Black pour ne pas tomber.

« Vous pouvez garder ma baguette… Je crois être incapable de choisir la solution qui me plaisait le plus. Je vous suis. »

Zara Olivia Blue avait choisit. Mais elle mentait. Son étonnement et son manque de peur le prouvaient. Mais Sirius garda le silence et elle continua en agitant.

« Et… Je suis désolée de vous avoir traité comme un chien tout à l’heure. Je ne pouvais pas deviner qui vous étiez mais… Désolée. Et désolée de vous avoir embêté avec mes histoires. Et surtout, désolée pour… Ça… »

Sirius Black sourit de plus belle. Se soucier en ce moment de son apparence, alors qu'elle était avec le fugitif le plus recherché d'Anglettre. L'homme lui répondit amusé :

« Si j'étais un chien, c'est que je voulait que vous me preniez pour un chien, mademoiselle l'attrapeuse. Et ne vous souciez pas de votre apparence, nous sommes deux dans ce cas là. »

En effet, Zara n'était pas la seule à avoir passé la nuit dehors et à s'être battue. Sirius Black était lui aussi dans un sale état, mais le demoiselle n'avait pas l'air de l'avoir remarqué.

« De plus, je troue que cette robe met parfaitement en valeur votre corps »

Black avait ajouté ces derniers mots en désignant le ventre et les jambes de la jeune femme qu'il pouvait apercevoir au travers les déchirures et avec un grand sourire en coin. Le ciel grisé de nuages se déchira et une pluie fine et froide se remis à tomber. Très désagréable, jugea Black. S'il y avait une chose qu'il n'avait pas regretter pendant ses voyages, c'est bien la pluie de Grande-Bretagne. Il détacha délicatement les doigts de Zara qui commençaient à s'enfoncer sérieusement dans sa peau.

« Permettez »

Sans attendre la réponse, il passa de nouveau son bras autour de la taille, non pas pour l'emprisonner mais pour la soutenir. De toute façon c'était ça ou la jeter sur son épaule. Et il n'était pas question de la porter telle une princesse, Black était bien trop fatigué et sa tente bien trop loin. La pluie devenait de plus en plus forte et le vent froid commençait à souffler. Black leva les yeux au ciel. Et sans prévenir les transplana. La spirale les happa et les recrachèrent un peu plus loin, dans le même paysage, dans le même vent et dans la même pluie.

« J'ai pensé que ce moyen de déplacement vous conviendrait plus que la marche. Nous sommes arrivé. »

Ils étaient arriver devant rien d'autre que le l'herbe haute et encore de l'herbe haute à perte de vue. Mais Black leva sa baguette, marmonna et une vieille tente verte délavée et usée apparut. C'est elle qui l'hébergeait et voyageait avec lui. Jamais il n'avait eut d'invité. Black saisit un pend de tissus et céda le passage.

« Si mademoiselle l'attrapeuse veut bien ce donner la peine... »

Son ton ironique accompagnait ses parole et y rentra à la suite de la jeune femme. On n'avait pas besoin de se baisser pour marcher. La magie faisait si bien les choses. Cependant c'était une tente pour une seule personne qui y vivait depuis des années. Le vent battait la tente et les parois bougeaient avec lui. L'intérieur ressemblait à sa chambre dans le manoir. Rouge et or pour Griffondor, des tas de papier s'accumulant sur les meubles, un bureau ou trônait la photo déchirée de James, Remus et celles de Harry et Alix mais aussi un grimoire sur la lycanthropie et le miroir a double entrée pour communiquer avec James. Au fond, lit immense. Des étagères tapissait les murs, dont une remplie de fiole et de potion. Et juste à coté, une penderie débordante. Ces dernières années, le fugitif était passé maître dans l'art du déguisement... un poster des bizarre's sister au côté d'une écharpe de Griffondor. Sur une commode reposait plein d'objet tout aussi étrange et inutile qui lui valurent pas mal d'heure de punition avec James à Poudlard. Tout d'un coup, Black se sentit gêné ou plutôt irrité. Personne n'était rentré ici. Et la première personne à visiter son repaire était une jeune femme dont il connaissait que les rapports détenu par l'ordre. D'un coup de baguette il dégagea une chaise et un morceau de table y invitant Zara.

« Désolé d'être un si mauvais hôte mais cela fait bien longtemps que je n'ai pas reçu. Pas trop déçue ? »

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Zara répondit par un simple sourire à Black. C’est vrai qu’il était mal en point lui aussi, mais il n’avait pas couru ou dormi dans la boue lui. Ce qu’elle pouvait avoir honte de son apparence. De son visage et son corps sale, de sa tenue… Elle rougit à sa remarque, baissant les yeux vers les parties que sa robe déchirée laissait entrevoir, son ventre, ses cuisses. Elle eut une petite moue, et ne décida pas à relever les yeux vers le brun, toujours gênée. La pluie recommença à tomber. La jeune femme ferma les yeux. Elle la trouvait apaisante, elle prenait un certain plaisir à sentir les gouttes glisser sur son visage, sur son corps, dans ses cheveux, se frayer un chemin sur ses vêtements sales. C’était doux comme contact, une très agréable caresse. Mais Black ne devait pas l’apprécier autant qu’elle. Il la prit par la taille et ils transplanèrent. Son compagnon d’infortune, si on pouvait le dire, fit apparaitre une tente, et l’y invita d’un ton que la jeune fille perçu comme moqueur. Elle eut un sourire triste en pénétrant sous la toile.

Elle avait fait du camping une fois avec Lisa, Laura et Elias, mais ils étaient moldus, et leur tante toute simple. Depuis, elle n’était entrée qu’une fois dans une tante de sorcier, et cela l’avait émerveillée. Cela l’émerveillait encore ce jour-là. De toute évidence, son hôte n’était pas très ordonné, mais Zara aima immédiatement l’endroit. Elle détailla en souriant son environnement, notant chaque détail, cherchant à l’analyser, et à s’en souvenir surtout. Tout était au couleur de Gryffondor. Cela l’amusa. C’était comme sa chambre… Sauf que sa chambre était aux couleurs de Serpentard, son ancienne maison. Elle regarda les objets sur les étagères, les meubles, et une immense sourire illumina son visage. Si l’âme de cet homme ressemblait au lieu qu’il habitait, alors elle l’appréciait déjà. « Vous voulez rire ? Cet endroit et fantastique ! Déjà que je trouvai le Manoir triste à mourir, après ça, cela va être encore pire… » Elle lui adressa un sourire sincère, ses traits étaient éclairés d’un sorte de lumière intérieure. Cela sembla amuser Sirius, mais Zara n’était pas encore sûre de comment décrypter ce qu’elle lisait dans les yeux du brun. « Excusez-moi Monsieur Black… Mais… Y aurait-il la possibilité que je me lave et que je me change ? Ma tenue vous plait peut-être, mais moi non…» Il lui sembla à nouveau qu’il était amusé. Il ne s’opposa pas à ce qu’elle avait demandé. Il y avait une baignoire près du lit, séparée du reste par un épais rideau. Zara n’était pas très à l’aise, mais elle se déshabilla et se lava rapidement. Elle se rhabilla, enfilant avec des vêtements qu’elle lui avait empruntés. Une chemise et un jean, beaucoup trop grand. Mais la jeune femme n’avait pas voulu fouiller et avait pris ce qu’elle avait vu en premier. Elle noua la chemise, de façon à ce qu’elle ne la gêna pas trop. On voyait son ventre, comme avec la robe, mais au moins, ses vêtements étaient secs et propres.

Zara passa une main dans ses cheveux mouillés et s’assit sur le bord de la baignoire. Elle était dans la tente, dans le repaire de l’homme le plus recherché de tout le pays. Et elle ne savait absolument rien de lui, à part ce que sa tante lui avait dit, mais elle n’avait jamais accordé beaucoup de crédit au poison de sa tante. Elle s’avança vers le rideau, et regarda à travers un pli. C’était idiot de sa part, mais cela l’amusait un peu. Il était assis là où elle l’avait quitté, mais il s’était changé. Il avait les yeux fermé. Dormait-il ? Rêvait-il ? Si oui, à quoi ? Il ouvrit les yeux. Non, il devait simplement penser. Elle poussa le rideau. « Merci… » Zara sourit encore, mais son sourire était dépourvu de toute joie, de tout bonheur. Elle se sentait tellement fatiguée. Elle s’assit face au brun. « Je… Vous… Vous pouvez ne pas répondre mais… Vous vivez ici depuis longtemps ? Enfin… Ici… Dans la campagne… Tout seul ?… » Zara fut surprise par sa propre audace à le questionner ainsi. « S’il vous plait, Monsieur Black, pas de Mademoiselle l’Attrapeuse, je m’appelle Zara. » Elle plongea ses yeux bruns dans ceux de l’homme face à elle. Elle aurait aimé le connaître, le comprendre. Son estomac la rappela soudainement à l’ordre. « Excusez-moi… Je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité, mais… Pourrais-je manger quelque chose ? »

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Zara Olivia Blue sourit. Et Sirius Black pris conscience de l'étendue de sa splendeur. « Vous voulez rire ? Cet endroit et fantastique ! Déjà que je trouvai le Manoir triste à mourir, après ça, cela va être encore pire… » Son sourire était franc, son visage repris vie. Black ne démorda pas de son sourire un peu provocateur.. « Excusez-moi Monsieur Black… Mais… Y aurait-il la possibilité que je me lave et que je me change ? Ma tenue vous plait peut-être, mais moi non…» Les Yeux de Black brillèrent. Elle était en compagnie du fugitif le plus rechercher du monde magique. Et elle pensait encore à des choses aussi futile que son apparence. Sirius lui indiqua l'emplacement de la baignoire et la laissa y aller. Quand elle eut disparut derrière le lourd rideau, Patmol retira son tee short et tomba sur son reflet dans le miroir. Il n'avait pas l'impression d'avoir vieilli. La seule marque du temps était des cicatrices et un corps aux muscles noueux. Il détacha ses yeux de l'homme qu'il était devenu, pensant à ce que aurait pu être sa vie si Voldemort n'avait jamais existé. Il se décrassa à l'aide d'une serviette humide et passa des vêtements propre avant de s'asseoir dans un fauteuil en face de la table.

Sirius Black était médusé. Que venait faire Zara dans sa tente ? Il n'en avait aucune idée. Ou plutôt il ne voulait pas y réfléchir, il allait le regretter sinon. Qu'aurait fait James à sa place ? Sûrement amener la jeune femme à Lily. Mais black n'avait pas de Lily sous le bras, encore une fois il devrait se débrouiller seul. Comme toujours. Zara O. Blue avait raison de ne pas se sentir à l'aise. Elle n'avait pas de baguette, elle était épuisée et surtout elle savait ou il résidait et connaissait maintenant les lieux. Qu'elle sache autant de chose sur lui ne lui plaisait pas. Sirius se demanda s'il devait ou non lui faire subir le sortilège d'oubliettes lorsqu'elle partirait. Il posa les pieds sur la chais opposée, bascula sa tête en arrière et ferma les yeux. Ces trop longue année de solitude l'avait rendu amère, haineux et particulièrement paranoïaque. C'était peut être pour cela qu'il était en vie aujourd'hui. Mais voilà qu'un jour il invite quelqu'un dans son repaire. Oui, mieux ne fallait il pas réfléchir.

Black entendit la jeune femme pousser le rideau et il rouvrit les yeux. Elle l'observait. L'homme sourit comme toujours d'un sourire un peu prétentieux.« Merci… » Elle le rejoignis à la table sans trébucher ni tomber -bravo Zara-. Habillée de l'une de ses chemises et jean, elle nageait dans ces vêtements. « Je… Vous… Vous pouvez ne pas répondre mais… Vous vivez ici depuis longtemps ? Enfin… Ici… Dans la campagne… Tout seul ?… »Il la fixa, se demandant quoi répondre.« S’il vous plait, Monsieur Black, pas de Mademoiselle l’Attrapeuse, je m’appelle Zara. » C'était dommage. Sirius aimait bien l'appeler Mademoiselle l'attrapeuse. Mais il n'eut pas le temps de dire quoique se soi : l'estomac de son invitée gronda.« Excusez-moi… Je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité, mais… Pourrais-je manger quelque chose ? » Il lui répondit en rigolant presque : « vous êtes là pour ça. » Black se leva et sortit du placard une miche de pain entouré d'un torchon qu'il posa devant la jeune femme avant de repartir fouiller dans ses réserve. Contrairement à se qu'on pouvait penser, il ne craignait pas la famine. Une mésaventure au Népal l'avait poussé à toujours avoir à manger avec lui. Mais une question de taille s'imposa. Ça aimait quoi ces bêtes là ? o.O Lui n'était plus difficile depuis azkaban, mais elle ? Il décida de ne pas trop prendre de risque et sortit des pâtes et de la sauce tomate en conserve. Il pointa sa baguette sur les ingrédients et les casseroles qui se remplir et préparèrent à manger toute seules.

Ne s'occupant plus du repas, il rapporta son attention sur Zara. « Vous me parleriez de la personne que vous avez tué ? » À ces mots ; l'attrapeuse se figea et se mis trembler. Lily s'y serait évidement mieux pris. Abandonnant l'idée d'en savoir plus sur cette mort, il répondit évasivement à ces précédente question. Dans la campagne ? Pas très. Seul ? Plus longtemps déjà. « vous êtes ma première invitée. Je tombe rarement sur des gens fuyant dans la campagne. » Elle semblait vexée, ce qui fit sourire Black encore un peu plus. Il avait croisé les jambes et jouait avec sa baguette. D'un coup de celle ci, le pain fut coupé, le couvert se mis en place, les assiettes déjà pleines. Zara Olivia Blue se tenait droite, elle saisit délicatement sa fourchette et se mis à manger consciencieusement. Elle mourait de faim ça se voyait. Et malgré tout elle mangeait avec les manières des grand aristocrates. Pour Black c'était encore un comportement déplacé. Mais il se prit au jeu et l'imita tout en l'observant. Une tâche sombre sur la mâchoire de son hôte attira son attention. Il l'avait pris jusque là pour de la saleté. Mais maintenant elle était douchée. Quant elle eut fini de manger, Sirius s'approcha d'elle et écarta une mèche de cheveux humide pour regarder de plus près. C'était un bleu jaunâtre, virant sur le marron. Le visage de patmol se ferma, tout sourire disparaissant. Après avoir découvert le premier, les autres lui sautèrent aux yeux. Dans son cou, sur ses avant-bras. L'homme fit un pas en arrière pour lui laisser la place de se lever. « Enlevez votre chemise. » c'était clairement un ordre qu'il lui donnait. Un ordre d'un ton inflexible qui n'admettrait aucun refus. La jeune femme semblait un peu perdu, impressionnée aussi peut être. Elle hésita. Un long moment. Lily s'y serait beaucoup mieux pris cette fois aussi. Se rendant compte qu'il avait été peut être un peu dur, Black compléta : « S'il vous plaît ? » Une nouvelle fois un sourire naquit sur ses lèvres,mais cette fois un sourire qui se voulait rassurant gentil, un sourire qui promettait du calme, de la sécurité. Zara hésita encore un peu puis elle se leva et se débarrassa de sa chemise, se retrouvant en soutient gorge gris à dentelles devant Sirius qui la fixait. Des bleus parsemaient tout son corps, du violet au vert passant par le jaune et le bleu. Sirius Black lui saisit doucement la main et la fit tourner comme s'ils dansaient. Il retint son souffle. Comment un corps pouvait-il être marqué d'une telle quantité de bleus ?

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Sirius Black riait presque quand il lui répondit. Zara se mordit la lèvre inférieure, mais ne put réprimer un sourire quand il se leva pour choisir ce qu’il allait lui faire à manger. C’était vrai qu’elle avait faim. Elle le regarda choisir ce qu’il allait préparer avec un petit sourire en coin. Les évadés d’Azkaban faisaient-ils eux aussi la cuisine ? Elle cligna les yeux. Bien sûr. Il n’y avait que dans ses rêves qu’ils ressemblaient encore aux gangsters de ses livres d’images, avec des chevaux parlants et des pistolets qu’ils dégainaient à la vitesse de l’éclair. Une lueur d’amusement passa dans ses yeux. Elle était risible. Vraiment ridicule.

Il vint se rasseoir face à elle. Ses mots furent comme une détonation à l’intérieur d’elle, Zara se figea, et se mit à trembler. Elle avait tué quelqu’un. Elle avait tué Mary. L’ancienne Serpentarde ravala des larmes. Elle avait tué sa tante. Elle avait tué sa marraine. Elle avait tué la femme chez laquelle elle vivait depuis douze ans. Comment avait-elle pu ? Comment pourrait-elle se regarder dans la glace après cela ? La jeune femme ferma les yeux et poussa un soupir. Et il y avait dans son regard de la gratitude quand il changea de sujet. Elle eut une moue, et répondit, se forçant à être joyeuse. « Je ne fuyais pas ! Je… Marchais. Je me baladais. Et… Je me suis endormie. » Zara eut un sourire amusé. C’était la vérité, et pourtant, exposée ainsi, cela paraissait très idiot. Elle secoua la tête, ravalant un fou rire. Très idiot, en effet.

En un coup de baguette, la table fut mise. La jeune femme mourrait d’envie de se jeter sur son assiette, sans attendre, mais elle avait des manières, elle avait reçu une certaine éducation. Elle se mit donc à manger du bout de lèvres, prenant de petite bouchée dans son assiette, comme Mary le lui avait appris. Elle sentit le regard de Sirius sur elle, qui l’imita néanmoins. Ils mangèrent en silence. Zara avait tellement faim que ces pâtes semblaient être le met le plus fin et le plus délicieux qu’elle avait jamais mangé. Quand elle posa enfin ses couverts, elle était rassasiée. La jeune femme surpris le regard de son hôte sur son cou. Elle fronça les sourcils quand il s’approcha d’elle, et qu’il releva une mèche de ses cheveux. Qu’avait-il ? Elle frissonna quand elle vit tout sourire, toute sympathie disparaitre de son visage. Il la détaillait, son cou, ses bras, son ventre. Quoi ? Que se passait-il ? L’ordre qu’il lui donna la gela toute entière. Ses yeux s’agrandirent. Qu’elle enlève sa chemise ? Elle regarda l’homme au visage fermé, ne sachant que faire. Il avait parlé sur un ton qui ne lui permettait pas de s’opposer à sa demande. Néanmoins… Elle ne pouvait bouger. Elle ne connaissait pas cet homme, elle n’avait pas de baguette… Quand il parla à nouveau, ses traits se radoucirent, et étrangement, elle se détendit un peu. Elle hésita encore un instant, mais finalement, elle retira sa chemise. C’est alors qu’elle comprit ce qui le mettait dans un tel état. Ses bleus. Zara n’y prêtait presque plus attention, elle était habituée à présent. Mais lui non. Il détaillait son buste d’une manière qui la fit presque rougir. Il lui prit la main et la fit tourner sur elle-même. Quand elle revint face à lui, elle eut une moue, face à son regard interrogateur. Elle baissa les yeux, croisant les bras devant elle, comme pour se protéger. « Ne me regardez pas ainsi. » Son ton était dur. Elle leva les yeux vers lui, et de la main qu’il ne tenait pas, elle lui prit le menton, dirigeant son visage pour le forcer à la regarder dans les yeux. « Ne soyez pas choqué Monsieur Black. Ce n’est vraiment rien, croyez-moi. Cessez de me regarder ainsi je vous prie, c’est gênant. » A peine avait-elle prononcé ces mots qu’elle rougit. Elle fit un bond en arrière, trébuchant sur la chaise, et tomba à terre. Bien, comme cela, elle était parfaitement ridicule. Elle se redressa rapidement, mais chancela. Et tendit les bras dans deux directions différentes pour ne pas tomber à nouveau. Elle resta un moment ainsi, puis elle reporta son attention sur l’évadé. « C’est une partie de la réponse à votre question. Je ne suis pas très adroite. »

Elle soupira. Cela ne semblait pas lui suffire. Elle eut un petit sourire triste. Évidemment. « Il… Il y a eu la bataille. Je… Je m’en suis fait une partie là-bas. Ensuite… Et bien… Vous avez-vu dans quel état vous m’avez trouvé ? J’avais couru, marché, pleuré, j’étais tombée aussi. Et pour finir… J’en dois un certain nombre à ma tante. » Zara eut un hoquet, surprise d’avoir dit tout cela à un homme qu’elle connaissait à peine. Surtout la partie touchant Mary. Les disputes avec sa tante étaient nombreuses et finissait souvent mal, Mary ayant la mauvaise habitude d’envoyer sa nièce voler dans la bibliothèque, la pauvre Zara finissait souvent sous une montagne de livre, entièrement endolorie. Mais pourquoi en avait-elle parlé ? Zara perdait le contrôle. Cela lui déplaisait beaucoup. Elle était épuisée. Elle regarda sa chaise renversée avec une envie non dissimulée. Puis finalement elle se laissa glisser sur le sol. Tant pis ! Elle s’appuya à la chaise, et leva les yeux vers Black. Il paraissait vraiment immense vu de là où elle était. « Pour votre question de tout à l’heure… J’ai... J’ai tué une femme nommée… Mary Blue. Ma tante, ma marraine. Qui m’élève depuis la mort de ma mère. Sans doute la femme la plus mauvaise, et la plus méchante au monde… Aussi… Je n’arrive pas à éprouver le moindre remord. Ni même à être triste… Mais… Cette femme m’a recueilli chez elle, elle… » Zara avait parlé comme une automate au début, mais peu à peu, l’émotion l’avait gagné. Extérioriser cela lui avait fait du bien, comme parler au chien un peu plus tôt. Mais si elle était libérée d’un poids, elle n’en était pas moins malheureuse. Elle éclata en sanglots, incapable de se retenir. Elle avait tellement honte d’elle-même… C’était absolument affreux.

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Revenus face à lui, Zara fit la moue, lui reprochant son regard insistant et interrogateur. De sa main qu'il avait laché, elle attrapa son menton et ramena son regard dans ses yeux. « Ne soyez pas choqué Monsieur Black. Ce n’est vraiment rien, croyez-moi. Cessez de me regarder ainsi je vous prie, c’est gênant. » Black était certes un peu choqué par le nombre de bleus (il en avait dénombré cinq sur son buste, six dans son dos, un sur sa mâchoire, un dans son cou, deux sur son bras droit, trois sur le gauche) Mais surtout étonné et contrarié par le manque de soin et d'attention que l'attrapeuse portait à son propre corps. La jeune femme le lâcha et recula en se prenant les pieds dans la chaise et tombant au sol. Elle se releva titubante, les bras écartés.« C’est une partie de la réponse à votre question. Je ne suis pas très adroite. » Peut être que la maladresse aidait mais elle ne pouvait pas tout faire. Septique, Sirius leva un sourcil, attendant plus d'explications et plausibles cette fois. Elle les lui donna souriant tristement. « Il… Il y a eu la bataille. Je… Je m’en suis fait une partie là-bas. Ensuite… Et bien… Vous avez-vu dans quel état vous m’avez trouvé ? J’avais couru, marché, pleuré, j’étais tombée aussi. Et pour finir… J’en dois un certain nombre à ma tante. » La première partie lui sembla évidente ainsi que la deuxième mais la troisième ne lui plut pas. Un certain nombre à sa tante ? Le fugitif soupçonnait que c'était le cas de la plus grande partie, surtout des plus anciens. La jeune femme visiblement épuisée se laissa tomber au sol, s'appuyant contre la chaise, faisant fis de ses manière. Zara regarda son hôte et avant qu'il put dire quoique se soit, elle parla.« Pour votre question de tout à l’heure… J’ai... J’ai tué une femme nommée… Mary Blue. Ma tante, ma marraine. Qui m’élève depuis la mort de ma mère. Sans doute la femme la plus mauvaise, et la plus méchante au monde… Aussi… Je n’arrive pas à éprouver le moindre remord. Ni même à être triste… Mais… Cette femme m’a recueilli chez elle, elle… » Parler faisait du bien parrait il. Alors tant mieux se dit Sirius. Qu'elle parle. Tuer était difficile, cet acte marquait à jamais. Mais tuer une personne de sa famille devait être pire. Cependant les sentiments dont parlait Zara, il les connaissait. Son premier meurtre eut lieux sous l'effet de la colère, de la haine, de la douleur et du désespoir. Il n'avait rien eut à regretter. Ce sentiment de vide entraînait un certain dégoût pour soit même. Mais par la suite, Black avait eut à tuer pour se défendre. Le dégoût de soit est toujours là mais différent. On arrive à regretter. Mais il ne fallait pas se laisser ronger pas le remord. Ça vous tuait à petit feu, vous enlevant tout le goût de la vie et vous êtes incapable de ressentir la saveur du monde qui vous entour. Un sanglot raisonna. Celui de l'attrapeuse. Suivit de bien d'autres. Il avait réussi à faire pleurer sa première invitée. Ah ben bravo. Bravo Black. Cela ne serait jamais arrivé si Lily était là... Patmol s'accroupit devant elle, soupira. Comme si elle était pas assez amochée. Il tendit sa main et la posa sur la joue de Zara, chassant une larme de son pouce. La jeune femme tremblait, pleurait et la seule chose qu'il réussi à faire fut de chasser ses larmes alors que d'autres coulaient sans cesse. Que disait on dans ces cas là déjà ? C'est bon, ça vas aller, c'est fini ? Ces mots étaient faux. Ça venait tout juste de commencer. Elle ressemblait à une enfant propulsée dans un autre monde. Parce que c'était un autre monde. Il y avait ceux qui n'avait jamais tué et ceux qui avaient retiré une vie. Le monde semblait d'un coup différent beaucoup plus fragile, tellement facile à briser. Son visage baignait de larmes, son corps était secoué par ces sanglots. Se rendait elle compte que même comme ça elle était belle ? Black la regarda dans les yeux. « Si ne vous avez pas de remord, pas de peine c'est que vous êtes forte Zara. ». Il fini par poser ses lèvres sur son front et la prendre contre lui. C'est ce qu'il aurait fait avec chacune des personnes qu'il connaissait. Mais pourquoi s'occuper ainsi d'une inconnue ? Passant un bras autour de sa taille il la souleva et la remis debout. Passant une main dans ses cheveux qui commençait à peine de sécher il lui dit : « Mais il faut continuer à vivre, Zara. Et il nous faut s'occuper de vos bleus... »

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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:51

Zara pleurait toutes les larmes de son corps sans vraiment qu’elle en ait conscience. Elle était monstrueuse, elle était monstrueuse. Elle sentit la main de Sirius sur sa joue, son doigt chassant ses larmes, alors, elle essaya de se maitriser, sans résultat. Comme si son corps ne lui obéissait plus… Elle le regarda interloquée par ses mots, frissonna quand il posa ses lèvres sur son front et qu’il la prit contre lui. Mais c’était agréable. Il lui semblait qu’elle pouvait puiser un peu de la force de cet homme tant qu’elle était contre lui. Elle avait presque du mal à douter de ce qu’il venait de dire. Forte ? C’était un manque d’humanité, voilà tout ! Elle ne valait pas mieux que cette gamine de sept ans qui avait ri devant le cadavre de sa mère, elle n’avait pas changé… Cette idée la terrorisait. Elle le laissa la prendre par la taille et la remettre sur pied. Elle eut un petit sourire triste à ses mots. Elle acquiesça simplement, mais son regard trahissait qu’elle n’y croyait pas. L’amusement vint néanmoins éclairer son regard comme il parla de soigner ses bleus, l’amusement, mais la gratitude aussi, elle lui était reconnaissante de mettre un terme à cette conversation, même si c’était temporaire. « Oui… Si vous voulez… »

Elle se laissa entrainer par Black. Il la fit asseoir sur son lit, et il se lança dans la fouille de sa pharmacie. Zara le regardait pensive. Cet homme… Elle ne le connaissait pas quelques heures auparavant, et pourtant, elle sentait qu’il avait pris une très grande importance pour la façon dont elle verrait l’avenir. Peut-être parce qu’elle s’était confiée à lui, qu’elle lui avait parlé de Mary, ce qu’elle n’avait jamais fait avant ? Même avec Lisa… Peut-être aurait-il le pouvoir d’empêcher ce meurtre de la détruire ? Peut-être… « Pourquoi faîtes vous cela Monsieur Black ? Je veux dire… Pourquoi m’aidez-vous ? Personne… Personne n’a jamais fait quelque de semblable pour moi… Je… Enfin… Nous ne nous connaissions pas il y a très peu de temps, mais sans vous, je serai sans doute évanouie quelque part perdue dans la campagne anglaise… » La voix de Zara s’éteignit. Personne en effet ne s’était jamais conduit aussi gentiment avec elle depuis… Toujours… Même sa mère n’avait jamais pris le temps de soigner ses blessures, ou de s’inquiéter de son état, comme le faisait cet étranger. Elle le regarda s’asseoir à ses côtés, un pot de pommade à la main qu’il ouvrit, et dans lequel il plongea la main. « Euh… Monsieur Black… Je vous remercie, mais… Je… Je suis encore capable de faire cela toute seule je pense… » Le brun la regarda un instant, et sans ciller, il lui tendit le pot. « Bien, sur. Mais n'oubliez pas le violet dans votre dos, mademoiselle l'attrapeuse. » Zara ouvrit la bouche, puis la referma sans pouvoir rien dire. L’ironie du ton de cet homme avait attaqué sa fierté… Elle lui rendit le pot. Soit, elle était incapable de bien le faire toute seule, elle le laisserait la soigner. Ou en tout cas, c’est ce qu’elle avait imaginé, car à peine avait-il posé la main sur elle que son corps entier se crispa, elle sentit tous ses muscles se contracter, sa respiration se couper, et elle enfonça ses ongles dans le lit. Cette main… Cette main qui était si semblable à celle de Mike… La jeune femme se mit à trembler. Non ! Non, il n’était pas Mike ! Pourquoi tous ses fantômes devaient-ils ressurgirent sous cette tente. Elle entendit la voix du fugitif qui lui disait de se détendre, qui lui expliquait qu’il allait juste lui passer de la pommade, mais cela semblait provenir d’un autre monde, et ses mots s’embuaient sans son esprit avant qu’elle ne les ait vraiment compris. Mais, était-ce le regard brun de Black plongé dans le sien, était-ce ses mains qui massaient légèrement ses bras en appliquant la pommade, étaient-ce les paroles rassurantes qu’il prononçait et qu’elle finissait presque par comprendre, elle se détendit peu à peu, et elle le laissa faire. Elle se laissa faire.

Cependant, elle était ailleurs. Elle ne le voyait plus, et elle avait à peine conscience de ses gestes. Elle ne le sentit presque pas se rapprocher d’elle. Elle sentit simplement la totalité de son corps raidir comme les lèvres de l’évadé rencontrèrent les siennes. Elle frissonna, mais ne tarda pas à s’apaiser, restant malgré tout parfaitement immobile....

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Pendant qu'il fouillait dans son armoire, la jeune femme lui demanda : « Pourquoi faîtes vous cela Monsieur Black ? Je veux dire… Pourquoi m’aidez-vous ? Personne… Personne n’a jamais fait quelque de semblable pour moi… Je… Enfin… Nous ne nous connaissions pas il y a très peu de temps, mais sans vous, je serai sans doute évanouie quelque part perdue dans la campagne anglaise… » C'était la question à laquelle il ne voulait pas réfléchir alors qu'il connaissant déjà la réponse. Il connaissait ce qu'elle traversé pour l'avoir vécu : la mort d'un proche et un meurtre. Il savait combien était déroutant et douloureux ces deux expériences. Lui, n'avait eut que les détraqueurs pour compagnie et Zara mérité un meilleur entourage. Black ne trouvait en aucun cas qu'il était prétentieux de se penser plus fréquentable que les mangemorts ou les détraqueurs. Il le prenait comme un fait irréfutable. Il était revenu au lit lorsqu'elle eut fini de poser sa question et le voyant s'apprêter à l'enduire lui même de pommade, elle protesta. Sans être le moins du monde perturbé il lui tendit le pot et lui dit ironiquement : « Bien, sur. Mais n'oubliez pas le violet dans votre dos, mademoiselle l'attrape use. » Si il na la laissait pas faire c'est qu'il y avait une raison. Zara capitula lui rendant le pot. Mais au moment où il posa la main sur elle, la jeune femme se raidit, devenant une statue, en oubliant de respirer. Black, surpris de sa réaction, décrivit chacun de ses gestes en la regardant dans les yeux et elle se détendit peu à peu. Chacune de ses tâches qui lui marquaient le corps réduire à vu d'œil après le passage de la crème. Une seule persistait : la marque des ténèbres. Le sceau de Voldemort brillait sur sa peau blanche. Sirius se força à réprimer une grimace de dégoût et à détourner les yeux, en réduisant en silence la colère qu'il éprouvait à chaque fois qu'il était question de ce sujet. Black annonça à son invitée qu'elle allait repartir avec le pot. Mais elle ne répondit rien, ailleurs, loin dans ses pensées, les lèvres entre ouvertes avec pour tout haut un soutiens-gorge gris en dentelles, sur son lit. Et elle ne l'écoutait pas. L'homme se racla la gorge mais Zara n'eut aucune réaction. Dans sa situation, elle l'avait oublié. Était elle sotte ? Non sûrement pas. Black était fasciné. Comment pouvait elle réagir si calmement ? Comme le raclement de gorge n'avait pas marché, il essaya une autre méthode. Black se pencha et déposa un instant juste assez long pour la sentir se tendre et puis se laisser faire, sans réagir. Bon d'accord, il n'aurait peut être pas dû. Si James lui avait demandé qu'elle fée l'avait piqué il aurait répondu la même que d'habitude. Celle de la provocation. Sirius se redressa et fit la moue devant la figure déconfite de son hôte. « Quoi ? C'était si désagréable que ça ? » Après un battement de cils, la jeune femme secoua vigoureusement la tête pour démentir. Ce simple geste accru le sourire de Sirius. « Pouvez vous retirer ce jean ? » Il ne sut pas à quoi pensait Zara mais cette simple phrase faisant référence aux bleus la fit sursauter. Elle déguerpit au centre du lit pour s'y figer avant que le fugitif comprenne ce qu'il s'était passé. « Avez vous peur de moi ? » Question idiote après une telle réaction. La statue se bougea : « Devrais-je ? Dois-je avoir peur de vous Monsieur Black ? Mais... Je suppose que oui, j'ai un peu peur de vous... » Encore une fois, elle supposait, n'étant sur de rien. « Vous ai-je jamais fait de mal ? » La voix de Black était basse, calme. Il ne voulait pas l'effrayer encore un peu plus. « Vous... Vous m'avez embrassé ?! » Elle appelait ça embrasser ? Il avait à peine effleuré ces lèvres. Mais.... « Est ce mal ? » Zara fronça les sourcilles, hésita. « Et bien... Vous l'avez fait sans mon autorisation... » Oui, Patmol n'avait jamais été très doué avec les règles. Et il prenait même un certain plaisir à ne pas les suivre. Mais là, si ce n'était que ça... « Puis-je vous embrassez ? »C'est le silence qui lui répondit, la joueuse de quidditch le regardait. Black se demanda si sa question était si étrange, c'était pourtant elle qui l'avait réclamé. Elle fini par lui répondre en chuchotant si bas qu'il tendit l'oreille pour l'entendre.« Oui, vous pouvez... » Un sourire revint sur les traits de Black, un sourire d'encouragement lorsqu'il tendit la main vers elle. Il l'invitait à la saisir et à se rapprocher, invitation qu'elle accepta. Dressée sur ses genoux, elle n'était maintenant plus qu'à quelque centimètres de l'homme qui se tenait debout devant elle. Black attrapa son menton de sa main libre, l'autre lâchant sa main et glissant sur sa hanche. Il se pencha sur elle et déposa ses lèvres sur les siennes avant de reculer un peu. Cette fois, elle ne fuyait pas, ne se pétrifiait pas. Avec un sourire, il recommença à l'embrasser doucement, comme si à tout moment elle pouvait se briser. Il pris possession de ses lèvres, de sa bouche, prenant autant qu'il donnait et appréciant ce moment. Trop vite à son goût il rompit le baisé. Il se connaissait et ne devait pas désirer plus. Il recula un peu, sans pour autant la lâcher « Maintenant que je suis en règle, pouvons nous nous occuper de ces bleus ?

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Un baiser. Sirius Black lui avait donné un baiser. Ou plutôt, ses lèvres avaient rencontrées le siennes, elles s’étaient effleurées un instant. Et cela avait définitivement tiré Zara de sa rêverie. Il eut une moue après avoir éloigné son visage d’elle, et la question qu’il posa surpris beaucoup la jeune femme. Elle cligna des yeux, avant de secouer la tête en signe de dénégation. Cela le fit sourire. Se moquait-il d’elle ? Elle n’était pas vraiment sûre de quoi en penser, et elle n’était pas certaine de vouloir le savoir. Seulement, c’était étrange… Cet homme était étrange. Pourquoi l’aidait-il d’ailleurs ? Il n’avait pas répondu à sa question. Et à présent, il l’embrassait… Tout ça… C’était comme avec Mike, trop gentil d’abord, et finalement… Non ! Elle ne pouvait pas comparer un homme qui venait de lui permettre de se laver, se changer, qui lui avait fait à manger et qui maintenant la soignait à un autre qui avait joué les justiciers masqués, et l’avait saoulée par la suite, non. Il fallait qu’elle cesse de comparer tous les hommes qui s’approchaient d’elle à Mike, ils ne pouvaient pas tous être si mauvais.

Ses mots furent une détonation en elle, elle sentit son corps se pétrifier, et elle recula vivement, se réfugiant à l’autre bout du lit. Non, non ce n’était pas vrai. Il fallait qu’elle reste calme, elle pouvait le faire. Il ne voulait que la soigner, simplement la soigner. La question de Black surprit Zara, car elle se demandait précisément la même chose quand il la formula. Cela la calma un peu, et elle répondit d’un ton presque neutre. « Devrais-je ? Dois-je avoir peur de vous Monsieur Black ? Enfin... Je suppose que oui, j'ai un peu peur de vous... » Non, pas de lui. Elle n’avait pas peur de Sirius Black lui-même, non, elle ne ressentait aucun sentiment négatif à son égard. Elle avait peur de Mike. Et elle le voyait dans tous les hommes. Sirius continua, d’une voix très calme, grave. Lui avait-il fait du mal ? Non… Mais… « Vous... Vous m'avez embrassée ?! » Il répondit promptement, et elle rougit de sa bêtise… Non plus… « Et bien... Vous l'avez fait sans mon autorisation... » C’était étrange à dire. Étrange à penser. D’ailleurs, cela ne semblait même pas sortir d'elle-même, c'était extérieur, c’était des justifications à sa conduite que sa bouche inventait sans demander conseil à son esprit. La question de Sirius la médusa. Comment pouvait-il poser une pareille question avec ce ton-là ? De la même façon qu’elle l’aurait fait certainement à sa place… Soit. Et que devait-elle répondre ? Il avait déjà pris cette liberté de toute façon. Mais… En avait-elle envie ? Zara partit chercher au fond d’elle-même une réponse à cette question, et ce qu’elle découvrit l’étonna. Elle murmura, priant presque pour qu’il n’entende pas ce qu’elle lui répondrait « Oui, vous pouvez... »

Il l’avait entendue. Il sourit, et lui tendit la main, l’invitant à se rapprocher. Elle hésita un bref instant, puis elle revint se placer juste devant lui. Elle le laissa attraper son menton, glisser l’une de ses mains sur ses hanches, et effleurer ses lèvres des siennes. Elle ne bougea pas, et ne se figea pas. Elle attendait simplement, comme si elle avait enfin compris que cet homme ne lui voulait pas de mal. Il ne lui en voulait pas ? Non, ce n’était pas le moment de douter. Il s’éloigna d’elle, et paru satisfait qu’elle n’ait pas les mêmes réactions excessives que la fois précédentes, et se pencha à nouveau vers elle. Alors elle comprit qu’elle n’avait pas utilisé le bon mot tout à l’heure, il ne l’avait pas embrassée pour la sortir de sa rêverie, non, mais à présent en revanche, il l’embrassait. Et cela la confirma dans sa conviction que cet homme avait le pouvoir de lui donner un peu de sa force. Il lui semblait qu’il avait dit vrai quand il l’avait rassurée après qu’elle ait avouée n’éprouvait aucun remord. Quand il mit fin à leur baiser, elle ne cacha pas sa déception, et soupira... Déjà ? C’est alors que devant elle, le décor changea brusquement.

Andrew. Elle se trouvait face à Andrew. Oui, elle se souvenait maintenant, dans cette chambre aux couleurs de Serpentards qui se peignaient lentement dans sa tête, il l’avait embrassée de la même façon que Sirius, à moins que ce ne soit l'inverse, d’abord doucement, il avait posé ses lèvres sur les siennes, cela lui avait fait penser à la caresse d'un papillon, comme s'il craignait qu’elle ne le repousse, qu’elle ne disparaisse, et puis, il s’était assuré, il avait mis plus d’ardeur dans son baiser. Et tout avait été un instant parfait. Elle s'était blottie dans les bras d'Andrew, elle avait été tellement bien le temps d'un rêve... Mais c’était fini. La force étrange que donnent les baisers avait disparue tout d'un coup, et tout était devenu froid quand elle était revenue à la réalité. Elle entendit la voix de Black, qui se mêlait à celle d'Andrew comme les deux scènes se mélangeaient dans sa tête. « Non, Zara, c’est moi qui suis différent de toi. »

L’attrapeuse avait fermé les yeux. Et quand elle les rouvrit, quelque chose d’étrange brillait en eux, malgré le sourire qu’elle se forçait à afficher. Elle mit un moment à comprendre qu’il l’invitait une nouvelle fois à ôter son jean. Elle eut un petit sourire, et l’amusement brilla dans ses prunelles. C’était tout ? Il revenait à la discussion de départ sans même que son regard ou son sourire soit un peu changé, pour l’espace d’un instant au moins ? Elle lui lança, prenant une voix plus grave qu’à l’habitude, le singeant. « Quoi, c’était si désagréable que ça ? » Un sourire à demi-moqueur à demi-provocateur se dessina sur les lèvres de la jeune femme. Il rit, et se pencha vers elle pour l’embrasser à nouveau. Elle posa sa main sur le visage du fugitif, profita de ce délicieux baiser avant de le repousser, en souriant toujours. Cela devait dire non… Elle se mit debout, et posa ses deux mains sur son torse pour le forcer à reculer un peu encore, et instaurer une distance entre eux. Et son visage redevint grave. « J’ôterai ce jean uniquement si vous me répondez à ma question de toute à l’heure, car vous en posez beaucoup, mais ne répondez jamais aux miennes. Pourquoi m’avez-vous aidée ? » Elle plongea ses yeux dans les siens, et soutint le regard de Black. « Quel gentleman aurais-je été si je ne vous avez pas aidée ? » Zara secoua la tête, cela ne lui suffisait pas. « Et, ne pas aider une joueuse de Quidditch telle que vous aurez été un crime… » La jeune femme ouvrit grand ses yeux à cette phrase. Était-il sérieux ? Elle n’aurait su le dire. Elle posa ses mains sur ses hanches, n’étant toujours pas satisfaite de la réponse. « Parce que j’en avais envie. » La jeune femme soupira. Elle ne tirerait donc jamais rien de lui ?...

Elle hésita un instant, et puis elle décida d’ôter son jean malgré sa réponse très incomplète. Mais le bouton de son jean restait coincé, elle n’arrivait pas à l’enlever. Et bien que le pantalon son beaucoup trop grand pour elle, elle ne pouvait tirer dessus, par crainte de l’abîmer peut-être… Elle sentit ses joues s’enflammer, elle était ridicule ! Et Sirius qui la regardait, là, tout près… Il devait bien rire d’elle. Elle n’eut pas le courage de lever les yeux vers lui, et continua de batailler avec ce bouton, ravalant les injures qui lui montaient à la bouche. Elle devait réellement être maudite ! Black s’approchait d’elle, elle le sentait. La jeune femme laissa ses mains retomber le long de son corps, tremblante de colère contre elle-même. Vraiment, elle était maudite ! Il fit sauter le bouton en un seul essai, et elle voulut disparaître ; elle ne pouvait le regarder, elle avait l’impression que si leurs yeux se croisaient, elle allait mourir. Elle parla d’une voix extrêmement rauque, s’entêtant à fixer ses pieds. « C’est extrêmement gênant… Mais merci. »

Elle fit glisser le jean sur ses hanches, sur ses jambes, jusqu’au sol. Elle s’accroupit et le récupéra, le plia et le déposa sur un coin du lit. Tournant délibérément le dos à Black, elle se demanda dans quelle position il valait mieux qu’elle se mette pour qu’il lui passe la pommade. Assise sur le bord du lit, ce ne serait pas pratique pour lui, debout, ça ne le serait pas pour elle, et il était hors de question qu’elle s’allonge. Elle demeurant un moment debout au bord du lit, tournant le dos à cet homme, réfléchissant. Elle alla finalement s’asseoir au milieu de lit, et étendit ses jambes. Comme cela, c’était beaucoup plus simple pour tout le monde. Elle regarda un instant ses jambes nues, avant de relever les yeux vers son hôte, pour la première fois depuis son problème de bouton. Zara prit aussi conscience d’une réalité qui l’inquiéta un peu : elle était en sous vêtement, étendue sur le lit d’un homme qu’elle ne connaissait pas quelques heures auparavant. « C’est extrêmement gênant. » Répéta-t’elle d’une voix toujours aussi grave. Vraiment gênant.

L’attrapeuse le regarda la soigner, faisant son possible pour rester parfaitement calme, et tâchant de rester concentrer sur les gestes de Sirius. Il y avait nettement moins de bleus que sur le haut de son corps, mais ses jambes étaient couvertes de minuscules cicatrices, comme des griffures, presque invisibles, mais très nombreuses. Il passa le doigt dessus plusieurs fois, et lui lança un regard interrogateur. Elle retrouva son sourire. « Ce n’est vraiment rien, je vous assure. Je ne dois cela qu’à moi-même. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, Lisa et moi allions nous réfugier dans une espèce de petite cabane que nous avions construite quand ma tante l’a… achetée… Enfin, nous nous y réfugions pour échapper à Mary… Seulement pour y accéder, il faut traverser des rosiers. C’était fait exprès, comme cela, Mary ne la trouverait jamais, et ne viendrait jamais nous y chercher, mais cela nous a laissé quelques marques… » Elle passa un doigt sur l’une des cicatrices en souriant, pensive, songeant aux rêves éveillées qu’elles avaient faits dans leur cabane de toile, à l’abris de tout, contemplant le ciel bleu par le trou qu’elles avaient coupés dans leur toit improvisé… C’était une partie de son enfance à jamais gravée sur sa peau…

Une fois de plus, elle était ailleurs, dans un univers où elle n’était plus accessible. Mais cette fois-ci, ce ne fut pas Black qui la sortit de sa douce torpeur, ce fut son propre corps. Sa tête qui tombait toute seule, ses muscles engourdis par la fatigue. Elle frotta ses yeux avec la paume de ses mains, et l’homme, qui avait fini de la soigner, sembla amusé par la façon qu’elle avait de lutter contre le sommeil. Elle avait la même mine qu’une enfant boudeuse, épuisée, qui voulait à tout prix continuer à jouer, mais qui s’endormait généralement dans les bras de ses parents au milieu de ses protestations. Il lui fit signe de s’allonger et sans attendre, elle se glissa dans le lit de Sirius, et serra la couverture autour d’elle. Elle le vit s’éloigner, il disparut un moment de son champ de vision, et réapparu quand il alla s’asseoir dans le même fauteuil qu’elle l’avait vu après s’être lavée. Il tenait un verre de Whisky à la main. Elle le voyait mal, car il était dans l’ombre, mais elle le devinait. Zara s’amusa un instant à imaginer ce à quoi il pensait sans y parvenir. Elle frissonna, cet homme était trop mystérieux, trop étrange… Elle secoua la tête et se retourna

Curieusement, si elle se sentait épuisée, elle ne trouvait pas le sommeil. Elle avait froid, et elle tournait et se retournait encore dans le lit sans que Morphée ne vienne la prendre dans ses bras… A chaque fois qu’elle fermait les paupières, elle revoyait Mary, et son expression de rage, de mépris et de haine quand le sortilège impardonnable l’avait frappé. Elle rouvrait les yeux, tremblante, le souffle court, elle serrait encore plus la couverture contre elle. Elle en vint presque à espérer que son hôte se rapproche, et que quand elle se retournerait à nouveau, quand elle virerait encore à la quête de ce sommeil qui ne venait pas, il serait là, au pied du lit. Elle ne voulait pas être seule, elle ne voulait plus être seule... Alors elle murmura le prénom de Black d’une voix à peine audible, priant malgré cela pour qu’il y réponde.

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Black aimait son impertinence. La voir répondre ainsi le fit rire, ou plutôt aboyer, il l'embrassa une nouvelle fois. Ses lèvres étaient douces, les mains sur son visage aussi. Il aimait cette odeur et cette saveur. Black l'avait toujours aimé : il avait collectionné les petites amie à poudlard et en avait fait de même une fois sa formation d'aurore commencée. Mais c'est seulement depuis sa sortie d'Azkaban qu'il avait vraiment apprécié. Zara mis de la distance entre eux deux. Il ne protestas pas, se demandant ce qu'elle allait inventer. Elle répéta sa question. Pourquoi l'aidait il ? Il avait fait son possible pour éviter cette interrogation. Il retint un soupir et lui répondit en la flattant. Sirius n'avait pas envie de parler de lui, de dire quoique se soit. Il lui fallait un peu plus que trois confidences et deux baiser pour se livrer. Mais sa réponse ne la satisfaisant pas il fut obliger de lâcher une part de la vérité. « parce que j'en avait envie » Ce n'était pas un mensonge, juste une vérité incomplète. Elle n'avait pas l'air convaincue pas mais céda et entrepris de retirer son jean. Ou plutôt elle s'acharna dessus. Zara aurait pus tirer dessus et l'enlever sans l'ouvrir mais elle s'entêtait à vouloir faire sauter ce bouton qui lui donnait bien du soucis. Il la regardait se battre l'observant encore une fois. Ses cheveux encore humides lui tombaient son visage contrarié. Finalement, Patmol se décida à l'aider. Quand il s'approcha d'elle, Zara le laissa faire sons protester, les yeux baissés. Elle devait se sentir vexée, un peu humilier de ne pas arriver à faire ce que Sirius fit sans rencontrer de difficultés. Le bouton enlevé, elle le fit glisser à terre. L'homme le suivit des yeux. Il tomba en frôlant ses hanches, dévoilant ses cuisses, ses mollets, arrivant sur ses chevilles. La jeune femme le ramassa et le plia, lui tournant le dos ne voyant pas le regard de son hôte qui détaillait chaque centimètre de sa peau. La pommade avait réduit les bleus et ses yeux ne s'accrochaient plus sur ses imperfection. Oui, Zara avait raison, cela en devenait gênant, avait elle idée de l'effet de ce corps sur Black ? Il s'était mis terce tout seul dans cette situation mais son comportement désinvolte calme n'avait rien arrangé. même si elle se disait gênée, elle ne se cachait pas. Peut être aussi ne lui laissait il pas le choix. Encore une fois, il regrettait de ne pas pouvoir l'emmener à Lily, elle se serait mieux occupé d'elle. L'attrapeuse s'assit sur son lit, les jambes tendues devant elle. Elles étaient beaucoup moins marquées que son buste. Il repris de la crème, la passa sur le premiers bleu, se concentrant sur ses gestes. Sous ses doigts, de petites, minuscules reliefs et en y regardant de plus près, il découvrit de toutes petites cicatrices. Elles parsemaient ses jambes et intriguaient Sirius. Mais il ne lui dit rien, lui lança jusque un regard interrogateur. Et pour une fois il n'eut pas besoin d'insister pour que Zara lui donne les origines de ces blessures.« Ce n’est vraiment rien, je vous assure. Je ne dois cela qu’à moi-même. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, Lisa et moi allions nous réfugier dans une espèce de petite cabane que nous avions construite quand ma tante l’a… achetée… Enfin, nous nous y réfugions pour échapper à Mary… Seulement pour y accéder, il faut traverser des rosiers. C’était fait exprès, comme cela, Mary ne la trouverait jamais, et ne viendrait jamais nous y chercher, mais cela nous a laissé quelques marques… » Black la vit sourire, se perdre de nouveau dans ses pensées.


Il se redressa ayant fini sa tâche. Cette fois, Sirius n'eut pas à la ramener : Zara tombait de fatigue, se frottant les yeux comme une enfant. Dehors il ne devait pas être plus de la moitié de la matinée mais le temps semblait s'écouler différemment sous la tente. « Vous devriez vous coucher. » Lui dit le fugitif. Contrairement à ce qu'il avait pensé, elle s'exécuta et disparut sous les draps. Il lui sourit et se détourna, baissant d'un coup de baguette la luminosité de la tente. Il se servit un verre de whisky pur feu et s'assit dans son fauteuil. Il bu une gorgée. Le liquide lui brûla la gorge. Il enleva sa baguette de sa poche et la posa sur la table en face de lui après avoir fait en sorte que la vaisselle se face et se range seule. Black commençait à fatiguer. Au fond de la tente, il entendait les couvertures se froisser : la jeune femme ne parvenait apparemment pas à dormir alors qu'elle tombait de sommeil. Cela ne l'étonnait guerre. Elle venait de tuer sa tante.

Sirius fini son verre et après une bref hésitation, il alla s'en resservir un. Mais alors qu'il allait retourner à sa place, il entendit un murmure étouffé, son nom. Ses oreilles lui jouait elle des tours ? Non, il ne pensait pas. Zara l'avait appelé. Le verre dans une main, l'autre dans sa poche il s'approcha. « Oui Miss Blue ? » Pour toute réponse, la jeune femme se redressa. Black posa son verre sur la table de chevet et s'assit sur le bout du lit. Maintenant qu'il était là, elle se taisait, encore perdue dans son monde. Sirius posa sa main sur sa joue, une pression qui la ramena à la vie « Vous m'avez appelé » Ce n'était pas une question mais une affirmation, Zara ne pouvait pas le nier. Elle marmonna mal à l'aise, le regard fuyant, ne sachant se justifier. Il la força à la regarder dans les yeux. Il faisait sombre certes, mais il cru y distinguer de la peur et de l'incompréhension. Mais il y avait autre chose, une lumière que Black n'avait pas vu depuis longtemps. Il n'arrivait plus à mettre de nom dessus mais son instinct le poussa à amener le visage de Zara à lui et poser ses lèvres sur son front. Sa main frôla ses côtes pendant que sa bouche descendait explorer son visage, caressant et embrassant chaque morceaux de peau à. Il suivit la ligne de sa mâchoire et trouva ses lèvres. Mais à peine Black les eut il frôler que la demoiselle se pétrifia à nouveau, tremblant encore une fois. Soufflant, la mâchoire, crispée, Sirius s'éloigna. « Vous feriez mieux de dormir. ». Il se leva, récupéra son verre et lui tourna le dos.

L'homme regarda un instant ce liquide ambré et le but d'un coup, reversant la tête en arrière. Énervé, il alla s'en servir un troisième, tout en réfléchissant. Toute ces années et il n'avait pas changé. Toujours aussi fidèle à sa réputation. N'avait il pas grandit ? N'avait il pas mûri ? Pourquoi diable l'avait il une nouvelle fois embrassé ? Encore une fois il n'avait pas réfléchit, agissant sur un coup de tête. Black reposa son verre qu'il n'avait finalement pas touché. Il avait besoin de se rafraîchir les idées. Et sans réfléchir une nouvelle fois, il retira sa chemise avant d'avoir passé le rideau de la sale de bai, ôta le reste de ses vêtements et fit couler une douche glacée.

L'eau martelait son corps. Il ferma les yeux et essaya de se concentrer. Peut être qu'ici il pourrait réfléchir...

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La peur. C’était la peur surtout qui empêchait Zara de dormir. La peur de ce qu’elle avait fait. Comme toujours. Des années auparavant déjà, elle avait eu peur à ne plus pouvoir dormir, elle avait tremblé à chaque fois qu’elle avait croisée son image dans la glace. Elle avait pleuré des nuits entières, impossible d’être vraiment attristée par ses actes, mais peinée par son manque cruel d’humanité. Comment s’était-elle calmée déjà ? Comment avait-elle retrouvé goût à la vie ? Elle ne se souvenait plus. C’était vague. Elle avait tâché d’oublier son arrivée au Manoir Blue tant de fois qu’elle en avait perdu la solution dont elle avait tant besoin. A moins que… Si. Lisa. Lisa avait été sa solution. Elle s’était oubliée en cherchant à reconstruire sa sœur de cœur, en cherchant à diminuer ses malheurs. Cela lui avait pris tout son temps, tout son génie, toute son énergie, et la vision de la petite fille qui découvrait le cadavre de sa mère avait peu à peu quittée son esprit. Certes, douze ans plus tard, c’était un fantôme qui la hantait toujours, c’était une terrible angoisse, une plaie qui saignait toujours à l’intérieur d’elle, mais elle avait appris à vivre avec. Elle apprendrait à vivre avec celui-ci aussi. Mais il lui faudrait un but, et surtout, il fallait qu’elle ne soit pas seule. Et si elle mettrait certainement un moment à se trouver un but, elle pouvait remédier immédiatement au problème de la solitude. « Sirius ? » Sa voix avait été un souffle, un murmure qui avait eu du mal à arriver à ses propres oreilles. Mais il y avait répondu. Il était là.

Elle se redressa. Mais si elle le regardait, elle ne le voyait pas. Elle voyait Lisa, qui était entrée dans la pièce quand Mary avait poussé en se moquant, un joyeux anniversaire. Elle voyait sa sœur, sa meilleure amie, esclave, vendue, achetée. Elle voyait celle qui l’avait guérie en un regard, et tout le travail qu’elle aurait à faire pour la guérir à son tour. Black posa sa main sur sa joue, et les murs gris et trop chargés du Manoir laissèrent place à la tente dans laquelle elle se trouvait. Elle l’avait appelé. Oui. Mais pourquoi au juste ? Elle ne saurait réellement l’expliquer. Elle ne voulait pas être seule. Elle avait peur, elle avait froid, elle ne comprenait pas toutes les pensées qui l’assaillaient en même temps. Il la força à redresser la tête, à le regarder. La jeune femme restait immobile. Elle aurait voulu parler, pleurer peut-être même, elle aurait voulu l’attirer à elle aussi, mais elle ne bougeait pas, elle ne savait pas quoi faire. Elle ne comprenait plus ce qu’elle avait, pourtant, cela lui avait paru si clair peu de temps auparavant. Sirius prit son visage entre ses mains, et l’emmena à lui. Curieusement, elle se laissa faire. Elle sentit la légère caresse sa main sur ses côtes tandis qu’il posait ses lèvres sur son front. Elle ferma les yeux. Elle sentit, et ressentit même, le doux contact de ses lèvres qui parcouraient son visage. Lentement, si lentement que cela la fit presque sourire, il s’approchait de ses lèvres ; il les effleura.

Elle ouvrit les yeux, à nouveau crispée, en nouveau tremblante. Effrayée. Mike. Elle avait vu son image apparaitre dans ses yeux fermés, elle avait revu, revécu la violence, la peur, la soumission… Elle avait cru sentir sa fierté se blesser à nouveau, elle s’était regardée jouer avec lui, et elle l’avait vu se transformer. Il était devenu l’un de ses nouveaux fantômes, et il l’effrayait au même titre que cette gamine rieuse, ou que le dernier regard de sa tante. Il était une plaie en elle lui aussi.

Mais Sirius ne savait pas. Sirius n’était pas dans sa tête. Et elle l’avait apparemment énervé par son refus. Il s’éloigna d’elle, le visage fermé. Zara frissonna. Elle le regarda boire, elle ne le quitta pas des yeux un seul instant quand il alla se resservir, elle le vit ôter sa chemise et disparaitre derrière le rideau qui séparait la salle de bain de reste de la tente.

La jeune femme serra les dents. Y pouvait-elle quelque chose elle ? Elle n’avait jamais souhaité que la seule relation qu’elle avait eue se passe aussi mal, et que cela l’effraie et la rende méfiante. Et puis, Black ne faisait rien pour la mettre en confiance, elle ne savait rien sur lui, il ne répondait pas à ses questions. Elle écouta l’eau, réfléchissant sur la marche à suivre. Que fallait-il qu’elle fasse ? Elle l’ignorait. De quoi avait-elle envie ? Son regard se perdit vers l’endroit où elle avait vu l’évadé disparaitre. Elle avait peut-être une idée de ce qu’elle voulait, mais était-elle bonne ? Et alors, ce fut comme une lumière à l’intérieur d’elle, dans sa tête, ce fut si limpide, si clair tout d’un coup… Cet homme ne pourrait jamais la soigner entièrement, il n’existait aucune pommade pour le mal dont elle souffrait, mais il pouvait l’aider en partie. Il pouvait chasser de son esprit au moins l’un de ses fantômes, il pouvait lui faire oublier Mike. Oui, il le pouvait. Mais comment ? Il était en colère, et il avait de quoi. Elle se haït de l’avoir repoussé. Elle soupira. Etait-ce réellement sa faute après tout ?

Zara s’était relevé, et elle était allée jusque devant le rideau qui la séparait de Black. Mais elle n’avait pas osé le franchir. Elle avait attendu un moment, immobile, la main sur le tissu, à écouter l’eau couler. Puis, elle avait pris une grande inspiration, et elle avait pénétré dans la salle de bain de la tente. L’évadé paru un peu surpris de la voir apparaître, et il lui lança un regard noir, toujours en colère. Elle marmonna des excuses auxquelles elle ne croyait pas, et le détailla silencieusement. Il était beau. Elle eut un sourire amusé. Il avait paru choqué à la vue de ses bleus, mais lui était couvert de cicatrices. L’une d’entre elle attira rapidement l’attention de la jeune femme. Elle vint le rejoindre sous la douche, sans ôter ses sous-vêtements. L’eau était glacée, et elle eut un hoquet de surprise. Il augmenta la température, elle a lui adressa un regard empli de gratitude. La jeune femme posa une main sur le torse de Sirius, là où, sous le cœur, une longue cicatrice fine se dessinait. Elle la détailla, songeuse, avant d’adresser un regard interrogateur à son hôte « Sectumsempra, mais ils m’ont loupé. » Loupé ? Il avait tout de même une jolie cicatrice. Ils ne devaient pas entendre la même chose par loupé. Elle ne répondit pas, caressant pensivement cette cicatrice, tandis que son autre main suivait les autres, son index détaillant les marques qui sillonnaient le corps du fugitif. Elle en trouva une autre sur son avant-bras, et releva la tête vers lui. « Vous voulez écrire ma biographie ?» Elle soutint son regard, avant de lui répondre d’une voix blanche. « Non. Mais j’estime avoir le droit d’en savoir un peu plus sur vous ! Après, vous pouvez toujours vous étonner de certaines de mes réactions. » Elle s’était énervée au fur et à mesure qu’elle parlait. « En énumérant chacune de mes blessures ? Chute en montagne. » Zara soupira, mais ne cacha pas le léger sourire qui se dessina sur ses traits. Quel mauvais caractère ! Il était si grognon quand d’autres auraient eu une toute autre réaction que cela l’amusait. Énumérer chacune de ses blessures ? Pourquoi pas ? S’il elle regroupait tout ce qu’elle lui avait dit à partir de ses blessures, il en savait déjà beaucoup sur elle, des choses qui ne devaient pas forcement être marquées sur ce qu’il avait dû lire sur elle à l’Ordre. En tout, elle lui avait dit qu’elle avait été élevée par sa tante, une femme violente, et qu’elle avait eu la compagnie d’une esclave nommée Lisa qu’elle traitait plus comme une sœur. Et parler de Lisa, c’était déjà quelque chose d’incroyable pour Zara. « Pourquoi m’aidez-vous ? » Il semblait agacé. « J'ai déjà répondu à cette question. J’en avais envie. » Zara le regarda un long moment sans rien dire. Il régnait entre eux un silence de mort, troublé simplement par le bruissement de l’eau qui s’écoulait sur eux et retombait au fond de la baignoire. Il fut le premier à briser ce silence, l’invitant à sortir avant qu’elle n’attrapa froid. Elle le regarda en souriant, et très calmement, elle détacha son soutien-gorge et fit glisser le long de ses hanches et de ses jambes jusqu’au sol son slip blanc en satin. Oubliant ses sous-vêtements au fond de la baignoire, elle releva la tête vers lui, avec une expression à la fois gênée, effrayée et provocatrice qui lui donnait un aspect singulier. Mais lui restait mué dans sa colère. « Vous voulez prendre ma place ? » La jeune femme leva les yeux au ciel. « J'ai plus de raisons que vous d'être en colère. » Elle annonça cela comme s’il s’agissait d’une vérité irréfutable, plongeant son regard dans celui de l’homme face à elle. Puis elle baissa les yeux, peut-être embarrassée par l’affront qu’elle venait de lui faire, et elle laissa ses doigts courir sur son torse. « Et n'allez pas vous plaindre non plus. » Elle avait parlé plus bas déjà. Elle parcourut de ses doigts chaque centimètre du torse de Black plusieurs fois avant de relever les yeux vers lui. « Embrassez-moi s'il vous plait. »

Après la colère des derniers mots qu’il lui avait adressés, après l’affront qu’elle venait de lui faire, elle s’était attendue à ce qu’il la repousse peut-être. Mais ce ne fut pas le cas. Il se pencha vers elle, et l’embrassa avec une douceur qui la surprit beaucoup. Elle sentit l’une des mains de Sirius lui bloquer la nuque, et l’autre glisser lentement dans son dos, l’attirant contre lui. Elle lutta contre elle-même, contre son corps qui semblait hésiter entre se crisper encore ou se laisser faire, et il lui sembla que le fugitif s’en rendit compte, car il mit plus de tendresse dans son baiser, ce qui la rassura. Elle sentit une sensation nouvelle monter en elle, comme elle sentait le corps brûlant de Black contre le sien, et cette sensation étrange chassa totalement la peur qui l’habitait encore. Sans qu’elle ne sache réellement lequel d’eux prit cette initiative, ils cherchèrent à quitter la baignoire, mais glissèrent et tombèrent tous les deux sur le côté. Zara s’était mordue la joue, et elle avait un peu mal, mais elle rit joyeusement, sans réellement comprendre pourquoi, et se hissa pour sortir. Elle se détailla un instant, souriant à l’idée qu’ils auraient tous les deux un bleu là où ils étaient tombés. Elle était dégoulinante, et couverte de savon suite à sa chute. Elle chercha des yeux une serviette qu’elle ne tarda pas à trouver. Elle l’attrapa, et ils se séchèrent l’un l’autre. La jeune femme trouva très étrange la sensation que procuraient ses grandes mains d’homme sur son corps, et elle fut aussi surprise par tous les muscles qui composaient le corps de Black, et qu’elle sentait sous sa peau. Quand ils furent à peu près secs, elle se laissa entrainer dans le lit, le regard brillant.

Zara ferma les yeux. Sirius avait réussi le miracle d’être à la fois passionné, tendre, et doux, il avait fait que toutes ses peurs s’étaient envolées ensemble, et il n’y avait eu plus que le plaisir, celui qu’elle avait pris, et celui qu’elle avait voulu donner. Elle s’était surprise elle-même par son audace, sa fougue. Elle se blottit contre l’homme à ses côtés, et rouvrit les yeux pour lui sourire. La dernière chose qu’elle vit avant de plonger dans un sommeil profond et sans rêve, ce fut le regard de Sirius plongé dans ses propres yeux, qui étaient d’un brun beaucoup plus clair qu’à l’habitude.

L’attrapeuse se réveilla sereine. Calme. Elle était bien. Elle s’étira, et jeta un regard à Sirius qui dormait. Elle eut un petit sourire. C’était donc cela se réveiller aux côtés d’un homme ? Zara se demanda ce que cela faisait quand on aimait l’homme en question, mais à peine l’image d’Andrew passa dans ses yeux qu’elle la repoussa. Non. Il ne fallait pas qu’elle l’aime. C’était un mangemort, il était comme Mary, elle l’avait vu à Poudlard, il avait participé comme tous les autres à cette infamie… Elle secoua la tête et se demanda quelle heure il devait être, car coupée de la lumière du jour elle perdait tous ses repères. Elle se redressa, elle avait faim, et elle avait envie de café. Elle eut un petit sourire. Il devait bien avoir cela dans ses tiroirs. Elle sortit du lit, faisant attention à ne pas réveiller son hôte, et attrapa dans la penderie un tee-shirt gris. Elle ne savait pas réellement où étaient les autres vêtements qu’elle lui avait empruntés, et ses sous-vêtements étaient certainement encore au fond de la baignoire, mouillés et couverts de savon. Elle enfila le tee-shirt beaucoup trop large et trop grand, qui lui arrivait en dessous des fesses, et se dirigea vers le coin cuisine de la tente. Elle ne tarda pas à trouver du café en poudre, du beurre, et le pain de leur dernier repas. Elle prépara de l’eau pour le café, mais elle se souvint qu’il lui avait pris sa baguette, et elle doutait qu’il y ait dans ses tiroirs des allumettes ou un briquet, comme utilisaient les moldus. Elle laissa le café de côté, elle lui demanderait de la faire lorsqu’il se réveillerait. Elle découpa un morceau de pain qu’elle beurra, puis elle alla s’asseoir dans le fauteuil où avait pris place Sirius quelques heures auparavant, et elle grignota sa tartine pensive, repassant dans sa tête tous les évènements passés depuis l’attaque de Poudlard.

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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:52
Il voulait réfléchir, il pensait pouvoir réfléchir sous sa douche glacée. Complètement concentré sur lui-même, Black n'entendit pas la jeune femme se lever de son lit pour passer le rideau de la salle de bain. Ce ne fut que quand elle fut à l'intérieur qu'il remarqua sa présence. Sirius en fut surpris, pas choqué ni énervée de son impolitesse ni gêné de sa nudité. Il n'avait aucune honte à montrer ce corps noueux qui racontait son histoire. Il était dépourvu de la moindre trace de graisse, vivant une existence bien trop dangereuse, dur et exigeante pour avoir le temps d'engraisser. Cependant, toujours énervé contre lui même et ses stupide action, il la fusilla du regard. Zara ouvrit la bouche pour donner des excuse qui sonnaient creuse puis le détailla amusé. Patmol soutint cet examen sans cillé. Quand elle franchi la distance qui les séparait, l'homme fit mine de ne pas paraître étonné même si sous sa colère se développait se sentiment dérangeant. Mais lorsque l'eau glacée de la douche éclaboussa Zara, elle lâcha un petit cris et il augmenta la température. La douche devint brûlante sur sa peau habitué à sa basse température. Il la toisait sans rien dire et quand elle vint poser sa main sur son torse, il réprima un frisson en répondant à sa question silencieuse.« Sectumsempra, mais ils m’ont loupé. » Le sortilège avait été lancé pour qu'il meurt en se vidant de son sang. Il avait eut de la chance d'avoir des réflexes vifs et de s'en être sortie avec cette unique cicatrice qui ne pouvait disparaître à cause de son origine magique. Son autre main se posa sur l'avant bras du figitif, qui lui répondit d'un ton cassant, presque ironique.« Vous voulez écrire ma biographie ? » Elle ne se démonta pas soutenant son regard et lui répondant sans relever la pique. « Non. Mais j’estime avoir le droit d’en savoir un peu plus sur vous ! Après, vous pouvez toujours vous étonner de certaines de mes réactions. » Droit de savoir ? Non, rien ne l'obliger à connaître sa vie. Elle pouvait d'ores et déjà réclamer sa baguette et partir. Leur « contrat » était déjà réalisé. Cependant elle avait décidé de rester. Finalement Sirius lui répondit de la même voix : « En énumérant chacune de mes blessures ? Chute en montagne. » Oui, une chute en montagne alors qu'il était poursuivit par un bataillon de géants affamé. Pas l'un de ses meilleur souvenir de randonné. Elle sembla amusée et reposa encore une fois cette question que black évitait sans arrêt. Il lui donna la même réponse que précédemment. Il en avait envie de le faire. Même si maintenant il voulait qu'elle parte avant que... « vous devriez sortir avant d'avoir froid ». D'un calme insoupçonné, elle retira ses sous vêtements qui glissèrent au fond de la baignoire savonneuse. Il ne put s'empêcher de les suivre des yeux avant de provoquer Zara. « Vous voulez prendre ma place ? » Il lui sembla qu'on ne pouvait mettre plus de mauvaise fois dans une question. Il savait très bien ce qu'il allait se passait mais voulait que se soit Zara qui le demande. Elle lui répondit sans hésitation, directement, franche. Plus de raison que lui ? Allons, il cumulait 34 années de vie décousues, elle qu'une vingtaine. Ses doigts parcouraient son torse, il se demanda si elle entendait les battements de son cœurs qui accélérèrent légèrement. Quand cesserait elle de jouer cette valse de sa main ? Elle osa de nouveau le regarder. « Embrassez-moi s'il vous plait. »

Soyons honnête, Black n'aurait jamais pu résister, n'aurait jamais voulu résister à une femme nue dans sa douche qui lui demandait de l'embrasser. Il s'exécuta en passant l'une de ses main sous sa nuque et l'autre se fraya un passage jusqu'au creux de ses reins pour la rapprocher de lui. Il sentit de nouveau le corps de la jeune femme se tendre. Mais il était trop tard. Il s'adoucit, voulant qu'elle est confiance en elle, ne voulant plus de peur dans son regard. Black voulait juste qu'elle prenne du plaisir dans chacun de ses gestes comme lui en prenait. Ou pas... sans qu'il ne sache réellement comment, ils glissèrent La tête de Sirius frappa la baignoire un peu durement ainsi que son dos. Il poussa un grognement tendit qu'elle rigolait. Il n'y voyait rien de drôle mais sourit, se rire lui fit plaisir. Ils se sortir de cette inconfortable décision. Dégoulinant tout deux, Sirius se passa la main dans les cheveux en regardant le corps luisant de Zara attraper une serviette et revenir vers lui avec un sourire mi-hésitant mi-provocateur. N'étant plus qu'humide, Black l'entraîna sur le lit.

Sirius avait tout fait pour faire fuir cette peur, se montrant patient, prenant son temps. Il ne voulait pas la brusquer, la blesser encore un peu plus. Il avait goutté la saveur de chaque parcelle de son corps, aimé la douceur de sa peau. Il avait donné du plaisir, en recevant au retour autant. Zara vint se blottir contre lui. Sirius l'entoura de ses bras en souriant. Il la vit fermer les yeux. Il sentit sa respiration de plus en plus régulière jusqu'à qu'elle s'endorme. Malgré une nuit blanche, il lutta contre le sommeil, voulant profiter de cette paix qui l'occupait. Mais sa lutte fut vaine.

Sirius Black ouvrit les yeux d'un coup, parfaitement réveillé, le regard alerte. Son cœur battait fort. La tente était calme, sans danger. Il dégagea l'une de ses main pour la passer sous son coussin. Sa baguette n'y était pas. Sa mâchoire se crispa. Il remis ses souvenirs en place, réfléchi. Elle se trouvait dans son pantalon près de la baignoire. Depuis quand avait été il était séparé de sa baguette autant de temps ? Elle était son arme, son bouclier, son échappatoire. Et il ne l'avait pas à portée de main. Il referma un bref instant les yeux et observa la jeune femme qui l'enlaçait. Comment avait elle réussi à lui faire oublié son statut de fugitif ? Quand est qu'il avait perdu la notion du temps ? À son réveil, l'attrapeuse allait devoir partir, lui déménager, s'installer autre part, attendre les ordres partir en mission pour l'ordre, fuir encore et toujours fuir. Il enfouit son visage dans les cheveux de Zara qui bougea un peu, refusant de reprendre pied dans la réalité. Black se rendormi, refusant de voir ce qu'il aurait du voir depuis le début : le danger qu'il courait en faisant entrer la jeune femme ici, le danger qu'elle courait pour avoir couché avec lui, l'irrationalité de ses gestes.

Quand il se réveilla pour la deuxième fois, il trouva le lit vide. Se redressant en grognant, il découvrit Zara en train de dévorer une tartine de beurre sur son fauteuil, les jambes remonté sous son menton. Ses yeux vidés de toute cette inquiétude et cette peur dont ils étaient rempli quelques heures plus tôt. Black se débarrassa des draps et se leva. En passant devant sa penderie, il attrapa un pantalon de toile blanche qu'il passa. Il referma les porte de l'armoire et rejoignit la demoiselle. Elle releva la tête quand il se planta devant elle. Il lui pris sa tartine des main et lui dit avant de croquer dedans en désignant ses lèvres. « Vous avez des miettes là. ». Zara riait et passa sa main sans réussir à les déloger. Finissant sa bouchée, Sirius se rapprocha et les récupéra du bout de la langue en profitant pour l'embrasser. Il avait l'impression d'être redevenu celui qu'il était avant que la mort et Azkaban ne détruisent sa vie. Il se recula un peu la toisa en fronçant les sourcils « C'est mon fauteuil dans lequel vous vous êtes installée ». Elle acquiesça d'un sourire, le provoquant. S'il voulait le récupérer, il devrait venir le chercher... Il posa la tartine sur la table avant de revenir sur la joueuse de quidditch. L'homme posa ses lèvres dans son cou, l'embrassant et la caressant longuement en remontant lentement jusqu'à son oreille tendis que ses mains se baladaient la caressant au travers son tee-short gris. Elle releva un peu la tête lui facilitant l'accé à sa gorge. Mais sans prévenir il la saisit sous les aisselle et la souleva, la regardant dans les yeux tendit qu'il la retirait du siège pour s'y asseoir. Elle se retrouva à chevale sur ses genoux, face à lui. Zara riait encore. Elle passa ses mains dans les cheveux, les laissant ensuite reposer sur ses épaules. Black continuait à caresser distraitement ses cuisses, passant ses mains sous son tee-short, remontant jusqu'à son ventre. La jeune femme se pencha un peu vers lui et il parcourut le reste du chemin pour déposer ses lèvres sur les siennes. Décidant que l'endroit était trop étroit il se leva, portant Zara qui passa ses jambes autour de sa taille. Black l'emmena jusqu'au lit qu'il venait de quitter et s'y assit avant de s'allonger. La jeune femme au dessus de lui se pencha, l'embrassa, ses cheveux tombèrent autour de son visage, les enfermant dans une bulle.

Leur cœur et leur souffle avaient repris leur rythme normal. Zara roula sur lui, se redressa et exigea du café avec une moue d'une enfant qui le fit sourire. « C'était si désagréable que ça ? » Elle l'embrassa et se remit debout. Les mains sur les hanches la jeune femme exigea de nouveau sa boisson. « Et bien, il vient ce café ? » Il rit, heureux de l'assurance dont elle faisait preuve. Black se leva à son tour, se planta devant elle, la regarda dans les yeux. L'attrapeuse posa une main sur son torse alors qu'il s'emparait de ses lèvres qu'il n'arrivait plus à quitter. Sans rien lui dire, il la dépassa et franchi le lourd tissus du rideau. Il passa les habits qui y traînaient en récupérant au passage sa baguette et les sous vêtements qui sous l'effet d'un sort imprononcé séchèrent et s'envolèrent vers la penderie. Sirius rejoignit Zara qui une nouvelle fois lui avait pris son siège. Il tapota le sachet de café qui se mit en mouvement tout seul lui aussi. L'homme se demanda comment il fallait expliquer les choses aux dames pour qu'elles les comprennent. Il lui saisit la main et la fit se lever avec un soupir avant de s'asseoir et de l'attirer sur lui, l'installant en travers de ses jambes. L'attrapeuse posa sa tête sur son épaule gauche et il passa la main dans ses cheveux. Les yeux du fugitif se posèrent sur l'avant bras gauche de la jeune femme ou était incrustée la marque des ténèbres. Il l'effleura du bout des doigts, comme pour la saisir et l'enlever. Elle lui souris tristement. La réalité les rattrapait. « Je donnerai n'importe quoi pour qu'elle n'y soit pas. Pour qu'elle n'y soit plus. Pour qu'elle n'y est jamais été... ». Il referma sur son avant bras, cachant la marque. Quand il parla se fut sur un ton grave, sérieux, où perçait sa haine contre voldemort : « Nous le tuerons ». C'était plus qu'une affirmation pour Black. Ces mots étaient une vérité indéniable mais aussi une promesse.

Une tasse de café vint se déposer dans leur main respective. Ils le burent en silence. Arrivé au milieux de sa tasse, Black fit remarquer « Il me semble que vous pouvez maintenant marcher jusque chez vous, Zara. » Peu importe qu'ils avaient couché ou non ensemble. Il continuerait de la vouvoyer, sa manière de maintenir une certaine distance. Il éprouvait un peu plus que du désir pour la jeune femme et tenait à ce que ça reste juste une sincère affection pour elle. La jeune femme frissonna à ces parole, acquiesçant. Mais le peur semblait revenu dans ses yeux. Sirius continua a passer sa main dans les cheveux en bataille de Zara, les lèvres contre son front.

Le café bût, il l'entraîna devant sa penderie, lui disant qu'il ne pouvait la laisser partir ainsi. Il lui passa ses sous-vêtements qu'elle saisit avant de fouiller dans cette armoire sans fond, à la recherche de vêtements. Il dénicha une chemise blanche opaque style 18ème déjà bien trop grande pour lui qu'il gardait en réserve pour pouvoir mettre quelque chose à sa taille s'il buvait du polynectar. Black se retourna vers son hôte qui venait juste de passer sa culotte. Tout sourire avait déserté de son visage. Il lui retira son tee-short gris sans qu'elle proteste, l'aida à attacher son soutiens-gorge et lui fit enfiler sa chemise qui lui tomba juste au dessus des genoux. Elle était bien trop large et il lui sortit une ceinture pour que le vêtement ne bouge pas de trop. Zara semblait être redevenu celle qui l'avait appelée la nuit dernière. « Puis-je savoir ce qui vous terrifie tant ? »

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Sirius ne tarda pas à s’éveiller, la jeune femme l’entendit s’approcher sans pour autant le regarder, repensant toujours à tous les évènements qui l’avaient conduite là où elle était. Il lui prit sa tartine, et l’informa qu’elle avait des miettes sur le coin des lèvres. Zara rit, un rire clair, sincère, joyeux, et s’essuya la bouche avec le dos de sa main. Mais les miettes étaient toujours là. Il se pencha vers elle, et les chassa avec sa langue, la jeune femme se laissa embrasser sans bouger. Il s’éloigna, et prit une mine fâché. Son fauteuil ? L’attrapeuse sourit et acquiesça. Qu’il vienne donc la déloger. Elle le regarda aller poser sa tartine et revenir à elle. Elle ferma les yeux, appréciant ses baisers et ses caresses. Elle se sentait protégée, elle n’avait plus peur de rien, quand les mains de cet homme se posaient sur elle, il lui donner sa force, et elle oublier le reste. Sans qu’elle ne comprenne réellement ce qui se passait, il la souleva et elle se retrouva à cheval sur lui, qui avait récupéré son fauteuil. Elle rit à nouveau, et se pencha vers lui pour l’embrasser. Les mains de Sirius effleuraient ses jambes, remontaient sous son tee-shirt, et la respiration de Zara se saccada un peu. Quand il se leva, elle emprisonna sa taille de ses jambes, et le laissa la porter une nouvelle fois jusqu’au lit.

Elle resta blottie contre lui, attendant que son corps se calme de lui-même. Elle était bien, et elle ferma les yeux. Trop vite à son goût, sa respiration et les battements de son cœur redevinrent normaux… Elle se redressa alors, elle s’était levée avec une idée en tête, et elle ne l’avait pas oubliée. Elle eut une moue comme les petites filles capricieuses qui viennent de se faire offrir un magnifique cadeau et qui en souhaitent déjà un nouveau, et réclama un café. Il rit. Désagréable ? Non. Délicieux plutôt. Elle se pencha vers lui et l’embrassa, avant de se lever, de poser les mains sur ses hanches, et de demander, sur un ton faussement autoritaire « Alors, il vient ce café ? » Il rit, et se dressa face à elle. La jeune femme posa une main sur son torse, près de cette cicatrice qui l’avait tant captivée la veille, lui l’embrassa, avant de disparaitre derrière le rideau de douche. Elle le regarda partir en souriant, renfila le tee-shirt gris qu’il lui avait ôté, et alla se rasseoir sur le fauteuil du maître de maison. Il réapparut, habillé, il jeta un sort pour que le café commence à se préparer tout seul, et la fit se lever pour récupérer sa place, avant de l’inviter à se rasseoir. Elle posa sa tête sur son épaule et ferma les yeux, profitant du calme parfait qui l’habitait.

Mais ce calme qui avait été si long à acquérir repartit en un instant, alors qu’elle sentit les doigts de Sirius sur la Marque de Ténèbres gravée sur son bras. Tout ce qu’il lui avait fait oublier pendant quelques heures, des heures magiques, merveilleuses, revenait à elle, et s’imposait à son esprit. Elle eut un sourire triste, se rappelant de la première réunion des mangemorts à laquelle elle avait participé, se souvenant du sortilège de Doloris. « Je donnerai n'importe quoi pour qu'elle n'y soit pas. Pour qu'elle n'y soit plus. Pour qu'elle n'y est jamais été... » Il cacha la Marque d’une main, et parla d’une voix qui la fit frissonner. Elle acquiesça, sans y croire. Cela faisait tellement d’années que des gens luttaient contre le Seigneur des Ténèbres, et pourtant, il continuait de faire le mal, elle ne croyait pas à une guérison miraculeuse de cette plaie du monde, et même si cela devait être le cas, le tuer ne changerait rien aux actes qu’il avait faits, aux malheurs qu’il avait causés, aux vies qu’il avait détruites.

Elle but son café en silence. Quand il parla de rentrer chez elle, elle se crispa, à nouveau effrayée. Mais elle n’avait pas le choix, elle acquiesça, et finit sa boisson, perdue dans ses pensées. Rentrer au Manoir, rentrer chez elle, rentrer là où elle avait grandi avec sa tante, rentrer dans la maison de sa tante… Cette idée l’angoissait. C’était accepter le fait qu’elle l’avait tuée, c’était se retrouver là-bas, seule avec ses peurs… Elle eut à peine conscience qu’il l’entrainait à la penderie, qu’il la déshabillait, et qui lui passait de nouveaux vêtements. Elle sembla se réveiller d’un rêve quand il lui parla, mais elle se crispa comme elle l’avait fait la veille, sans dire un mot. « S’il vous plaît... » La jeune femme leva les yeux vers Sirius, elle avait son petit air triste et apeuré qui lui avait vu la veille. « Pourquoi voulez-vous le savoir ?
- Parce que je préfère vous voir sourire.
- Sourire… »
Zara répéta le mot comme si elle ne le comprenait pas, d’ailleurs, c’était un peu le cas, elle ne comprenait pas cette idée. Elle désigna son reflet que l’on voyait dans le miroir de la penderie. Qu’est-ce qui l’effrayait ? Qui est-ce qui l’effrayait ? Mary ? Non. Ce qu’elle avait fait à Mary ? En partie, mais il fallait remonter plus loin. Ce qu’elle avait fait à Mary lui avait prouvé que cette petite fille de sept ans était toujours en elle, et c’était cela qui l’effrayait. Au Manoir, elle serait seule, et cette gamine pourrait revenir la hanter comme il lui plairait. « C'est d'elle dont j'ai peur. D'elle, et de ce qu'elle a été, il y a quelques années. Ce qu'elle a fait... Et maintenant aussi, de ce qu'elle vient de faire... » Sirius regarda le miroir, mais il sembla ne pas comprendre. « Nous ne devons pas voir la même personne... Qui était-elle ?
- Une petite fille rêveuse. Une petite fille joyeuse, rieuse. Une petite fille vivante, et heureuse. Mais... Elle est partie si vite... Elle est partie avec Olivia... »
La voix de l’attrapeuse s’éteignit dans sa gorge, et elle sembla s’étouffer avec les mots qui montaient en elle. La vérité était qu’elle ne voulait pas les partager, elle ne voulait pas avoir l’air faible, elle ne voulait pas qu’il sache, que personne ne sache, ce qu’était sa plus grande peur. Il passa ses bras autour de sa taille, l’attirant à lui bien qu’elle lui tournait le dos, il massa son ventre avec ses pouces, pour l’encourager à continuer. Mais elle restait silencieuse. Elle ne voulait rien lui dire, et même si elle avait voulu, sa gorge était nouée, elle ne pouvait plus parler. « J’ai vu cette petite fille. Elle avait certes un peu grandit mais elle mangeait une tartine et était dans mon lit... » Zara se crispa complètement, et chercha à se soustraire à l’étreinte de l’évadé qui la libéra. Elle secoua la tête. « Non… Non, ce n'était pas la même. Et d'ailleurs... je ne veux pas qu'elle revienne... Elle m'a fait trop de mal en partant. Je n'étais pas prête à grandir… » Sa voix suppliait le brun. Ce n’était pas la même ? Non, ce n’était pas la même ! Elle ne voulait pas être celle qu’elle avait été à sept ans, elle avait changé, elle était différente, elle était meilleure. Elle ne pouvait pas être elle… Cette simple pensée l’angoissait. Elle prit son visage entre ses mains et chuchota. « Je suis désolée... Je ne peux pas… » Elle ne pouvait pas en parlait. Le simple souvenir la terrorisait, sa peau était trop pâle, toute sa bonne humeur avait quitté ses traits. « Vous n'avez pas à être désolée. » La voix de Black fut un écho dans sa tête qu’elle ne comprit pas. Elle resta un long moment, parfaitement immobile. Quand elle releva les yeux vers son hôte, il la regardait, hésitant, il fit un pas vers elle. « Si... si vous ne souhaitez pas retourner chez vous, l'Ordre pourrait vous exfiltrer, Dumbledore comprendrait... » Elle le coupa presque. « Non ! » Le silence se fit, il lui sembla que sa voix résonnait encore sous la tente. « Non... J'ai été... La dernière des idiotes, et parfaitement inutile pour cette attaque. Je ne veux plus que cela se passe. Poudlard est le seul endroit où je ne me suis jamais senti chez moi, je voudrais empêcher qu'il soit de nouveau attaqué... Mais c'est juste que... Le Manoir... Mon Manoir... Vous le verriez, vous comprendrez... Il est habité par mes fantômes... » Pourquoi avait-elle dit cela ? Était-elle folle ? Pourquoi avait-elle confié toutes ses choses à cet homme ? Cela ne le regardait pas. Personne ne devait savoir… Il ouvrit la bouche, mais la referma sans avoir prononcé un mot, Zara sentit sa main effleurer son visage, mais elle ne réagit pas. « Qu'est-ce qui vous retient là-bas maintenant ? » L’attrapeuse ferma les yeux. Là-bas ? Rien. Lisa peut-être. Si elle disparaissait, c’est à elle qu’ils s’en prendraient. Mais elle ne voulut pas lui dire. De toute façon, elle partirait pour aller où ? « Qu'aurais-je de plus ailleurs ?
- Rien si ce n'est la paix en laissant ces fantôme derrière vous... Mais vous n'avez pas répondu à ma question... qu'est-ce qui vous empêche de partir ? »
Zara resta silencieuse un instant. « La marque incrustée sur mon bras... Et puis... Mes fantômes sont là-bas, mais ils sont aussi ici, vous l'avez bien vu hier, vous le voyez maintenant. Ils seront partout où j'irai... Partir n'est pas une solution... » Sirius eut un sourire crispé à sa remarque. « Vous avez raison, les affronter est la meilleur façon de les chasser. » Zara haussa les épaules, ne réprimant pas un rire nerveux, sec, tellement différent du rire joyeux et clair qui avait résonnait dans cette tente peu de temps avant. « Je préférerai avoir tort. Parce que je n'en suis pas encore capable... » Elle soupira. Puis, comme si elle venait de prendre conscience de l’aveu qu’elle venait de faire, elle enchaina. « Vous... Vous me raccompagnez ? » Il hocha la tête, , puis repartit à la recherche des vêtements qui lui iraient. Il lui tendit une cape, et rapetissa une paire de bottines. Puis, ils sortirent. Black lança à la tente un sortilège pour la rendre plus légère et plus petite, et la glissa dans sa poche. Elle le regarda faire, puis ils partirent vers le village en marchant.

La campagne était belle. C’était la fin de l’après-midi, et le ciel se colorait de rose et de orange. Zara aurait été seule, elle aurait couru jusqu’à ce que le ciel perde ses couleurs et redeviennent gris, comme elle le faisait enfant. Au lieu de cela, elle tourna la tête vers son compagnon. « Vous avez pris votre tente… Vous partez ? Pour aller où ?
- Autre part, je ne sais pas encore. Si moi-même ne sais pas où aller, les mangemorts ont moins de chance de me retrouver...
- Vous ennemis oui... Mais vos amis, comment font-ils eux ?
- À part aux quelque réunion de l'ordre au quels je peux me rendre ? Mes amis ne font pas... par patronus quand ils ne peuvent pas faire autrement. Le seul lien qui nous reste est l'ordre... je ne les ai pas revu depuis 11 ans, que reste-t'il d'eux ? »
Zara ferma les yeux. Elle n’avait jamais eu d’amis, à part Lisa, et cela ne faisait pas un an qu’elles étaient séparées, mais la jeune femme était tout de même incroyablement triste. Elle n’osait pas imaginer le cas de Black, qui avait dû faire une croix sur toutes ses relations. « Ce doit être horrible... Cela veut dire que... Vous êtes toujours seul ? » Sirius hocha la tête. Zara réfléchit un instant. Des milliers de questions se bousculaient dans sa tête, et elle aurait tout savoir sur lui. Mais elle ne savait pas quoi lui dire. « Ou étiez-vous avant ?
- Juste avant de revenir ? Norvège...
- Vraiment ? Vous... Vous avez beaucoup voyagé ?
- Je ne fais que ça... »
Le visage de son compagnon s’assombrit. Elle n’osa rien dire. Il reprit. « Et vous, miss Blue avez-vous voyagé ? » La jeune femme se tordit les mains, mais elle répondit, ne cachant cependant par un certain enthousiasme, à cette idée. « Non. Jamais. Je n'ai jamais vu que cette campagne... J'ai... J'ai souvent rêvé que je partais loin. J'aurai adoré visiter tous les pays du monde... Et voir les montagnes... Ou la mer... Ce doit être merveilleux... Lisa et moi, nous nous étions promis de voyager quand nous serions adultes... Mais... Enfin... » Le nom de Lisa était sorti de sa bouche et avait éclairé tout son visage, mais elle s’était arrêté tout d’un coup. Elle venait de mentionner un tabou, une chose qu’elle gardé pour elle, son visage s’assombrit. Mais Sirius l’encouragea à parler, et elle continua, sans savoir pourquoi, sans le vouloir réellement. « Non... C'est juste que... C'était avant qu'Olivia de meurt et que Lisa... » Elle marqua une pause. « Elle... Elle est devenue une esclave... Alors, avant la fin de cette guerre, il y a peu d'espoir... Je ne suis pas prête de voir la mer. » L’attrapeuse était mal à l’aise. « Où est-elle maintenant ?
- A Poudlard. En tant qu'élève à Barthélémy.
- Les petits Barthélémy devront avoir les nerfs solides face aux Serpentards... Mais cette maison a toujours été détestée, je suppose qu'ils seront protégés par les Gryffondors... et peut-être par les Poufsouffle aussi... »
Zara regarda un sourire mélancolique naître sur le visage de Sirius. Il ne les aimait pas. Elle parla d’une voix parfaitement neutre, ne trahissant aucune émotion. « J'étais à Serpentard... » Elle releva les yeux vers lui, elle ne souriait pas, mais elle était amusée. Il y eut un silence. « C'est vrai qu'il n'avait pas à se plaindre des filles dans cette maison... » Zara ne répondit pas, et elle tourna son regard vers le ciel. « Quand j'étais enfant, je voulais aller à Gryffondor... Olivia, ma mère, était la seule de la famille à y être allée. Mais le Choipeau m'a trouvée trop ambitieuse pour les Rouge et Or... » Elle toussa. Pourquoi lui avait-elle dit cela ? Elle secoua la tête, et enchaina avant qu’il ne puisse parler. « Pourquoi êtes-vous là ?
- Après onze ans d'absence, j'ai décidé de partir à la chasse aux fantômes... »
Zara ne comprit pas, et le lui fit comprendre. Il répondit simplement. « Vous n'êtes peut être pas prête à retourner chez vous, mais moi je n'ai que trop attendu… » La jeune femme acquiesça. Ils continuèrent de marcher un moment en silence. Quand le village fut en vue, trop rapidement au goût de l’ancienne Serpentarde, elle s’arrêta et se tourna vers le fugitif. « Comment pourrais-je vous remercier ?
- Rester en vie serrait une bonne chose, sourire vraiment une autre... »
Zara lui adressa un immense sourire, qui éclaira ses traits. Mais il y avait dans ses yeux quelques choses d’autres, quelque chose de nouveau. « Vous reverrai-je ? » Il lui rendit son sourire. « Si nous sommes encore tout deux vivants d'ici là... » Il ne répondait pas vraiment à la question, mais elle ne releva pas. Elle resterait vivante si elle pouvait garder l’espoir de retrouvailles. Elle se hissa sur la pointe des pieds et l’embrassa, passant les mains autour de son cou, avec beaucoup de tendresse. Elle ne savait pas quand elle le reverrait après cela. Elle s’éloigna, souriant toujours. Il lui tendit sa baguette qu’elle glissa dans la poche de son jean. Il posa une main sur son épaule et se transforma en un gros chien noir. Ils contournèrent le village, et arrivèrent derrière le Manoir Blue.

Zara regarda les grilles noires qui enfermaient le jardin parfaitement entretenu. Elle regarda l’immense bâtisse aux murs gris foncé et aux volets fermés, condamnés. Elle détailla le lieu qui ne lui avait jamais paru aussi hostile. Et c’est ici qu’elle allait vivre, toute seule. Elle s’agenouilla devant le chien, et l’enlaça, comme si elle pouvait encore une fois, une dernière, puisait la force de Black. Puis, sans un mot, elle se redressa, et comme si elle avait pris une terrible résolution, elle s’avança vers les grilles du Manoir en silence, traversa le parc et disparu derrière une des lourdes portes sans s’être retournée une seule fois.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:53

Andrew et Zara



Je te défie mauvaise étoile !




« Et maintenant, les Tornades de Tutshill ! »

La porte s’ouvrit, et ils s’envolèrent. Il y eut des cris, des applaudissements, des sons, des lumières, des couleurs… Zara inspira profondément. La vie s’engouffrait en elle par tous les pores de sa peau, en même temps que l’air frais pénétrait dans ses poumons. Elle se sentait exister comme jamais à son souvenir, elle était consciente de son être tout entier. Elle se ressentait, elle ressentait chaque parcelle de son corps. Elle entendit le commentateur prononcer son nom sans écouter ce qu’il disait d’elle. Elle monta plus haut encore dans le ciel et s’arrêta pour admirer le spectacle qui s’offrait à elle. Elle voyait plus distinctement ces couleurs, ces lumières. Elle voyait la foule grouillante dans les gradins, pour le grand match de la saison. Elle ne les entendait pourtant pas réellement, ils produisaient des sons qui remontaient vers elle en un long et continu bourdonnement. Du regard, elle chercha un point qui lui serait familier dans cette assemblée, sachant pourtant pertinemment que ce serait vain : elle était trop en hauteur, il y avait trop de monde. Elle reporta finalement son attention sur les joueurs. Ses équipiers étaient, elle le savait, au moins aussi stressés qu’elle, mais ils ne laissaient rien paraître, demeurant admirablement calme. Ses adversaires aussi, mais peut-être étaient-ils réellement sereins quand à ce match ? Dans ce cas, ils auraient vite fait de le regretter, ou du moins l’espérait-elle. Ses yeux se posèrent sur Galvin Gudgeon, l’attrapeur de l’équipe adverse, celui avec lequel elle serait le plus amenée à se mesurer lors du match qui allait suivre.

La jeune femme se remplit le cœur et les yeux une dernière fois du spectacle qui s’offrait à elle, puis elle ferma son esprit à tout le reste. Elle entendait et enregistrait les propos du commentateur, sans vraiment s’en préoccuper, tant qu’il n’annonçait pas le score, mais elle avait banni de ses oreilles tout autre son. Tout ce qui l’entourait disparu à ses yeux, et tout fut noir. En gris, ressortant à peine, les autres joueurs. Seule la balle dorée qui devait retenir son attention contrastait avec le reste. Elle attendit le coup de sifflet, et fonça. Le match venait de commencer.

Plus que quelques mètres. Plus qu’un. Plus que quelques centimètres. Là, là, juste devant moi, devant mes doigts tendus. Encore un peu, et je pourrais le toucher, l’avoir. Enfin, je te tiens !
Les doigts de Zara se refermèrent sur le vif d’or tandis qu’un sourire satisfait vint éclairer ses traits. Elle mit un moment cependant à comprendre ce qui lui arrivait et revenir à la réalité. Elle sentait la petite balle glacée dans son poing, elle sentait la félicité d’avoir réussi naître en elle, et alors, la barrière qu’elle avait créée avec son esprit pour ne pas être déconcentrée durant le match sauta. Elle entendit les cris, les rires, les chants des supporters, retrouvant avec plaisir cet étrange bourdonnement. Elle vit les couleurs, les lumières, les gens réapparaitre avec une intensité dans leur consistance qui lui fit mal aux yeux. Elle entendit le commentateur faire son éloge, mais elle ne comprenait pas le sens de ses mots, elle vit les joueurs de son équipe la rejoindre, fatigués mais heureux. Elle leva en l’air le poing qui maintenait la petite balle dorée prisonnière sans savoir réellement ce qu’elle faisait, sans comprendre son geste, mais poussant un cri de triomphe, ignorant pourquoi. Elle se laissa emporter vers le sol, et elle se laissa guider. Elle entendit des félicitations, elle fut présentée à des gens en pagaille, on l’appela, on l’applaudit, on la prit en photo, on lui demanda de signer des autographes. Elle faisait ce qu’on lui demandait, elle répondait aux questions, et aux paroles avec un sourire aimable, elle riait, mais son esprit n’assimilait pas ce qui était en train de lui arriver. Elle n’avait pas le temps de comprendre, de prendre conscience, de s’imprégner que déjà, on la trainait ailleurs, ou la présentait à quelqu’un d’autre. Alors, elle se laissait portée, rayonnante d’une joie dont elle n’avait pas encore conscience, et brûlante de vie. Finalement, ce délire prit fin, et on la tira jusqu’au vestiaire. Elle se laissa tomber sur le banc, elle inspira, et tout s’illumina.

Ils avaient gagné. Les Tornades de Tutshill venaient de gagner la Coupe de Quidditch de Grande Bretagne. Les mots qu’on lui avait dits se rappelèrent à son souvenir, et tout ce qui venait de se passer se démêla dans la tête. Un match de plusieurs heures, c’était la nuit déjà. Un match magnifique. Les Canons s’étaient admirablement défendus, mais ils avaient été malgré tout écrasés. Les visages, les noms de ceux qu’on lui avait présentés, des personnes qu’elle admirait depuis l’enfance. Ces mêmes personnes qui la considéraient de très prometteuse. Ils avaient gagné. Cette idée revenait sans cesse. Elle desserra le poing qui tenait le vif d’or, qu’elle n’avait pas lâché depuis qu’elle l’avait attrapé. Elle le lâcha. Celui-ci vola autour d’elle. Gagner. Ils étaient vainqueurs, c’étaient merveilleux ! Elle ferma les yeux. Vraiment merveilleux !

Les Tornades s’étaient entrainées à longueur de journée en vue de ce très grand évènement. Zara n’avait pas mis longtemps à comprendre que c’était une bénédiction. Cela lui avait permis d’occuper son esprit, de passer très peu de temps au Manoir Blue et d’oublier ses fantômes, de les chasser, en même temps que ses peurs. Elle n’avait plus été que pour le Quidditch, oubliant le monde entier au détriment de sa passion, de son travail. C’était la meilleure façon qu’elle avait eue pour échapper à la sinistre réalité. Elle avait tué sa tante, elle avait tué Mary. Elle n’avait plus vraiment peur de son geste, et cela, elle le devait à une rencontre, une connaissance, un homme. Mais elle doutait pour Lisa, elle doutait pour son crédit au sein des mangemorts. Lisa, sa chère, sa très chère Lisa, qui avait été blessée lors de l’attaque de Poudlard. Zara avait promis une vengeance exemplaire quand elle retrouverait son agresseur. Qui donc pouvait vouloir du mal à l’adorable personne qu’était Lisa Soho ? Elle ne comprenait pas. De plus, la jeune femme n’avait pas pu interagir avec elle depuis cette attaque, et elle s’en voulait beaucoup. Mais le moment viendrait. Chaque chose en son temps. Sirius l’avait guérie de ses peurs, de ses fantômes, mais elle devinait que cette paix était fragile, et qu’elle pourrait aisément se briser, entrainant la jeune femme. Hors, elle avait besoin de tout sauf de la perte de son self-control. Aussi, le Quidditch lui avait été d’un grand secours. Elle s’était assommée de travail, s’oubliant elle-même. Et cela avait payé. Elle était sortie victorieuse.

Zara ne ressortit du vestiaire que quand tout le monde fut parti. Il régnait dans le stade un silence impressionnant. Celle-ci se dirigea vers la pelouse, au centre de celui-ci. Elle marchait sur la pointe des pieds, cherchant à faire le moins de bruit possible ; elle s’était douchée et changée, et ses cheveux étaient encore humides ; la petite balle dorée voletait toujours autour d’elle. La brune avait déclinée toutes les offres pour sortir fêter la victoire. Elle avait besoin de calme. Le temps qu’elle avait mis à comprendre ce qui lui était arrivé l’inquiétait particulièrement. Elle s’avança jusqu’au centre du stade, et elle s’assit sur l’herbe. A son insu, elle rayonnait toujours de plaisir et ses yeux pétillaient encore de toute la vie qui l’emplissait. Le Quidditch était définitivement la sauvegarde de l’ancienne Serpentarde. Elle regarda voler la petite balle en souriant, laissant ses pensées et ses rêves vagabonder très loin. Jusqu’à ce qu’elle sentit une présence, tout près, qui la sortit de sa rêverie.

Aussi droit et fier qu’à son habitude, Andrew Brown se trouvait debout, à moins d’un mètre d’elle. Elle se redressa vivement. « Monsieur Brown… » Elle inclina la tête poliment, mal à l’aise. Le souvenir de leur dernière rencontre se rappela à sa mémoire. Elle se souvint de leur baiser avec une joie sans limite, et elle ressentit une pointe de désespoir en se rappelant son départ précipité. Certes depuis, ils avaient correspondu, et Zara savait qu’il partageait ses sentiments, mais les lettres n’étaient pas la véritable présence, et cette idée ne suffisait pas à la calmer, puisqu'après tout, ce n'était qu'une idée... « Vous vous portez bien ? » Elle s’efforça de sourire, sincèrement heureuse de le voir, mais effrayée en même temps, incapable de surmonter son appréhension. A cet instant, elle aurait aimé mieux le connaitre, pour pouvoir interpréter son air. Mais sa partialité l’aurait de toute façon gênée pour cet exercice. « Le match vous a-t’il plut ? Pour quelqu’un qui n’était pas un grand amoureux du Quidditch, il a dû sembler un peu long… Vous ne vous êtes pas trop ennuyé j’espère ? » Et elle l’espérait sincèrement. « Je suis désolée de reparaitre si tard, je ne savais pas si je réussirai à vous trouver dans la foule, et j’avais besoin de me calmer de mes émotions… » La demoiselle se tut, consciente qu’elle était prête à se confondre en excuse un longue liste de chose, à commencer par ses lettres, mais elle préférait que ce soit lui qui entame le sujet de cette correspondance. Elle vit qu’il tenait un paquet rectangulaire. Un livre apparemment… « C’est le livre que je vous ai demandé ? C’est extrêmement gentil de votre part d’y avoir pensé ! Que me prêtez-vous ? » La jeune femme connaissait l’amour de son compagnon pour la lecture, et elle y voyait un point commun qui serait le sujet de conversations à venir. Mais elle commençait dès maintenant. Elle avait peur qu’un silence ne s’impose entre eux. S’il lui laissait le loisir de penser en sa présence, elle savait où la mènerait ses songes éveillé, mais elle préférait restait maîtresse d’elle-même. Le vif d’or qui flottait toujours autour d’elle vint voler près du visage de son compagnon, et Zara esquissa un sourire amusé, beaucoup plus détendu. Puis elle reporta son intention vers le jeune homme. Elle plongea ses yeux dans le regard envoutant de son ami et se sentit calmée. Il se dégageait de ce regard une tendresse, une douceur qui lui mirent du baume au cœur, bien qu’elle ne craigne que ce soit ses propres sentiments qui fausse son opinion. Mais il était si délicieux d’y croire qu’elle se le permit, et adressa à son ami un immense sourire qui illumina plus encore ses traits.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:53
Les yeux d’Andrew Dave Brown ne la lâchaient pas, petite silhouette lointaine et gracile ; pourtant, elle devenait à peine visible, au fur et à mesure qu’elle évoluait dans les cieux. C’était un éclair, une flèche étincelante, qui perdait de plus en plus en perceptibilité. Mais son regard refusait de quitter Zara Olivia Blue.

Installé dans l’une des meilleures tribunes du stade de Londres, le jeune homme ne pouvait s’empêcher d’assister au match qui se déroulait avec un intérêt très mal dissimulé. Il ne voyait que trop rarement du Quidditch, disant en être trop peu intéressé. Aujourd’hui, néanmoins, ses impressions paraissaient différentes ; il ne put s’empêcher de sourire lorsque la main de Zara se referma sur le vif d’or. Etrange, cette sensation brûlante qui lui asphyxiait l’âme, ne cessant d’embraser et de meurtrir son esprit à la fois. C’était elle qui l’avait invité à venir la voir jouer, c’était elle qui lui avait trouvé cette place-là, fort agréable d’ailleurs. Ils avaient correspondu, d’ailleurs, depuis. Depuis le jour où le jeune homme avait quitté le Manoir Blue, après qu’ils se soient découvert leurs sentiments mutuels. Andrew, de nature timide, hésitante et renfermée, avait cherché à l’éviter, mais elle avait eu la bonne idée de relancer grâce à une correspondance. Et par le biais de ces lettres, d’abord réticent, maintenant ses distances, il lui écrit comme jamais il n’avait écrit, s’était confié comme jamais il ne s’était confié, et derrière des mots prudents se cachait toute l’ardeur d’une flamme qui peinait à se montrer pleinement au grand jour.

Perdu dans ses pensées, il resta un bon moment immobile avant de se décider à rejoindre la foule des spectateurs qui quittait maintenant les tribunes. Il fallait qu’il La trouve, qu’il la voie, qu’il lui parle. Ils étaient restés trop longtemps sans se voir, sans se parler, et les courriers qu’ils avaient échangés lui avaient paru à certains moments trop fades, trop insignifiants. Bien sûr, il l’avait croisée lors de la Bataille de Poudlard, à la fin ; elle avait semblé hésitante, lointaine, et Andrew avait préféré ne pas s’attarder. Car Zara avait perdu sa tante ce jour-là, et, contrairement à ce dont il s’était attendu, cette perte paraissait profondément la troubler. Etrange, pourtant, il lui avait semblé qu’elle n’appréciait pas plus Mary Blue que lui. Peut-être s’était-elle attachée à celle qui l’avait élevée, finalement ? Andrew refusait de le croire, c’était trop… impensable. Si sa marraine respirait la méchanceté et l’hypocrisie, Zara lui semblait plus douce et ouverte, malgré la Marque des Ténèbres, qui, comme dans son cas, était gravée sur son avant-bras. Première raison d’en vouloir à cette flamme qui lui rongeait le cœur, jour après jour. Ils étaient trop différents. Et puis elle l’agaçait prodigieusement, parfois, avec son insolence, sa puérilité. Comment s’était-elle permis de le chasser, l’autre jour, par exemple ?

Enfin… Andrew atteint bien vite le niveau des vestiaires des joueurs, et ne réprima pas un sincère sourire lorsqu’il vit Zara en surgir, rayonnante. Son cœur se mit à battre plus fort ; oui, il était heureux de la voir, profondément heureux. Elle, elle semblait à la fois mal à l’aise et joyeuse, enthousiaste et gênée.

« Miss Blue ! Parfaitement bien, et vous ? »

Il s’interrompit un instant, s’imprégnant de chacun des traits de son visage, se régalant de la sonorité de sa voix. Oui, elle était belle, et c’était une beauté dépourvue de froideur ou de supériorité, mais plutôt empreinte d’une douceur aimable.

« Non, pas vraiment. Toutes mes félicitations, vos qualités d’attrapeuses sont prodigieuses. Et merci beaucoup pour la place. Vu d’ici, le match était fabuleux. »

Avait-il réussi à faire totalement disparaître cette nuance de froideur de sa voix ? Pas vraiment, et elle se fit entendre à nouveau, ses émotions passées.

« Oui… oui c’est cela, comme je promis dans… dans ma lettre. C’est un roman d’aventure. J’espère qu’il vous plaira. »

Lorsqu’elle plongea son regard dans le sien, il le soutint, se laissant envoûter par la chaleur que dégageaient ces deux prunelles malicieuses, débordantes des sentiments qu’il lui reflétait.

« Et j’ai bien reçu votre dernier billet. Mes sincères condoléances pour… votre tante », rajouta-t-il d’une voix peu assurée.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:54
Ces yeux… Ses yeux. Ils l’envoutaient. Ils l’envoutaient depuis le premier jour, depuis le premier regard. Parmi les folies que murmuraient Olivia entre ses sanglots, ses pleurs, ses appels, elle se souvenait de l’avoir entendu dire que le regard, les yeux étaient le miroir de l’âme. Elle n’avait pas écouté la moitié de ce que disait sa mère, et elle n’en avait pas cru le quart. Mais cette phrase, cette phrase l’avait marquée. Et elle y avait cru comme pouvais y croire la petite fille qu’elle avait jadis été. Ce fut l’un des héritages que lui laissa l’enfant en partant.
Elle y croyait toujours. Et cet homme avait des yeux magnifiques. Des yeux, un regard… une âme sublime. Oui, les apparences devaient être trompeuses, Andrew Dave Brown ne saurait être simplement un sang pur, un mangemort. Non, il devait être un homme merveilleux. Zara qui ne regardait plus qu’avec son cœur s’en persuadait.

Il parla. Elle adorait cette délicieuse voix grave qui bourdonnait dans ses oreilles, mais à cet instant précis, elle aurait préféré qu’il se taise. Mary n’était pas un sujet qu’elle aimait aborder. Encore moins avec un mangemort. Et Andrew était un mangemort. Cette pensée lui déchira le cœur, et elle baissa les yeux, bredouillant un remerciement. Elle ne voulait plus le regarder… Elle n’osait plus. Des condoléances… Il lui avait toujours semblé que ceux qui répétaient cette phrase toute faite n’avait jamais perdu un proche. Ça ne voulait rien dire, et pire encore, ça rappelait la perte subie. Dans le cas présent, ce n’était pas réellement la perte en elle-même qui affligeait la jeune fille, c’était la façon dont elle avait eu lieu. Et la façon dont les amis de sa tante se montraient obligeants avec elle. C’était affreux. Ce dernier mois, elle avait dû subir la présence d’une société qui était tout sauf à son goût, et elle avait été obligée de se montrer aimable, et mentir, tromper. Oui, elle aussi était affligée de cette mort, oui, elle voulait tuer celui qui était responsable, oui, oui, oui et encore oui. Des paroles en l’air. Elle était blasée par tant de phrases qui ne signifiaient rien. Et elle ne voulait pas lui mentir à lui, même si leur position de mangemorts l’obligerait à le duper en permanence, mais pas sur ça. A cet instant, elle se maudit d’avoir accepté d’entrer chez les hommes en noir, et d’avoir accepté de les trahir, même si elle savait pertinemment que c’était la seule chose à faire qui puisse rester raisonnable.

Le silence dura, l’attrapeuse semblait trouver au sol un attrait particulier, jusqu’à ce que le vif d’or se rapproche d’elle. Machinalement, la brune s’en saisit dans un mouvement très vif. Zara regarda la petite bille dorée dans sa main, et prit une inspiration. Elle relâcha son emprise sur l’objet volant en relevant les yeux vers son ami et commença d’une voix très mal assurée. « A propos. Je suis désolée de vous avoir importunée avec mes lettres… Je… Enfin… Je ne pouvais pas… » Elle ne savait plus ce qu’elle était en train de dire, elle ouvrit la bouche pour continuer sans réussir à produire le moindre son, et alors elle rougit. Il coupa les tentatives muettes de Zara de s’excuser, mais son ton était presque aussi hésitant que l’avait était celui de la jeune fille. « Non... ce n'est rien... Enfin... Vous ne m'avez pas... Je vous l’ai dit, je ne... »

Le silence menaçait à nouveau de s’imposer. Mais étrangement, les paroles d’Andrew avaient calmé la jeune femme. Il était aussi nerveux qu’elle, et elle, elle était nerveuse parce qu’elle avait peur de le décevoir, alors peut-être que ses intentions étaient les mêmes ? Peut-être voulait-il lui plaire ? En tout cas, elle n’attendait que cela. Elle réfléchit un instant et choisit de changer de sujet, pour leur calme mutuel. Elle reprit d’une voix plus sereine, qui devint même rieuse au fur et à mesure qu’elle parlait. « Alors vous êtes venu… Et vous ne vous êtes pas tant ennuyé que cela ? Vous aurais-je converti ? » Un sourire espiègle se dessina sur ses lèvres, et sa peur de lui avoir déplu en parlant avec tant de désinvolture s’envola quand elle vit les yeux d’Andrew briller. Il lui rendit son sourire, et elle sentit son cœur s’envoler dans sa poitrine. « Converti ? C'est un bien grand mot... » Zara rit doucement, tandis que son visage s’éclairait de la joie qu’elle pouvait ressentir à cet instant. Les reflets dorés de son regard s’intensifièrent, et elle allait continuer quand son trophée vint voler devant elle, pour finalement se rapprocher du visage du brun. « Vous feriez un bon attrapeur, ce vif d’or semble être attiré par vous… Moi, il passe son temps à me fuir en match. » Sa voix était douce et gaie, et ce quelque chose de merveilleux qui brûlait dans les prunelles de son compagnon s’intensifia. Elle nota se changement avec une joie sans limite et lui rendit le sourire qu’il lui offrait. « Attrapeur ? Il faudrait d'abord que vous me convertissiez véritablement. » La jeune femme inclina la tête. « Faisiez-vous du Quidditch à Poudlard ? » Le rire franc d’Andrew surprit Zara autant qu’il la ravit. Elle fronça les sourcils, attendant une explication qui vint aussitôt. « Moi ? Il faudrait d'abord que je comprenne comment tenir correctement sur un balai. Cette pensée m'a toujours terrifié. » Zara ouvrit les yeux grands à cet aveu. Elle avait toujours eu du mal à croire qu’on ne pouvait pas adorer le Quidditch, qu’elle vénérait depuis l’enfance. La voix de son ami se fit encore entendre, calme, sincère. « Je préfère garder les pieds sur terre. Et... et vous ? Vous avez l'air de posséder une certaine expérience. » Les yeux azurs d’Andrew se plongèrent dans le regard brun, étrangement clair, de Zara. Le jeune homme le soutint, et celle-ci parla exprimant sa surprise. « Quoi ? Vous avez peur de voler ? Mais c’est affreux. Voler c’est quelque chose de… merveilleux. » La brune s’en voulu presque aussitôt de s’être emportée, elle rougit et se mordit la lèvre inférieure. Elle reprit d’une voix mal assurée, qui devint pourtant rêveuse après quelques paroles. « Moi… Oh Moi… Quand je vivais encore chez Olivia, j’avais une admiration difficilement égalable pour les joueurs de Quidditch, et on m’offrait un balai jouet tous les ans à Noël… Quand on m’a appris à voler en première année, ça a été une révélation pour moi… Je suis entrée dans l’équipe de Quidditch de Serpentard en deuxième année, et j’ai été nommée capitaine quand je suis au début de ma cinquième année. » Zara sentait le regard d’Andrew sur elle, pénétrant, elle sentait qu’elle avait toute son attention, et elle en était presque autant honorée que surprise ou ravie. « Je n'en ai pas douté en vous voyant, tout à l'heure, mais sincèrement, m'imaginez-vous sur un balai ? Je préfère les livres. » Zara eut un petit sourire amusé, imaginant son compagnon sur un balai. « Bien sûr… Mais vous savez, ce n’est pas incompatible, j’aime lire et j’aime jouer au Quidditch. Vous devriez essayer un jour. Je vous assure, il n’y a rien de plus merveilleux que de voler. Ou presque… » Les derniers mots lui échappèrent, tandis que le souvenir de leur dernière rencontre dans sa chambre au Manoir s’imposa à elle. Avait-elle connu une joie aussi parfaite que durant le baiser qu’ils avaient échangé ? Non. Elle se pinça les lèvres et baissa la tête, ce n’était pas le moment d’y penser ! Le médicomage sembla surprit de sa réaction. « Ai-je dit cela ? » La jeune femme secoua vivement la tête. « Non… Non, vous ne l’avez pas dit. Mais… Il s’agissait d’une affirmation de ma part. » Refusant de laisser un silence gêné s’imposer à nouveau entre eux, elle prit une grande inspiration, et releva la tête vers lui, mais la surprise qu’elle lut sur son visage lui rappela celle qui peignait ces mêmes traits après qu’elle l’ait repoussé. Elle allait baisser à nouveau son regard, mais bloqua son geste et ferma les yeux, articulant le début des excuses qu’elle avait proférait ce jour dont elle maudissait autant qu’elle chérissait le souvenir. « Je suis désolée… » En rouvrant les yeux, elle vit que l’incompréhension et la surprise avaient chassé cette fantastique lueur dans les yeux de son ami, et elle le sentit nerveux. « Non... Vous n'avez pas à vous excuser ! »

L’attrapeuse se tordit les mains, gênée. Elle aurait aimé à nouveau changer de conversation mais aucune idée ne lui venait. Il y eut une bourrasque d’air froid, et la jeune femme prit soudain conscience de combien elle avait froid. Etait-elle folle ? Elle était sortie les cheveux mouillés, sans veste, alors qu’il était près de minuit ! Cette pensée suffit à convaincre son corps, et elle se mit à grelotter. Elle serra ses bras contre elle, mais cela ne servit à rien, elle avait la chair de poule, et ses lèvres viraient tout doucement au bleu tandis que le silence durait. Andrew s’avança vers elle et lui posa la main sur l’épaule. La paume tiède sembla brûlante contre la peau glacée de Zara. « Vous voulez rentrer ? » Elle acquiesça, embarrassée. « Je… Il y a une pièce dans la partie du stade réservée aux joueurs… Elle est très grande, il y a un feu magique. Si vous ne voulez pas partir tout de suite, on peut y aller… » Son compagnon lui sourit aimablement, et lui offrit son bras. « Bien sûr, avec plaisir. »

Ils marchèrent en silence un moment, suivis par le vif d’or qui passa devant eux pour exécuter des cercles parfaits. Zara avait toujours été amusée par ces balles dorées qui voletaient autour de celui ou celle qui les avait attrapées, et cet amusement eut raison de sa gêne ou de sa honte. Elle sourit. « Lorsque vous n'êtes pas en plein match, il semble bien vous aimer aussi. » La jeune femme osa un regard vers son compagnon et vit qu’il souriait lui aussi. « Je l’ai attrapé. Ils font souvent ça quand on ne les met pas dans des boites tout de suite après le match. » Elle tendit sa main et le vif d’or vint se poser dessus sous le regard attentif d’Andrew. « Je faisais souvent ça après les matchs à Poudlard. Ça m’avait manqué. Enfin… Il n’y a pas que ça… » Elle soupira doucement, mais sourit. « Poudlard vous manque-t’il parfois ? » Elle vit l’étonnement peindre les traits du brun, et il semblait pensif en répondant, la voix plus grave encore qu’habituellement. « Pas vraiment... Je n'ai rien à regretter, là-bas. J'essaye de ne pas vraiment y penser... » La jeune femme se mordit la lèvre inférieure, craignant de lui avoir une fois de plus déplut. « C’est peut-être parce que je l’ai quitté il y a peu… » Elle essaya de s’en convaincre, mais cela semblait faux. Toute sa vie, elle regretterait Poudlard, et toute sa vie, elle désirerait y retourner, elle le savait, elle l’avait su dès l’instant où elle avait mis les pieds au château, et cette certitude s’était fortifiée à son départ définitif. Elle détailla Andrew qui la regardait, se demandant s’il avait été sincère, ou si Pourdlard lui manquait aussi, sans qu’il ne veuille l’avouer, et si c’était le cas, pourquoi. Non, il ne devait pas être nostalgique, il devait faire partie de ceux qui vivaient dans le présent, la tête sur les épaules, les pieds sur terre… Il l’observait aussi, et la jeune femme se demanda s’il faisait son tableau comme elle faisait le sien. « Peut-être, oui... » Elle acquiesça. Qu’il y croie, elle ne voulait pas qu’il rajoute quelque chose à la liste des choses qui lui déplaisaient chez elle. Elle secoua la tête, puis, après un instant d’hésitation, elle reprit. « Ce livre que vous me prêtez, de quoi parle-t’il ? » Elle joignit à ses mots un sourire timide, désireuse de passer à un sujet plus neutre. « C'est une histoire d'amour. Très belle. » Une histoire d’amour ? Elle cacha difficilement son étonnement. Une histoire d’amour qu’il trouvait belle ? Elle était impatiente de commencer à la lire alors ! Mais elle ne trouva rien à ajouter, et ils continuèrent de marcher en silence.

Ils passèrent dans un couloir très long, et longèrent une série de portes. Zara l’entrainait toujours plus profondément dans son univers, elle le guidait dans les méandres du stade, normalement accessible qu’aux joueurs. Puis finalement, ils s’arrêtèrent, et elle poussa la porte d’une grande pièce, une salle de repos dans laquelle ses collègues s’étaient retrouvés avant de partir écumer les bars de Londres pour fêter leur victoire. La coupe gagnée était encore sur la table. Au centre brûlait un feu magique, devant lequel était posé un magnifique sofa rouge sombre. Mais ce fut la grande vitrine pleine de sucreries en tout genre et de boissons qui retint le plus longtemps l’attention du brun. « Vous voulez allez manger quelque chose ? » Zara se tourna vers lui étonnée, mais la simple idée de manger fit gémir son estomac. Elle lui sourit. « S'il vous plait. Choisissez pour moi par contre, je ne saurais jamais me décider. » Elle le laissa partir devant la vitrine, et partit s’asseoir sur le sofa. La chaleur du feu lui fit le plus grand bien. Elle prit le livre prêté et lut la quatrième de couverture. Un sourire se dessina sur ses lèvres, et elle resta songeuse le temps qu’il la rejoigne. Il lui tendit un sorbet moldu, et elle se rappela que c’était son plat favori. Elle le remercia. Le médicomage désigna le livre de la main. « J'espère que ça vous plaira. » L’attrapeuse acquiesça. « Je n’en doute pas. » Elle porta le sorbet à ses lèvres, et regarda le feu se consumer en mangeant, avec la délicieuse impression que son ami ne la quittait pas des yeux.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:54
Il détectait un certain malaise, une confusion, en Zara. Elle parut mal à l’aise lorsqu’il parla de leur correspondance, en lui présentant des condoléances polies pour sa tante. La jeune femme parut gênée lorsqu’il évoqua leurs échanges par le biais de lettres ; elle disait ne pas avoir voulu l’importuner. Andrew la vit rougir, et se sentit embarrassé. Il aurait voulu lui faire comprendre qu’elle ne l’avait pas dérangé le moins du monde, et que ses missives l’avaient inexplicablement rempli de joie, mais aucun son ne parvenait à sortir de sa bouche. A force d’efforts, le jeune homme parvint à articuler un balbutiement presque inintelligible. « Non... ce n'est rien... Enfin... Vous ne m'avez pas... Je vous l’ai dit, je ne... ». De quoi avait-il l’air ? Ses paroles étaient à peine compréhensibles. Nerveux, et irrité par cet embarras, Andrew ne put empêcher le silence de peser à nouveau sur eux. Qu’importe… ! Il ne se rendit même pas compte de la brutalité avec laquelle il s’installait, tant il s’absorbait dans la contemplation de ce visage si doux, ces traits d’anges, ces yeux chauds et rassurants. Jamais encore Brown n’avait ressenti pareille sérénité, rien qu’en admirant un visage. Ce qu’elle était belle !

Après un certain instant de silence, Zara le rompit. Son ton autant amusé qu’assuré le surpris, le détendant en même temps. Ses yeux… Ses yeux se mirent à briller, les reflets dorés s’intensifiant. Et elle souriait ! Andrew aimait la voir sourire, il aimait la voir heureuse, il aimait voir son visage s’illuminer de cette manière. Son cœur à lui s’en éclairait. « Converti ? C'est un bien grand mot... ». Sans s’en rendre compte, il avait parlé avec plus de désinvolture, et sourit à son tour. Soudainement, il s’était sentit bien mieux ; son visage se détendit, et un sourire y naquit. Un bon attrapeur ? Non, bien sûr que non. Il rit sincèrement à cette pensée avant de s’expliquer. « Moi ? Il faudrait d'abord que je comprenne comment tenir correctement sur un balai. Cette pensée m'a toujours terrifié. » Il se souvenait, enfant, depuis Poudlard, craindre de voler, de quitter la terre et de tenir dans les airs. La première fois, en première année, il se souvenait en avoir fait des cauchemars, aujourd’hui, malgré son âge, il n’arrivait toujours pas à considérer calmement le fait de pouvoir voler. De là naquit son aversion pour le Quidditch – il ne s’était intéressé que très peu aux matchs avant aujourd’hui. Mais son opinion à elle, il le savait, son opinion à elle différait. Il avait vu avec quelle grâce elle pouvait fendre les airs, et avec quelle délectation elle se prêtait au jeu. « Je préfère garder les pieds sur terre. Et... et vous ? Vous avez l'air de posséder une certaine expérience ». Etonnée par ses aveux, sa compagne entreprit de lui démontrer que voler était une chose merveilleuse. Très vite, elle regretta de s’être emportée, mais Zara ne cessa de s’exprimer avec une fougue qui trahissait sa passion. Elle lui raconta de quelle manière son admiration était née, et comment elle s’était accrue à Poudlard. Lui, il l’écoutait, parce qu’à ses yeux, ces paroles étaient les plus captivantes au monde. Andrew aimait la façon qu’elle avait de s’exprimer, toute tremblante de sentiment et d’émotions mêlées. « Je n'en ai pas douté en vous voyant, tout à l'heure, mais sincèrement, m'imaginez-vous sur un balai ? Je préfère les livres ». Garder les pieds sur terre. Lire. Apprendre. Seul. Il n’appréciait ni la hauteur, ni la foule, ni ce genre de sport, trop peu sérieux à son goût. Mais alors elle lui assura qu’il n’y avait rien de plus merveilleux, ses pensées semblèrent se faire plus rêveuses. Elle disait qu’on pouvait très bien aimer lire, et aimer voler à la fois, que les deux n’étaient pas incompatibles. « Ai-je dit cela ? ». Aussitôt, elle voulut s’excuser, murmurant qu’elle était désolée. Andrew ne comprit pas, surpris plus qu’irrité par cette réaction imprévue. « Non... Vous n'avez pas à vous excuser ! »

Un nouveau silence gêné s’installa entre eux. Andrew allait se maudire de ne pas réussir à tenir une conversation normale avec elle lorsqu’il remarqua que son amie grelotait ; une bourrasque de vent froid venait de les surprendre. Bien sûr, avec ses cheveux mouillés et ses vêtements légers, alors qu’il était près de minuit, elle ressentait le refroidissement de l’air mieux que lui. Ne sachant vraiment que faire et ne voulant pas rester inactif, il s’approcha d’elle et lui posa une main sur l’épaule. Elle était glacée. « Vous voulez rentrer à l’intérieur ? ». Elle acquiesça en l’éclairant sur la nature des lieux. Sa proposition le tentait ; il accepta en lui offrant son bras. « Bien sûr, avec plaisir. »

Alors qu’ils s’y dirigeaient, à son grand étonnement, elle le questionna sur Poudlard, qui lui manquait à elle. Surpris, il dût paraitre pensif un instant. « Pas vraiment... Je n'ai rien à regretter, là-bas. J'essaye de ne pas vraiment y penser... » Andrew était plutôt quelqu’un de terre à terre, quelqu’un qui ne se raccrochait pas vraiment au passé, préférant se concentrer sur le présent. Peut-être était-ce dû à l’absence d’épisodes mémorables et joyeux durant son passé. Il ne regrettait pas son enfance, il ne regrettait pas Poudlard ; il n’y avait que les étés de son enfance passé avec Harmony qui lui manquaient.

Un grand feu flambait à l’intérieur. L’endroit était vide, constata Andrew avec satisfaction. Une vitrine remplie de sucrerie en tout genre attira son attention. Il proposa à Zara d’aller prendre quelque chose ; elle lui demanda de choisir à sa place. Il revint en lui tendant un sorbet moldu. Elle le remercia. Il désigna le livre. « J'espère que ça vous plaira. » Elle affirma ne pas en douter. Andrew s’installa près d’elle, sur le sofa, ne sachant que dire. Il ne la quittait pas des yeux, tandis qu’elle mangeait. Il ne parvenait pas à ouvrir la bouche ; elle ne disait mot, son regard dirigé vers les flammes. Il fallait qu’il trouve quelque chose, n’importe quoi, il ne supportait pas de voir la conversation stagner ainsi. « Quels sont vos projets maintenant que vous avez gagné la coupe d'Angleterre ? Vous comptez continuer au sein de l'équipe des Tornades ? ». Zara tourna lentement la tête vers lui, songeuse. « Et bien... Je ne sais pas. J'aime les Tornades. La seule chose qui pourrait me faire les quitter, c'est une place dans l'équipe nationale. Mais... Enfin, je n'ai certainement pas assez d'expérience... ». Il s’apprêta à bredouiller une réponse inutile comme quoi elle avait été magnifique sur le terrain, mais qu’il devait être certainement plus sage d’attendre d’avoir acquiert plus d’expérience, malgré ses compétences, quand elle secoua la tête, comme pour changer de sujet. « Aimez-vous votre travail ? ». Son travail… Un sourire se peint sur les traits d’Andrew, et l’éclat de ses yeux se raviva. « Oui, il me passionne. J’aime soigner les gens, les guérir, les sauver. C’est faire le bien chaque jour, en quelques sortes. Et puis comprendre le fonctionnement du corps, étudier son comportement… C’est tout simplement fascinant… » Il se consacrait également à l’étude de la nature humaine. L’ombre d’un sourire avait apparu sur ses lèvres, et sa voix s’était faite plus vivante, plus enflammée dans son ardeur. Il n’était pas dans les habitudes d’Andrew Brown de se livrer ainsi, de parler de lui ; il l’avait déjà fait, par le biais de lettre, sortant pour la première fois de cette réclusion, mais il ne s’était pas senti prêt de recommencer. Et pourtant, il l’avait fait. A croire qu’elle avait sur lui un effet particulier. Il la vit paraître légèrement surprise à ses paroles et lui demanda depuis combien de temps avait-il voulu devenir Médicomage. « Depuis que j’ai été en âge de choisir un métier. Je n’arrivais pas à penser à autre chose. C’est vite devenu ma principale ambition. » Il se demanda quelle pouvait bien être la raison de sa surprise. Il avait présenté les choses comme quelqu’un qui prenait plaisir à faire le bien. Or, il était Mangemort. Et il se trouvait face à la nièce de la défunte Mary Blue. Aussi belle puisse-t-elle être, aussi charmante, aimable, merveilleuse, il n’avait pas le droit de l’aimer. Pas lui, lui qui avait essayé de fuir et d’éviter les serviteurs des Ténèbres toute sa vie. « Et vous ? Comment en êtes-vous arrivée à devenir joueuse ? ». Son regard était pensif, il regardait un peu ailleurs. « Et bien… J’ai toujours adoré le Quidditch, c’était ma principale occupation, et l’une des seules choses qui me préoccupaient… Mais de là à en faire mon métier… C’était un rêve de gosse oui, mais… Je savais que Mary… Mary ne me le pardonnerait pas, et elle ne l’a pas fait d’ailleurs. Et puis, je ne me pensais pas assez douée. Quand j’ai quitté Poudlard l’année dernière, mon dieu j’ai un peu honte de vous le dire, je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais faire en septembre. Et puis, j’ai eu de la chance, j’ai croisé un ami, un ancien camarade, qui m’a mis en relation avec les Tornades, et j’ai été prise dans l’équipe… » Elle avait honte de le lui dire ? « Je comprends… Mais on peut dire que vous avez trouvé votre vocation, en tout cas. Vous êtes merveilleuses, sur le terrain. La manière dont vous avez réussi à avoir le Vif… C’était spectaculaire… » Il sourit, confus. Elle rougit, ayant l’air gênée, sans toutefois le quitter des yeux. « Merci beaucoup » parvint-elle à articuler. Andrew essaya de lui sourire, mais elle n’ouvrit plus la bouche.

Le silence l’agaçait, il le mettait en colère contre lui-même. Quel imbécile il devait faire, incapable de tenir une conversation ! Ils n’allaient quand même pas passer le restant de la soirée ainsi, à se dévorer mutuellement des yeux, sans agir, sans rien faire. Le souvenir de l’instant passé dans la chambre de son amie lui revint à l’esprit. Cette explosion de couleurs, de saveurs, de parfums… Tandis que son regard se perdait dans ses traits d’ange, ces délicieuses pensées refusaient de le quitter. Très vite, une idée lui caressa la conscience. Il essaya de la repousser. En vain. Aucun argument rationnel ne lui résistait. Elle était bien trop près… Bien trop près. Avant de s’en rendre compte, il s’était retrouvé en train d’embrasser Zara. Elle qui avait paru crispée il y a un moment sembla se détendre aussitôt, se blottissant contre lui. Ravit, il l’entoura alors de ses bras et ils restèrent un moment blottis l’un contre l’autre. Les effluves de la culpabilité ne tarderaient pas à se faire ressentir, mais pour l’instant, il ne pensait plus à rien. Dans son âme, une flamme bien puissante se ravivait. Andrew Brown baignait dans la félicité la plus totale. « Andrew… ». Elle sembla vouloir parler, mais se tut bien vite.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:55
Il faisait bon à l’intérieur, Zara fixait le feu qui dansait en souriant. Elle ne voulait plus bouger, elle était bien là, à quelques centimètres d’Andrew dont elle sentait le regard sur elle. C’était délicieux comme impression. Elle ne faisait même pas attention au silence qui s’installait entre eux, mais son compagnon lui chercha à y mettre un terme. La voix grave de son ami la plongea dans ses pensées. Elle n’y avait pas vraiment réfléchi. Très lentement, elle tourna la tête vers lui. « Et bien... Je ne sais pas. J'aime les Tornades. La seule chose qui pourrait me faire les quitter, c'est une place dans l'équipe nationale. Mais... Enfin, je n'ai certainement pas assez d'expérience... » Elle se souvint de toutes les éloges qu’on lui avait faites toute la soirée. Non, cela ne suffirait pas, elle n’avait que dix-neuf ans. L’ambition démesurée de Zara ne visait pas moins haut, mais son esprit rationnel la forçait à la patience. Quelques années peut-être, au moins une, avant d’être à ce point déraisonnable. Elle secoua la tête, ce n’était vraiment pas le moment de faire des plans sur la comète… « Aimez-vous votre travail ? » Au sourire et à l’éclat du regard du brun, Zara sut qu’elle avait touché une corde sensible. Elle nota avec plaisir la vivacité de sa voix, il était vraiment passionné. Ses mots la surprirent un peu cependant. C’est faire le bien chaque jour ? De la part d’un mangemort, cette phrase était étrange, elle sonnait faux. Mais un espoir était déjà bien ancré dans le cœur de la jeune femme, il ne pouvait pas être aussi méchant que les autres… « Vous vouliez devenir médicomage depuis longtemps ? » La brune fixait son ami en souriant, refusant même de cligner des yeux, se délectant de l’intensité de ce merveilleux regard bleu. Elle n’avait aucun mal à l’imaginer enfant, malgré le sérieux dont il faisait toujours preuve. Elle prit un moment pour réfléchir à la réponse à donner, se demandant s’il était bon d’avouer la vérité à un homme qui semblait si rationnel. Tout n’avait été qu’une question de hasard, de chance. « Et bien… J’ai toujours adoré le Quidditch, c’était ma principale occupation, et l’une des seules choses qui me préoccupaient… Mais de là à en faire mon métier… C’était un rêve de gosse oui, mais… Je savais que Mary… Mary ne me le pardonnerait pas, et elle ne l’a pas fait d’ailleurs. Et puis, je ne me pensais pas assez douée. Quand j’ai quitté Poudlard l’année dernière, mon dieu j’ai un peu honte de vous le dire, je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais faire en septembre. Et puis, j’ai eu de la chance, j’ai croisé un ami, un ancien camarade, qui m’a mis en relation avec les Tornades, et j’ai été prise dans l’équipe… » Elle songea à Matt et se rappela de ce qu’il avait fait pour elle avec une gratitude sans borne. Il lui souriait, confus, pendant qu'il la complimentait et le rouge monta aux joues de l’attrapeuse. « Merci beaucoup… » La gêne de Zara était évidente. Et si elle était très heureuse de ses mots, elle n’osait plus parler.

Andrew et Zara n’étaient qu’à quelques centimètres l’un de l’autre. Jusque-là, Zara avait aimé cette proximité, sans vraiment réfléchir à ce qu’elle pourrait emmener. Mais à présent, comme le silence se faisait entre eux, elle était envahie par un espoir, une idée. Elle lutta vainement, mais rien n’y faisait. Elle ferma ses paupières, il ne fallait pas qu’elle voit ses yeux, ses yeux qui l’envoutaient, ses yeux qui semblaient se rapprocher… Mais, ils s’étaient vraiment rapprochés ! Il s’était rapproché ! Tout doucement, imperceptiblement, mais il était plus proche, il était… Les lèvres d’Andrew virent se poser sur celles de la jeune femme et celle-ci sentit tous les muscles de son corps se crisper sous l’effet de la surprise, puis se détendre comme un sentiment merveilleux s’accaparait son être. Elle était bien comme jamais elle ne l’avait été. Elle se blottit contre lui, et tout lui sembla si simple, si beau, si doux. Elle était bien, elle était heureuse. Elle se força tout de même à garder pied dans la réalité, pour éviter une désillusion semblable à celle de la fois précédente. Mais cela ne lui coûtait pas, non, car à présent la vérité lui plaisait. Elle venait de remporter la finale de la coupe de Grande Bretagne, elle était dans les bras de l’homme qu’elle aimait. Elle se demanda si lui aussi était envahi par cette douce félicité, si il avait lui aussi l'impression que son âme s’embrasait… Il l’entoura de ses bras, et son cœur battait si fort dans sa poitrine qu’elle avait l’impression qu’elle allait mourir, mourir de bonheur. Belle mort. « Andrew… » Elle essaya, elle voulait parler, lui dire tout ce qu'elle ressentait, ressentait pour lui, mais les mots ne franchirent pas la barrière ses lèvres. Elle enfouit son visage dans le cou de son ami, et les posa sur sa peau, s’imposant à elle-même le silence. Elle était bien, tellement bien, elle ne voulait plus bouger, elle ne voulait plus rien d’autre que l’homme qui la tenait contre lui, elle le voulait entier, mais elle voulait aussi lui appartenir, être sienne. A cette idée, elle sentait quelque chose qui se creusait en elle, et il y avait une sensation étrange, comme si un liquide tiède coulait sur elle, dans sa nuque, dans son dos, et l’enveloppait entièrement. La jeune femme découvrait ses sentiments, des sensations qu’elle ne connaissait pas. Et elle était émerveillée, c’était fantastique.

Mais pas besoin de rêver pour être rattrapée par la réalité, pas besoin de songes pour la désillusion. Et peut-être était-ce pire que la fois dernière d’ailleurs ? Zara s’était blottie un peu plus contre lui, et il avait affermit son étreinte. Et c’est à ce moment précis que les choses virèrent au cauchemar ; si rapidement que l’ancienne Serpentarde pris à peine conscience de ce qui se passait tant que ce ne fut pas fini.

La porte s’ouvrit, et les deux amoureux redressèrent la tête en même temps. Une blonde aux yeux bleus entra, une blonde qui ressemblait à l'attrapeuse comme une sœur, et Zara pu croire un instant encore qu’il s’agissait du plus beau jour de sa vie. « Lisa ! » Curieusement, elle sentit les muscles d’Andrew se contracter et le visage de sa sœur de cœur qui était si souriante un instant plus tôt devint sombre quand elle vit qui accompagnait la brune. « Vous… » Zara la regarda surprise, et regarda Andrew, dont les deux mains étaient encore dans son dos, ses yeux passèrent entre ses deux compagnons sans qu’elle ne comprenne. « Vous ! C’est lui ! C’est lui Zara ! » Les traits de son amie d’enfance recouvraient peu à peu le masque de la crainte, que la jeune femme avait trop souvent vu dans ses yeux bleus, mais il y avait aussi de la colère, dont l’éclat n’était pas familier à ce visage d’ange. « C’est lui Zara ! C’est lui ! Et toi… Et toi tu… Non ! » Lisa avait fait quelques pas vers les deux autres, puis elle avait reculé vivement, et s’était finalement littéralement enfuie hors de la pièce. La brune regarda son amie partit sans comprendre. Ou en tout cas, pas tout de suite. Lisa… Cela faisait dix mois qu’elle ne l’avait pas vu, dix longs mois, dix trop longs mois. Depuis la révolte, depuis qu’elle était libre. Elle s’était tenue au courant de tout ce qui lui arrivait, mais elle n’avait pas pu lui parler, pas pu la voir. Elle avait tellement de choses à lui dire, à lui raconter. Et Lisa en avait aussi. Elle avait appris qu’elle avait été attaquée par un mangemort pendant l’attaque, blessée. Elle s’était jurée qu’elle aurait la peau de cet homme, oui elle l’aurait, si elle apprenait qui il était, elle… Qui il était. Qui il était… C’est lui Zara… La voix de la blonde résonna dans ses oreilles, et lentement, son visage se tourna vers Andrew. Toute la douceur qu’il y avait sur ses traits la quitta, cet amour si puissant qui faisait briller ses yeux d’étranges reflets dorés s’envola. Ses yeux devinrent aussi noir que la nuit, son visage se ferma, et quelqu’un qui aurait connu Mary aurait pu témoigner que jamais Zara ne lui avait autant ressemblé. Sa beauté calme et rêveuse était devenue en quelques instants terrible. Et tout cet amour en elle, cet amour qui l’avait rendu si heureuse se muait lentement en haine, haine accrue par la force du sentiment qui l’avait précédée. Il lui avait menti, mais pas avec des mots, il lui avait menti avec ses yeux, menti avec ses gestes, son étreinte rassurante avait menti ! Il n’était qu’un menteur ! Elle le haïssait ! Et lui… Lui ne l’aimait pas. Lui ne l’aimerait jamais de toute façon. Il aimait ce qu’il croyait voir d’elle… Comment avait-elle pu oublier à quel point ils étaient différents ? Comment ? « C’est t… C’est Vous qui lui avez fait ça n’est-ce pas ! Vous vous en êtes pris à elle n’est-ce pas ? C’est vous ! » Il ne niait pas. Elle le repoussa soudain avec violence. « Non… Non… Non ? Non ! Vous ? Et moi qui… J’avais cru… J’avais espéré… C’est vous ! » A la colère, la haine, la rage se rajoutait à présent le désespoir. Oui c’était lui. C’était lui ! Et elle, elle l’aimait ! Comment Lisa pourrait-elle lui pardonner une telle traitrise ? Comment elle-même pourrait-elle se le pardonner ? Comment ?! Sans qu’elle comprenne qu’elle en prenait l’initiative, Zara vit sa main fendre l’air et gifler Andrew. Elle la retira aussitôt, désolée de s’être emportée, et pourtant, il y avait du mépris dans sa voix. « Monstre ! » Non, pas monstre… Mangemort. C’était plus que ce qu’elle pouvait supporter. Elle se releva et laissa le médicomage sur place, s’enfuyant à la poursuite de Lisa.

Combien de fois les deux fillettes s’étaient courues après des années plus tôt ? Combien de jeux avaient-elles faits ? De mondes créés ? Combien de rires de pleurs ? Combien de secrets ? Tellement. Tellement de joies, tellement de souvenirs… Et tout cela balayé par une simple étreinte ? Balayé par un amour idiot, irrationnel, un amour aussi fou et puissant qu’impossible ? Non, non, elle ne le permettrait pas.

« Tu dors, ou tu es morte ? »
Une petite fille blonde se tenait là, juste devant elle, les mains sur les hanches. Zara ouvrit les yeux, et la détailla. Elle devait avoir son âge, et étrangement elle lui ressemblait beaucoup. Mais elle avait les yeux bleus, et des cheveux d’un blond qui rappelait les blés, comme Olivia. Elle n'était pas elle alors, elle était plutôt son contraire. « Je suis vivante. Enfin je crois. » Zara se pinça. Oui, elle l'était. Elle adressa un grand sourire à la blonde. « Dans ce cas, je suppose que je peux m’asseoir à côté de toi. » La fillette vint s’installer à côté d'elle. « Je m’appelle Lisa. » Elle lui tendit la main, et prit cet air faussement sérieux que l’on voyait souvent chez les adultes. Zara la prit en l’imitant, et elles rirent ensemble. « Moi c’est Zara. Je t’avais jamais vu avant. » L’autre acquiesça. « Oui. Mes parents et moi, on vient d’aménager. Pourquoi t’es toute seule ? » Zara la regarda avec de grands yeux ? Pourquoi ? Bizarre cette question. Elle avait toujours été toute seule, c’était très naturel pour elle. « Je serais avec qui ? » Les grands yeux bleus la fixèrent intensément. « T’as pas d’amis ? » Du haut de ses cinq ans, la petite brune ne trouvait pas ça choquant. Elle n’avait jamais été mêlée aux autres enfants. Élevée par un elfe de maison, elle n’était pas habituée à la compagnie des humains. Et puis, le Pavillon était trop loin de la ville pour qu’elle s’y rende seule et fasse connaissance avec les autres. « Bah… Nan. » L’autre hocha la tête, sérieuse. « Moi non plus. » Zara se laissa retomber sur le sol, en prenant par les épaules sa compagne d'infortune. « Maintenant, si. »

« LISA ! LISA ! LISA REVIENS ! »
La nuit était sombre, son amie courrait sans se retourner, elle ne l’écoutait pas, elle ne l’écoutait plus, elle ne l’écouterait plus. Non ! C’était injuste ! Zara ne sentait pas les larmes de rage et de désespoir qui coulaient sur ses joues. Elle ne pensait plus à rien. Elle voulait juste lui parler, et cela occupait totalement son esprit. Elle ne vit même pas le décor changer peu à peu, comme elles arrivaient dans le quartier moldu. Lisa était son amie depuis qu’elle avait cinq ans, sa meilleure, sa première, la plus précieuse à ses yeux. Cette amitié, elle aurait vendu son âme pour qu’elle ne termine jamais. Elle savait qu’elle n’aurait qu’à le dire à la née-moldue, lui expliquer, et celle-ci la pardonnerait, peut-être pas immédiatement, mais elle finirait par le faire, elle n’était d’une nature rancunière. Et elle savait aussi qu’elle réussirait à la rattraper. Après quatorze ans, autant de jeux, de courses et de poursuite, elle connaissait Lisa mieux qu’elle, et Lisa la connaissait mieux qu’elle-même. Zara avait toujours était plus rapide que son amie, même quand elles n’étaient que deux fillettes, pas encore orphelines, dans la campagne anglaise. Elle savait qu’elle serait pardonner, qu’elle la rattraperait, et elle la rattrapa. Mais elle n’obtint pas son pardon.

« Lisa, écoute-moi ! » Elle avait réussi à saisir son poignet. « Non ! Non ! Je sais que tu as été au courant de ce qu’il m’a fait ! Et tu… Je compte moins que ça ? C’est un mangemort ! Il est comme Mary ! » Les larmes coulaient aussi des yeux océans. « Je t’assure que je ne le savais pas… Lisa je t’en prie ? Tu te souviens de la promesse sous les roses ? S’il te pla... » L’autre la secoua. « NON ! Non je t’interdis ! Tu m’as abandonnée ! Tu avais promis de me protéger, et tu n’étais pas là quand il s’en est pris à moi ! Pire encore ! Tu… Tu flirtes avec lui ! Je te hais Zara, je te hais ! » Ces mots atteignirent Zara Olivia Blue comme jamais rien encore ne l’avait atteint. « Lisa, je… » Elle n’eut pas le temps de continuer, la voix d’Andrew se fit entendre, derrière elle, Lisa fit un pas en arrière au moment où le mangemort saisit le bras de Zara pour l’attirer vers lui. Il la plaqua contre son torse, et alors elle vit où elle était, la ville autour d’elle qui s’était dissimulée à ses yeux apparue. Elle avait arrêté Lisa sur la route. Et le brun venait de lui sauver la vie, condamnant la blonde par la même occasion. Une voiture arrivait, elle fit un écart pour éviter le couple et percuta la Barthélémy. Le cri de Zara déchira la nuit. Mais Andrew lui avait encore une partie de ses esprits, si ce n’est pas la totalité. Il masqua sa vue, et l’entraina plus loin. Les cris de la jeune femme, ses tentatives pour se soustraire à lui, rien n’y faisait, plus elle se débattait, plus il resserrait son étreinte. Si bien qu’elle finit par abandonner. Il la ramena dans les quartiers sorciers. Zara était désorientée.

Quand il la lâcha, ils étaient très loin de la scène d’horreur qui s’était déroulée sous leurs yeux. Et tellement loin aussi du bonheur parfait qui avait été leur pendant un court moment. Zara fit volteface et adressa à son sauveur un regard noir. Mais le désespoir qu’il avait déjà lu dans ses prunelles couleur de suie n’avait jamais été aussi puissant, présent dans tout son corps, tout son être, toute son âme. « Lisa, Lisa… » Elle répétait ce nom, elle le murmurait, cela ressemblait à un appel à l’aide. Elle ne pouvait pas être morte, elle ne pouvait pas… Elle vit la bouche de son ami s’ouvrirent et se refermer ? Parlait-il ? Ou essayait-il ? Elle ne le savait pas. Ses sens se brouillaient lentement, elle n’entendait plus, sa vue devenait floue. « Lisa… » Sa voix était un souffle rauque. Elle ne le voyait même plus. Elle était entourée par les ténèbres, et elle se laissa glisser en eux, refusant d’affronter la réalité.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:55
Avait-il vécu, durant son existence, quelque chose d’aussi parfait, d’aussi délicieux ? C’était un feu encore jeune qui irradiait son âme, des sensations nouvelles qui se jouaient de son esprit, de ses sentiments et de ses envies. Il ne voulait pas que l’instant cesse ; il voulait juste oublier. Tout, jusque son nom et son amour-propre. Il n’y avait plus qu’elle. Zara.
Et puis tout s’enchaîna tellement vite ; tout cessa, et la petite bulle de félicité dans laquelle il l’avait entraînée éclata, disparue.

Une jeune fille était entrée. Blonde, on pouvait remarquer une certaine ressemblance entre elle, et l’attrapeuse. Comme des sœurs. Andrew se souvint une évocation à son propos dans l’une des lettres de Zara – il se remémora également, même si ses souvenirs restaient flous, d’avoir déjà vu ce visage. Une légère angoisse s’empara de lui, et elle s’intensifia lorsqu’il vit les traits de la nouvelle arrivante se tendre, son regard se brouiller sous l’emprise de la colère, de la haine et de la peur.

La Grande Salle de Poudlard avait perdu son éclat, ses lumières, sa beauté. La bataille faisait rage. Partout les Mangemorts sévissaient, faisant de nombreuses victimes et multipliant les blessés. Andrew, lui, avait été aux prises avec un dénommé Crewe, ainsi qu’une fille dont il n’avait pas réussi à déterminer le camp. Il avait dû lutter longtemps avant de pouvoir pénétrer dans le Château, pour donner le change en tant que Mangemort, et essayer de s’assurer de la sécurité de Zara, et des autres. Après tout, il n’était pas un véritable Serviteur des Ténèbres. Et les sorts fusaient, et cet imbécile de l’Ordre du Phénix refusait de le lâcher. Le Médicomage avait alors décidé d’employer la manière forte – il était obligé d’agir, les sorts fusaient en sa direction, il fallait qu’il se défende ! Andrew évita de justesse un Levicorpus, mais le sortilège qu’il lança rata sa cible et atteint une jeune Barthélémy. « Endoloris » Il se souvenait d’elle, de la douleur qu’il avait lu dans ses yeux d’azur, des sentiments qui avait déferlé sur lui comme une vague imposante. Bien sûr, le sort n’avait pas été lancé avec beaucoup de puissance, ce n’était pas une véritable torture. Mais quand même…

Et cette même Barthélémy était là, devant lui. Il ne pourrait pas oublier ces yeux-là. Elle ouvrit la bouche – et Andrew redoutait les mots qui allaient en sortir. Ses yeux bleus étincelants brillèrent lorsqu’elle s’adressa à lui. Une accusation bien nette se démarquait dans sa voix. La suite de ses paroles lui devint inintelligible, une sorte de plainte accusatrice adressée à son amie, où il devait certainement être question de lui. Le cœur d’Andrew Brown se serra, et il vit le sourire fondre sur le visage de celle qu’il aimait. Son visage, illuminé par la joie quelques secondes plus tôt, s’assombrit bien vite et l’éclat doré qui avait habité ses prunelles se mua en noir sombre. Un goût d’amertume envahit la bouche du jeune homme lorsqu’elle le repoussa, et un mélange de dépit et de colère s’empara de lui quand il entendit les mots qu’elle lâcha. Il était en colère, oui, en colère contre lui-même, un être méprisant, en colère contre elle, en colère contre la jeune fille, contre l’enchaînement des événements, contre tout. Le ressentiment de Zara le mettait non seulement mal à l’aise, mais il avait l’impression de l’avoir trahie. Brown ne put s’empêcher l’étrange ressemblance qu’elle partageait avec sa tante, en ce moment. C’est alors qu’elle eut un geste impardonnable, en plus de toutes les paroles tranchantes et infamies qu’il venait de subir sans rien nier. Zara Blue s’autorisa, dans son insolence, dans sa stupidité, dans sa fierté phénoménale à le gifler.
Andrew ouvrit des yeux ronds de stupéfaction. Passé l’effet de la surprise, ce furent le ressentiment et la rage qui vinrent se peindre dans ses prunelles d’azur. Le courroux enflammait sa pupille. Qui était-elle pour se permettre d’agir de la sorte ? Comment avait-elle osé… ? Et en plus, s’autoriser à le traiter de monstre ? Teigne ignorante et hautaine ! Peut-être s’imaginait-elle valoir mieux que lui ? Et dire que… Et dire qu’il avait cru… il s’était attaché à elle, il avait éprouvé de l’affection pour Zara, malgré le fait qu’elle soit Mangemorte, la nièce de Mary Blue, malgré tout ! Et voilà qu’elle le traitait de monstre, et que sa douceur se muait en haine. Ah quelle abomination ! Oh combien il se maudissait de ses stupides agissements, et combien il la maudissait, elle !
Lorsque la née-moldue quitta la pièce, Zara se lança à sa poursuite.

Il hésita un instant. Andrew comprenait les sentiments de Zara, mais il avait trop d’orgueil pour lui pardonner sa réaction. La colère contre lui-même, et le remords – peut-être également une part de l’amour qu’il vouait à Zara –, cependant, étaient plus forts que sa fierté et sa rancœur. Alors, il prit une décision ; il ne quitterait pas les lieux, et les suivrait.

La nuit était bien noire ; seuls les cris le guidaient. Le Médicomage paraissait bien trop loin pour essayer de les entendre, et lui-même ne désirait pas en comprendre le sens. Tout était bien abominable comme cela.
Mais soudain, la soirée s’éclaira. Il y avait des lumières partout, tout semblait allumé. Andrew les avait rattrapées… et ils étaient dans le quartier moldu ! Sur la route ! Se laissant guider par son instinct et ses réflexes, il saisit Zara et l’attira contre lui, lui évitant de se faire percuter par l’une des voitures qui passait, à une vitesse saisissante. La blonde, cependant, le pu éviter l’accident et s’effondra.

Il fallait réagir, et vite. Si Zara dans ses bras n’était plus consciente, si elle avait commencé par crier, se débattre, tenter de lui échapper, lui avait toujours ses esprits. Il devait l’attirer loin du drame, ailleurs, en sécurité. Visiblement, elle n’était pas en état d’agir seule, il ne pouvait pas l’abandonner. Andrew remarquait bien le désespoir profond s’ancrer dans ses iris comme jamais, les forces la quitter. Désorientée, elle glissait dans les ténèbres, et rien ne semblait pouvoir l’arrêter. Arrivés dans les quartiers sorciers où il l’avait entraîné, il la lâcha, et elle lui lança un regard noir. Il lui avait sauvé la vie, condamnant l’autre. Quelle abomination… Mais en même temps, avait-il pu agir autrement ? Evidemment, elle lui en voulait, pourtant il venait de lui éviter la mort. Il sentait Zara totalement désorientée, totalement hors de danger, aussi. Il essaya de parler, d’ouvrir la bouche, mais les mots refusèrent de lui obéir. Alors il demeura muet, néanmoins vigilant ; et pourtant, ses yeux océaniques n’avaient cessé de lancer des éclairs. Sous ses yeux, ses genoux fléchirent, ses jambes semblèrent soudain dans l’impossibilité de la porter. Sous ses yeux, il la vit sombre dans l’inconscience.

Lorsque Zara se réveilla, dans sa chambre, au Manoir Blue, Andrew était près d’elle. Il l’avait ramenée par transplanage. Dans un premier temps, il parut rassuré de la voir reprendre ses esprits, mais son regard se fit vite sombre. Il n’avait pas oublié les récents évènements. « Vous avez été inconsciente. Comment vous sentez-vous ? » Après tout, il était Médicomage. « Mal. » Son ton était sec, elle le fusillait du regard. Lui resta impassible, et son ton ne trahissait aucune émotion. « Si ce malaise persiste, n'hésitez pas à prendre une potion. Je vous remercie de votre invitation, Miss Blue, et vous souhaite une bonne soirée. »
Il la vit rire, nerveuse, en se redressant sur son lit « C'est ça... Je ne peux pas vous retourner ce vœu. Malheureusement. » Andrew la fixa, toujours de marbre. Il n’aimait pas qu’on lui parle sur ce ton. « Puis-je connaître la raison de cet empêchement ? Je vous ai sauvé la vie. » Sa voix restait dure. Mais, sur le visage de Zara, seule la tristesse était peinte, à peine maquillée par l’ombre de la colère. « Vous m'avez sauvé la vie au détriment de la sienne. Qu'est-ce qui vous permet de dire que c'est une bonne action. » Les effluves de la culpabilité le tourmentèrent un instant, mais il n’en montra rien. « Ais-je dis cela ? » Impassible, il conservait son masque. « Vous en parlez comme tel. » Son ton dur montait. « Vous interprétez mal mes paroles. » Il haïssait sa manière prétentieuse de s’adresser à lui de cette manière. Pour qui se prenait-elle ? N’avait-elle pas déjà assez fait ? C’est alors qu’elle se releva, très pâle. Ses jambes la portaient à peine, et lorsqu’elle tomba, elle entraîna plusieurs livres dans sa chute. Il lui tendit la main. « Je n’ai pas besoin de vous ». Cependant, elle se laissa faire avant de rajouter « Je n’ai pas besoin de votre pitié ». Pitié ? Mais pour qui se prenait-elle donc. Il n’avait pitié de personne ! « Soyez tranquillisée, je n’ai pas pitié de vous » Il ne la lâchait pas cependant. « Alors comment appelez-vous ça ? » Son ton sec avait quelque chose de déplaisant. « Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de courtoisie, Miss Blue. » C’était peu probable. « Je connais. Surtout quand elle est de pair avec l’hypocrisie. » Oui, mais Andrew Brown était un homme honnête. « Ce n’est pas le cas » Il n'était pas hypocrite, comme Mary Blue, et tant d'autres Mangemorts qui ne cessaient de vouloir se faire bien voir. "Alors serait-ce outrepasser les limites de votre dite courtoisie que vous demandez de m'aider à rejoindre mon lit ? » Il s’exécuta. De toute évidence, elle était très faible.

Pensive, elle regardait le vide, puis chuchota le nom de la morte, en blêmissant. Elle releva alors lentement les yeux vers lui, et lui offrit la vision de son beau visage ravagé par la tristesse, la colère. Il ne put le supporter – il avait l’impression de sentir une accusation dans sa voix. « C’était un accident ! » Les larmes se mirent à couler sur ses joues, cependant. « J'avais promis de la protéger. Et en fin de compte, je n'ai pas pu la protéger de vous ! De moi ! » De lui ? « De moi ? Ce que j’ai fait était involontaire ! » Il n’avait pas voulu la torturer à Poudlard, et il n’avait cherché qu’à protéger Zara en provoquant sa mort. « Je ne l’ai pas tuée ! » Le timbre de sa voix se faisait plus fort. « Si vous n’étiez pas intervenu, elle n’aurait pas reculé et elle serait toujours là. » Sa voix aussi montait. Andrew répondit, plus bas. « Et vous seriez morte ». Au fond, s’il voulait être honnête avec lui, il ne regrettait pas ce qu’il avait fait. Enfin, aux yeux de son amie, cette perte était une terrible tragédie, mais quelle abomination aurait-ce été si c’était Zara qui avait perdu la vie, et non pas Lisa ? « Mais pas elle ! » Elle se calma, puis reprit. « Mais pas elle ! » Il était partagé entre pitié et agacement, compatissance et irritation. « Vous auriez préféré que je n’intervienne pas ? » Elle feignit alors de ne pas l’avoir entendu. Enfin peut-être était-ce le cas ? « Oh Lisa ! Lisa ! J’avais promis… J’avais promis… » Il resta muet à se spectacle, ne sachant que penser. Soudain elle plongea ses prunelles brunes dans les siennes, ce qui le surprit un instant. « Pourquoi ? Pourquoi m'avez-vous suivi ? » Pourquoi l’avait-il suivit ? Il fallait dire que lui-même ne l’avait pas compris au juste. Mais maintenant, il savait. « Pourquoi ?! Dîtes-moi pourquoi ?! Je veux savoir au nom de quoi elle est morte ! » Elle voulait savoir, à son tour ? Eh bien pourquoi pas ? Qu’elle sache, et qu’elle regrette d’avoir voulu savoir… ! Et que… « Au nom de l’amour que j’ai pour vous. » Curieusement, sa voix n’avait pas faiblit, il s’était même sentit plus assuré. Cette curieuse sensation, familière, celle qui lui tiraillait les entrailles à chaque fois qu’il devait s’adresser en public ou faire quelque chose d’important, curieusement, semblait absente. Il la vit pâlir, sous ses yeux, mais cela lui sembla de moindre importance. « L’amour ? » Alors, son regard se fit inhabituel. Elle ferma les yeux, et, lorsqu’elle les rouvrit, des reflets dorés les éclairaient. Il crut qu’elle s’était calmée, mais quand elle rouvrit la bouche, son ton était sec. « Non. Non. Je vous hais ! Allez-vous-en ! Je ne veux plus vous voir ! Plus jamais ! Allez-vous-en ! ». Il transplana alors, et dans un craquement sourd, il disparut.

De retour au Manoir Brown, Andrew Brown ne savait plus que penser. Il bouillonnait. De rage, d’irritation. De remords, un peu. D’amour, peut-être, aussi.
Andrew Brown se sentait parfaitement imbécile.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:55
« Zara ! Aujourd’hui est un grand jour, tu fêtes tes huit ans, et c’est ton premier anniversaire ici. Pour cette occasion, j’ai tenu à te faire un cadeau très spécial. »

Le sourire niais de Mary K. Blue n’annonçait rien de bon. En près de six mois de vie chez elle, Zara avait appris au moins cela : quand sa tante était d’aussi bonne humeur, elle allait avoir des ennuis. De gros ennuis. Mary savait se montrer particulièrement inventive quand il s’agissait de faire souffrir sa nièce ; sa perfidie et sa méchanceté était difficilement égalable. Et même la fillette ignorait ce qu’elle craignait le plus chez la blonde, ses coups, ses mots, ou ses idées. Elle inclina la tête. « Madame. » Où était-elle ? Où était-elle l’enfant joyeuse et vivante qui quelques mois plus tôt sautait partout, criait, chantait, dansait, vivait ! Où était-elle ? Partie, disparue. Non, chassée. Chassée par celle qui faisait face à Mary Blue, chassée par une petite fille brune qui était une étrangère à sa propre personne. La satisfaction se lisait dans les yeux bleus de l’adulte quand elle se tourna vers la porte, pour aboyer. « Toi, entre ! »

Le souffle de l’enfant se coupa, et elle se sentie envahie par une chaleur qu’elle avait crue à jamais perdue. Lisa... Lisa. Lisa ? Sa Lisa ? Oui, oui ! Ces yeux bleus, ces cheveux blonds, ce visage d’ange, ça ne pouvait être que Lisa. Sa Lisa était… une esclave ? Mais oui… Oui, bien sûr ! Mary lui avait parlé des valeurs du sang, elle lui avait expliqué la différence, elle lui avait dit ce qu’était les esclaves. Lisa… Lisa était comme elle depuis toujours. Elle faisait chanter les marguerites devant sa maison. Zara s’en souvenait. Et pourtant, ses deux parents étaient des… Moldus ? Elle n’était pas encore habituée au vocabulaire de sa tante, c’était encore quelque chose de très nouveau pour elle ; jusqu’à il y a peu, elle ignorait jusqu’à la différence. Et donc, Lisa était une… Sang de bourbe ? Elle n’avait pas très bien compris. Elle ne comprenait toujours pas. Pour elle, son amie était juste son amie, elle était Lisa, elle était une enfant merveilleuse, elle était gentille, elle était drôle. Et elle n’était pas une esclave.

Les regards des fillettes se croisèrent, et Zara se vit, ces six derniers mois. Elle lut la peur, la douleur, et la destruction dans ses yeux azurs, qui les faisaient briller comme ils avaient fait briller les siens. Mais cette vision l’avait guérie. Elle n’était plus seule. La simple présence de Lisa à ses côtés était une pommade appliquée sur le mal dont elle souffrait. C’était un cadeau merveilleux que son amie lui faisait, un cadeau qu’elle se promit de lui rendre au centuple. Elle ne la laisserait plus souffrir, elle la protègerait du mal comme elle le faisait elle, simplement en étant là.
« Joyeux anniversaire Zara. »

Et le mal était proche.


Oui, très proche. Trop même. Et il pouvait prendre plusieurs visages. Zara revint lentement à elle. Elle était allongée dans un lit. Tout était si calme. Elle ressentait juste une présence, là, tout près, juste à côté. Elle ouvrit les yeux, et bien que la luminosité de la pièce soit faible, elle la blessa presque et elle les referma aussitôt. C’était comme… Comme la ville. Comme les phares de cette voiture. Lisa ! Ce n’était pas juste un cauchemar alors… Lisa… Sa Lisa… Elle était ? Non ! Non elle ne pouvait pas… Pourtant… Si. La soirée se déroula rapidement dans sa tête, la victoire, Andrew, son baiser, Lisa, la mort, les ténèbres… Ce n’était pas seulement un mauvais rêve. Elle savait, elle sentait au fond d’elle que c’était vrai. Et à cette certitude, elle se sentait mourir. Elle ouvrit à nouveau les yeux, se forçant à ne pas les fermer malgré la lumière. Rapidement, elle put distinguer le décor. Tout se dessinait avec de plus en plus de netteté dans sa tête. Elle était dans sa chambre au Manoir, sa chambre fraichement repeinte en bleu et argent. Bleu. Comme les yeux d’Andrew. Comme les yeux de Lisa aussi. Il était là. Un instant, elle le sentit rassuré, mais il devint rapidement impassible. Il se ferma à elle, comme il était fermé quand Mary l’invitait au Manoir, ou quand elle l’avait rencontré au chemin de traverse. Froid, distant. Son esprit était impénétrable. Elle le détesta plus encore. Comment elle allait ? Sa sœur de cœur avait été torturée par l’homme qu’elle aimait, et ce dernier avait causé sa mort, elle avait fait un malaise, elle ne reverrait plus jamais Lisa. Comment voulait-il qu’elle aille ? A quoi s’attendait-il ? « Mal. » Le ton de la jeune femme était sec, très sec. Elle le fusillait du regard. Il l’avait ramenée chez elle ? Comment avait-il fait pour entrer ? Et comment avait-il osé ne serait-ce que pousser la porte de sa chambre après ce qu’il avait fait ? Comment ? De toute façon, Zara ne le laisserait pas faire. Elle le mettrait à la porte, comme elle l’avait fait, il n’y a pas si longtemps que ça, chassé de la bibliothèque. Ah, comme tout aurait été si simple si après ça, Mary ne l’avait pas de nouveau invité, ou si lui avait refusé. Pourquoi ne l’avait-il pas fait d’ailleurs ? Elle ne le saurait peut-être jamais. La rancœur de la brune se heurta à un mur. Elle se redressa, et lança d’un ton toujours sec, dans un petit rire nerveux. « C'est ça... Je ne peux pas vous retourner ce vœu. Malheureusement. » Elle aurait dû se taire, il ne partait plus. Plus immédiatement en tout cas. Elle devrait donc vraiment le mettre dehors elle-même. C’était triste, tout de même. En arriver là. Alors qu’elle l’aimait, elle l’aimait vraiment, elle l’aimait comme elle n’avait jamais aimé et qu’elle n’aimerait certainement plus après. Mais Lisa… Lisa ! Morte ? Vraiment morte ? Froide, raide ? Plongée dans ce sommeil dont on ne s’éveille jamais ? Cette pensée la rendait folle de chagrin. « Vous m'avez sauvé la vie au détriment de la sienne. Qu'est-ce qui vous permet de dire que c'est une bonne action ? » Rien. Lisa valait mieux qu’elle. Lisa était généreuse, Lisa n’avait rien vu de la vie, sinon le malheur, l’esclavage. Le reste était trop loin. Lisa avait une vie qui l’attendait, Zara elle avait déjà entamé la sienne. Et son amie serait condamnée à ne jamais le connaitre ? Jamais elle ne passerait ses examens de fin d’années, stresserait pour ses buses et sauterait de joie et lisant ses résultats aux Aspics ; jamais elle ne pourrait jouer un vrai match de Quidditch contre les Gryffondors, volant à la victoire ; jamais elle ne pourrait voir ses amis s’épanouirent autour d’elle, avec elle ; jamais elle ne pourrait aimer. Si tout cela lui était refusé, pourquoi Zara, elle, avait le droit d’en profiter encore ? C’était injuste ! Non, il ne l’avait pas dit, mais il n’avait pas eu un mot pour la morte, pas même la moindre condoléance qui aurait sonnée creuse mais qui aurait été réconfortante au fond. Et c’était à cause de lui. Comme si débarrasser le monde d’une « sang de bourbe », comme il devait certainement l’appeler, était une bonne chose. « Vous en parlez comme tel. » Elle n’écouta que d’une oreille sa réponse, réponse qui ne la satisfaisait pas le moins du monde. Elle se releva, décidée à aller jusque la porte pour le prier de bien vouloir disparaitre, de sa chambre comme de son existence, et ce définitivement. Le sol tanguait sous ses pieds, et lui rappela son malaise quelques semaines plus tôt. Elle secoua la tête pour chasser ses pensées noires, elle n’aimait pas se souvenir de ses faiblesses, et ceci en était une. Elle était arrivée près de la bibliothèque quand il fut évident qu’elle ne pourrait aller plus loin dans cet état ; elle dégringola, s’agrippant au passage à quelques livres qui tombèrent avec elle. L’attrapeuse grimaça, réprimant une plainte, elle avait mal. Il s’était approché et lui tendait la main, Zara voulut mourir de honte. Même pas capable de tenir debout, et obliger d’accepter l’aide de celui qu’elle avait voulu chasser. Non ! C’était hors de question. « Je n’ai pas besoin de vous. » Non, et il était même la dernière personne au monde à qui elle demanderait de l’aide. Elle le vit pourtant la relever, et le contact de sa peau, même si ce n’était que ses mains, la calma et la réconforta presque autant qu’elle l’exaspéra. Elle se laissa faire, mais elle lâcha sèchement, d’une voix qui trahissait un peu trop son dépit au gout de la jeune femme « Je n’ai pas besoin de votre pitié. » Andrew la rassura froidement, et la jeune fiche se sentit défaillir à la sècheresse de son ton : elle était en train de lui déplaire, et elle s’en mordait les doigts. Non non non ! C’était une bonne chose ! Une très bonne chose ! Cet homme avait causé la mort de Lisa après tout. « Alors comment appelez-vous cela ? » L’ironie et la colère masquait, pour un moment, la détresse de la jeune fille, qui devait s’appuyer sur lui pour tenir debout. La courtoisie ? Oui, c’est homme était courtois, il torturait et tuait une jeune née-moldue, mais il était courtois. « Je connais. Surtout lorsqu’elle va de pair avec l’hypocrisie. » Et mieux que quiconque d’ailleurs, elle était la nièce de Mary Blue, elle était mangemorte ; l’hypocrisie, elle connaissait. Elle savait elle-même en user quand cela servait ses intérêts. La surprise cacha un instant la rancœur sur le visage de l’ancienne Serpentarde. Elle plongea son regard brun dans les merveilleux yeux bleus de son ami, et se sentit envahie par une envie irrépressible de se blottir dans ses bras et de pleurer tout contre lui. Elle rejeta cette image. Perfide ! Il lui avait fait du mal. A Lisa, et à elle. Le bonheur de son amie était étroitement lié au sien, et celle-ci était… Non, il ne fallait plus qu’elle y pense. « Alors, serait-ce outrepasser les limites de votre dite-courtoisie que vous demandez de me raccompagnez à mon lit ? » La brune maudissait son corps qui la trahissait au point qu’elle devait en arriver là. Il s’exécuta.

Il la déposa sur le lit, mais elle n’eut aucun regard pour lui. Il la tenait comme il l’avait tenu dans cette rue moldue, lui évitant l’accident. L’accident qui avait été fatale à Lisa. « Lisa… » Zara blêmissait. Seul le vide lui répondrait à présent. Plus jamais elle ne pourrait s’allonger sur ce lit, et coiffer les cheveux dorés de son amie, plus jamais elles n’iraient ensemble dans leur cachette, au milieu des roses, pour rêver, plus jamais elles ne se dresseraient ensemble contre l’humanité toute entière. Pourquoi ? C’était injuste ! Pourquoi ? Elle releva les yeux vers le visage de son compagnon. Pourquoi ? Il faudrait lui demander à lui. C’était lui ! Lui qui était le responsable ; ou en tout cas, elle avait besoin de se le dire, car elle ne pourrait accepter de voir sa propre culpabilité dans cette affaire sans en mourir, alors elle rejetait la faute sur quelqu’un. Lui. La rage et le désespoir gonflait son cœur. « Lisa… » Répétait-elle. Mais il n’y avait que le silence, il n’y aurait plus que le silence. Un accident ? La jeune fille ne retenait plus ses larmes. Elle entendait toujours la voix de la petite esclave, dans la cachette au milieu de roses, elle revoyait son petit visage défait, et elle s’entendait lui faire des serments, des promesses. Cela n’avait donc servit à rien ? « J’avais promis de la protéger. Et en fin de compte, je n’ai pas pu la protéger de vous ! » Sa voix montait, mais tout d’un coup elle se brisa. « De moi… » C’était Zara qui avait entrainé Lisa sur cette route. Et dans son amour aveugle pour Andrew, elle n’avait pas voulu voir qui il était vraiment. Elle avait trahie son amie, et elle s’était trahie elle-même d’une certaine façon. Il semblait regretter, mais la jeune fille était murée dans son chagrin et sa colère, elle l’écoutait à peine, refusant de lui donner raison. « Ça n’a pas d’importance ! Le résultat est le même, elle est morte ! Volontairement ou pas, vous l’avez tuée ! » Elle parlait de plus en plus fort, et la voix du médicomage s’intensifiait pour lui répondre. « Si vous n’étiez pas intervenu, elle n’aurait pas reculé, et elle serait toujours là ! » La dernière ombre qui avait habité les yeux de Lisa, ce n’était pas la colère qu’elle éprouvait à l’égard de son amie, c’était la peur, la peur de cet homme. Cette peur dont l’attrapeuse s’était un jour juré de la débarrasser, cette peur avait eu raison d’elle. La voix de Brown se calma quand il répondit, mais pas celle de Zara. Elle n’avait pas peur de la mort, plus depuis plus de douze ans ! Mais elle ne pourrait pas vivre sans Lisa. La vie sans elle, c’était le vide, le néant, c’était revoir cette petite fille rieuse sans personne pour la chasser, c’était attendre la mort au milieu des ténèbres, avec pour seuls compagnons la désolation et ses souvenirs. « Mais pas elle ! » Un murmure servit d’écho à ses paroles. « Mais pas elle… » Il continua, et elle ne réagit pas. Qu’il n’intervienne pas ? Lisa serait toujours vivante, Lisa pourrait à nouveau sourire, elle pourrait vivre. Oui, oui, elle l’aurait préféré. Ce devait être reposant de toute façon, la mort. Ce devait être calme, doux. Elle n’aurait plus eu à mentir, plus eu à faire croire, elle n’aurait plus eu peur, et Mary, et cette enfant, elles ne l’auraient certainement suivie jusque-là. Et Lisa serait toujours vivante. « Lisa… Oh Lisa… J’avais promis… » La plainte lui échappa. Elle se trouvait méprisable. Si quelques temps plus tôt, elle avait eu peur de déplaire à celui qui lui faisait face, à présent, cette crainte était loin d’elle. Ne comptait dans son esprit que cette culpabilité insupportable, que cette appréhension, qu’arriverait-il demain ? Puisqu’il s’agissait d’un demain comme jamais elle n’aurait osé l’imaginer, un demain sans Lisa. La voix d’Andrew résonnait toujours à ses oreilles, cette voix qui avait forcé la blonde à reculer. Elle n’avait pas compris ce qu’il disait, elle n’avait pas eu le temps, il l’avait pris contre lui, et la voiture était arrivée. Lisa… La jeune femme releva les yeux vers le médicomage. « Pourquoi ? Pourquoi m’avez-vous suivie ? » Sa voix était encore calme, mais le manque de réactivité du jeune homme l’énerva. Pourquoi ne répondit-il pas ? Elle avait le droit de savoir ! « Pourquoi ?! Dîtes-moi pourquoi ?! Je veux savoir au nom de quoi elle est morte ! »

La voix qui lui répondit était forte, et les mots qu’il prononça furent répétés mille fois en Zara. Elle pâlit. L’amour qu’il avait pour elle ? Il l’aimait ? « L’amour ? » Oui, l’amour. Elle ferma les yeux. Il l’aimait. Il le lui avait dit. Ces baisers n’avaient donc pas menti. Il l’aimait. Et elle… Elle ? Elle se consumait entière d’amour pour lui. Elle aurait vendu son âme pour un seul de ses regards, et il l’aimait ?! Son cœur dans sa poitrine battait à tout rompre, et elle avait l’étrange impression qu’elle allait s’envoler. Elle était bien. Comme sur un balai. Non ! Mieux encore ! Andrew Dave Brown l’aimait elle ! Que pouvait-elle demander de plus ? Que pouvait-elle souhaiter d’autre ?

Qu’il ne soit pas un mangemort. Qu’il n’ait jamais torturé Lisa. Qu’il n’ait pas causé sa mort. Son cœur s’arrêta. De quel droit se réjouissait-elle ? Cet homme était un monstre ! Elle était aimée d’un monstre ?! A la bonne heure ! Elle ne l’aimait pas elle, elle le haïssait, elle ne pouvait pas l’aimer, elle n’en avait pas le droit. Et lui ne l’aimait pas vraiment de toute façon. Il aimait la Blue, la nièce de Mary, il aimait la mangemorte. Pas Zara. Elle se redressa lentement, étrangement calmée par cet aveu malgré tout. « Non. Non. Je vous hais ! Allez-vous-en ! Je ne veux plus vous voir ! Plus jamais ! Allez-vous-en ! » Elle s’était approché de lui, et sa voix était montée. Elle allait le pousser en arrière, pour joindre des gestes à ces mots, mais elle n’en eut pas besoin, il transplana aussitôt. La laissant seule avec elle-même, avec sa mauvaise conscience, avec son chagrin, sa colère, sa haine et son amour. Elle cria, troublant le calme désagréable qu’il régnait au Manoir, se laissa tomber sur le sol et ramena ses genoux devants elle en gémissant.

« Lisa… Lisa… Lisa… »
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:57
On tombe amoureux

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Andrew Dave Brown n’aimait pas l’Allée des Embrumes. Il y a quelques années – une dizaine –, on aurait qualifié l’endroit de mal famé, et ceux qui le fréquentaient, d’infréquentables. L’endroit lui-même avait quelque chose d’étrange, d’hideux, avec ses petites boutiques miteuses et leurs produits écœurants. Têtes modèles réduits ou plateaux de rognures d’ongles humaines, le bonheur des amis Mangemorts était fait. Et depuis qu’ils avaient pris le pouvoir, la vision du monde sur l’endroit avait changé. Désormais, c’était une sorte de second Chemin de Traverse, un lieu de courses très populaire où beaucoup prenaient plaisir à se retrouver, par le hasard le plus coïncidant. Le Médicomage sembla réprimer un instant une grimace de dégoût ; ses yeux s’étaient posés trop longtemps sur la vitrine de Barjow et Beurk. Et il n’avait jamais aimé les araignées géantes, surtout vivantes.

Andrew Dave Brown était loin de se douter que la coïncidence qu’était sa présence dans l’Allée des Embrumes, ce jour-là, allait faire naître le plus grand bouleversement de son existence. A vrai dire, il aurait mieux aimé ne pas se trouver ici, cela se sentait tout de suite à son air plus pincé que d’habitude, à ses gestes plus empressés. Il valait mieux se débarrasser de ce genre de corvées au plus vite. Pourquoi était-il venu déjà ? Ah, oui. A Sainte-Mangouste, ils étaient à cours de Solution Vive, et il en avait absolument besoin. Or, il lui manquait un élément crucial. Il savait où trouver l’élébore qui lui manquait, mais pour cela, il lui faudrait traverser toute l’Allée, et cette perspective le désenchantait totalement. D’ailleurs, il commençait à pleuvoir.

Le ciel entier semblait se dégrader pour, finalement, revêtir une teinte grise qui lui allait très mal, après le soleil doux qui avait éclairé la journée. Et les gouttes commençaient à tomber ; fines, au début, elles finirent vite par tâcher tout le sol, fonçant les pavés. Mouillés, ils étaient encore plus sombres qu’à l’ordinaire. Enfin… il perdait son temps à des stupidités. Mais il aimait la pluie. D’ailleurs, il était né un jour de pluie. C’était au Manoir Brown. Vieille famille pure, prestigieuse dynastie de Mangemorts dont il ne partageait pas les convictions. Il aurait pu être le vilain petit canard de la famille, acquérir un esprit rebelle, et, dès sa majorité, fuir. Mais il avait été digne héritier des Brown, il avait joué son rôle toute sa vie, et ce rôle, maintenant, commençait à le lasser. Il était temps qu’il fasse quelque fasse quelque chose, qu’il agisse. Il ne pouvait pas continuer à laisser faire les Mangemorts, en les aidants, en faisant partie de leur sinistre communauté. Lui ne se considérait pas comme tel.

Il marchait, perdu dans ses pensées. Et finalement, maintenant, le Manoir Brown était à lui. Lors de ses études, il avait utilisé un petit appartement à Londres, désireux de s’éloigner d’eux. Et puis, ils moururent. Et il hérita. Désormais, il était seul. Sa vie était tranquille. Qu’est-ce qu’il manquait ? Une étincelle, une raison de continuer. Oh, seul, il ne l’était pas totalement. Il y avait bien quelques-uns de ses amis de Poudlard qu’il voyait toujours. Il y avait encore des membres de la lignée des Brown encore là. Mais il aimait la solitude. Peut-être tous avaient-ils raison. Peut-être manquait-il quelque chose à sa vie.

Il marchait, perdu dans ses pensées. Et il n’avait pas encore remarqué le visage vaguement familier de la Mangemorte en face de lui.

« Oh Mr Brown ! Quel plaisir ! »

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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 18:57

Andrew et Zara



Le coup de foudre est l'éclair de l'amour,
ce qui importe c'est que les séquelles durent toujours.




Mary Kate Blue remis en place la mèche brune de sa nièce qui venait de passer devant ses yeux. Après tout ce temps, elle continuait à être surprise de sa ressemblance avec sa nièce. Zara était comme elle, le même visage, les mêmes lèvres, le même nez. Les seules choses qui les différenciaient, en dehors des années qui avaient déjà commencée à faire des marques sur le visage de Mary, étaient l’épaisse chevelure brune de sa filleule, contre ses cheveux blonds, et ses grands yeux bruns, qui étaient parfois châtains ou reflets dorés, et d’autre noir, aussi sombre que la nuit, alors que ceux de Mary étaient de la couleur d’un ciel d’été. Tout cela, elle le tenait de son sale moldu de père, et Mary ne supportait pas cette idée, mais c’était la plus grande, la plus incroyable de leur différence qui la mettait hors d’elle. Mary K. Blue arborait un sourire carnassier, un regard sure d’elle, elle méprisait le monde entier et elle le portait sur elle. Mais Zara avait quelque chose de trainant dans sa démarche, ses grands yeux étaient rêveurs, ses traits éclairés par ses sourires, elle était curieuse, douce, et n’éprouvait pour le monde qui l’entourait que de la sympathie ou de l’amour. Elle était comme sa mère, Olivia, la sœur jumelle de Mary. Et si Mary ne pouvait souffrir de savoir qu’il y avait dans sa propre maison le résultat de la plus infâme des liaisons, celle d’une sorcière et d’un moldu, elle supportait encore moins de voir le résultat de la trahison de sa sœur chaque jour, et de l’avoir près d’elle. Et elle le lui avait déjà fait payer son existence mainte fois, comme pouvaient en témoigner les bleus qui marquaient le corps de Zara. Forte heureusement, le maquillage et les vêtements les dissimulaient, pour ne pas compromettre la matrone.

Zara regarda dehors, ailleurs, perdue dans ses pensées comme à son habitude. Lisa était à un stage pour apprendre aux esclaves à être plus docile. Cela la faisait doucement rire que Mary y croit, Lisa lui avait raconté ce qu’ils y faisaient vraiment. Elle était heureuse que son amie ait trouvé une échappatoire à la vie qu’elle menait. Il faisait si beau dehors… Zara aurait à son tour voulu pouvoir se soustraire à sa marraine, elle aurait aimé partir, et courir dans l’herbe comme elle l’avait si souvent fait. Mais non. L’été était venu trop vite. Le dernier été. A présent, il fallait qu’elle aille se frapper au monde extérieur, aux gens. L’époque de Poudlard était terminée.

Quelques heures auparavant, elle était allongée dans sa chambre verte et argent, la tête sur un coussin, à même le sol. A ses côtés, ce qui lui restait d’enfance, sa valise, qu’elle ne pouvait se résoudre à vider. Elle ne pouvait pas la vider une dernière fois, comme elle l’avait refaite une dernière fois dans son dortoir à Poudlard. Le château avait été sa seule maison, son seul foyer. Même le Pavillon Rainbow ne lui avait jamais paru aussi accueillant. Elle ne voulait pas faire une croix là-dessus. Mais Mary était entrée, et d’un coup de baguette magique, elle avait rangé chaque chose à sa place. Elle avait eu un sourire au regard dépité de sa nièce, parfaitement consciente qu’elle venait de briser l’un de ses rêves, et elle lui avait annoncé calmement que dans quelques heures elle irait à l’allées des embrumes pour faire des courses, et que Zara l’accompagnerait. La jeune fille l’avait regardée partir avec son petit air satisfait. Ce qu’elle pouvait détester quand Mary agissait ainsi. L’allées des Embrumes ? La jeune femme frissonna en repensant au lieu où sa tante voulait la conduire. Quel endroit détestable ! Pourtant, elle savait qu’elle n’avait pas le choix. Sa tante ne lui avait pas laissé le choix. Elle soupira et se laissa retomber sur le sol.

Mary recoiffa sa nièce, et elle transplana, les deux mains posées sur les épaules de Zara. La jeune femme n’était pas à l’aise. Et elle pensait que sa tante lui cachait quelque chose. Ce n’était pas dans son habitude de sourire ainsi, ni même de se préoccuper de son apparence. La vérité était en réalité que Mary Blue était bien décidée à se débarrasser de sa nièce, de préférence en la confiant à un riche héritier mangemort, pour racheter la réputation de son nom. Et quel meilleur endroit pour rencontrer des Mangemorts, ou des hommes défendant les idées du Seigneur des Ténèbres que l’allées des Embrumes ? Il ne manquait plus qu’en trouver un. Mary reviendrait aussi souvent qu’il le fallait pour cela. Mais à peine s’était-elle faite cette résolution qu’elle le vit, l’homme qu’il fallait à sa nièce. Andrew Brown. Elle sauta sur l’occasion. « Oh Monsieur Brown ! Quel plaisir ! » Le sourire de la blonde était déformé par l’hypocrisie. Le jeune homme la salua poliment. « Comment allez-vous ? » Elle le détailla un instant. Il y avait quelque chose de charmant sur ses traits. Et puis, il était riche. Zara n’aurait pas à se plaindre. « Bien. Et vous ? » Oh non, elle ne se plaindrait pas. « Bien. Vous vous portez bien ? Formidable, mais il me semble que vous n’avez pas eu le plaisir de rencontrer ma nièce… » Mary se tourna, mais Zara n’était pas là. Où était donc encore passée cette gamine ?

Zara Olivia Blue n’aimait pas cette rue. Non. Elle n’aimait pas cette rue, elle n’aimait pas les boutiques de cette rue, elle n’aimait pas les gens qui s’y promenaient, elle n’aimait pas celle qui l’y avait emmené. Comme si cela changeait quelque chose à sa position. Elle copia donc sa conduite sur celle de sa tante, adoptant un air sûr d’elle et hypocrite. Elle s’imagina être une autre, parcourant ces rues avec mépris, fière et droite, et elle se prit à son propre jeu. Parfois, ses yeux bruns s’arrêtaient sur la boutique de quelques magasins, et elle s’y arrêtait pour détailler les produits de la vitrine avec un regard curieux, quittant un instant son rôle. Et puis, quand elle avait étudié chacune des infamies visibles, elle détournait son regard, et recommençait son jeu. Elle ne pouvait se résoudre à être elle-même ici, elle se méfiait trop des gens qui l’entouraient, elle était trop fière pour leur montrer son angoisse. Alors elle jouait. Elle sentit un regard insistant sur elle, sa tante, quelques mètres plus loin, en compagnie d’un homme. Elle s’avança, le sourire de Mary était crispé, elle n’était pas prête de lui pardonner cela. « Là voilà. Zara Blue, ma nièce. Zara, Andrew Brown, l’héritier de la très respectable famille des Brown. »

Zara sentit son cœur bondir dans sa poitrine quand elle s’approcha de cet homme. Il était grand et brun, et il avait des yeux comme des saphirs. Elle eut l’impression que ses genoux allaient la lâcher comme il posa son regard sur elle. Elle ne savait qui il était, mais en une seconde, il était devenu indispensable à son existence future. Elle ouvrit ses yeux aussi grands qu’elle le put, cherchant à s’imprégner de l’image de ce dieu qui se dressait devant elle. Son esprit s’emplit de pleins de pensées, de sentiments, de sensations qu’elle ne comprenait pas. Son univers venait de basculer.

Respectable. Ce fut le mot qui la ramena à la réalité. Respectable signifiait, prononcé dans la bouche de sa tante, détestable. Son cœur, qui lui avait semblé si léger qu’il aurait pu s’envoler dans sa poitrine quelques instants plus tôt, se contracta, et cette étrange félicité dans laquelle cette rencontre l’avait plongée se dissipa, l’euphorie même se dissipa. Alors, elle haït cet homme. Il était comme Mary, comme elle, comme ceux qui marchaient autour d’eux. Il ne valait pas mieux. Tout aussi méprisant et méprisable, tout aussi antipathique, et plus encore. Car la force du sentiment qu’il avait fait naître en elle entrainait un sentiment d’une même force dans l’autre sens. Son premier amour venait de se heurter à sa première haine. Il parla, et elle détesta sa voix grave et froide autant qu’elle l’admira. « Bonjour Miss Blue. » Elle inclina la tête poliment, comme on le lui avait appris. « Enchantée. »

Mary paraissait ravie de la conduite convenable de sa nièce, bien qu’elle n’ait pas aimé que cette dernière ouvre si grand les yeux devant Brown. Heureusement, il ne sembla pas y prêter attention. « Et, puis-je savoir ce que vous venez faire ici ? » Elle ne perdait pas de vue ses objectifs. « Je devais me procurer... des éléments indispensables... pour mon travail. » Merveilleux ! Tout se mettait en place dans sa tête. « Oh, vraiment ? Peut-être pourrions-nous nous joindre à vous, qu'en pensez-vous ? » Son sourire était toujours aussi hypocrite que quand elle l’avait salué. « Oh... Ce serait avec plaisir. »

Zara entendit sans écouter sa tante entretenir Andrew de sujets divers et variés. Lui acquiesçait poliment, mais elle doutait qu’il écouta véritablement les paroles de Mary. La jeune fille s’efforçait de ne pas le regarder, mais sans qu’elle ne puisse s’en empêcher, ses yeux revenaient à lui. Elle observait sa façon de se tenir, de marcher, qui témoignait d’une éducation stricte, elle admirait ses mains si belles, si grandes, ses yeux vagabondaient sur ses vêtements qui laissaient deviner un corps agréable, mais ce qu’elle aurait aimé regarder, c’était ses yeux. Ils lui semblaient qu’ils étaient les miroirs de son âme. Ils pouvaient être agités, et ressembler à la mer lors d’une tempête, ou calme, et aussi clair qu’une matinée de printemps. Elle imagina l’homme en colère, riant, ou même triste, et dans tous les cas de figure, elle le trouvait remarquable. Mais plus elle l’appréciait, plus elle le maudissait, car il l’envoutait malgré celui qu’il était. Sa marraine s’arrêta soudain, et prétextant avoir quelque chose d’urgent à aller chercher, elle les laissa seuls. Zara la regarda partir en silence, puis se retourna vers Andrew, sans savoir quoi faire. « Qu'êtes-vous venu acheter au juste ? » Elle parla sur le ton de la conversation, sans le regarder, voulant faire croire à un désintéressement total. « De l’élébore. » Sa voix grave bourdonna délicieusement dans ses oreilles. Elle se demanda alors ce à quoi s’attendait Mary en les laissant ensemble…
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:29
Au cours de sa courte vie, Andrew Dave Brown avait dû, à plusieurs reprises, subir la présence de ceux qui se faisaient appeler Mangemorts, ceux qui faisaient régner la haine et la douleur sur le monde, ceux qui avaient détruit sans ménagement l’ère de paix et de stabilité dans laquelle les sorciers s’étaient enfoncés au fil des ans. Quand on était le dernier héritier d’une des familles les plus pures encore restantes, quand on provenait du lignée respectée et qu’on avait été élevé toute sa vie dans la doctrine des Sangs-Purs, alors en croiser devenait chose courante. Quand on faisait maintenant partie de leur sinistre bande, que ce soit de son gré ou non, s’entretenir avec eux devenait coutumier. Mais jamais il n’avait gardé un bon souvenir de ces rencontres inévitables, de ces sourires hypocrites, de ces échanges qui sonnaient faux.

Mary Blue ne faisait pas exception à la règle. C’était une vieille amie de ses défunts parents, une vieille amie dont il ne gardait qu’un très vague souvenir. Des yeux de rapace, des yeux bleus étincelants, un visage soigné et charmeur, son sourire fourbe ; il ne gardait que cela en mémoire. A peine avait-il suffit qu’il se retrouve en face d’elle pour qu’elle l’interpelle, en lui assurant que le revoir était un plaisir. Il demeura hésitant un instant, prit au dépourvu, avant de se reprendre et de la saluer poliment, tout en espérant secrètement que l’entrevue ne durerait qu’un bref moment, le temps d’échanger des banalités courtoises avant de reprendre chacun sa route. Elle avait souri lorsqu’elle lui avait demandé comment se portait-il, et Andrew ne put s’empêcher de remarquer combien elle s’appliquait à garder l’ensemble de ses traits lissés par l’hypocrisie. Quelle horrible femme ! Et quelle plaisir aurait-elle prit à réagir différemment si sa naissance avait été autre…

« Bien. Et vous ? »

Sa voix s’efforçait de demeurer stable, sans trahir son impatience, sa gêne, son agacement. Mary Blue le détailla un instant, comme si elle cherchait quelque chose. Andrew haussa les sourcils, sévère. Il ne lui permettrait pas de le juger. Chacun des mots de cette femme était un traître abject et répugnant, et dans chaque syllabe perçait le mensonge, et chaque syllabe camouflait la vérité. Ses yeux lui semblèrent avides, tout à coup. Il y avait quelque chose qu’elle voulait à tout prix, quelque chose qu’elle lui voulait. Non. Il n’y avait aucune raison qu’elle lui veuille quelque chose, rien qu’à sentir le ton léger avec lequel elle s’adressait à lui. Le jeune homme espéra un instant que tout s’arrêterait là, qu’elle emprunte son chemin et qu’il continue le sien. Cela n’aurait été qu’une désagréable rencontre, comme il était quotidien d’en faire quand on passait par l’Allée des Embrumes. Mais non. Elle avait une nièce, elle tenait absolument à la lui présenter, chose dont il se serait volontiers passé.
Une jeune fille à l’air fier et sûr détaillait les infamies qu’exposaient les différentes vitrines, à quelques mètres de là. Elle s’avança, le regard pétillant et curieux. Mary Blue s’empressa de les présenter l’un à l’autre, le faisant apparaître comme l’héritier important d’une lignée respectable.

Zara Blue ouvrit grand les yeux. Lui la dévisagea, un instant, impassible. Silhouette fine, élancée, droite. Visage charmant qui lui jetait un regard d’une douceur inquisitrice.

Il n’aimait pas cette manière qu’elle avait de le détailler, mais son regard sur lui avait un éclat différent de celui de sa tante. Si l’avidité brillait dans le regard de l’une, c’était la curiosité et la douceur qui étincelaient dans le regard de l’autre. Et ces yeux-là le fascinaient, que ce soit par l’intensité, la curiosité, ou la volonté par laquelle ils pétillaient, ou il ne savait quoi encore. La forme de son visage avait quelque chose de rêveur une fois encore. Et cet air délicieusement absent modelait ses traits en lui conférant une allure supérieure, un aspect hautain, quelque chose qu’il ne pouvait s’empêcher de contempler et d’admirer.

Un changement s’était produit en Andrew Brown. En l’espace d’une seconde, il avait été autre chose que cet homme fier, hautain et orgueilleux qu’il s’était juré de demeurer en apparence. Durant un instant, à peine, son masque était tombé, et il s’était attendri devant ces expressions enfantines, cette jeune femme qui regardait le monde de ces yeux puérils.

Zara Blue. Sa nièce. La nièce de Mary Blue, la Mangemorte impitoyable, la femme mauvaise, sèche, hypocrite. Et même dans leurs traits, alors que leurs expressions différaient tant, alors que l’une était brune et l’autre blonde, l’une stricte et l’une douce, on pouvait reconnaitre sans difficulté le même nez, la même bouche, les mêmes lèvres. Sans nuls doutes, elle faisait également partie du groupe qu’avaient formé les serviteurs du Seigneur des Ténèbres, et alors, Andrew Brown s’en voulut profondément de s’être fié à son apparence, lui qui valait plus que ces premiers jugements. Elle était comme sa tante, probablement. Elle avait été élevée de la manière des Sang-Purs toute sa vie, et elle n’échappait pas à la règle qui les regroupait tous. Méprisable. Il n’y avait qu’à la regarder de plus près, son air orgueilleux et son visage qui se teintait peu à peu de mépris, se fermant doucement à lui. Il la haït, méprisable jeune femme qui n’avait pas su ouvrir son esprit, et qui, à la fois, avait réussi à l’envoûter comme jamais personne ne l’avait fait. Il y avait bien quelque chose qui la différenciait des autres, mais pour l’instant, son esprit était trop confus pour qu’il daigne y prêter attention. Andrew bouillonnait, intérieurement. Et son cœur ne cessait de cogner dans sa poitrine. Il décida d’adopter un comportement neutre, tout en surveillant son comportement ; ainsi, peut-être, il saurait mieux comment se comporter et quoi éprouver face à elle. Elle…

« Bonjour, Miss Blue. »

Que dire d’autre ? Elle inclina poliment la tête, comme le voulaient ces convenances qu’on leur avait fait assimiler dès l’enfance. D’une voix placide, elle déclara être enchantée. C’était une voix douce, une voix chantante qui semblait défaillir, tout d’un coup, s’efforçant de garder la neutralité. Mais non. Il ne faisait qu’imaginer des choses, s’échapper de la réalité, lui qui avait toujours été si terre-à-terre.

Mary Blue lui demanda ce qu’il venait faire ici. Que lui raconter d’autre que la vérité ?

« Je devais me procurer... des éléments indispensables... pour mon travail. »

Elle s’était mise à se comporter comme si c’était la nouvelle la plus merveilleuse du monde, et lui proposa de se joindre à lui, elle et sa chère nièce. Son sourire faux lui déplaisait tout autant. Pourtant…

« Oh... Ce serait avec plaisir. », lâcha-t-il d’un ton absent et peu convaincant.

Mais elle ne sembla pas s’en rendre compte. Que lui avait-il pris de sortir une absurdité pareille ? La volonté d’en finir avec ses incessantes questions, répondant sans prendre le temps de comprendre sur quoi il était interrogé. Peut-être aussi de rester plus longtemps en pareille compagnie ?

Elle se mit à s’entretenir avec lui sur divers sujets, lui posant une infinité de question dont il mettait fin par un hochement de tête, ailleurs. Ses yeux fixaient le vide, absents. Ou plutôt ils fixaient Zara, dans un coin, presque invisible dans l’ombre que lui faisait sa tante.

« Il faudrait absolument que vous veniez voir le Manoir, un jour ! Nous serions absolument ravies ! Un hôte de marque comme vous ! »

« Oh… oui, moi de même… »

Et elle enchaînait, flatteries sur flatteries, stupidités sur stupidités. Très vite, pourtant, elle s’éclipsa. Très vite, il dû rester seul avec sa nièce. Zara l’interrogea sur ce qu’il était venu acheter.

« De l’élébore. »

La réponse fusa, neutre, tranchante. Froide. Et le silence dura.

« Et vous ? Vous… venez souvent ici ?», interrogea-t-il, las de ce mutisme perpétuel.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:30
Mais à quoi pensait Mary ? Zara se le demandait. Pourquoi la laisser en compagnie de cet homme ? Qu’attendait-elle ? Que voulait-elle ? Car sa tante ne faisait jamais rien qui soit totalement désintéressé, tout avait un sens, tout servait ses desseins. Mais cette action, Zara ne se l’expliquait pas. Elle ne comprenait pas ce que la blonde attendait d’elle. Peut-être voulait-elle qu’une personne d’un âge plus proche du sien la persuade de se ranger du côté des mangemorts ? Mais à quoi bon ? Zara avait déjà accepté de devenir l’une des leurs, et ce n’était plus qu’une question de jours avant que l’on grave sur son bras blanc la sombre Marque des Ténèbres. Non, cela ne pouvait être cela ? Quoi alors ? Peut-être que Mary voulait pour sa nièce des relations, des gens biens sous tout rapport, au goût de sa marraine en tout cas… C’était le plus logique… Et le fait que cet homme soit plus jeune que les autres personnes respectables que sa tante aimait côtoyer en faisait une cible idéale pour Mary, qui pensait ainsi satisfaire plus sa nièce. Pauvre de lui, pensa Zara. La mangemorte ne le lâcherait plus. D’ailleurs, elle l’avait déjà invité au Manoir.

La jeune femme n’osait pas regarder son compagnon, ou même se retourner vers lui, plus encore après la froideur de son ton. Le tranchant de sa réponse l’avait vexée. Qu’il était arrogant ! Tenait-il une aussi haute estime de lui-même qu’elle ne vaille pas même une discussion ? Cela la mettait presque en colère, et sa colère augmentait sa haine, qui elle-même amplifiait son amour. C’était étourdissant. Ces deux sentiments, parfaitement opposés et qu’elle ne connaissait pas jusque-là, se disputaient le contrôle de sa raison. Elle le trouvait incroyablement beau, et elle lui devinait un esprit vif ainsi de grandes qualités intellectuelles, et pour cela, elle ne pouvait que l’admirer. Mais il se montrait si hautain, arrogant, froid et orgueilleux, et pour ne rien arranger, il était respectable… Dans d’autres situations, la jeune femme l’aurait ignoré pour cela, mais son admiration déçue entrainait un ressentiment, et c’était tant lui qu’elle détestait, que son propre jugement, et que son cœur qui, insensible à ce que lui criait sa raison, continuer de battre à tout rompre dans sa poitrine.

Mais si l’esprit de Zara était agité, elle ne laissait rien voir, et malgré son débat intérieur, elle paraissait lisse en apparence. Droite, silencieuse, immobile. Aucune réaction, aucune mimique, aucun regard ne pouvait désormais la démasquer, elle était parfaitement maîtresse d’elle-même. Elle calquait sa conduite sur celle des femmes hautaines qui passaient, consciente d’apparaitre aux yeux de cet homme comme ceux ou celles qu’elle condamnait elle-même. Le silence dura. Zara songea qu’Andrew Brown était différent, très différent, de la société habituelle de sa tante. Les rares fois où Zara s’était retrouvé mêlée aux connaissances de sa tante, les personnes s’étaient conduites de façon obligeantes, elles l’avaient questionnée, lui avait longuement parlé, et l’avait complimentée sur sa famille, son nom, son sang, sa fortune, ou une autre de ces choses qui exaspéraient la jeune fille plus que cela la flattait. Mais le brun, lui, restait muré dans son silence. Peut-être se trouvait-il en effet trop bien pour s’intéresser à la petite Blue ? Cette idée revenait sans cesse dans les pensées de la jeune femme, cette idée révoltante. Quel homme méprisable !

Il parla. La jeune femme tourna lentement son visage vers le sien. Sa voix… Sa merveilleuse voix grave qui bourdonnait à ses oreilles… Sa voix détestable, froide, neutre, qui le rendait si distant, si lointain, si difficile à atteindre… Elle se demandait s’il s’intéressait un minimum à la question, ou s’il n’avait parlé que parce que ce silence l’ennuyait ? Les silences étaient pourtant parfois bénéfiques, et plus éloquents que mille paroles… « Non. Jamais. » Sa voix était maintenant calme, neutre. Elle réussissait merveilleusement bien à se contrôler malgré tout… Elle lui adressa un sourire poli, plongeant ses yeux brun dans les yeux océan du brun. Ce regard avait quelque chose d’incroyablement agréable, de délicieux. Et sans que la jeune fille ne puisse expliquer pourquoi, elle l’appréciait beaucoup. Elle l’appréciait trop.

Le silence aurait pu à nouveau s’installer entre eux, mais la jeune fille ne voulait pas le permettre. Elle voyait dans ce silence l’affirmation de son infériorité. Elle ne pouvait pas laisser cet homme penser cela. « Quel est votre métier Monsieur Brown ? » Sa voix était désinvolte, et l’on aurait pu croire qu’elle se moquait de son interlocuteur. Mais une fois de plus, la façade de la jeune femme n’était pas en accord avec ses pensées. Elle s’intéressait profondément à cet homme, à ce qu’il pourrait lui dire de lui-même, ce qu’il pourrait lui apprendre de sa personne. Elle voulait le connaître, et elle était poussée vers lui comme elle n’avait jamais été poussée vers quelqu’un auparavant. Ou si, peut-être une fois, le jour où elle avait vu Lisa la première fois. Elle s’était sentie en parfait accord avec elle-même, et elle avait voulu se lier avec cette enfant, de tout son cœur, de toute son âme. Et c’était la même chose. A la différence près qu’elle était partagée entre cela et entre une colère, une rage, une haine, et une multitude de sentiments qu’elle ne comprenait pas, ou très mal, qui la dépassait complètement. Elle enchaina. « Habitez-vous à Londres Monsieur Brown ? C’est l’une de premières fois que j’y viens… » La première en vérité, en dehors de quand elle devait aller acheter ses les fournitures ou qu’elle prenait le Poudlard Express. Mais elle aimait Londres. Elle n’aimait pas cette rue, mais toutes les rues de cette ville n’étaient pas aussi affreuses, elle en était plus que convaincue. Elle s’était fait la promesse de revenir en balade dans la capitale très rapidement.

La pluie força un peu, et chassa les derniers promeneurs. La pluie frappait sur les carreaux des vitrines, ses perles humides coulaient dans les cheveux, dans le cou, dans le dos de la jeune femme. Elle collait contre son corps sa chemise blanche. Elle regardait les gouttes qui, sur le sol, se rejoignaient en ruisseau. Elle s’émerveillait de leur claquement contre les murs, et bien malgré elle, elle se désintéressa presque de son camarade. Un objet dans l’une des vitrines attira son attention. Un miroir. Les autres objets exposés étaient repoussants au possible. Des têtes d’elfes de maisons, des araignées… Mais ce miroir… Il était en argent et en or blanc entrelacés. Elle s’avança vers la vitrine, oubliant tout le reste. Elle s’approcha jusqu’à ce que son visage ne soit plus quelques centimètres de la vitre. Elle plongea son regard dans celui de son reflet, captivée. Ce miroir avait quelque chose qu’elle n’avait jamais vu dans un simple objet, mais si elle était persuadée que c’était maléfique, elle était comme ensorcelée. Elle s’étonna de l’éclat de ses yeux, dont les reflets étaient encore plus dorés qu’à l’habitude. Elle sourit à sa propre image. Mais c’est à ce moment-là qu’elle changea, à cet instant qu’elle vit ce que le miroir était bel et bien mauvais. Son visage se transforma, elle se vit rajeunir jusqu’à avoir sept ans. Elle était tétanisée. L’illusion souriait, ses yeux plus espiègles que jamais. Zara avait très peur, mais elle était incapable de détacher son regard de cet objet. L’image rit et elle changea encore. Elle se retrouva face à Andrew Brown. Il était aussi froid et distant qu’il pouvait l’être. Il ne sourit pas, bien au contraire, l’expression de son visage était plutôt la colère. Cela l’effraya tout autant que l’enfant qui hantait ses rêves, et elle se força à s’arracher à l’incroyable pouvoir de ce miroir.

Elle recula brusquement et heurta celui qui se trouvait derrière elle. Andrew. Elle glissa et se rattrapa à son bras, et il la retint lui aussi. Elle resta un instant ainsi, tremblante. Elle plongea son regard dans celui du jeune homme, il paraissait surpris. « Vous avez vu ? » Il se tourna vers la vitrine, mais ne parut même pas remarquer le miroir au milieu des infamies de la vitrine. Il plongea à nouveau son regard dans le sien. Non, il n’avait pas vu. Elle était rassurée qu’il ne soit pas en colère comme ce qu’elle avait vu dans l’objet réfléchissant. Elle inclina la tête poliment. « Ce n’est rien. Je suis navrée. » Elle eut un petit sourire gêné. Elle se rendit soudain compte qu’elle n’avait toujours pas lâché son bras et qu’au contraire, elle le serrait très fort, mais elle s’empressa de le faire, reculant vivement. Mais en dehors de sa rapidité de mouvement, rien ne trahit sa confusion intérieure. Elle était comme brûlée là où il l’avait tenu. Lui non plus ne l’avait pas lâché… Elle était envahie par une euphorie merveilleuse, qui troublait ses pensées. Mais elle ne laissait rien paraître. Elle parla d’une voix parfaitement neutre et calme. « Je suis désolée… Avez-vous vu ma tante ? »

Elle espérait de tout son cœur qu’il dise non. Mais d’ailleurs, où était-elle ? Disparue. Tant mieux songea-t’elle ! Plus loin serait Mary, mieux elle se porterait. « Je ne voudrais pas vous imposer ma présence, mais je ne connais pas cette ville, cette rue. Me permettez-vous de vous accompagner acheter de… l’élébore ? Puisque ma tante a disparu… » Elle plongea son regard dans le sien. Les yeux de Zara brillaient étrangement, mais pour Andrew qui ne la connaissait pas, il était impossible d’interpréter les reflets or dans ses yeux bruns. En dehors de cela, rien ne révélait ses pensées, son espoir ne se manifestait en rien, et la colère, la haine s’étaient complètement évanouies en elle, mais la jeune femme sentait qu’elles s’étaient simplement assoupies, elles ne tarderaient pas à s’éveiller. Mais elle voulait profiter de ce moment de paix infinie avec elle-même en compagnie de cet homme, s’il le lui permettait, bien sûr.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:31
« Je suis Médicomage. » Cette voix, cette voix… Le ton était désinvolte, désintéressé. On aurait dit qu’elle se moquait de la réponse. Et pourtant, elle posait la question, elle le bombardait de questions avec une curiosité presque naturelle, une curiosité d’enfant. Et cette voix… Une voix fraîche, douce, vibrante de vie et de rêves. Elle lui parlait, elle le questionnait, elle lui racontait, et entendre ce son-là, ces mots-là le ravissait terriblement, sans qu’il ne puisse le comprendre. Mais il y avait une once de supériorité dans son ton, quelque chose d’insupportable, d’intolérable, lorsqu’elle s’accordait avec sa voix mélodieuse. « Oui. Dans le quartier sorcier. » Il la détailla, de son regard d’azur. Ses prunelles d’or aux multiples reflets, ces iris qui s’éclaircissaient ou s’assombrissaient en fonction du temps qui s’écoulait. Son beau visage aux traits d’ange. Son sourire de lumière. Immobile. Il ne bougea pas, son visage restait dur, son ton glacé. Impassible. Pour qu’on ne puisse pas prendre conscience de l’étendue de ses sentiments ; c’était devenue son habitude. Seuls ses yeux, si l’on savait bien y lire, savaient montrer ce qu’il pensait.

Et il pleuvait. La pluie, drue, ne cessaient de s’abattre, toujours plus fort sur les trottoirs de Londres. Les promeneurs disparurent, petit à petit, et ils se retrouvèrent dans les derniers encore présents dans l’Allée des Embrumes. Où était donc passée Mary Blue ? N’avait-elle pas l’intention de reprendre sa nièce avec elle ? Andrew ne pouvait pas l’abandonner ainsi. Il ne pouvait pas, il ne le voulait pas. Voulait-il continuer à profiter de sa compagnie ? Cela l’étonnait. En général, il fuyait les gens de sa condition. Les Mangemorts. En était-elle une ? Cela lui paraissait impossible. Elle lui paraissait si différente des autres, avec ses grands yeux rêveurs et ses expressions captivée, lorsqu’elle regardait la pluie tomber. Il y avait quelque chose, quelque chose qui émanait d’elle, quelque chose qu’Andrew n’avait pas connu, mais que le simple fait de voir revigorait. Et puis elle semblait si jeune ! Si différente du monde terne qui les entourait tous les deux. Elle ne pouvait pas faire partie de cette espèce de gens cruels, mauvais et perfides qui ne pensaient qu’à nuire, toujours et encore. Ce n’était pas… Oh ! Comme il aurait aimé qu’elle soit différente ! Moins fière, moins orgueilleuse, qu’elle ne soit pas la petite Blue, attachée comme tous les autres aux stupides valeurs du Sang et à la prétendue supériorité sorcière ! Il se serait damné pour que cette inconnue ait ouvert les yeux, comme lui… Alors, Andrew aurait été heureux. Il aurait laissé ce sentiment s’épanouir, ce beau regard l’envoûter, ce sourire illuminer tout son être.

Perdu dans ses pensées, ce fut uniquement lorsqu’il en sorti qu’il remarqua la disparition de la jeune fille. Il tourna la tête et la remarqua, près d’une vitrine, à observer les immondices présentées. Têtes d’elfes de maisons et autres atrocités. Le Médicomage eut une grimace de dégoût, qui tordit brièvement les traits de son visage. Comment pouvait-elle… ? Il la vit sourire, sans comprendre, puis ses traits se tendirent jusqu’à ce que la peur vienne si peindre. Oui, visiblement, elle était effrayée, clouée sur place par l’appréhension. Andrew s’alarma ; elle se retourna vers lui, s’accrocha à son bras ; il la retint. Son contact était particulièrement agréable. « Non, je n’ai rien vu. Qu’est-ce que... ? » Elle lui assura qu’elle était désolée, que ce n’était rien ; sans s’en rendre compte, probablement, elle serra son bras plus fort. Bien sûr, pas de trace de sa tante. Quelles avaient été ses intentions, en le laissant seul avec Zara ? « Je ne l’ai pas vue, non… » Il ne l’avait pas lâchée, il ne s’en sentait pas le cœur. Elle voulait… elle voulait l’accompagner ? Il allait… Il allait devoir… Rester avec elle ? Subir, encore et encore, cette effroyable – et non moins délicieuse – sensation qui bouillonnait au fond, tout au fond de son être, la laisser se développer en lui, sans fin, continuer à la regarder, elle, son visage, ses yeux… Son air impassible, son allure insupportable, aussi… Non, il ne pourrait pas… Il ne pourrait pas refuser sa compagnie. « Mais bien sûr » Et son ton était resté froid, on ne pouvait déceler aucune once de sentiments dans sa voix. A l’image de son interlocutrice, il ne montrait rien.

Et ils avançaient. Ensemble. C’était étrange, ce tourbillon qui réchauffait sa personne, cette vague de chaleur qui asphyxiait son âme et paralysait son esprit. Il avait l’impression de ne plus être maître de sa raison. S’il l’était, il aurait refusé, il aurait paré malhabilement toutes les tentatives de Mary Blue tenant à lui laisser sa nièce sur les bras, et il aurait continué son chemin. Seul.
Mais il n’était pas seul. Ils étaient tous les deux.
Et ils avançaient. Ensembles.

« Oh bonjour Monsieur Brown ! Comment allez-vous ? » L’homme qui venait de lui adresser la parole était un Mangemort de sa connaissance. Un de ses patients par la même occasion ; Andrew le connaissait de vue, son fils aîné avait été atteint de la dragoncelle pendant une très longue période. Il le salua poliment, comme il se devait. « Et voilà Madame Brown, je suppose ? » Il fronça les sourcils, et nia froidement. L’idée d’être… l’idée qu’elle, elle puisse être sa femme lui paraissait incongrue, inimaginable, étrange. Il lui jeta un œil ; elle semblait irritée, comme il pouvait l’être. Chez elle, nulle trace d’émotion particulière. Ce qui eut le don de l’agacer. Sans un regard de plus, il congédia le Mangemort. Et il continua sa marche, faisant comme si de rien n’était, comme s’il était seul, comme si cette jeune fille ne l’accompagnait pas. Bientôt, ils rencontrèrent un autre individu, qui les prit à nouveau pour mari et femme. Andrew le corrigea, pas très agréablement. Visiblement, le Médicomage était agacé de cette erreur qui devenait fréquente. Au bout de la troisième fois, il ne prit même plus la peine de nier et adressa un sourire glacé à l’homme.

L’Allée des Embrumes était longue, étroite, et sinueuse. Si Andrew Brown s’était résigné dans la placidité, il ne supportait pas de voir les traits de Zara dépourvus de la moindre impression. Il n’osait pas engager la conversation, il ne savait pas quoi lui dire, il l’aurait bien voulu mais craignait sa réaction. Alors, le brun restait neutre. Le silence, lourd et pensant, s’installa entre eux.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:32
What more could your love do for me ?
Cet océan de passion qui déferle dans mes veines ; qui cause ma déraison, ma déroute et ma déveine...
Il se rit des plaies, celui qui n'a jamais reçu de blessures !


Mais qu’est-ce que tu es en train de faire Zara ? A quoi est-ce que tu joues ? Je croyais que tu avais compris… Ca ne t’a pas servi de leçon ? Tu sais pourtant ce que cet homme est capable de faire ! Tu sais ce que cet homme m’a fait… Tu le sais, n’est-ce pas Zara ?

Si elle le savait ?... Si elle le savait ?! Bien sûr qu’elle le savait ! Bien évidemment ! Plus que personne, elle était consciente de l’étendue de la monstruosité de l’homme à qui elle allait rendre visite. Zara Olivia Blue secoua la tête pour faire taire cette voix chérie qui criait en elle. Plus que quiconque, l’attrapeuse savait ce qu’Andrew Brown, le détestable Andrew Brown, le mangemort maudit, le perfide, l’insupportable, le merveilleux Andrew Brown, était capable de faire et ce qu’il avait fait. Oui Lisa ! Oui elle le savait ! Et c’était déjà bien assez affreux de le savoir ! Alors, ne pouvait-elle pas comprendre ? Ne pouvait-elle pas la laisser en paix ? La brune ne souffrait-elle pas déjà assez sans être hantée par son amie ?! N’était-ce pas déjà suffisant de sentir son cœur et sa conscience s’arracher son être ? La déchirer toute entière, la briser, pour ne laisser d’elle lors de leurs brèves pauses qu’une enfant tremblante et dévastée. Elle allait perdre son âme à dans cette lutte ! Elle la perdait déjà… Elle la sentait s’échapper par les plaies causées par son conflit. C’était quelque chose de brûlant qui s’écoulait à l’extérieur d’elle, la clouant sur place, meurtrie, glacée…



Zara Blue jeta un dernier coup d’œil dans le miroir, et maudit le reflet qu’il lui renvoya. La jeune femme était parfaite. Ses cheveux bruns en bataille, et pourtant si bien mis qu’on devinait qu’elle y avait passé beaucoup de temps à s’occuper d’eux, son teint clair illuminé par un sourire parfait qui refusait de la quitter malgré son malheur et sa colère, ses yeux aux reflets dorés pétillants lui donnaient l’allure d’une véritable reine. Pour ne rien arranger, elle portait une robe bleue nuit, assez décolletée, sans pour autant être vulgaire, qui mettait en avant sa silhouette mince, ses formes fines et délicates, et qui laissait voir ses genoux, et qui fendue sur le côté, offrait le spectacle des cuisses musclées de la joueuse de Quidditch. Parfaite, il n’y avait pas d’autres mots. Détruite de l’intérieur, mais parfaite en apparence. Et si elle avait avec le plus grand soin fait en sorte de l’être, à présent, elle le regrettait amèrement. Pourquoi s’était-elle apprêtée ainsi ? Pour qui ? Pas pour lui en tout cas ! Il eut été idiot de croire qu’elle pourrait encore désirer lui plaire. Non, non… Idiot ! Impossible ! Improbable… Fou de sa part ! Comment pouvait-elle oser l’aimer ? L’aimer comme une folle… Le haïr aussi, il le fallait bien… Pourquoi ? Par pitié, que cela s’arrête… Elle ne l’aimait pas !

Alors pourquoi ses yeux brillaient-ils ainsi ? Pourquoi son cœur frappait-il ainsi dans sa poitrine ? Pourquoi ? Elle avait cherché à se convaincre elle-même des mots qu’elle avait envoyés à Andrew Brown. Elle avait bien cherché à se faire croire que cette soirée avait été désagréable à cause de lui. Mais en vain. Ses lèvres, son étreinte, son aveu hantaient encore ses jours et ses nuits. Sirius avait calmé sa peur, sa culpabilité, mais en aucun cas il n’avait soigné son amour. Son amour… Non ! Non ! Quelle niaise elle faisait ! Elle n’aimait pas Andrew Brown ! Elle le maudissait ! Elle le détestait ! Il n’était pour elle qu’un mangemort particulièrement désagréable qu’elle ne rencontrait que sur la demande de Yolanda Yeabow, pour mieux remplir sa tâche d’espionne, et aider l’Ordre. Mais elle n’y prendrait aucun plaisir ! Elle ne ressentirait aucune joie à être en sa présence, à lui parler, et à plonger ses yeux dans ce merveilleux regard azur qui l’envoutait complètement… Non ! Elle secoua la tête, et l’une de ses mèches glissa en avant. Avec précaution, elle la ramena à sa place, se mordant la lèvre et maugréant tout bas contre elle-même. Elle n’était qu’une fantastique sotte ! Voilà tout ! Elle jeta un coup d’œil autour d’elle, mais il n’y avait dans le salon rien ni personne qui aurait pu lui venir en aide, rien que le miroir ancré au mur, le bar et la chaise qu’elle n’avait pas encore eu le courage de toucher.

Zara avait depuis peu élu domicile (officieusement bien sûr, personne d’autre que Sirius Black n’était au courant) au Pavillon Rainbow qui l’avait vue grandir. Elle avait en quelques semaines tout réaménagé, tout repeint, tout réparé, ce qui lui avait permis de ne plus penser à rien d’autre. Il n’y avait plus eu que cet endroit, cet endroit lui avait pris toute son énergie, de sorte que rien d’autre n’avait, pendant un temps, pu l’atteindre. En peu de temps, les différentes chambres, salles de jeux, la cuisine, le grenier, le sous-sol, le jardin, tout avait été remis à neuf, comme dans ses souvenirs d’enfance. Ou non, c’était mieux encore. Car Zara ne se souvenait pas de la moitié des pièces, elle ne se rappelait pas l’immensité du jardin. Elle revoyait l’univers dans lequel elle avait vu le jour, et où elle s’était construite, et elle en éprouvait une joie immense. Mais ce salon, elle n’avait pas réussi à le toucher. Car c’était le lieu qui l’avait détruite, qui l’avait condamnée. Elle fermait ses paupières, et elle pouvait revoir l’affreuse scène qui s’était jouée ici douze ans plus tôt. Le froid, la mort. Et ce rire, ce rire monstrueux résonnait encore en elle. Et la voix de Lisa ne la rassurait plus, la voix de Lisa ne l’assurait plus de son humanité. Non, au contraire, elle la condamnait, elle l’enfonçait encore plus. Blue redevenait une petite fille blessée, et elle était à la merci de cet endroit maudit. Alors elle gardait les yeux bien ouverts, et elle quittait vite la pièce qu’elle n’avait plus rien à y faire.

Et c’était le cas. Elle adressa un dernier regard blasé au miroir, en colère contre elle-même, mais refusant tout net d’apparaitre autrement au Manoir Brown. Elle transplana. Il était tard, elle n’était pas en avance. Ça n’avait pas d’importance. Elle était là. Malheureusement, elle y était arrivée. Elle regarda la porte du Manoir qui, à l’image de toutes les autres habitations de cette partie du quartier sorcier à Londres, paraissait particulièrement inhospitalier. En se souvenant de où elle venait, des couleurs pastels qui ornaient la devanture du Pavillon Rainbow, et en détaillant son lieu de rendez-vous, la mort d’Olivia lui revint en mémoire. Et elle crut qu’elle était toujours enfant, et qu’elle devait se rendre chez sa tante pour y vivre. Elle frémit, connaissant le malheur, le désespoir et la douleur qui l’attendait si elle frappait à cette grande porte sombre. Non ! C’était différent. Certes, elle n’aurait jamais le bonheur ici, il ne fallait pas qu’elle l’attende, il ne fallait plus qu’elle l’espère, cet homme n’était pas pour elle. Mais ce que Mary lui avait fait… Il n’oserait pas. Forte de cette conviction, elle frappa.

C’était étrange. De se trouver devant chez lui. Si proche de lui, et en même temps si lointaine. C’était étrange de se dire qu’elle allait devoir passer une soirée entière à ses côtés, et d’autres encore… Mais que ce ne serait pas pour ce que son cœur avait au départ demandé. Néanmoins, elle le sentait battre trop fort en elle. Car à présent qu’il ne saignait plus, que Sirius l’avait réparé, une fois de plus, il ne pouvait plus haïr, il ne voulait plus. Mais la conscience de Zara s’en chargeait à sa place. Elle se chargeait aussi de faire payer à la jeune fille sa bêtise, son entêtement, son amour impossible et pourtant si puissant. Elle lui avait arraché des sanglots, des larmes et des cris certaines nuits, en faisant apparaitre tour à tour le visage de cet homme maudit et de cette amie tant aimée, les comparant, en lui remontrant cet amour et cette peur, dans ces deux regards azurs à la fois si semblables et si différents, tous deux chéris, mais source de souffrance ; elle lui en arracherait encore.

Une elfe de maison lui ouvrit. Tout à fait ordinaire, sauf que sa tenue semblait un peu plus propre, et que le foulard bleu et brun autour de son cou témoignait de sa liberté. Zara écarquilla les yeux. D’abord, elle n’aurait jamais cru qu’un sang pur comme Brown puisse accepter à son service un elfe libre, mais surtout, elle reconnaissait ce foulard. Il n’en existait pas deux pareils ! Il avait été fait à la main, il avait été à elle, avant qu’elle ne l’offre… « Brownie ! » L’elfe qui jusque-là avait gardé la tête baissée, en signe de soumission et de politesse, se redressa vivement et détailla de son regard vif la jeune femme qui lui faisait face. En regardant de plus près la créature, Zara pouvait admirer ses traits si réguliers, ses immenses yeux qui rendaient beau cet être étrange. Brownien n’avait pas changé. Et elle paraissait particulièrement bien traitée, elle avait bonne mine. Il ne lui fallut pas longtemps pour la reconnaitre à son tour, et elle émit un couinement aiguë, en prenant les mains de Zara et en l’entrainant à l’intérieur du couloir, sans que celle-ci ne puisse réagir. La jeune femme rit doucement de cette éternelle vivacité qu’elle connaissait à l’elfe, et qui enfant faisait son admiration. « Mademoiselle Zara ! » Elles se sourirent toutes deux, se détaillant, curieuses. L’elfe était peut-être exactement comme dans ses souvenirs, mais Zara avait beaucoup changé elle. L’enfant était devenue une femme, et une femme superbe. Brownie couina encore de contentement en la faisant tourner sur elle-même. « Comme vous avez changé Mademoiselle ! Comme vous êtes belle ! Plus que votre mère ! Jamais je n’aurais cru vous revoir ! Oh je suis tellement heureuse Mademoiselle ! » La jeune Blue sourit de plus belle, sensible au compliment, et à la comparaison avec Olivia dont elle avait toujours admiré la beauté avec une sorte d’idolâtrie dont seules les petites filles sont capables, et se laissa faire. Peu après le Pavillon Rainbow, elle retrouvait celle qui l’avait élevée. C’était un hasard surprenant… Elle ne s’y serait jamais attendue ! La jeune femme allait répondre avec un engouement pareil à celui de cette chose qui lui avait appris à parler, à marcher, qui l’avait nourrie, lavée, soignée, bercée et rassurée, quand un raclement de gorge attira son attention. Elle releva lentement les yeux.

Andrew Brown se tenait à quelques mètres d’elle. Depuis combien de temps était-il là ? Avait-il assisté à ses étranges retrouvailles ? Zara l’ignorait. Et elle ne voulait pas savoir. Plus rien n’avait d’importance ; elle se sentait mourir par sa seule présence, sous son seul regard. Son être entier brûlait et se déchirait, partagée qu’elle était entre un amour ardent et une haine féroce. Elle tenta de rester calme, en vain. Mais il ne l’était pas plus qu’elle. Ce visage exquis habituellement impassible trahissait sa surprise, et trahissait d’autres sentiments encore, que quelque chose en Zara rendaient cruels pour cœur. Ces yeux captivants étaient ronds de surprise, sans que l’attrapeuse ne comprenne à quoi il songeait exactement. Elle se redressa, et inclina poliment la tête. Il en fit de même, et sa merveilleuse figure avait retrouvé son calme quand leurs yeux se croisèrent à nouveau. Elle sentit son estomac se serrer, mais chercha tant bien que mal à se faire de marbre à l’image de son hôte. Brownie, qui avait baissé elle aussi la tête presque jusque terre en signe de respect - et qui par ce geste montrait à Zara l’étendue de l’amour qui l’unissait à son nouveau maître, amour que la fille d’Olivia ne comprenait pas vraiment - lui prit le bras et le tira un peu, souriant à cette enfant qui était capable d’interpréter le moindre de ces signes, ayant appris par eux. La brune rougit, voyant bien que la petite chose frêle avait déjà compris ; cependant la voix du médicomage ne trahissait rien quand il la salua. La jeune femme prit sur elle, et fit un effort insensé pour garder son calme et répondre de façon aussi neutre que polie, puis elle marqua une courte pause, et reprit doucement. « Veuillez m'excuser pour mon retard. » Elle capta son irritation et fronça les sourcils, écoutant à peine la réponse qu’il lui donnait.

Cet homme… Cet homme qu’elle aimait tant… Pourquoi était-il ainsi ? Comment pouvait-il l’être puisqu’il avait touché son cœur comme personne encore ? Zara se serait damnée pour l’un de ses sourires, mais à ses efforts de politesse répondait l’agacement de son interlocuteur. Elle se sentait d’autant plus blessée qu’elle avait mille et une raison de le haïr, et que pendant quelques secondes, avec Brownie accrochée à son bras, elle s’était permise de rêver. Elle ne devait pas. Cet homme ne méritait que sa haine ! Et puis d’ailleurs, cet homme était à une autre ! Elle se rappela avec exaspération sa dernière entrevue avec sa correspondante française, et reprit d’une voix froide et un petit plus aigüe qu’à l’habitude, se forçant pourtant à un sourire poli. « J'ai appris pour vous et Mademoiselle Gauthier. Félicitations. »
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:33
Le rite d’Andrew Brown était immuable, et ce n’était pas ce soir-là qu’il allait le changer. Il était vrai que ses pensées étaient plus préoccupées, en ces temps sombres, que son esprit s’embrumait souvent et qu’il se faisait plus songeur ; néanmoins cela ne l’avait pas empêché de se retrouver, comme tous les soirs, depuis toujours, au cœur de sa bibliothèque, entouré de livres. Après une longue journée de travail, il avait besoin comme toujours de se détendre parmi les vieux grimoires. Il n’était pas encore sept heures, il lui restait du temps. Mais, dans un instant, un instant qu’il espérait à la fois proche et lointain, on sonnerait à sa porte, le tirant trop brusquement de sa rêverie. Et elle sera là, belle comme elle l’était toujours resplendissante, l’éblouissant de sa fraîcheur et de la vision enchanteresse de ses traits doux. Ses yeux aux mille nuances capteront l’attention de son regard d’azur, et son cœur se mettra à battre avec puissance, comme un jeune oiseau en cage qui martèlerait furieusement aux barreaux. Mais sa voix sera dure, vibrante d’amertume et de rancœur, et à chaque mot qu’elle dira, il sentait d’avance son cœur se déchiqueter. Alors, les traits de son propre visage se tendront, sa figure se fermera, il deviendra froid et distant à son tour. La dernière lettre qu’il avait reçue de Zara suffisait à annoncer la couleur de l’entretien.

S’il n’en tenait qu’à lui, il aurait évité la présence de la jeune Blue autant que possible, surtout après les récents événements. Mais voilà, il fallait qu’une idée folle passe dans l’esprit non moins tordu de Yolanda Yeabow, qu’elle décide de faire de Zara son espionne, et qu’elle ait besoin de cours d’occlumencie. Et, de tous les Mangemorts occlumens, il fallait que ce soit lui qu’elle choisisse. Savait-elle seulement ce que ça impliquait ? Combien ça lui coûtait de devoir revoir Zara, durant toutes ces soirées ? Idiote ! Et lui, lui, stupide au point de lui avouer ses sentiments, lorsque tout allait au plus mal, stupide de lui avouer ses sentiments à elle, Mangemorte, fière sang-pur idiote et orgueilleuse ! C’était rêver que d’imaginer que leur relation aille plus loin ! Rêver que d’imaginer une vie à ses côtés ! Pure folie, simplement, pure folie ! Et lui, en fidèle imbécile heureux, qui ne pouvait s’empêcher de continuer, lui, si terre-à-terre d’habitude qu’on ne retenait plus de rêver ! Comment avait-elle réagit à sa déclaration ? Méprisante, sans doute, comme elle devait en avoir l’habitude. Elle le méprisait, maintenant, lui, misérable, amoureux.

Ce fut suite à un bruit dans le couloir qu’il lâcha son livre, le posa dans un coin et se leva de son fauteuil. Dans le couloir, il vit son elfe en conversation animée avec quelqu’un, ce qui le surprit légèrement ; et ce fut alors qu’il la vit.
Jamais il ne l’avait vue si jolie. Vêtue d’une belle robe bleue nuit, décolletée de manière à laisser voir plus de chose qu’il ne fallait, fendue au niveau des cuisses, elle resplendissait. Son sourire, oh, son sourire illuminait son visage de façon si ravissante que son être s’enflamma aussi suite à cette vision. Merlin, ce qu’il pouvait l’aimer… Ce qu’il pouvait la haïr, aussi, haïr son orgueil, sa situation de Mangemorte, sa fierté stupide et son entêtement ! Ce qu’il pouvait la haïr d’être aussi belle, de basculer sa vie, de le rendre amoureux, alors qu’il s’était juré de ne plus s’approcher des Mangemorts…
Elle connaissait son elfe, Brownie. Elles venaient d’entamer la discussion enflammée de deux personnes qui ne se seraient pas vues depuis des années. Et Brownie qui la regardait, qui s’exclamait qu’elle était superbe, qui la faisait tourner pour l’admirer encore et encore… Ce spectacle le rendait fou. Comme s’il avait besoin qu’on lui rappelle que Zara était merveilleuse !

Au bout d’un certain temps seulement, elle daigna s’apercevoir qu’il était là. Son visage devint glacé, et il n’eut aucune difficulté à adopter ce même masque de froideur. Ils se saluèrent, sèchement. Les souvenirs de leur dernière rencontre étaient restés profondément ancrés en lui, de même pour la dernière lettre de Zara. Il la revoyait nettement crier, folle, alors qu’il venait de lui sauver la vie, de l’écarter du danger. Comme si elle lui en voulait… Et ce baiser qu’ils avaient échangés, la douceur de ces lèvres qu’il ne voulait plus jamais sentir contre les siennes, tant il était en colère. Secrètement, il se félicita de son impassibilité, de la capacité qu’il avait à garder son visage de marbre, à ne pas faire trembler sa voix. Son retard ? Agacé, il bredouilla que ce n’était rien.

« J'ai appris pour vous et Mademoiselle Gauthier. Félicitations. » Quoi ? Harmony ? Il devait avoir mal entendu. D’où se connaissaient-elles ? Comment avait-elle pu savoir ? Et pourquoi ? Pourquoi le lui rappeler, maintenant, après tout ce qui s’était passé ? Elle n’avait pas le droit ! Avec une légère satisfaction, il sentit sa voix aigüe, tremblante, hésitante lorsqu’elle prononça ces mots. Ces coups de poignards. Il ne supportait pas d'entendre cela, ces accents terribles dans sa voix mélodieuse Ce fut en tentant tant bien que mal de paraître détaché qu’il lui répondit. « Je vous remercie. » Il l’inviterait au mariage, la nouvelle des fiançailles avait l’air de lui faire plaisir.

Sans un mot de plus, ils quittèrent l’elfe et Andrew la guida silencieusement vers la bibliothèque, où ils devraient travailler. Le Médicomage ne lui demanda pas d’où elle connaissait Brownie. Ce devait être une ancienne servante de sa famille, avant qu’elle ne devienne elfe libre. Andrew aimait bien cette elfe, et il sentait que c’était réciproque, à en juger le dévouement avec lequel elle s’occupait de lui. Souvent, il lui arrivait de lui raconter la manière avec laquelle elle était devenue libre, comment la petite fille de la famille qu’elle servait lui avait tendu une écharpe bleue et brune, un jour, cette même écharpe qu’elle ne quittait jamais. Etait-ce possible que cette même petite fille soit Zara ?

Il la fit entrer. « L’occlumencie est une branche de la magie particulièrement obscure et nébuleuse. C’est un art qui demande un travail de la plus grande rigueur. Vous ne pouvez négliger cet apprentissage ». Il poursuivit, à la fois calme et sérieux. Parler de l’un des sujets qu’il avait autrefois étudié avec passion et qu’il maîtrisait aujourd’hui avec aisance le détendait. « Au cours des séances qui vont suivre, je vais tenter de pénétrer dans votre esprit. Vous allez devoir m’en empêcher Miss Blue, faire tout ce qui est en votre possible pour vous défendre – sans baguette. » Ne pas la regarder. Ne pas regarder ses yeux, ses yeux aux mille nuances, le teint coloré de sa peau, ses lèvres… Ses lèvres au goût de miel… Non… Ne pas regarder. Il fallait qu’il se concentre. Sur l’occlumencie. Il saisit sa baguette, nerveux. « Maintenant, Miss Blue, je vais vous demander de fermer votre esprit. »
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:33
When will love be through with
me ?
Doucement j'y plongerai sans qu'une main me retienne. Lentement je m'y noierai sans qu'un remord ne me vienne...
Le temps qui adoucit la peine n'efface pas le souvenir.


En vérité, Zara Olivia Blue ignorait qui d’Andrew, ou d’elle, elle avait le plus blessé en prononçant ces mots, car elle espérait l’avoir touché un peu. Elle se trouvait cruelle avec elle-même, en se rappelant cette union. Elle ne répondit pas. Mais son aveu, lors de leur dernière rencontre lui revint en mémoire. Elle avait raison de ne pas y avoir cru ! Il n’avait pas été sincère ! Il allait épouser Harmony ! Il ne l’aurait jamais épousée, elle… Ces pensées auraient ranimé plus férocement que jamais sa haine, si elles n’avaient pas été nourrir son désespoir. Pourquoi lui faisait-il cela ? Qu’avait-elle dit ou fait pour le mériter ?

Elle se laissa entrainer loin de Brownie qu’elle avait temporairement oubliée jusque dans la bibliothèque. Elle avait deviné, de par ses lettres, que c’était le lieu où il passait le plus de temps ; et elle ne fut pas très surprise de découvrir la pièce qui devait être la plus grande de la maison, agréable et très hospitalière, et évidemment, remplie d’étagères couvertes de livres… Plus qu’elle n’en avait jamais vu. Cela avait quelque chose de magique. Elle détailla l’endroit, avec l’étrange impression que ça ne pouvait être réel. C’était le genre de décor que l’on servait dans les contes et les romans… Mais la réalité ne pouvait véritablement produire de telle atmosphère ?

Il la tira de ses pensées de sa voix grave et délicieuse. L’attrapeuse l’écouta sans répondre, attentive, gravant chaque information en elle. Fermer son esprit. Plus facile à dire qu’à faire ! Elle avait beau essayer, le regard en saphir de son interlocuteur l’envoutait complètement, l’empêchant de se concentrer…


Zara se sentit basculer en arrière, comme si quelque chose l’entrainait plus loin. Il venait de pénétrer dans son esprit, et si elle essayait de le repousser de toutes ses forces, elle le sentait gagner du terrain en elle. Fermer son esprit…

Il y eut un bruit terrible. Un bruit très bien connu de la jeune femme. Le bruit de quelque chose qui tombe et qui se brise en un craquement sourd. Et alors, elle sut qu’elle avait perdu sa lutte.

Ils étaient aspirés dans un tourbillon de couleurs et de sons, qu’elle ne parvenait pas à distinguer les uns des autres. Et tout d’un coup, une scène bien nette se dessina autour d’elle. Elle était dans la bibliothèque du Manoir Blue, et elle entendit la voix de sa tante prononcer le sortilège de la torture, avant de se sentir envahir par la douleur. Mary était devant elle, elle l’agrippait par le cou, et la maintenait à quelques centimètres du sol, plaquée contre une étagère. « Ecoute-moi bien Zara ! Je ne te laisserais pas faire comme ton idiote de mère et tout gâcher ! Alors tu vas faire exactement tout ce que je vais te dire, tu me comprends ! Estime-toi satisfaite ! ESTIME-TOI SATISFAITE ! Je n’en ai strictement rien à faire qu’il ne soit pas à ton goût, ou que tu ne veuilles pas de lui ! J’ai vu ce qui se passait quand les filles de ton engeance prenaient les décisions par elles-mêmes ! J’ai vu qui était ton père ! Un sale moldu ! Et tu ne vaux pas mieux ! Mais tu ne feras pas comme ta mère, tu entends ! Tu feras ce que je dis moi ! Zara tu n’aimeras jamais ! Je t’interdis de tomber amoureuse, et je maudis l’homme que tu aimeras ! Je le tuerai ! Je ne veux pas que tu sois heureuse ma fille ! Je veux simplement que tu assures au Blue une descendance convenable ! Tu comprends ? Tu n’as pas vraiment le choix de toute façon… » Le rire sombre et froid de sa tante se noya dans le vide, tandis qu’elle glissait encore. Elle chercha encore à le repousser, en songeant qu’il devait apprécier le spectacle, la voir insultée, rabaissée, remise à sa place… ce devait être à son gout ! Sa vengeance devait être douce… Mais ses pensées ne changeaient rien, il continuait à gagner du terrain sur sa conscience. Une main fraiche se posa sur son front, et elle soupira d’aise, en se laissant glisser sur l’herbe sous elle. La cabane sous les roses se dessinait autour d’elle. Lisa était penchée au-dessus d’elle, elle la soignait, bien que son état n’ait pas grand-chose à envier à celui de la brune. « Ce n’est pas ta faute Zara, tu sais… Il ne faut pas que tu t’en veuilles… Elle n’arrêtera jamais de toute façon… Mais… Merci. J’ai parlé à d’autres… Esclaves… Tous les jeunes maîtres ne sont pas comme toi tu sais… Je ne sais pas… Zara… Je… » Zara s’était redressée lentement, elle la regardait, le regard incroyablement clair, doré, et elle lui prit les mains. « Lisa… Lisa tais-toi ! Lisa ! Arrête de dire n’importe quoi ! Je t’interdis de dire que je suis ta maîtresse. Lisa… Tu es ma sœur… Ma seule amie. Et… j’ai promis que j’empêcherai que l’on te fasse du mal ! Tu t’en souviens ! Je l’ai promis ! Ici ! Je t’ai juré que personne ne te ferait plus rien, que personne ne te ferait plus peur ! Je suis désolée… Je n’arrive pas encore à te protéger d’elle… Mais je te jure, je te jure qu’un jour, un jour, tout sera fini ! On ira à la mer ensemble, tu te souviens ? »

Ces souvenirs ranimait une plaie en Zara, et plus que jamais, elle chercha à forcer le médicomage à quitter son esprit. Un instant, elle crut y parvenir, ses souvenirs s’effaçant dans sa tête, devenant plus terne, les voix plus lointaines, moins nombreuses… Mais une se détacha, une qui lui fit perdre d’un coup tout l’avantage qu’elle avait déjà réussi à gagner. « NON ! Non je t’interdis ! Tu m’as abandonnée ! Tu avais promis de me protéger, et tu n’étais pas là quand il s’en est pris à moi ! Pire encore ! Tu… Tu flirtes avec lui ! Je te hais Zara, je te hais ! »

Il y eut un bruit terrible. Un bruit très bien connu de la jeune femme. Le bruit de quelque chose qui tombe et qui se brise en un craquement sourd. Le bruit d’une vie qui s’arrête, et d’une autre qui se brise en milliers de petits morceaux qui ne se recolleraient jamais. Zara aurait aimé fermer les yeux, ne pas voir le Pavillon Rainbow qui prenait forme autour d’elle, mais c’était un souvenir dans son esprit, un souvenir qu’elle ne pouvait pas fuir. Elle avait sept ans, elle était sur le pas de la porte, dans ce salon maudit, qui avait signé sa perte. Il y avait cette pendue, grande et blonde, qui pendait accrochée par une cravate à la poutre, juste devant la fenêtre. Son fauteuil avait été déplacé, et sa chaise était sur le sol. Zara voulait disparaitre, et surtout, Zara ne voulait pas être là quand cette enfant brune… Quand elle… Avec ses dernières forces, elle chercha à se rappeler ce que lui avait dit Andrew… Fermer son esprit… Rien ne se produisait. Et pourtant, elle savait bien qu’elle allait mourir s’ils en restaient là. Elle n’y survivrait pas une deuxième fois…

« Je vous en supplie, arrêtez ! »
Le cri de la jeune femme résonna dans l’immense bibliothèque du Manoir Brown. Zara avait glissé sur le sol, et elle serrait ses longues jambes nues contre elle, sa robe était remontée dans la position qu’elle avait pris, en balançant son corps d’avant en arrière, incapable de parler, incapable de regarder l’homme qui lui faisait face, incapable de pleurer même. Elle avait l’impression que tout l’intérieur de son être avait été ravagé. Cela saignait et bouillait en elle, alors qu’elle frissonnait pourtant, glaciale, apeurée, plus que jamais détruite et dévastée. Elle n’avait pas signé pour cela. Elle voulait être espionne, mais elle refusait une séance de torture hebdomadaire ! Mais ces pensées ne lui étaient d’aucun secours. Comme si elle avait le choix… Et de toute façon, ça ne la soignait pas de penser ainsi, ça ne l’aidait pas. Elle souffrait ! Elle plongea son visage dans ses deux mains, et chercha à étouffer les gémissements qu’elle n’arrivait pas à contenir. Elle releva doucement le visage vers le médicomage, la vue trop brouillée pour captée son expression, mais suppliante. Qu’il l’aide… Pitié ! Que cela s’arrête !


C'est drôle, c'est dans le souvenir que les choses prennent leur vraie place ...
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:33
Si Andrew était un excellent occlumens, il n’avait pas l’habitude de pratiquer couramment la légimencie. C’était Harmony qui y était vraiment forte. Harmony… Ce qu’il pouvait maudire Zara de lui avoir rappelé cette union, cette union infernale auquel il… ! Ah… ! Qu’il arrête d’y penser, en merveilleux imbécile qu’il était ! Il fallait qu’il se concentre sur la légimencie ! Pénétrer dans son esprit serait chose très aisée, bien sûr, Zara étant débutante. Généralement, lors de la première intrusion, personne ne parvenait à se protéger correctement ; mais à force de pratique, l’élève parvenait finalement à légèrement fermer son esprit. Andrew se demandait ce qu’il pourrait bien trouver dans la mémoire de Zara. Si elle gardait des souvenirs de lui. Le genre de chose qu’il pourrait bien trouver l’intriguait – et cette curiosité le révulsait en même temps.

***


« Endoloris ! » Ils étaient dans le Manoir Blue. Le sortilège de douleur avait fusé de la baguette de Mary Blue, et, déjà, une jeune fille se tordait de douleur sur le sol. Zara. Andrew pouvait presque la sentir, cette douleur, la palper, effaré. Tout dans ce souvenir, que ce soit la violence de cette femme, la brutalité dont elle faisait preuve ou le venin dans ces paroles, était tout bonnement terrifiant. De qui parlait-elle donc ? Pourquoi cette scène ? Il voulait arrêter… ne plus voir ça… Il ne voulait pas savoir, pas savoir ! Mais il ne devait pas lui montrer qu’il était faible, faible face à elle. Il n’allait pas arrêter tout de suite, pas maintenant…

Deux jeunes filles étaient assises dans l’herbe. L’une d’elle était la jeune Barthélémy qui était morte, l’amie de Zara. Zara lui en avait parlé. Qu’elle était belle, à ce moment-là, ses yeux dorés brillants ! Comme elle paraissait… ! Merveilleuse, tout simplement… Malgré son état peu enviable, malgré ses bleus et son air fatigué, son expression protectrice et généreuse lui conférait une allure de reine.

Il fallait que Zara se défende ! Andrew ne pourrait pas continuer éternellement ! Il fallait qu’elle comprenne, toute seule… C’était le seul moyen, et, pendant un instant, il crut qu’elle avait réussi à totalement le repousser. Il ne força pas et s’apprêta à se retirer lorsqu’une nouvelle voix retentit.

La même jeune Barthélémy criait après Zara. Andrew reconnut la scène. C’était après qu’elles aient quitté le stade de Quidditch, après le baiser qu’ils avaient échangé tous les deux, et les cris de colère de la née moldue entrée précipitamment. Des mots durs sortaient de sa bouche, ses derniers mots sans doute avant l’accident qui allait survenir.

Un bruit retentit. C’était un autre décor qui se plantait, le décor d’un endroit qu’Andrew ne reconnaissait pas. Une femme étaient pendue, près d’une fenêtre. Elle était blonde, ressemblait très étrangement à Mary Blue. Une petite fille entra, une enfant de sept ou huit ans. Elle toisa le cadavre, puis…

***


« Je vous en supplie, arrêtez ! »
C’était un cri terrible, un cri fort qui résonna dans toute la bibliothèque, un appel au secours. Andrew sentait son cœur meurtri, endolorit après un tel voyage dans de telles pensées. Lentement, le Médicomage se tourna vers la femme par terre, cette jeune femme née pour connaître le malheur, toute sa vie durant. Ses souvenirs qui ne lui appartenaient pas, ces voix qui ne lui étaient que peu familières, résonnaient encore avec force dans l’esprit d’Andrew. Comme Zara lui paraissait fragile, ainsi, par terre, ses longues jambes nues contre elle, son corps entier tremblant ! Elle ne le regardait pas, profondément marquée par ce qui venait de se passer, incapable de faire quoi que ce soit. Comme elle avait été forte, toute sa vie durant ! Elle n’avait jamais laissé paraître qu’elle endurait de tels malheurs, elle n’avait jamais montré à quel point son passé avait été terrible ! Combien elle avait souffert, combien elle souffrait, combien elle souffrirait ! Non… Non, elle ne souffrirait plus, elle ne le méritait pas… Elle ne méritait pas tout cela… Zara avait le droit d’être heureuse ! Elle devait connaitre le bonheur ! Andrew voulait la voir sourire, rire, il voulait voir disparaître cette expression de martyre de son visage ! Il voulait s’éveiller près d’elle chaque matin, entendre tous les jours sa voix chantante parler avec douceur, il voulait voir ses grands yeux dorés briller de malice et de joie, s’éclaircir, toujours, lui faire voir cette palette de reflets, de nuances. Oh, il voulait la rendre heureuse, lui ! Il voulait, plus que jamais, lui faire goûter au bonheur et l’éloigner de toutes ces mauvaises choses qui avaient fait sa vie ! Oui, il l’aimait, il l’aimait plus que jamais il n’avait aimé qui que ce soit, il l’aimait à en avoir mal et à en être heureux, il l’aimait à en perdre la raison !

« Je suis la plus mauvaise élève d'Occlumancie au monde... » Il s’agenouilla à sa hauteur, lui prit la main et l’aida à s’installer sur un fauteuil. « Non, pas du tout. Il est normal de ne pas parvenir à bloquer l’intrusion la première fois… Je… » Il ne savait pas quoi dire, après tout ce qu’il venait de voir. Il ne savait pas comment la rassurer, comme l’aider, la protéger. Quelque chose l’en empêchait. Cette timidité maladive qui lui broyait l’estomac. Essayer de jouer les professeurs d’occlumencie, cette fois, serait ridicule. « Peut-on arrêter ici pour ce soir ? » Arrêter… oui, arrêter… Mais pour faire quoi ? Il n’allait pas la remettre dehors, dans cet état. « Bien sûr… Vous avez besoin que Brownie vous apporte quelque chose ? » Il était ridicule, il ne savait plus quoi dire. Tous ces souvenirs… Et dire qu’il avait continué, qu’il n’avait pas songé à arrêter dès le premier… Et dire que c’était à cause de lui que Lisa était morte… « Je suis… je suis désolé, Zara…»
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:34
Why live life from dream to dream, and dread the day when dreaming ends ?
Mon péché, mon obsession, désir fou qui me tourmente, qui me tourne en dérision,qui me déchire et me hante...
C'est plein de disputes un bonheur.



Détresse. Le mot lui avait échappé. Ce qu’elle avait ressenti à la mort de Lisa, ce qu’elle avait ressenti face à Mary, ce qu’elle avait ressenti même face au cadavre d’Olivia, un court, un très court instant. Ce sentiment qui l’avait fait grandi tout d’un coup, qui avait fait d’elle une presque adulte à sept ans, qui l’avait empêchée d’être petite, qui l’empêcherait toujours d’être grande. La détresse. Elle la ressentait clairement maintenant. Elle avait l’impression d’être seule, d’être nue, d’être à la merci de toutes ces choses, toutes ces personnes qui lui voulaient du mal, à la merci de ses peurs. Et elle ne pouvait pas fermer les yeux pour se souvenir de l’étreinte rassurante de Sirius, elle s’était ôtée cette image de la tête, elle s’était séparée de sa sauvegarde. Ne lui restait plus qu’une chance, une chance qui demeurait en l’homme brun qui lui faisait face, l’homme brun qui semblait avoir été choqué par ce qu’il avait vu, cet homme qui pourrait la comprendre peut-être ? Comme elle l’aurait voulu… Si Andrew l’avait comprise, comme le monde se serait éclairé… Zara inspira doucement, tandis qu’il s’approchait et s’agenouiller à sa hauteur. Elle articula des mots sur le ton de la plaisanterie, mais sentie pourtant sa voix penaude et craintive. « Je suis la plus mauvaise élève d'Occlumancie au monde... » Il lui tendait la main, elle la prit et se laissa entrainer, écoutant les paroles qui se voulaient rassurantes. Mais les mots ne venaient plus. Elle reprit, sans chercher à rire cette fois-ci. « Peut-on arrêter ici pour ce soir ? » Oui, ils pouvaient. Tant mieux. Elle n’aurait pas supporté qu’il réessaie. C’était déjà trop douloureux, trop proche. Elle se mit à trembler en s’asseyant sur le fauteuil, et serra un peu plus cette main qu’il lui avait donnée. Et si elle échouait ? Si elle n’était pas capable d’apprendre l’Occlumancie ? Et si les mangemorts finissaient par découvrir la vérité ? Et si…

Ce furent les excuses d’Andrew qui la tirèrent de ses pensées, qui firent taire un moment ses inquiétudes. Il s’excusait lui ? Mais pourquoi s’excusait-il ? Non, non, il ne fallait pas ! Elle se redressa vivement, et attrapa la deuxième main de son professeur pour les serrer toutes deux. « Désolé ? Non ! Non il ne faut pas que tu sois désolé Andrew ! Tu n’y es pour rien toi ! Oh Andrew ! C’est moi ! J’ai été folle et bête ! Andrew, tu n’as rien fait ; c’est ma faute ! Je n’aurais pas dû… Je n’aurais jamais… Pardonne-moi s’il te plait ! Pardonne moi je t’en supplie ! J’ai été la dernière des idiotes ! Mais j’avais peur, j’avais mal… Je n’aurais pas dû… Je suis désolée ! Et ma lettre ! Je ne le pensais pas tu sais ! J’ai été infecte… Andrew, excuse-moi ! Andrew je… » L’attrapeuse s’arrêta soudain de parler. Elle s’était rapprochée du mangemort lentement, et elle était très proche de lui à présent, trop proche de lui même. Qu’était-elle sur le point de lui dire ? Elle rougit, le lâcha, et recula jusque retomber sur son fauteuil. Sa mâchoire tremblait, son esprit était embrumé, tout se mélangeait en elle. Elle secoua doucement la tête, et son visage rouge devint très pale. « Je... Je pourrais avoir de l'eau s'il vous plait ? » Il s’exécuta, très doux. Brownie apparu bien vite avec ce que la jeune femme avait demandé, et elle dévisagea l’enfant qui se tenait dans ce grand fauteuil, apeuré, les jambes serrées contre son corps avec une mine à la fois surprise et grave. Mais la brune ne s’en souciait pas. Tout ce qu’elle avait remarqué, c’était sa douceur à lui, sa douceur qui tranchait tellement avec son attitude quand elle était arrivée. Sa merveilleuse douceur qui la rassurait un peu. Elle but en silence, rendit son verre à l’elfe et regarda la petite créature disparaitre.

Et maintenant ? Que devait-elle faire ou dire ? Elle ne savait pas. Mais elle n’aimait pas ce silence. Elle se sentait obligée de le rompre, de sa toute petite voix. « Dîtes-moi, êtes-vous satisfait de votre elfe ? » Oui, c’était la première chose qui lui était venue à l’esprit. La réponse ne se fit pas attendre, il parlait doucement encore, toujours merveilleusement doux.« Oui, c'est une créature merveilleuse. Vous la connaissez ? » La jeune femme acquiesça. « Oui. Elle... Elle servait nous servait avant... avant... » Avant la pendaison d’Olivia ? Non, non, elle ne pourrait pas le dire. Elle ne pourrait pas en parler. Elle n’y arrivait déjà pas en règle générale, mais alors qu’elle venait de partager ce souvenir avec lui, cela lui paraissait simplement impossible. « Avant que je ne la libère. » Le silence retomba. Elle n’osait plus parler, elle n’osait pas le regarder, elle n’osait pas bouger. Elle était perdue et ne savait plus quoi faire. Et lui qui ne disait rien non plus ! Pourquoi ? Peut-être n’en avait-il pas envie ? Peut-être voulait-il qu’elle parte ! Elle se redressa vivement, craintive, tremblante jusque dans la voix. « Je... Je vous dérange peut-être ? Je vais vous laisser... Je vous remercie pour tout... A.. Euh... Vendredi prochain.. Je... » Elle n’y arrivait pas, elle ne pouvait plus bouger. Elle ferma les yeux, et chercha d’autres mots, d’autres excuses… Elle sentit la main de son ami qui se posait sur la sienne, et son regard était dans le sien quand elle ouvrit à nouveau les paupières. « Non ! Non, pas du tout ! Vous... vous pouvez... ! Restez, je vous en prie ! » Zara rougit mais acquiesça. S’il le voulait. De toute façon, il aurait pu lui demander n’importe quoi, elle l’aurait fait, elle aurait acceptée. Elle sentait son cœur qui frappait dans sa poitrine et qui résonnait en elle, et elle comprenait qu'il ne lui laisserait plus le choix. Il n'y avait plus sa conscience à elle, il y avait celle d'Andrew, et c'était cette dernière qui décidait de tout... Mais pourtant...

Il ne restait plus qu’une chose… Qu’une barrière… « Andrew ? » Sa voix était toujours mal-assurée. Mais elle ne pourrait plus l’être. Plus comme elle se lançait dans cette direction. Pourtant, elle savait qu’elle n’avait pas le choix. Avant de continuer, il fallait qu’elle soit sûre… « Andrew... Je... J'ai besoin de savoir... » Elle n’y arrivait pas. C’était délicat, ce genre de question. Elle ne savait pas comment la poser. Elle avait tellement peur de sa réponse… « Tu... Tu… Enfin je… Je... Je veux savoir si… Tu… Tu étais sincère ? Ce soir-là… Tu… Tu… Tu étais sincère ? » Il fallut à Zara lutter contre elle-même pour ne pas transplaner et fuir, pour rester bien droite face à lui, et supporter son regard dans le sien l’instant que dura son silence. « Oui. Oui j'étais sincère ce soir-là. »

**


« Pourquoi ?! Dîtes-moi pourquoi ?! Je veux savoir au nom de quoi elle est morte ! »
« Au nom de l’amour que j’ai pour vous. »

**


Cette phrase. Cette phrase qui l’avait hantée. Hantée comme la mort. Mais cette phrase ne l’était pas. Cette phrase, c’était la vie, c’était le bonheur, c’était l’amour. Pourquoi la lui avait-il dit à ce moment-là ? Qu’avait-il espéré ? Il devait bien savoir pourtant qu’elle le repousserait ! Elle ne pourrait faire autrement, pas juste après cette disparition. Et pourtant, il lui avait dit. Et il était sincère. Il venait de lui dire. Sincère, vraiment sincère ! Oui, ces grands yeux azurs dans les siens ne pouvaient pas mentir… Zara ouvrit la bouche, pour répondre. Répondre qu’elle l’aimait aussi, qu’elle l’aimait depuis l’instant qu’elle l’avait vue. Qu’il n’y avait pas eu une seule seconde où elle n’ait regrettée ses gestes, ses paroles. Qu’elle voulait être avec lui toujours, être à lui. Qu’elle l’aimait malgré tout, qu’elle l’avait toujours aimé malgré tout, et qu’elle le savait à présent, elle l’aimerait toujours. Malgré tout… Non ! Elle ne pouvait pas lui dire… C’était un mangemort… Et alors ? Elle l’aimait quand même !

Zara avait ouvert la bouche, mais aucun son n’était sorti. Elle était devenue plus pâle que jamais, mais elle avait fait un pas vers Andrew Brown. Sa main libre, celle qu’il ne touchait pas, se posa sur la joue du brun, comme si elle cherchait à vérifier qu’il soit bien là.

Cette main s’était déjà posée sur ce visage, exactement au même endroit. De la même façon. C’était le vingt-cinq août dernier. Zara avait bu, son rituel était immuable. Elle avait bu, comme elle ne buvait jamais. Même sa mésaventure avec Mike n’avait pas pu changer ceci. Le 25 août, Zara buvait, en criant dans le cimetière, en insultant cette tombe, cette morte. Elle ne se souvenait pas exactement comment, mais elle s’était retrouvée titubante à Londres. Elle ne savait pas exactement pourquoi, mais elle s’était mise entre cette espèce de géant et sa proie, et l’autre avait lâché prise, l’autre était parti. Alors elle s’était retournée, elle avait posé sa main sur le visage couvert de sang de celui qui avait été passé à tabac, et elle avait vu. Ces yeux bleus. Ces yeux bleus maudits et aimés. Ces yeux bleus qui ne semblaient pas la reconnaitre. Andrew. Elle ne savait plus pourquoi elle l’avait amenée à Sainte Mangouste au lieu de partir, elle ne savait pas non plus pourquoi elle avait passé la nuit à son chevet, pourquoi elle avait dormi, le visage appuyé sur ce lit où il était allongé. Elle ne savait même plus pourquoi elle était partie au matin, alors qu’il dormait encore.

Elle ne savait pas, mais elle n’avait pas oublié ce qu’il y avait dans ces yeux. Ni ce qu’elle avait ressenti en les voyant. L’attrapeuse prit alors une initiative qu’elle lui avait jusqu’alors toujours laissé. Elle avait peur d’être repoussée, mais elle sentait que son cœur ne lui laissait pas le choix.



Zara se mit sur la pointe des pieds, et se hissa jusqu’à son visage. Elle ne s’était jamais rendue compte de combien il était grand avant cela.

Zara passa ses bras autour du cou d’Andrew.

Zara posa ses lèvres sur les siennes.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:34
Elle s’excusait, elle s’excusait à la manière d’une enfant fautive, honteuse de ses torts. Elle reconnaissait qu’elle lui avait dit du mal dans sa lettre, et confirma qu’elle n’en pensait pas un mot, ce qui ôta Andrew d’un grand poids. Elle continuait à crier, à tenter de se justifier, qu’elle ne voulait pas, qu’elle n’avait pas voulu. Le Médicomage fut pris d’un immense désir de la prendre dans ses bras, de la consoler, de lui murmurer que tout irait bien désormais, qu’il l’aiderait, mais il s’en sentait incapable, incapable de franchir cette barrière qu’il existait depuis toujours entre eux deux. On aurait dit une petite fille. Qu’est-ce qu’elle était belle, à ces moments-là !

Zara s’approcha de lui, faisant naître en Andrew un léger espoir, mais recula aussitôt et se laissa tomber de nouveau dans son fauteuil. Elle semblait abattue, encore son le choc, et si fragile, elle qu’il avait vu forte et vaillante. Elle demanda de l’eau, il appela Brownie. Andrew avait changé depuis qu’elle était arrivée. Il se sentait plus doux, moins sur ses gardes. Il la savait incapable de lui faire du mal, de faire du mal, de se comporter comme tous ces abominables Mangemorts, et il l’aimait.

Le silence s’était installé entre eux, ce qui semblait gêner Zara. Il les gênait tous les deux. Il voulait parler, dire quelque chose de merveilleux, mais les mots restaient coincés dans sa gorge, et dans sa mémoire revenaient ces souvenirs, en boucle, ces fragments de mémoire qui n’étaient pas les siens. Il revoyait le visage de Mary Blue, cruel, féroce, désagréable et profondément méchant. Il revoyait le visage de la petite Lisa, la née-moldue qui avait été trop tôt arrachée à la vie. Il entendait ce craquement, ce bruit sinistre, cette femme pendue par une cravate, et cette petite fille, cette petite fille… Il revoyait sans cesse les abominations qui avaient constitués et construits l’enfance, la vie entière de la jeune femme en face de lui, cette jeune femme qu’il aimait, et son cœur se retrouvait broyé, serré par la douleur qui s’en émanaient. Zara tenta de rompre le silence. Visiblement, elle ne supportait pas de rester muette, seule avec ses propres pensées. Elle lui parla de son elfe, cette Brownie qui avait été sienne. Et puis elle parut craintive, rougit, tenta de se lever, en vain, ferma les yeux. Andrew la pria de rester, il ne voulait pas qu’elle parte. Il ne fallait surtout pas qu’elle s’en aille…

Il voulait la voir, encore, éternellement, poser à jamais son regard sur ces beaux traits d’anges, ces traits d’enfants, pour que ses yeux d’azur ne les quittent jamais. Il voulait conserver pour toujours en lui l’image de ces deux prunelles brunes, chaleureuses et rieuses. Oh, qu’elle était belle ! Depuis le premier jour, cette après-midi-là dans l’allée des Embrumes, il l’avait trouvée merveilleuse, avec cette flamme de vie qui lui irradiait le visage. Malgré son passé terrible, tout en elle respirait la joie, la joie des souvenirs d’enfance perdus. Mais elle paraissait distante, séparée de lui comme par un voile. C’est alors qu’lle lui posa la question…

« Oui. Oui j'étais sincère ce soir-là. »Jamais il n’avait été si sincère qu’à cet instant. Si la question l’avait surpris, il n’en n’avait rien laissé paraître et avait plongé son regard dans le sien, cherchant à capter ses deux prunelles de miel douces. Oui, oui il l’aimait et il n’en avait pas honte, oui, oui il l’aimait et il n’allait pas le lui cacher. Jamais. Il la rendrait heureuse, il la protégera de l’existence, de l’horreur, des abominations de la vie, il l’aiderait, il l’aimerait, il serait sien, et elle sera sienne. Elle sera heureuse.

Tout se passa très vite.
Zara avait passé ses bras autour de son cou.
Zara avait posé doucement ses lèvres sur les siennes.

Alors, il oublia.
Il oublia jusque son nom, son identité, son honneur et son amour-propre. Il oublié qu’il était Andrew Brown, le Mangemort froid, distant, placide.
Il n’y avait plus qu’elle. Zara.
Et la douceur de ses lèvres, au gout de miel, et la tendresse avec laquelle elle l’embrassait…

Une fois l’effet de la surprise passé, Andrew l’enferma de ses deux bras, la serrant contre lui, et lui rendit son baiser, passionné comme jamais il n’avait osé l’être. Contre lui, il la sentit trembler, et se fit plus doux, plus tendre. Il finit par mettre fin à leur baiser, mais continua de la garder contre lui. Il lui caressait doucement le visage, se voulait rassurant, voulait l’aider. En la gardant tout contre lui, il s’enivrait de son parfum, et se sentait vibrant de joie ; elle, elle caressait son cou, ses lèvres bougèrent, et elle s’excusa silencieusement. Non. Non, il ne voulait pas voir cette triste mine sur son visage. Il ne voulait pas la voir malheureuse, pas une seule seconde. Elle n’avait pas à s’en vouloir ; elle n’avait rien fait de mal, elle était merveilleuse ! « Non, Zara… Chut, tu n’as pas d’excuse à me devoir… Tout va bien… » Il lui embrassa le front, et la sentit se calmer lorsqu’elle posa son visage sur son torse. « Non... Ce n'est pas ça... Enfin, si, aussi... Mais pas que... Je... Je... » Elle tremblait, oh ! Elle tremblait ! Il ne fallait pas qu’elle tremble… Désireux de la calmer, de l’apaiser, il lui murmura qu’il l’aimait, et la sentit trembler davantage. Ce fut à ce moment qu’il se rendit compte qu’elle n’avait jamais répondu à ses « Je t’aime ». Ni lors de leur précédente rencontre, ni tout à l’heure… Pourtant, il avait cru que son baiser était une réponse à sa déclaration… Pendant l’espace d’un instant, il avait cru qu’elle l’aimait également, qu’elle éprouvait ne serait-ce qu’un… Non ! Ce n’était pas le moment de se tourmenter avec des questions idiotes ! Il tenait Zara dans ses bras, tout près de lui, il n’avait pas à se plaindre de quoi que ce soit !

Elle releva la tête et sourit un peu. « J'ai commencé le livre que vo... Que tu m'as prêtée. » Elle était belle, Zara, lorsqu’elle souriait. Parfois, quand elle riait, elle avait encore l’air d’une petite fille. Heureuse et épanouie, comme si elle n’avait jamais été touchée par un quelconque malheur. « Alors ? Qu’est-ce que tu en penses ? » Il s’installa sur le fauteuil et la garda sur ses genoux. Il la serra un peu contre lui, caressant son corps et la dévorant des yeux. C’était délicieux. Zara était délicieuse. Elle caressait son torse à travers sa chemise, Andrew sourit. « J'aime bien. C'est une jolie histoire. J'en suis au moment où Elizabeth refuse d'épouser Darcy… » Il tenta de se concentrer sur la conversation. « Oui, c'est une très belle histoire je trouve. » Il était heureux que son livre lui plaise. « Et comment se passe les entraînements de Quidditch ? » Andrew savait que le Quidditch était quelque chose qui passionnait Zara. « Euh... Je... Je n'y suis pas allée depuis... Depuis la mort de Lisa. Je dois reprendre la semaine prochaine... J'ai rendez-vous avec l'entraineur demain... » Il cessa de sourire à l’évocation de Lisa, puis se reprit bien vite. « Et ton travail ? » Les yeux d’Andrew brillaient. « Oui. C'est merveilleux. Nous sommes actuellement en train de travailler à l'élaboration d'un remède contre la dragoncelle. » Il poursuivit : « Mais j’ai été inapte un moment, je ne reprends que récemment le travail » Elle devient alors toute blanche. Ses doigts s'attardèrent un peu sur le premier bouton de la chemise d'Andrew qu'elle défit. « Oui, un accident m'a empêché de travailler un moment... Mais ce n'est rien... » Un accident… Une bagarre abominable qui avait viré à l’horreur, oui… Il ne supportait pas d’y penser, il se sentait encore faible et démuni face à cet homme qui l’avait menacé, puis frappé. Et Andrew détestait cela. Il était au-dessus de tous et de tout, il n’avait pas à se sentir faible. Il sentit Zara pâlir et ne voulait pas qu’elle s’inquiète. Ce n’était pas très important. Il laissa ses mains se promener sur son corps, la caresser intensément mais avec douceur. « Accident. », répéta-t-elle. « Et... Si ce n'est pas trop indiscret, quel type d'accident ? » Elle était toute blanche, mais reprenait un peu de couleur lorsque les mains d’Andrew exploraient des contrées très reculées de son corps. Il sourit, un peu gêné. « Une mauvaise rencontre en sortant de St-mangouste... » Il détestait en parler, et passa ses doigts sur le visage de Zara. « Un géant... », murmura-t-elle. Andrew s’intrigua. C’était effectivement un géant qui s’en était pris à lui. Et lorsqu’il avait perdu connaissance, il avait cru apercevoir Zara, plusieurs fois… « Non. Rien... C'est juste... Rien. » Elle sourit, et il oublia. Très vite, elle parvint à déboutonner totalement sa chemise. Rieur, il passa une main sous sa robe, et de l’autre, tentait tant bien que mal de lui retirer sa robe. Elle souffla de plaisir, et pose ses lèvres sur le cou d'Andrew. Il rit, et l’embrassa passionnément, de nouveau. Lorsqu’il eut finit, lorsque Zara se retrouva nue face à lui, elle s’écarta et Andrew pu l’admirer, belle comme jamais.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:34

We can be heroes...
I hope you don't mind I hope you don't mind that I put down in words : How wonderful life is now you're in the world...


Il y avait ces lèvres, ces lèvres merveilleuses contre les siennes. Cette bouche qui attirait celle de la jeune femme, cette bouche qu’elle embrassait, qu’elle ne se lasserait jamais d’embrasser. Zara se souvenait des sentiments merveilleux qui l’avaient envahie quand les lèvres d’Andrew s’étaient posées sur elle, les deux fois précédentes. Elle s’en souvenait, et les redécouvrait avec le même émerveillement, encore. Elle se laissant fondre dans ce flot d’émotions qui l’envahissaient, qui la dépassait…

Andrew lui était figé, surpris. Mais il ne le resta pas. La jeune femme sentit ces bras si puissants l’enlacer, la serrer contre lui, tandis qu’il lui répondait enfin, mettant plus de passion dans ce baiser, cette étreinte, qu’il ne l’avait encore jamais fait. Ce qu’elle était bien, avec lui… Comme si rien ne pouvait l’atteindre ! Certes, il ne lui donnait pas cette force que pouvait lui offrir Sirius, mais cette chaleur qui inondait son être alors qu’il la tenait dans ses bras, alors qu’il l’embrassait, avait quelque chose de magique, de merveilleux. Sirius lui donnait l’illusion d’une force qui n’était pas à elle. Mais avec Andrew, c’était réel. Il l’entourait de sa propre force, il la protégeait de tout, du monde. Il suffisait qu’il la tienne contre lui, il suffisait qu’il l’embrasse, qu’elle reste avec lui, qu’elle lui appartienne, et alors, elle serait invincible. Rien ne pourrait plus l’atteindre ! Il serait sa sauvegarde, son étoile du berger.

L’attrapeuse délirait, fiévreuse, blottie dans ses bras, prolongeant ce merveilleux baiser. Elle délirait comme elle avait déjà déliré une fois, des mois auparavant. Il ne fallait pas. Si elle n’avait pas déliré la première fois, ils seraient peut-être l’un avec l’autre depuis longtemps. Si elle n’avait pas été folle, elle n’aurait pas pu. Elle était à lui. Il était en elle. Zara Olivia Blue se moquait de tout au monde. Elle voulait être sa chose, lui appartenir totalement. Ne vivre qu’à travers lui, subsister pour que ces yeux azurs se posent sur elle, et n’exister que dans ces moments-là. Si elle ne l’avait pas repoussé, il ne serait pas parti ! Elle avait beau se donner toutes les excuses du monde, c’était sa bêtise qui était responsable de tout ! Si elle ne l’avait pas repoussé, le hasard les aurait peut-être mis l’un à côté de l’autre à Poudlard, il n’aurait pas attaqué Lisa, et cette dernière ne serait pas morte.

Ces souvenirs qui jusque-là les avaient, à ses yeux, séparés, n’étaient plus de force à lutter contre cet amour brûlant qui la possédait. Elle le savait, elle le sentait. Elle aimait bien trop Andrew pour laisser quoique ce soit se mettre encore entre eux. Elle voulait le rendre heureux, envers et contre tout. Même après ce qui c’était passé… Malgré Lisa. Lisa… La jeune fille se mit à trembler, et la passion du médicomage se transforma en tendresse. Zara sentit son corps se calmer lentement, cesser de frissonner, et ses remords disparaitre un instant. Mais un instant seulement, car réapparaissant bien vite après ceux qui les avaient remplacés. Ô Andrew ! Ce qu’elle avait été injustement cruelle avec lui !

Il rompit finalement leur baiser et, du bout des doigts, caressait son visage, incroyablement confiant, merveilleusement souriant. La jeune femme aurait dû être ivre de bonheur, mais elle sentait comme un poids sur son cœur. Ses petites mains blanches glissaient dans la nuque et sur le cou du médicomage, mais ses lèvres articulaient des excuses silencieuses, sans qu’elle ne sache exactement à qui elle les adressait. Il posa ses lèvres sur son front en la rassurant. Ô Andrew ! Ô Lisa ! Que devait-elle faire ? Qui écouter ? Qui suivre ! Qui aimer ? Qui haïr ? « Non... Ce n'est pas ça... Enfin, si, aussi... Mais pas que... Je... Je... » Elle posa sa tête sur son torse, toute tremblante, mais peut-être un peu plus assurée par ce battement de cœur régulier, un peu plus rapide que la moyenne, qui la berçait. Andrew l’assura une fois de plus de son amour, et la joie débordante que cet aveu réitéré fit naitre en elle se heurta à un puissant dégout d’elle-même, et un long frisson la parcourut. Comment pouvait-elle faire ça à Lisa ? Comment pouvait-elle laissait son intérêt personnel passer avant le respect de la morte ? Et en même temps, comment aurait-elle pu le repousser lui ? Lui qu’elle aimait plus que tout ! Comment aurait-elle pu, une fois de plus, lui faire du mal ? Comment ?!

Elle n’aurait pas pu. Et puis, elle n’en avait décidemment pas envie. Elle voulait rester avec lui. Rester avec lui… Cette pensée la calma un peu, et elle demeura un moment immobile, blottie dans ses bras, à écouter son cœur. Mais ce silence la dérangeait. Comme s’ils étaient encore, malgré tout, incapable de communique. Elle releva lentement la tête, décidée à y mettre fin. « J'ai commencé le livre que vo... Que tu m'as prêtée. [/color][/b]» La jeune femme se laissa emmener sur le fauteuil qu’elle avait quitté un peu plus tôt, et s’installa sur ses genoux avec un petit sourire. Très rapidement pourtant, elle capta la difficulté qu’il y allait avoir à rester attentive. Les mains du médicomage la caressaient à travers sa robe, et elle-même laissaient ses doigts courir sur le torse du brun, au-dessus de sa chemise. Les réponses s’enchainaient sans qu’elle y réfléchisse, à présent à la seule écoute de son corps et des sensations que les mains savantes de son ami faisaient naitre en elle. Le sujet qu’elle avait lancé s’était rapidement épuisé, et elle fut rappelée à la réalité quand il reprit. « Euh... Je... Je n'y suis pas allée depuis... Depuis la mort de Lisa. Je dois reprendre la semaine prochaine... J'ai rendez-vous avec l'entraineur demain... » Elle n’avait pas osé y retourner. Elle n’avait pas osé grand-chose d’ailleurs. En dehors de Sirius, elle était la première personne à qui elle parlait depuis la mort de son amie. Elle vit une ombre passer dans le regard d’Andrew, et décida de passer à autre chose. « Et ton travail ? » Elle l’écouta d’une oreille, à moitié attentive. Songeant à autre chose. Ses doigts jouaient avec le premier bouton de la chemise d’Andrew. Elle le détaillait sans lui trouver la moindre utilité, hésitant à lui défaire. Sous cette chemise, il y avait la peau d’Andrew, sous cette chemise, il y avait un corps contre lequel se blottir, un corps à embrasser, à caresser. Et puis, un bouton, ça n’a pour raison de vivre que celui d’être défait, n’est-ce pas ? Bien sûr. Forte de cette conviction, elle le fit sauter d’une geste savant, et, ne rencontrant pas la moindre résistance de la part du médicomage, reprit ses caresses et son exploration avec autant d’application qu’auparavant.

Cependant, la jeune femme blêmit en entendant la suite. « Accident. » Parlait-il de ça ? De cette soirée affreuse ? De ce monstre, de cette abomination ? « Et... Si ce n'est pas trop indiscret, quel type d'accident ? » Oui, il en parlait. Le visage de l’attrapeuse était aussi blanc que celui d’une morte, et si elle continuait ses caresses avec zèle, les images affreuses de ce merveilleux homme, tout sanglant et inconscient lui revenait tout de même à l’esprit par vague, et il n’y avait plus que les doigts de Brown, s’aventurant sur certaines partie de son anatomie qui avaient encore la force de redonner des couleurs à Zara. « Un géant... » C’était un géant qui l’avait attaqué. Cela intrigua un instant son ami, et la brune eut la certitude qu’il ne se souvenait pas d’elle. C’était certainement mieux ainsi. Elle attaqua le reste de ses boutons. « Non. Rien... C'est juste... Rien. » Elle lui adressa un immense sourire, et défit avec une incroyable dextérité le dernier bouton qui la séparait du torse d’Andrew. Il rit, et son être tout entier se délectait de ce rire. Il riait… Il riait ! Oui, il riait ! C’était fantastique ! Elle avait cru qu’elle n’entendrait plus jamais ce rire, ce rire merveilleux. Il résonnait en elle comme des milliers de clochettes et emplissait son âme de joie. Il passa une main sous sa robe, et l’embrassa avec passion. Envolés les doutes et les remords ! Disparues les peurs et la colère ! Ils étaient partis ; ils reviendraient peut-être, mais pour l’instant, il ne restait plus que lui. Andrew. Ô Andrew ! Leurs lèvres se détachèrent, et elle souffla de plaisir, écrasant ses lèvres sur son cou. Elle s’éloigna un peu, pour lui laisser lui retirer de sa main libre la fine robe bleue. Quand elle eut entendu le bruit mat du tissu qui retombait sur le sol, là où il l’avait lancé, elle s’éloigna se lui. Elle le détaillait en souriant, les yeux brillants d’amour. La robe bleue était déjà oubliée sur le sol, un peu plus loin. Après un moment seulement, elle sembla se rendre compte de sa semi-nudité, et rougit en serrant ses bras contre sa poitrine, pudique. Mais les yeux océans ne la quittaient pas et scintillaient plus que jamais. Les doigts du médicomage glissaient sur sa peau, et la jeune femme ne savait plus si c’était la morsure du froid ou ses caresses qui provoquaient sa chair de poule. Elle se redressa légèrement, et sans comprendre comment, de sagement assise en travers de ses genoux elle se retrouva à cheval sur ses jambes, de légèrement de biais à parfaitement face à lui. Elle sentit ses joues prendre feu, mais avant même qu’elle n’ait eu le temps de réagir à sa nouvelle posture, les lèvres de l’homme qui lui faisait face se posèrent sur les siennes, et ils échangèrent un baiser plein de promesse qu’aucun d’eux ne voulut rompre. Les bras de l’attrapeuse cessèrent de former cette barrière protectrice devant son buste nu, et vinrent s’enrouler autour du cou du brun, tandis qu’elle se serrait contre lui plus fort que jamais. Elle sentit cette sensation étrange l’envahir, ce feu qui brûle et qui rend fou s’emparer de son être. A nouveau, elle joignit leurs lèvres, cherchant à lui transmettre ce désir qui la submergeait. Elle le sentit trembler avec une sauvage satisfaction, et redoubla de passion dans son baiser, se serrant aussi fort contre lui que si elle avait voulu devenir une partie de son être merveilleux.

Andrew se releva finalement, et la maintint contre lui de ses grands bras, pendant que ses jambes à elle s’enroulaient autour de ses hanches. Ils quittèrent la bibliothèque ainsi enlacés, ils parcoururent les couloirs du Manoir Brown, et il les fit finalement entrer dans une nouvelle pièce. Il la lâcha, et elle glissa le long de son corps, pour que ses pieds viennent à nouveau toucher le sol. Avec difficulté, leurs lèvres et leurs corps se séparèrent, et elle détailla le lieu, tandis qu’il allait fermer la porte. C’était une chambre. La sienne certainement. Elle était verte, et très grande. Les yeux bruns de la jeune femme se posèrent sur l’immense bibliothèque qu’elle distinguait malgré la pénombre ambiante, et l’assura qu’ils étaient bien dans la chambre d’Andrew. Mais surtout, au centre, il y avait un lit immense, un lit gigantesque, tel que ceux qui avaient nourri les rêves de la petite Blue.

Elle tournait à présent le dos à son hôte, et glapit de surprise en sentant les mains de ce dernier se poser sur ses hanches, et lui retirer lentement, en l’accompagnant et le faisait glisser le long de ses jambe le dernier morceau de tissu qu’il lui restait. Elle se retourna pour lui faire face, et l’embrassa encore. Il rit, mais ce rire là l’agaça un peu, car elle ne savait pas comment l’interpréter, et la poussa doucement en arrière. Elle se laissa tomber sur le grand lit. Il n’y avait plus que la lumière de la lune et des étoiles pour les éclairer, et bien qu’à présent totalement nue, elle ne cherchait plus à se cacher, comme protégée par la pénombre. Ses mains tremblaient, et elle le maudissait d’être aussi lent. Si elle avait pu se relever, elle les lui aurait ôtés, ses vêtements, et plus rapidement qu’il ne le faisait lui ! Mais Zara était incapable de bouger, figée, en attente sur le lit, malade d’amour et de désir. Elle tremblait et frissonnait en regardant cet homme qu’elle aimait à en devenir folle. La respiration de la jeune femme était saccadée, et elle secoua la tête, tentant de chasser cette impatience qui ne lui ressemblait pas, laissant les rayons argentés de la lune jouer avec ses longs cheveux noirs. Non, décidément, elle n’y tenait pas. « Andrew… S’il te plait… » Sa voix était celle de ces petites filles boudeuses et capricieuses qu’on fait attendre. Il rit, encore, en la rejoignant. Une ombre passa sur le visage de la jeune femme, bien vite balayée par la flamme du désir. Sans lui laisser le temps de se moquer un peu plus d’elle, ou de parler encore, elle passa ses bras autour de son cou, et l’attira à elle en l’embrassant.






La jeune femme demeurait allongée sur le dos, elle écoutait les battements de son cœur et sa respiration retrouver peu à peu leurs rythmes normaux, en savourant la perfection de l’instant qu’elle était en train de vivre. Elle fermait les yeux pour se rappeler ce qu’Andrew lui avait offert. Andrew… Il avait été merveilleux. Passionné, à la hauteur de ce désir, de ce feu ardent qui l’avait ravagé toute entière ; mais aussi tendre et doux, répondant par ses gestes à ce flots de sentiments qui déferlait en elle, à cet amour dans lequel elle plongeait pour se noyer. Certes, il n’avait pas l’expérience et le savoir-faire de Sirius ou Mike, elle l’avait senti, mais cela n’en avait été que meilleur. Les autres étaient sûrs d’eux, mais lui, avec ses gestes hasardeux, ses caresses hésitantes, avait comblé son corps et son cœur. Et une fois encore, elle s’était surprise elle-même par sa fougue et son audace. Et cette fois-ci, elle avait donné sans jamais chercher à prendre, donner pour la simple joie de lui faire plaisir, et elle avait reçu plus que jamais elle n’avait reçu, plus encore que dans les bras des deux Don Juans qui l’avaient un jour serrés comme le médicomage l’avait fait, mais bien moins bien que lui n’avait réussi à le faire. Elle soupira d’aise, et vint se blottir dans ses bras, et posa sa tête sur son torse, en lui offrant au passage son plus beau sourire. Elle eut le temps de capter une expression qui lui sembla être celle d’une félicité totale sur le visage de son amant, et elle sentit son cœur battre plus fort dans sa poitrine à l’idée qu’elle avait pu contribuer un tant soit peu à sa joie. Elle ferma ses grands yeux qui n’avaient jamais été aussi clairs, et se laissa bercer par les battements du cœur de Brown, en se délectant de la caresse de cette grande main d’homme qu’il laissait encore glisser langoureusement dans le creux de ses reins. Cette fatigue qui avait écourté leurs ébats ne tarda pas à reprendre ses droits sur elle, et la brune glissa lentement dans le monde de ses rêves, à cet instant assez semblable avec sa réalité…






Zara tira sur elle le drap qu’elle avait certainement repoussé dans la nuit. Encore toute frémissante de froid et de fatigue, elle sourit au vide, les yeux toujours clos. Elle avait fait un rêve merveilleux ! Oh… Lisa la détesterait si elle savait de quoi son amie avait rêvé. Mais c’était si vrai, si fort… Si réel même. Andrew… Elle pouvait presque sentir la chaleur de son corps, là, juste là, à côté d’elle. Ô Morphée, quels tours aimes-tu jouer parfois ! Ô Morphée, reprend-moi dans tes bras, que j’y reste toujours ! Que pour toujours, je sois avec lui !

« Zara ? »
Une main venait de se poser sur son visage, et l’attrapeuse retint un hoquet de surprise en ouvrant de grands yeux. Ce n’était pas un rêve… Ses paupières frémirent comme les ailes d’un papillon le temps qu’elle s’habitue à la lumière ambiante. Un long frisson la parcourut tandis que les souvenirs remontaient en elle. Elle rougit même, en se rappelant leurs baisers, leurs caresses, leurs étreintes… Andrew Brown, face à elle, ne lui avait jamais semblé aussi heureux ; comme si un soleil s’était mis à briller à l’intérieur de son merveilleux être. Ses yeux étaient plus clairs qu’un ciel d’été et brillaient comme des saphirs. Cette vision fit chanter le cœur de la jeune femme, et elle se sentait si légère sous le regard amoureux de son amant qu’elle aurait pu s’envoler. Sa voix n’était plus qu’un souffle, mais un souffle brulant, un morceau d’amour qui s’échappait de ses lèvres. « Bonjour. » Les yeux dorés de l’ancienne Serpentarde offrait à son âme la vision merveilleuse du médicomage. Qu’y avait-il rien de plus parfait, de mieux que cet instant précis, où l’on ouvre les yeux pour la première fois du jour qui nait, et que l’on peut se repaitre de l’image de sa moitié. Car il était sa moitié, c’était plus que certain. Il était un morceau d’elle, ou plutôt, elle était un morceau de lui. Ils partageaient une même âme, un même cœur ; c’était un lien au moins aussi fort que celui-là qu’il y avait entre eux. Elle en était certaine. Elle le sentait. Elle n’avait jamais été aussi heureuse qu’à cet instant. Elle refusait d’écouter la petite voix intérieure qui lui disait qu’elle n’était qu’une niaise, qu’une enfant amoureuse pour la première fois, qu’une idiote qui avait oublié la sinistre réalité, mais qui serait rattrapée par elle. Il fallait qu’elle se méfie, le réveil serait terrible ! Se méfier… Mais se méfier de quoi ? Il n’y avait rien en lui qui pouvait provoquer la méfiance. Rien. Pas même la marque des Ténèbres bien visible sur son avant-bras. Non ! Ne pas y penser… Penser à autre chose…

« Bonjour » Sa délicieuse voix grave troubla le silence de la pièce, et la tira instantanément de ses pensées. Andrew… A quoi réfléchissait-elle déjà ? Elle n’en avait plus la moindre idée. Quelle importance cela pouvait avoir de toute façon ? Elle était avec lui ! C’était tout ce qui comptait. Elle sourit, véritablement aux anges, quand il posa ses lèvres sur son front. Andrew ! Ô Andrew ! Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour rester à jamais ainsi, face à toi, à te regarder, à sentir ton regard sur moi… La jeune femme rougit un peu plus, en prenant conscience de l’intensité avec lequel se regard bleu la fixait, mais sa gêne était accompagné dans bonheur sans limite. Elle aurait lui dire combien elle l’aimait… Lui dire. « Bien dormi ? » Non ! Mais pourquoi ne lui avait-elle pas dit ? Pourquoi n’y parvenait-elle pas ? De quoi avait-elle peur ? De la vérité… Elle aimait Andrew, c’était vrai… Mais lui… Lui ne l’aimait pas elle. Il aimait cette mangemorte allongée dans son lit. Le mensonge, l’illusion… Mais pas la vraie Zara. Et elle ne voulait pas le voir. Elle ne voulait pas l’entendre. Elle ne voulait pas se réveiller. « Oui, bien dormi. Et toi ? » Si elle avait bien dormi ? Avec lui, dans son lit, après la nuit d’amour qu’ils avaient passé ensemble ? Le rouge lui monta encore une fois aux joues. Quelle question ! « Bien dormi aussi... » Il se pencha vers elle, et embrasser ses pommettes écarlates. Elle se sentait bien. Elle vint se blottir contre lui et l’embrassa avec tendresse. Il répondit à son baiser, et ils restèrent un long moment ainsi, leurs corps serraient l’un contre l’autre, leurs lèvres collées. Après avoir respiré le souffle de l’autre, après s’être enivrée de son odeur, après s’être délecté de la chaleur de son corps contre le sien, ils se détachèrent l’un de l’autre. Leurs doigts vinrent caresser le visage de l’autre. Zara admirait ce beau visage en le parcourant. Ils se souriaient, se dévoraient des yeux, et s’aimaient comme des fous.

Quelque chose de froid remonta à l’intérieur d’elle. Ses doutes de la veille, ses regrets de la veille… Tout était à nouveau là. Ô Andrew ! Comment avait-il pu lui pardonner ? Ô Lisa ! Comment pourrait-elle ? Ô Andrew, Andrew à qui elle mentirait toujours. Andrew qui ne l’aimerait jamais totalement ! Andrew, Andrew, Andrew… C’était injuste ! Injuste ! Les doigts de son amant passèrent sur ses lèvres, étouffant le soupir qu’elle était sur le point de laisser échapper malgré elle, et un sourire passa sur son visage.

« Tu as faim ? Tu veux prendre un petit déjeuner ? » La voix d’Andrew troubla le silence. Prendre un petit déjeuner avec lui ? Comme un vrai couple... Un couple d’amoureux… De vrais amoureux ? Ô Lisa ! Ô Andrew ! Elle s’éloigna brusquement. L’immense lit paraissait encore plus grand à cet instant. « Merci ! Mais… Je… Je ne peux pas rester. Je suis désolée. » Mais elle n’avait pas assez reculé. Il lui prit les mains, et la tira à lui, doux jusque dans son regard, tendre jusque dans sa voix. « Non… Non, s’il te plait Zara… Reste… [/color][/b]» Rester… Rester avec lui… Oui, oui ! Qu’elle reste ! Qu’elle mente, qu’elle trahisse !... Ô Lisa ! Ô Andrew ! Il lui fallut toute la volonté du monde pour lui échapper encore. S’il savait… Elle ne voulait pas lui faire du mal à lui. Elle l’aimait ! Oh oui, elle l’aimait ! Elle ne lui avait peut-être pas dit, mais elle l’aimait… Elle. Lui, il aimait un mensonge. Elle ne voulait que son bien. C’était mal de mentir. C’était faire du mal. Elle ne voulait pas lui faire du mal. S’il comprenait… « Je suis désolée Andrew. Je dois vraiment y aller… Je… » Son regard bleu lui faisait mal. « Reste… » Son cœur se serrait. « Pourquoi ? » Elle ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Rapidement, elle sauta hors du lit d’Andrew, gênée. Elle ne pouvait pas rester. Elle ne devait pas rester.

Zara se força à lui tourner le dos, pour ne pas voir l’expression désemparée sur le visage de Brown. Elle chercha les vêtements avec lesquels elle était venu, mais sans les trouver. Où les avait-elle laissés ? Elle ne s’en souvenait pas… Quand elle fermait les yeux, qu’elle essayait de s’en souvenir, elle ne revoyait que leurs étreintes, leurs caresses de la nuit précédente. Elle sentait son regard sur elle, et elle avait de plus en plus de mal à se concentrer. Après des efforts infructueux pour se détendre, se calmer, et réfléchir, elle se saisit de la chemise blanche du médicomage, et l’enfila. Elle refit les boutons qu’elle avait déboutonné la veille avec la même application, mais bien moins pressé de cacher sa peau qu’elle ne l’avait été de découvrir celle de Brown.

Elle était cruelle. Cette pensée revenait aussi forte que celles qui la faisaient fuir. Elle n’avait pas le droit de lui faire ça. Pas le droit de se faire ça non plus. Elle l’aimait ! Elle souffrait. Elle ne voulait pas partir. Lentement, elle se tourna vers lui. Elle n’aimait pas l’expression de son regard. Il ne souriait plus… Il fallait qu’il sourit ! Ils avaient passé une nuit ensemble ! Une nuit merveilleuse. Ils s’étaient aimés… Pourquoi ne souriait-il plus comme il l’avait fait au réveil ? Elle soupira, vaincue par son amour, par sa bêtise. Quelle idiote faisait-elle ! Elle revint sur le lit, et vint se mettre à cheval autour de lui, au-dessus du drap. « Andrew… Ne fais pas cette tête… Je… » Elle n’arrivait pas à continuer. Pas à finir. Je t’aime. Pourquoi était-ce si complique ? Elle soupira encore, et se pencha sur lui pour l’embrasser. Les bras du brun vinrent l’enlacer et la serrer contre lui. Partir… Partir… Comment penser à partir dans ce genre de situation… Et pourtant, il fallait bien ! « Andrew… Je dois aller voir mon entraineur… S’il te plait… » Mais les bras ne la lâchaient pas. Cette bouche merveilleuse vint se poser sur la sienne pour la faire taire. La jeune femme eut toutes les peines du monde à le faire lâcher prise. « Pour ta chemise… Je te la ramène vendredi. Tu pourras me préparer mes affaires s’il te plait ? » C’était la promesse qu’elle reviendrait. C’était la seule chose qu’elle pouvait lui offrir. Mais ce n’était de toute évidence pas assez. « Reste… » Ses lèvres cherchaient celles de l’attrapeuse. Elle sentait que s’il l’embrassait encore, elle n’arriverait plus à lutter. Elle avait déjà oublié pourquoi elle voulait partir. Mais elle savait qu’elle devait. C’était une certitude. Et la seule chose qui la poussait à suivre cette résolution, c’était la certitude que si elle repartait, c’était pour revenir encore, revenir mieux. C’était pour revivre cette soirée, et la continuer un jour.

Elle avait été rapide la veille, quand elle l’avait embrassée. Elle le fut tout autant.
Comme elle s’était approchée de lui, comme elle l’avait agrippé, elle glissa en arrière en lui échappa. Elle lui adressa un sourire plein de tendresse. « A vendredi. »







Zara Olivia Blue avait disparu, transplané. Elle était dans le salon du Pavillon. Elle jeta un coup d’œil à la pièce dans laquelle elle ne restait jamais. Avec un sourire amusé, elle attrapa d’une main sa baguette, de l’autre un pinceau.

Il était temps.
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MessageSujet: Re: RPs Zara Sam 21 Juil - 19:35
Etourdi par son bonheur, ivre de joie, ne sachant comme interpréter ce moment de rêve qui survenait au milieu de la réalité, Andrew Brown maintint la petite Blue contre lui. Elle enroula ses jambes autour de ses hanches, et il l’entraîna à travers le Manoir. Bientôt, ils atteignirent la chambre du Médicomage, sa belle chambre verte aux murs tapissés par les étagères garnies. Il tenta tant bien que mal de se séparer d’elle, et dessouder ses lèvres des siennes. Il sentait déjà à quel point ça allait être merveilleux… Lentement, il laissa ses mains glisser le long de ses hanches pour lui retirer le dernier tissu qui lui restait, puis la laissa glisser sur le lit, en arrière. Il rit lorsqu’elle l’embrassa, puis s’éloigna pour commencer à ôter ses vêtements à lui.

Près de lui, il sentait que Zara s’impatientait. Lui-même comprenait cet empressement, et tentait fébrilement d’en finir le plus vite possible. Et malgré la pénombre de la pièce, malgré la noirceur de la nuit, malgré tous ce qu’ils avaient vécu avant d’en arriver là, les prunelles d’Andrew, malades d’amour, brillaient intensément, étrangement clairs. Elle le supplia de faire plus vite, et sa voix était celle d’une petite fille capricieuse et pressée. De nouveau, il rit. C’était bel et bien une enfant qui se trouvait près de lui. Une merveilleuse, merveilleuse enfant… Merlin, qu’elle était belle ! Sans plus attendre, il l’attira à lui en la couvrant de nouveau de baiser, sans en croire son bonheur, persuader de nager dans un rêve.

*

Andrew Brown peinait à trouver le sommeil. Certes fatigué, mais il était heureux, aussi, plus heureux qu’il ne l’avait jamais été au cours de sa vie, peut-être. Zara l’avait comblé. Vraiment. Plus que quiconque ne l’avait jamais fait auparavant. Lui, il avait voulu la rendre heureuse, réellement, avant tout. Il avait voulu que tout soit merveilleux, pour elle. Au début, bien sûr il avait eu peur que son manque de savoir-faire la dérange, il avait eu peur de ne pas être à la hauteur – parfois, elle avait dû le sentir hésitant, mais cela n’avait pas semblé la gêner plus que cela, au contraire. Très vite, néanmoins, il s’était laissé griser par la perfection du moment qu’il était en train de vivre, et, passionné comme jamais il n’avait cru l’être, parce qu’il avait trop attendu, il avait oublié ses angoisses et ses craintes, il avait oublié Harmony, les souvenirs atroces qui s’étaient imposés à lui quelques heures plus tôt, le poison de sa dernière lettre. Elle, elle avait été douce, mais passionnée, aussi, vraiment passionnée, et il en était venu à croire que peut-être éprouvait-elle un sentiment pour lui aussi fort que celui qu’il nourrissait à son égard.

Il avait oublié. Tout, tout au monde. Il n’y avait plus qu’elle, Zara, elle qu’il aimait plus qu’il n’avait jamais cru aimer quelqu’un, plus fort que sa raison. Plus fort que l’amour, plus fort que la vie, plus fort que tout.

Elle vint se blottir contre lui, et le jeune Médicomage sentit son cœur bondir de ravissement. Andrew savait qu’il ne se lasserait jamais de son contact contre lui, de la douceur de sa peau nue contre la sienne. Il se délecta de pouvoir laisser ses mains s’égarer une dernière fois sur son corps, la faisant frissonner. Délicieux.

Béatitude. Andrew Dave Brown nageait dans un océan de béatitude, et rien, rien au monde ne pourrait venir encore égaler la perfection de ce qu’il avait vécu.

*


Le Médicomage s’éveilla lentement, et les souvenirs de la veille mirent un moment à l’atteindre, dans son état de félicité totale. Le début de la leçon d’occlumancie. Zara, ses traits fermés, son regard sévère. Les souvenirs qui avaient jaillis de sa mémoire. Zara, ses prunelles implorantes, sa mine pathétique. Son baiser, la fougue et la passion entraînante qu’elle y avait mis. Ses caresses, son corps, ses étreintes, et l’amour qui l’avait embrasé.

Elle ouvrait les yeux à son tour. Merveilleuse Zara.
Il laissa sa main se promener sur son visage, caressant brièvement sa joue. « Zara ? »
Avec le temps, il avait appris à interpréter les nuances et les reflets qu’offraient ses prunelles brunes et chaudes. Ce matin-là, elles s’étaient teintées d’un or véritable. Fantastique. Il posa ses lèvres sur son front, et la vit sourire, ravit. Il la fixait, parce qu’il ne se lasserait jamais de poser son regard sur elle, sur ce beau visage d’ange, cette frimousse de petite fille téméraire, ses beaux yeux dorés et ce corps merveilleux. Oh, ce qu’il pouvait l’aimer ! Jamais il ne se lasserait d’entendre sa voix mélodieuse, de s’abreuver de la vision enchanteresse de ses traits charmeurs ! Il faudrait qu’elle reste, qu’elle reste aujourd’hui à ses côtés, qu’elle reste toute la vie près de lui, sa petite étincelle qui éclairait le long tunnel froid de sa vie, cette petite lueur chaleureuse qui lui donnait du sens ! Amoureux, oui, il l’était, à la folie. Et c’était la folie, cette folie qui menaçait bientôt de le tenir. Oh, il donnerait n’importe quoi pour pouvoir continuer à la voir, la regarder, apprendre chacun de ses traits, chacune des courbes de son corps. Le timbre de sa voix, la palette nuancée qui colorait ses iris, et son corps, et son visage, et…

Elle parut remarquer l’intensité avec laquelle il la fixait, et rougit, pudiquement. Andrew lui sourit, se voulant rassurant. Bien dormi ? Quelle question ! La réponse était plus qu’une évidence… ! Avec elle à ses côtés, on ne pouvait que dormir du plus merveilleux des sommeils, le plus profond et le plus doux et le plus… ! « Oui, bien dormi. Et toi ? », se borna-t-il à répondre. Il la sentait rougir, gênée, peut-être. Ne soit pas gênée Zara ! Aussitôt, il se pencha vers elle et embrassa doucement ses joues ; sa réaction ne se fit pas attendre, l’attrapeuse se blottit aussitôt contre lui en posant encore ses lèvres sur les siennes. Ils restèrent un moment ainsi, à profiter de ce moment divin, du zénith de la nuit bien trop éphémère qu’ils avaient passée ensemble. Andrew passa ses doigts sur le visage de Zara. Il ne pensait plus à rien. Juste elle. Elle et lui. Il était bien.

« Tu as faim ? Tu veux prendre un petit déjeuner ? » Zara souriait. Merveilleux. Des milliers de rêves devenus saisissables étaient venus flotter au-dessus du crâne d’Andrew. Peut-être un jour pourraient-ils se concrétiser, si Zara restait à ses côtés. Pour l’instant, ils allaient prendre un petit-déjeuner, et discuter de choses et d’autres, sans doutes, à moi qu’ils ne décident d’entretenir un silence gêné mais pensif, plongés dans les souvenirs de la veille. Peut-être acceptera-t-elle de passer la journée avec lui, ensuite. Où pourrait-il bien l’emmener ? Ils iraient au… Non ? Non ! Elle ne pouvait pas rester ? Ne voulait pas rester ? Comment cela se faisait-il ? Elle n’avait pas le droit ! Pas après tout ce qui venait de se passer entre eux. Qu’est-ce qui l’empêcher de manger avec lui ? Qu’est-ce qui venait encore les séparer, de nouveau, les condamnant à vivre malheureux et assaillis de questions pour peut-être l’éternité ? Avait-il fait quelque chose de mal ? Dit quelque chose ? Des paroles blessantes ? Non, bien sûr que non ! Alors quoi ? « Non… Non, s’il te plait Zara… Reste… » Ne me laisse pas seul, Zara ! Reste avec moi, continue d’égayer mon existence, reste cette petite lumière qui lui donne du sens ! Je serais malheureux, sinon, Zara ! Laisse-moi t’aimer, laisse-moi partager mon existence, mes petites joies, mon bonheur avec les tiens !

Andrew prit ses mains et la tira à lui. Il fallait qu’elle reste, qu’elle reste, son ange ! Il ne redeviendra pas seul, maussade et froid, c’était impossible, il ne voulait plus ! « Reste… » Vraiment y aller ? Pourquoi ? Pour qui ? Qu’est-ce qui expliquait cette conduite ? Elle n’était qu’une jeune femme immature, une petite fille qui refusait d’adopter une conduite rationnelle et compréhensible ! « Pourquoi ? »

Totalement désemparé mais néanmoins impuissant, Andrew la vit sortir du lit et se mettre en quête de ses vêtements. Il se souvint de la veille, de son impatience lorsqu’il lui avait ôté sa robe… La bibliothèque. Elle ne les trouvait pas. Pensif, il se trouvait contraint de la laisser faire, de la regarder sans réagir lui emprunter sa propre chemise pour l’enfiler. Si ça l’amusait… Il se souvenait de la soirée d’hier, de ses baisers passionnés et fougueux. Un moment, juste l’espace d’un moment, il avait cru qu’elle l’aimait, qu’elle l’aimait vraiment autant qu’il pouvait l’aimer. Naïf Andrew. Et dire que tout était déjà finit… Naïf Andrew.

Elle tenta d’ouvrir la bouche. Puis se mit à lui débiter des excuses. Elle paraissait sincèrement désolée, comme si elle voulait rester, elle aussi. Quelle était cette force, cette idiotie qui continuait à les séparer, qui les obligeait à se cacher des choses, même après la nuit qu’ils venaient de vivre ? Quelle était cette infamie qui ne le laissait pas se fixer quant aux sentiments que Zara pouvait éprouver à son égard ? Déjà, elle ne souriait plus. C’était finit. La magie de l’instant passé s’était envolée, il ne restait plus que le présent, bien trop lourd, et l’avenir, bien trop incertain. Il fut surpris lorsqu’elle revint le rejoindre sur le lit. Vivement, il chercha à l’attirer à elle et l’embrassa de nouveau. Elle parut hésitante. Si seulement il pouvait la convaincre de rester… Si seulement elle renonçait… Une nouvelle fois, il chercha ses lèvres ; elle le repoussa.

Rapide, elle lui sourit un moment, avec ce petit quelque chose dans les yeux qui pourrait passer pour de la tendresse, et disparu après lui avoir glissé qu’ils se retrouveraient vendredi prochain. Ces derniers mots laissèrent l’espoir, pour la première fois depuis la matinée, germer dans son cœur. C’étaient de petites pousses timides, fruit d’une idée folle à laquelle il se plaisait de croire ; la soirée de la semaine prochaine se déroulera-t-elle comme celle-ci ? Une ébauche de sourire naquit un moment sur ses lèvres. Encore une fois…

Dire qu’il y avait des gens qui avaient la possibilité de se marier avec ceux qu’ils aimaient. Dire qu’il était permis à certains de passer leur vie entière avec l’élu de leur cœur, que ses enfants soient les siens également, qu’ils demeurent ensemble jusqu’à leur dernier souffle. Pourquoi lui, Andrew Brown, avait été choisi pour ne pas connaître cette chance ? Pourquoi avait-il décidé de tomber amoureux d’une Mangemorte, une de ceux qu’il exécrait ? Pourquoi existait-il entre eux ce mur épais, ce secret douloureux dont il ne savait pas la nature ? Etait-il condamné à passer son existence à mentir ? Mentir à celle qu’il aimait ? Cruelle ironie. Sombre ironie. La vérité était une valeur pour laquelle il s’était toujours battu.

Au bout d’un certain temps cependant, Andrew Brown décida qu’il était temps pour lui de s’habiller. Très bien. Il resta néanmoins longtemps allongé sur son lit, les yeux dans le vide, à penser, à rêver. Il lui arriva de saisir un livre, pour se changer les idées, machinalement, mais il ne parvint pas à venir à bout du troisième mot, et le reposa presque aussitôt. Ses pupilles claires fixaient le plafond. Un éclat étrange y brillait. Pour la énième fois depuis la veille, les traits glacés de son visage se détendirent, et un sourire apparut. Encore.

Tout son être reflétait les milliers de rêves qui planaient au-dessus de lui, exactement les mêmes que ceux qu'il avait vu briller quelques instants plus tôt dans les yeux de sa merveilleuse amante.
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RPs Zara
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